Basilique Saint Seurin de Bordeaux, la statue miraculeuse de Notre Dame de Bonne Nouvelle

Date de cette photo : 24 décembre 2008 - 13:53
Envoyé par : fmonvoisin
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Commentaires sur Basilique Saint Seurin de Bordeaux, la statue miraculeuse de Notre Dame de Bonne Nouvelle

    Merci de bien vouloir m'indiquer les jours et horaires auxquels il est possible de venir prier.

    En attendant de vous lire,

    Vous en remerciant par avance,

    Bien cordialement.

    Posté par Karine, 16 septembre 2013 à 16:15 | | Répondre
  • qu'elle est l' histoire de cette statue de notre dame,?

    Posté par BALLAN, 01 janvier 2017 à 22:06 | | Répondre
  • La statue de Notre-Dame de Bonne nouvelle est une statue en albâtre, datant du XIIIe siècle, elle se trouve depuis toujours dans la Basilique dans son petit oratoire devant lequel brûlent chaque jour une myriade de cierges... Réputée miraculeuse, de nombreuses personnes viennent y prier (Je m'y rends très souvent, et quand j'ai besoin de grâce, c'est auprès d'elle que je viens les demander.. Beaucoup de choses que j'ai demandé et de prières y ont été exaucées... Le dernier ex-voto en date, s'y trouvant, date de 2003. Je vais me renseigner pour vous en dire un peu plus sur son origine...

    Posté par fmonvoisin, 02 janvier 2017 à 15:35 | | Répondre
  • En fouillant dans les études historiques sur la Basilique Saint Seurin, voici ce que j'ai trouvé. C'est un texte du Chanoine Cirot de la Ville, qui fut le grand historien de la Basilique et qui nous donne un historique assez complet. Il ne nous dit pas l'origine de la statue (à creuser donc...), mais parle du culte qui lui est rendu depuis l'origine de sa dévotion. voici ce que le bon Chanoine écritvait en 1867:

    Notre Dame de Bonne Nouvelle


    La seconde chapelle élevée à la gloire de la Sainte-Vierge dans la Collégiale, portait le titre de Notre-Dame de Bonne-Nouvelle ou de l'Annonciation. Comme elle a totalement disparu, il n'est pas
    sans difficulté de retrouver sa place. M . de Lamothe dit « qu'elle était placée à gauche de l'entrée occidentale de l'église, fondée en 1243 par Gaillard Lambert, doyen du Chapitre de Saint-Seurin, restaurée au XIV” siècle ». Or, d'après l'acte même du fondateur, la chapelle créée en 1243 par Gaillard Lambert fut dédiée à saint Jacques et élevée sur le nouveau charnier ou cimetière qu'il avait fait faire. Mais ce nouveau cimetière, ainsi que nous l'avons vu, situé au midi de l'église, occupait le terrain actuel des allées Damours. Et c'est cette chapelle de Saint-Jacques, disent les Amusements de la Piété, qui, restaurée au XIVe siècle, prit le nom de Notre-Dame de Bonne-Nouvelle. C'est donc, non pas au midi, mais au nord, qu'il faut la chercher. « On y voyait, continue Nau-Dumontet, de petits vitraux placés à égales distances; les intervalles étaient remplis par le portrait des douze apôtres. Comme elle était très basse, l'élévation du sol de l'église ne permit plus d'y arriver que par des degrés, et plus tard elle fut entièrement comblée ». Ne serait-elle pas, d'après cela, une des chapelles voisines de l'entrée méridionale dont les anciens titres font mention ? Les arcatures qui tapissent le mur de l'église à la gauche du porche n'en auraient-elles pas fait partie ? Elle sont à deux rangs superposés au nombre de trente-sept au rang inférieur, de vingt-et-une au rang supérieur.

    Le rang inférieur est roman ; on n'en aperçoit plus que les pleins-cintres usés s'élevant au-dessus du talus en pierre qui protège les murs mais qui a l'inconvénient de les encombrer. On reconnaît encore sous les consoles, au milieu de sujets brisés, un reptile et deux hommes trapus et grimaçant en pose de cariatide. Le rang supérieur appartient au XIIIe siècle. Il n'a aussi conservé que ses ogives avec leurs chapiteaux quelquefois endommagés, mais d'une corbeille toujours délicate et élégante. Aucune de ses colonnettes n'a résisté au temps ; la base sur laquelle elles reposaient se continue encore dans toute sa longueur. On ne peut pas supposer que ces panneaux aient été ainsi travaillés dans l'unique but de parer la muraille extérieure de l'édifice. Ils se comprennent mieux comme décor dans une chapelle de ses dépendances.

    Quoiqu'il en soit, on a conservé de Notre-Dame de Bonne-Nouvelle, une intéressante statue qui y avait sa place, qui occupe en ce moment une niche ornée de peintures, dans la salle des catéchismes, mais qui mérite d'avoir un autre trône et d'être mieux exposée à la vénération des fidèles.

    On voit par le dessin de Mme Gadou-Boyer, que cette statue est plus ancienne et de meilleur style que celle de Notre-Dame de la Rose. Elle appartient au XIII° siècle et a précédé, par son existence, le moment de sa pose dans la chapelle de Notre-Dame de Bonne-Nouvelle. La Sainte-Vierge tient un sceptre de la main gauche. Sur son bras droit repose l'Enfant-Jésus, assis, tête nue, présentant une colombe à sa Mère. Marie porte la couronne en trèfles ; ses cheveux partagés sur le milieu du front s'écartent modestement jusqu'aux oreilles et vont se cacher sous les plis du voile. Outre la tunique de dessous qui ne laisse voir que l'extrémité des pieds, elle est habillée d'un manteau ample et drapé avec beaucoup de moelleux et d'harmonie. Raphaël s'est inspiré de ces compositions naïves qu'affectionnait le moyen âge, lorsque dans la Sainte-Ferraille et autres tableaux il a peint le petit saint Jean offrant à la SainteVierge ou à l'Enfant-Jésus tantôt une colombe, tantôt des fruits, et le divin Enfant demandant pour les prendre, la permis sion de sa Mère. Ce sont là d'ailleurs les images naturelles de Celle à qui l'Esprit-Saint a dit : « Hâtez-vous, ma bien-aimée, ma colombe fidèle... Vos perfections sont comme des plantes exquises qui forment en vous un jardin délicieux ».

    La chapelle de Notre-Dame de Bonne-Nouvelle était le but d'une procession générale, et voici par quelles circonstances :

    « Le 23 juin 1605, disent les chroniques de Bordeaux, vigile du jour et feste S. Jean-Baptiste au dedans l'Hostel commun de la présente ville et cité de Bourdeaux, furent assemblez Messire Alphonce Dornano, Mareschal de France, Lieutenant general pour le Roy en la Province de Guyenne, et Maire de ladite ville, Charles de Cadouin escuyer, sieur de Moyssac Gentil-homme ordinaire de la Chambre du Roy, Maistre Luc de Lacour escuyer, Advocat en Parlement, Estienne de Berard citoyen, Martin de Lure escuyer sieur du Luc et de Bessan, aussi Gentil-homme ordinaire de la Chambre de sa Majesté, lllaistre Salomon Dubernet, aussi Advocat audit Parlement, Arnaud de Minvielle citoyen, les tous Jurats, et Gouverneurs de ladite ville, Messieurs Paul Le Clerc Procureur syndic, et ledit. Darnal clerc ordinaire de ladite ville ; pour traitter des affaires concernans la contagion présente. Après avoir tenu divers propos là dessus, et remarqué comme ce fléau devoit venir du Ciel, pour les pechez du peuple : par ce que la divine justice avoit commencé d'aflliger la ville depuis six ou sept ans, ne laissant guere passer aucun renouveau de Lune sans frapper quelque maison. Et toutes fois il sembloit que la miséricorde combatoit avec la justice, en ce que le mal ne s'espandoit hors desdites maisons, et encores espargnoit les aucuns qui demeuroyent dans icelles, sans participer audit mal, comme on a veu d'autres fois en pareilles maladies. Ce qui faisoit croire ausdits Maire et Jurats, que Dieu estoit retenu par sa bonté et miséricorde; et davanture lié par la priere d'aucuns, qui s'opposoyent par oraisons, et autres saincts exercices continuels, que la justice ne vint à decocher toutes les fleches de la divine vengence sur tout le reste de ladite ville. Pour ces considerations lesdits sieurs lllaire, et Jurats gouverneurs de la présente ville, et cité de Bourdeaux, l'un apres l'autre d'une commune voix ont faict voeu, et voüent solennellement à Dieu, tant pour eux leurs successeurs ausdites charges, que pour le public de ladite ville, et Cité : que lors qu'il aura pleu a sa clemence infinie d'apaiser son courroux, retiré son fleau, et garantir ladite ville de ce mal contagieux de peste, et l'en preserver, ladite ville donnera à la Saincte Majesté, et à l'honneur de la tres sacrée, et immaculée Vierge mere de nostre Sauveur, et redempteur Jésus-Christ, le modele, et pourtraict des armoiries de ladite ville de Bourdeaux, du pois de 18 mares de pur argent ; et l'envoyera à l'Eglise Nostre Dame de Lorette, pour y demeurer à perpétuité en recounoissance de ses grands biens faicts. Et afin que le temps n'efface la memoire d'iceux, lesdits Maire et Jurats voüent aussi pour eux et leurs successeurs ausdites charges, que tous les ans, le iour, et feste de la Visitation nostre Dame, ils iront en l'Eglise nostre Dame du Chapelet de ladite ville faire celebrer une Messe, et chanter les Litanies nostre Dame, avec leurs robes de liurée. Et fairont aussi à perpétuité tous les Samedis de l'an chanter audit conuent du Chapelet lesdites Litanies ; et pour recompence fairont un don annuel aux Religieux dudit conuent de la somme de 30 livres, qui leur seront payées par le Trésorier de la ville, et sur le reuenu d'icelle. Et d'abondant iront les sieurs Maire , et Jurats en la procession, qui se fait annuellement le iour, et feste de l‘Annonciation nostre Dame : et à cette fin se rendront ledit iour en l'Eglise métropolitaine Sainet André, pour ouyr la Messe, et suy ure icelle procession au lieu de S. Seurin, et audit lieu ouyr le sermon, qu'on a accoustumé de faire.

    Lesdits sieurs lllaire, et Jurats pour l'exécution de ce voeu auoient conferé avec Monsieur Saluiaty, Abbé de Saincte Croix, Vicaire général de Monsieur le Cardinal de Sourdis, Archevesque de la presente ville, et avec Messieurs du Chapitre Sainet André estans entrés dans iceluy Chapitre le sieur Dubernet Jurat, et moy Clerc de ville auec nos chaperons de liurée : où on nous donna place honorable pres Monsieur le Doyen. Et fut par tous les susd. trouvé que ledit voeu estoit fort bien : et fut indite une procession générale au Dimanche apres. Auquel iour tous les Curés des Paroisses de la présente ville furent commandez de se trouver à la Messe audit Sainct André, pour apres accompagner ladite procession. Moudit sieur le Mareschal s'y trouua, ensemble lesdits sieurs Jurats ayans tous leurs robes, et chaperons de liurée. La Messe fut celebrée par Monsieur le Doyen Desaigues assistant grande multitude de peuple : et allant ledit sieur Mareschal à l'offrande auec lesdits sieurs Jurats, Procureur syndic, et moy Cler de ville, où estant je me serais leué debout tenant le susdit voeu en la main signé dudit Seigneur, et desd. sieurs Jurats, pour en faire lecture à haute voix. Et apres l'avoir remis ez mains de mond. Seigneur Mareschal, iceluy Seigneur l'auroit en mesme temps mis ez mains dudit sieur Doyen, qui l'auroit reserué, et ce faict, on auroit marché en procession : et au retour d'icelle fut faite vne prédication dans la grande nef dudit S. André par le sieur Theologal Martin; et fut arresté, que les Litanies seroient chantées certain espace de temps dans toutes les Eglises parochiales dudit Bourdeaux. Ladite lampe fut faite fort belle, et delivrée au sieur Moysset Curé de Saincte Colombe; lequel la porta, et presenta à l'Eglise nostre Dame de Lorette, ou ele fut pendue : et y est encore de présent. Et porta ledit sieur Moysset bon et valable certificat des Prelats, et officiers d'icelle Eglise. Au globe de ladite lampe furent gravez ces vers faicts par le sieur de Lazmesas Advocat en la Cour l'un des dits Jurats.

    « Vouit, exoluit tibi lampada, Virgo Parensque,
    Burdigala : Afflictis ciubus adfer opem ».

    « Vierge et Mère, Bordeaux a fait un vœu et l'accomplit en vous offrant cette lampe ;
    portez secours à ses citoyens affligés ».

    La procession solennelle en mémoire de ce voeu avait lieu régulièrement chaque année. « Nous invoquerons, dit un ancien Mémoire, cette louable coutume qui, pendant plus de quatre siècles, a duré jusqu'à ces derniers jours, d'aller en procession le jour de l'Annonciation à l'Eglise de Saint Seurin sur la demande faite en Chapitre par deux chanoines députés de la Collégiale ».

    La station avait lieu à l'autel de Notre-Dame de Bonne-Nouvelle. Le peuple l'avait en grande vénération et s'y rendait fréquemment en pèlerinage. En 1759, il était encore concédé par le Chapitre à la Confrérie des Tailleurs, pour ses assemblées et ses cérémonies particulières à toutes les fêtes de la Très Sainte Vierge et aux premiers dimanches du mois.

    Une troisième chapelle parait avoir été dédiée à la Mère de Dieu. « Au XIVe siècle, dit M. de La mothe, une petite chapelle, formant saillie à l'extérieur, fut ajoutée à l'extrémité ouest du bas-côté nord... Cette date est clairement indiquée par le style des nervures, par celui des consoles qui reçoivent les retombées de la voûte, et qui représentent les animaux sous lesquels on a si souvent représenté les Evangélistes ». Les cartels déroulés entre leurs griffes et portant traces de quelques lettres rappellent les noms de saint Mathieu, saint Marc, saint Luc et saint Jean ou les cantiques de louanges que l'Apocalypse met dans leur bouche. Une console appliquée au mur du fond devait supporter la statue de la Sainte-Vierge.

    En restaurant cet oratoire qui n'a qu'une seule travée, en se rapprochant du sol primitif par des degrés qui le mettent en communication avec le bas-côté de l'église, et en rendant ainsi à sa voûte une élévation convenable, M. le Curé a conçu le projet d'en faire bientôt le siège des fonts baptismaux. Gloire donc à la vieille basilique d'avoir abrité, dès son berceau, un culte si populaire, si fécond de la Très Sainte-Vierge.

    (Extrait du livre « Origines chrétiennes de Bordeaux, Histoire et description de l’Église Saint Seurin », du Chanoine Cirot de la Ville, publié en 1867).

    La statue de Notre Dame de Bonne Nouvelle se trouve actuellement, toujours dans le même oratoire que celui dont nous parle le chanoine à la fin du texte.

    Posté par fmonvoisin, 02 janvier 2017 à 22:31 | | Répondre
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