Num_riser0040

Vénérable Soeur Emilie Engel

 Co-fondatrice des Soeurs de Marie de Schoenstätt

 Une merveille de confiance

 1893-1955

On ne connaît guère en France cette Allemande qui vécut de 1893 à 1955 et dont le procès de béatification est en cours. Sa vie a été publiée en 2004, en français sous le titre : « Je persiste dans mon Oui. » Ce titre résume toute la spiritualité qui anima cette femme de foi et qui la transforma profondément dans son être et dans son action. Sa vie, en effet, fut un Oui continuel au Père du ciel, à tous les appels qu’elle perçut avec sa fine sensibilité et auxquels elle répondit très généreusement malgré les obstacles rencontrés.

Née dans le Sauerland, au sud de la Ruhr, elle grandit dans une famille nombreuse et très croyante de cultivateurs. A 6 ans elle commença à vivre une terrible épreuve morale, une peur intense, que l’éducation religieuse de ce temps-là, sauf dans sa famille, n’était pas faite pour apaiser : peur de Dieu, peur du jugement et, associé à cela, un complexe d’infériorité.

A la maison, on la retrouvait parfois cachée sous l’escalier. Cette souffrance extérieure réapparaîtra bien souvent au cours de sa vie. Elle s’en libérera très progressivement en faisant totale confiance au Père du ciel et en se tournant résolument vers les autres, malgré sa timidité.

De fait, elle ne manquait pas de volonté. Elle résolut, comme deux de ses sœurs, de s’orienter vers l’enseignement primaire, ce qui était une profession tout à fait inhabituelle pour une jeune fille du monde rural au début du vingtième siècle. Elle fut envoyée dans des cités minières de la Ruhr, où elle découvrit une misère en tout genre, qu’elle ne soupçonnait pas jusqu’alors. Bien loin de se contenter d’assurer ses heures d’école, elle visita les familles de ses élèves et fut consternée. « Aux plus malheureux l’accueil le plus chaleureux » était sa devise. Repas offerts chez elle à des enfants qui avaient faim, soins apportés à une mère tuberculeuse dans un extrême dénuement, prise en charge des enfants de celle-ci après son décès, etc… Son dévouement était inlassable, au mépris de la contagion, qui la gagna, sans doute, à cette époque. Toute sa vie, de fait, fut marquée par la tuberculose, avec des années en sanatorium, de pénibles opérations et un Oui qui ne se démentait pas.

En cela elle fut confortée par la découverte qu’elle fit du Mouvement de Schoenstatt (à Vallendar près de Coblence) et par son fondateur, le Père Joseph Kentenich. Cette rencontre, commencée en 1921, sera pour elle une révélation : désormais elle se sait appelée personnellement par le Père du ciel, elle prend conscience du rôle de Marie dans sa vie, et l’apostolat, qu’elle a toujours exercé, s’impose à elle de plus en plus. Le fondateur, qu’elle a choisi comme guide spirituel, l’aide avec une surnaturelle clairvoyance et un sens aigu de la psychologie et de la pédagogie, à se libérer peu à peu de ses craintes et de ses complexes, en devenant une « merveille de confiance » en la Providence divine. Devenue sœur de Marie de Schoenstatt, elle fera partie de la génération fondatrice de cette grande famille et y acceptera des charges diverses, malgré de multiples assauts de la maladie et une nature réservée qui aurait préférer rester en retrait.

Pendant les trois années et demie que le Père Kentenich passa au camp de concentration de Dachau (1941-1945), sœur Emilie se sentira investie d’une nouvelle responsabilité à l’égard de ses sœurs. Elle l’assurera avec calme et ferme espérance. Au retour du fondateur, elle est disponible pour la fonction de provinciale, qu’elle exerce avec tout son cœur maternel et l’ardent désir que sa province devienne une province de saintes. Le nom choisi pour celle-ci est un programme pour toutes :  « Province de la Providence ». Qu’elle soit le « jardin de Marie » où tout ce qui pousse d’utile et de beau dans un jardin soit à la gloire de Marie.

Une nouvelle épreuve attend la famille de Schoenstatt. L’exil à Milwaukee (USA) imposé par le Saint-Office au Père Kentenich en 1951. Cet exil ne prendra fin qu’en 1965 avec la fin du Concile Vatican II et la totale réhabilitation par le Pape Paul VI. Sœur Emilie mourra en 1955 sans avoir revu celui qui l’avait tellement marquée par ses conseils, sa sagesse, son enseignement et sa sainteté.

Les dernières années de Emilie Engel seront marquées par la déchéance physique mais aussi par d’admirables progrès dans la consécration de sa personne entre les mains du Père céleste et de Marie, jusqu’à rendre grâce pour toutes ses souffrances et même jusqu’à demander toutes les souffrances imaginables. En cela, rien de morbide mais simplement une disponibilité sans réserve à toute la volonté du Père pour la sanctification de ses sœurs. L’éclat qui, jusqu’à la fin, brille dans son regard est le signe manifeste de sa joie d’enfant de Dieu qui n’a vécu que pour être aimée de Lui et pour aimer. Le secret de cette libération et de ce rayonnement est son esprit d’enfance spirituelle vécue héroïquement.

 

 (Texte de l’Abbé Louis Fleury, extrait du site internet du Diocèse de Cambrai)

 

Bibliographie : « Je persiste dans mon Oui », Disponible auprès des Soeurs de Marie de Thun-Saint-Martin

 

Un décret reconnaissant l’héroïcité des Vertus de Soeur Emilie Engel a été signé le 10 mai 2012 par le Pape Benoît XVI. Soeur Emilie Engel est donc ainsi déclarée Vénérable.

 

Prière pour la béatification de Soeur Emilie

 

Dieu, notre Père, Soeur Emilie a cheminé sa vie durant avec la confiance d’un enfant en Ta sage et bienveillante Providence. À Ton désir et à Ta Volonté, sa réponse était toujours « Oui, Père », même dans la souffrance et la précarité. Elle trouvait ainsi dans Ton Coeur Paternel un refuge assuré et se trouvait libérée de la peur et de la détresse morale. Tu as merveilleusement manifesté en sa personne Ton amour et Ta Miséricorde.

Je Te demande la béatification de Soeur Emilie pour l’honneur de Ton Nom, pour l’honneur de la Mère Trois Fois Admirable et Reine de Schoenstatt, et pour le bonheur de l’humanité.

Par son intercession, accorde-moi de voir exaucées mes intentions personnelles dans la mesure où cela correspond à Ta bienveillante Providence. Amen.

 

Merci de signaler toutes grâces reçues par l’intercession de la Vénérable Soeur Emilie Engel à

 

Soeurs de Marie de Schoenstatt

Sanctuaire de l’Unitté

1,Route nationale

F- 59141 Thun-Saint-Martin

www.sanctuairedelunite.fr

Mail : Schoenstattfr@aol.com

 

Soeurs de Marie de Schoenstatt

Maison « Providentia »

Trierer Str. 388

D- 56078 Koblenz-Metternich

www.haus-providentia.de 

Mail: info@haus-providentia.de

 

Téléchargez le texte de cette prière (pdf) en cliquant ici