23 septembre 2008

Le Notre Père commenté par Saint Ambroise de Milan

stambroisemilan_600 Saint Ambroise de Milan

Evêque et Docteur de l'Eglise

+ en 397

Fête le 7 décembre


Cet avocat célèbre avait une si grande personnalité qu'il devint gouverneur de la province de Milan. Il découvre alors Jésus-Christ. Il n'est encore que catéchumène lorsque, de passage dans sa ville, il est élu évêque par acclamation du peuple. Il est alors immédiatement baptisé, ordonné prêtre, consacré évêque en peu de temps. Saint Ambroise est un véritable évêque, soucieux de la rectitude de la foi et de la paix sociale. Ses relations avec les empereurs successifs (qui favorisent tantôt les catholiques, tantôt les hérétiques ariens) sont mouvementées. En 390, l'empereur Théodose fait massacrer toute une partie de la population de Thessalonique pour arrêter des émeutes. Pour cette raison, saint Ambroise lui refusera l'accès de son église à Milan, exigeant qu'il se soumette d'abord à la pénitence publique de l'Eglise. L'empereur, subjugué, obéit et, après des mois de pénitence, Théodose ne communie plus dans le sanctuaire avec les prêtres (selon le privilège impérial), mais au milieu des laïcs. Saint Augustin doit, en partie à saint Ambroise, sa conversion, car il épiait ses sermons en cachette, écoutait sa pensée, admirait la parole de ce grand orateur. Saint Ambroise avait un grand souci de belles liturgies. Il introduisit dans l'Eglise latine, l'usage grec de chanter des hymnes qui étaient à la fois des prières, des actions de grâce et des résumés du dogme. Il en composa plusieurs que nous chantons encore aujourd'hui " Aeternae rerum conditor " - " Dieu créateur de toutes choses". Patron des apiculteurs, il est parfois représenté avec une ruche en paille tressée.


Un portrait de saint Ambroise de Milan


Celui qui est considéré comme un des plus grands Pères de l'Eglise (339-397) fut initié aux études bibliques par Origène. "Il a transposé dans le contexte culturel latin -a expliqué le Pape- la méditation de l'Ecriture, inaugurant en occident la Lectio Divina, qui inspira sa prédication et son oeuvre, toute orientée sur l'écoute" de la Parole divine. Il enseigna tout d'abord aux catéchumènes "l'art de vivre bien afin d'être bien préparés aux grands mystères christiques". Sa prédication partant "de la lecture des Livres sacrés pour vivre en conformité à la Révélation". "Il est évident -a précisé le Saint-Père- que le témoignage personnel du prédicateur et son exemple pour la communauté conditionnent l'efficacité de sa démarche. C'est pourquoi le mode de vie et la réalité de la Parole vécue sont déterminants". Puis Benoît XVI a rappelé le témoignage de saint Augustin dont la conversion fut le fruit des "belles homélies" d'Ambroise entendues à Milan, mais aussi "du témoignage qu'il donnait et de celui de l'Eglise milanaise qui ne faisaient qu'un en priant et chantant d'une seule voix". L'Evêque d'Hippone raconte également sa surprise de voir Ambroise lire mentalement en privé les Ecritures, "alors qu'à l'époque leur lecture devait être faite à voix haute afin d'en faciliter la compréhension". Dans ce mode de lecture, a souligné le Pape, "où le coeur s'efforce de comprendre la Parole de Dieu, on entrevoit la méthode catéchistique de saint Ambroise. Complètement assimilée, l'Ecriture suggère les contenus à diffuser en vue de la conservation des coeurs... De fait, la catéchèse est inséparable du témoignage de vie". "Qui éduque dans la foi ne saurait courir le risque de sembler un acteur interprétant un rôle". Le prédicateur doit, "à l'exemple de Jean, appuyer sa tête sur le coeur de son maître, adoptant son mode de pensée, de parler et d'agir". Ambroise de Milan mourut la nuit du Vendredi Saint les bras en croix, "exprimant dans cette attitude sa participation mystique à la mort et à la résurrection du Seigneur. Ce fut là son ultime catéchèse". Sans paroles et dans le silence des gestes il continua de témoigner.

Le Notre Père commenté par Saint Ambroise de Milan

Notre Père qui es aux Cieux

Que signifie aux cieux? Ecoute l’Ecriture qui dit : “Le Seigneur et élevé au-dessus de tous les Cieux”, (Psaume 112,4), et tu trouves partout que le Seigneur est au-dessus des cieux des cieux, comme si les anges n’étaient pas aussi aux cieux, comme si les dominations n’étaient pas aussi aux cieux. Mais aux cieux dont il est dit: “Les cieux racontent la gloire de Dieu”, (Psaume 18,2). Le ciel est là où a cessé la faute, le ciel est là où les crimes sont punis, le ciel est là où il n’y a aucune blessure de la mort. “Notre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié.” Que signifie “soit sanctifié ?” Comme si nous souhaitions que soit sanctifié celui qui a dit: “Soyez saints parce que je suis saint”, (Lévitique 19,2), comme si notre parole pouvait accroître sa sainteté. Non, mais qu’il soit sanctifié en nous, afin que son action sanctifiante puisse parvenir jusqu’à nous.

Notre Père qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne arrive


Comme si le règne de Dieu n’était pas éternel. Jésus dit: “J’y suis né”, (Jean 18,37), et tu dis : “Que ton règne arrive”, comme s’il n’était pas venu. Mais le règne de Dieu est arrivé quand vous avez obtenu la grâce. Car il dit lui-même: “Le règne de Dieu est en vous”, (Luc 17,21).

Donne-nous aujourd’hui notre pain quotidien

Je me souviens de ce que je vous ai dit quand j’expliquais les sacrements. Je vous ai dit qu’avant les paroles du Christ, ce qu’on offre s’appelle pain; dès que les paroles du Christ ont été prononcées, on ne l’appelle plus du pain, mais on l’appelle corps. Pourquoi dans l’oraison dominicale qui suit immédiatement dit-il “notre pain”? Il dit pain, mais «epiousios» (en grec), c’est-à-dire substantiel. Ce n’est pas ce pain qui entre dans le corps, mais ce pain de vie éternelle qui réconforte la substance de notre âme. C’est pour cela que le grec l’appelle «epiousios». Le latin a appelé quotidien ce pain que les Grecs appellent “de demain”, parce que les Grecs appellent demain «ten epiousian hemeran». Ainsi donc ce que dit le latin et ce que dit le grec semblent également utiles. Le grec a exprimé les deux sens par un seul mot, le latin a dit quotidien. S’il est quotidien, ce pain, pourquoi attendrais-tu une année pour le recevoir, comme les Grecs ont coutume de faire en Orient ? Reçois chaque jour ce qui doit te profiter chaque jour. Vis de telle manière que tu mérites de le recevoir chaque jour. Celui qui ne mérite pas de le recevoir chaque jour ne mérite pas de le recevoir après une année. Ainsi le saint Job offrait chaque jour un sacrifice pour ses fils, de peur qu’ils n’eussent commis quelque péché dans leur coeur ou en paroles, (Job 1,5). Toi donc, tu entends dire que chaque fois qu’on offre le sacrifice, on représente la mort du Seigneur, la résurrection du Seigneur, l’ascension du Seigneur, ainsi que la rémission des péchés, et tu ne reçois pas chaque jour le pain de vie ? Celui qui a une blessure cherche un remède. C’est une blessure pour nous d’être soumis au péché : le remède céleste, c’est le vénérable sacrement. “Donne-nous aujourd’hui notre pain quotidien” Si tu le reçois chaque jour, chaque jour pour toi c’est aujourd’hui. Si le Christ est à toi aujourd’hui, il ressuscite pour toi aujourd’hui. Comment ? “Tu es mon Fils, aujourd’hui je t’ai engendré.”, (Psaume 2,7) Aujourd’hui, c’est quand le Christ ressuscite. “Il était hier et il est aujourd’hui”, (Hebreux 13,8), dit l’apôtre Paul. Mais il dit ailleurs “La nuit est passée, le jour est arrivé”, (Romains 13,12). La nuit d’hier est passée, aujourd’hui le jour est arrivé.

Remets-nous nos dettes comme nous les remettons à nos débiteurs

Qu’est la dette, sinon le péché ? Si tu n’avais pas accepté d’argent d’un prêteur étranger, tu ne serais pas dans la gêne, et c’est pour cela qu’on t’attribue le péché. Tu as possédé l’argent avec lequel tu devais naître riche. Tu étais riche, fait l’image et la ressemblance de Dieu, (Genèse 1,26-27). Tu as perdu ce que tu possédais, c’est-à-dire, l’humilité, quand tu désires te venger de l’arrogance, tu as perdu ton argent, tu t’es fait nu comme Adam, tu as accepté du diable une dette qui n’était pas nécessaire. Et par là, toi qui étais libre dans le Christ, tu t’es fait le débiteur du diable. L’ennemi tenait ta garantie, mais le Seigneur l’a crucifiée et l’a effacée par son sang, (Colossiens 2,14-15). Il a supprimé ta dette, il t’a rendu la liberté. C’est donc avec raison qu’il dit: “Et remets nous nos dettes comme nous les remettons à nos débiteurs”. Fais attention à ce que tu dis: “Remets-moi comme moi je leur remets.” Si tu remets, tu fais un juste accord pour qu’on te remette. Si tu ne remets pas, comment l’engages-tu à te remettre ?

Et ne nous laisse pas induire en tentation mais délivre-nous du mal

Fais attention à ce qu’il dit: “Et ne nous laisse pas induire en tentation à laquelle nous ne pouvons pas résister.” Il ne dit pas: “Ne nous induis pas en tentation” mais comme un athlète il veut une épreuve telle que l’humanité puisse la supporter et que chacun soit délivré du mal, c’est-à-dire, de l’ennemi, du péché. Mais le Seigneur, qui a ôté votre péché et pardonné vos fautes, est capable de vous protéger et de vous garder contre les ruses du diable qui vous combat, afin que l’ennemi, qui d’habitude engendre la faute, ne vous surprenne pas. Mais qui se confie à Dieu rie craint pas le diable. Car si Dieu est pour nous, qui sera contre nous? C’est donc à lui qu’appartiennent la louange et la gloire depuis toujours, maintenant et à jamais et dans les siècles des siècles. Amen.

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Neuvaine au Bienheureux Charles d'Autriche

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Le Bienheureux Charles d'Autriche

1887-1922

Fête le 21 octobre

Charles d'Autriche, fils de l'archiduc Otto et de la princesse Marie-Joséphine de Saxe, fille du dernier roi de Saxe, naquit le 17 août 1887 au château de Persenburg, en Autriche inférieure. L'Empereur François Joseph I était son grand-oncle. Charles reçut une éducation catholique approfondie et, dès son enfance, il fut accompagné dans la prière par un groupe de personnes, ainsi que par une religieuse stigmatisée qui lui avait prédit de grandes souffrances. C'est de là qu'est née, après la mort de Charles, la "Ligue de prière de l'Empereur Charles pour la paix des peuples", qui, en 1963, devint une communauté de prière reconnue par l'Eglise. Très tôt, grandit chez Charles un grand amour pour l'Eucharistie et pour le Coeur de Jésus. Il prit toutes les décisions importantes de sa vie en priant. Le 21 octobre 1911, il épousa la Princesse Zita de Bourbon-Parme. Ce furent dix années d'une vie conjugale heureuse, couronnées par la naissance de 8 enfants. Le 28 juin 1914, l'archiduc François-Ferdinand, héritier du trône, est victime d'un attentat. Charles devint alors l'héritier du trône de l'Empire austro-hongrois. En pleine Première Guerre mondiale, avec la mort de l'empereur François-Joseph le 21 novembre 1916, Charles devint empereur d'Autriche. Le 30 décembre, il fut couronné roi apostolique de Hongrie. Cette charge est perçue par Charles comme une voie pour suivre le Christ:  dans l'amour pour les peuples qui lui sont confiés, dans sa bienveillance à leur égard, dans le don de sa vie pour eux. Pendant cette guerre terrible, Charles plaça le devoir le plus sacré d'un roi - l'engagement pour la paix - au centre de ses préoccupations. De tous les responsables politiques, il fut le seul à soutenir les efforts de Benoît XV en faveur de la paix. Il travailla également à l'élaboration d'une vaste législation sociale inspirée de l'enseignement social chrétien. Son attitude permit, à la fin du conflit, la transition vers un nouvel ordre sans guerre civile. Il fut cependant banni de sa patrie. Pour répondre au désir du Pape, qui craignait l'établissement du pouvoir communiste en Europe centrale, il tenta de rétablir son autorité en Hongrie. Mais deux tentatives échouèrent car il voulait éviter le déclenchement d'une guerre civile. Charles fut envoyé en exil sur l'Ile de Madère. Considérant sa charge comme un mandat de Dieu, il n'abdiqua pas. Réduit à la misère, il vécut avec sa famille dans un logement insalubre. Il tomba gravement malade, acceptant la maladie comme un sacrifice pour la paix et l'unité de ses peuples. Charles endura ses souffrances sans se plaindre et pardonna à tous ceux qui lui avaient fait du mal. Il mourut le 1 avril 1922, le regard tourné vers le Saint-Sacrement. Sur son lit de mort, il répéta la devise de toute sa vie:  "Je m'engage toujours, en toutes choses, à connaître le plus clairement possible la volonté de Dieu et à la respecter, et cela de la manière la plus parfaite".

Neuvaine pour demander l'intercession et la canonisation du Bienheureux Charles, empereur d'Autriche

Préface


J’ai la grande joie, en ma qualité de président de la Ligue de prière de l’empereur Charles, de présenter cette neuvaine à tous les hommes de bonne volonté. La spiritualité du Bienheureux empereur Charles d’Autriche sera désormais au service du plus grand nombre, qui le priant et imitant son exemple, pourront obtenir les bénédictions demandées. Puissent être ainsi accomplies les paroles du psaume selon lequel les Justes seront pour toujours dans nos mémoires (Ps 111,6). Et aujourd’hui – 76 après sa mort prématurée en exil –, la rectitude de sa personnalité est plus d’actualité que jamais, spécialement dans une Europe unie, témoignage crédible de ce qu’un chef d’état peut, et doit, suivre les préceptes d’une conscience droite dans l’accomplissement de ses devoirs, même si cela exige des sacrifices personnels. Puisse le Serviteur de Dieu Charles 1er d'Autriche être la promesse de la bénédiction d’une Europe unie qui ne peut exister qu’à travers la foi.

St-Pölten, le 7 août 1998
+Kurt Krenn


Imprimatur sur le texte allemand 6 septembre 1998

Monseigneur Kurt Krenn, évêque de St-Pölten

Prière pour la canonisation du Bienheureux Charles, empereur d'Autriche

À réciter au début de chaque prière de la neuvaine

Père céleste, en la personne du Bienheureux Charles, empereur d’Autriche, Vous avez donné à Votre Église et au peuple de Dieu l’exemple d’une vie de discernement et de spiritualité sur un chemin de courage convaincant. Ses actions publiques comme empereur et roi, ses actions personnelles comme chef de famille, étaient fermement assises sur les enseignements de la foi catholique. Son amour pour l’Eucharistie crût dans le temps des épreuves et l’aida à s’unir au Sacrifice du Christ dans le sacrifice de sa propre vie pour ses peuples. L’empereur Charles honora la Mère de Dieu et aima prier le Rosaire tout au long de sa vie. Qu’il nous fortifie par son intercession quand le découragement, la pusillanimité, la solitude, l’amertume et la dépression nous troublent. Permettez-nous de suivre l’exemple de votre fidèle serviteur, et de servir sans égoïsme nos frères et nos sœurs suivant Votre volonté. Entendez et accédez à ma demande (formulez ici votre intention). Accordez au Bienheureux Charles d’Autriche l’honneur de la canonisation, pour la gloire de Votre Nom, celle de la Bienheureuse Vierge Marie et que soit bénie Votre Église. Amen

Prière de conclusion

À réciter après chaque prière de la neuvaine


Dieu notre Père, par l'empereur Charles, Vous nous donnez un exemple à suivre. Dans des conditions extrêmement difficiles, il s'est acquitté de ses lourdes charges sans jamais perdre la foi. Il a toujours suivi Votre Fils, le Roi véritable. Il a mené une vie d'humilité, aimant sincèrement les pauvres et se donnant coeur et âme à la quête de la paix. Même quand sa vie a été en danger, il Vous a fait entièrement confiance, remettant sa vie entre Vos Mains. Dieu Tout-Puissant et Miséricordieux, par l'intercession du Bienheureux Charles, empereur d'Autriche, nous Vous prions de nous accorder sa foi inconditionnelle pour nous soutenir dans les plus difficiles situations, et le courage de toujours suivre l'exemple de Votre Fils unique. Ouvrez notre coeur aux pauvres, renforcez notre détermination en faveur de la paix dans nos familles et entre tous les peuples. Nous Vous le demandons par Jésus-Christ Notre Seigneur. Amen.

Premier jour

Vénération du Très Saint Sacrement

Le Bienheureux Charles d’Autriche a vécu sous la gloire du Saint Sacrement. Les rayons de la grâce de Sa Splendeur l’attiraient et il aimait se rendre au pied du Tabernacle. Sous la tension du gouvernement ou simplement au début d’une journée ordinaire, il cherchait aide et consolation auprès de Jésus au Tabernacle. Où qu’il ait vécu, il souhaitait avoir une chapelle privée où pouvait être gardé le Saint Sacrement. Sa dévotion à l’Eucharistie se manifestait même en de petits détails, tels que la lumière du sanctuaire qui ne devait jamais s’éteindre. Plusieurs fois par jour, il disait : « Je dois aller voir si la lumière de l’autel est bien allumée ». Quand il disait cela, chacun savait qu’il désirait s’isoler pour s’agenouiller et prier devant le Saint Sacrement. La profondeur de sa prière et de sa méditation était telle qu’il ne remarquait pas ce qui se passait autour de lui. Par exemple, il était si profondément abîmé en prière qu’il ne voyait pas passer l’aumônière pour les offrandes. Afin de ne pas le déranger, l’impératrice Zita lui dit de tenir son offrande dans la main dès le début de la messe afin que, d’un coup de coude, elle puisse faire tomber l’offrande dans l’aumônière au moment voulu. Le frère Maurus Carnot, O.S.B., disait de l’empereur Charles : « À Disentis (Suisse), peu importaient les flocons de neige et les rafales, il était toujours ponctuel à l’église Sainte-Marie où il devait recevoir la Sainte Communion lors des messes que desservait le prince héritier Otto… ». Durant la maladie qui devait l’emporter, il avait le désir ardent de recevoir fréquemment la Sainte Communion. La Sainte Messe était célébrée dans le salon adjacent à sa chambre. Au début, la porte restait entrebâillée afin qu’il puisse suivre les messes, sans attenter à son intimité ni risquer la contagion, mais il demanda bientôt que la porte fût pleinement ouverte, disant : « Je veux voir l’autel ! ». Il était si respectueux de l’Eucharistie qu’il avait décidé de la refuser, car sa toux constante risquait de profaner l’Hostie. D’une façon tout à fait remarquable, en fait, durant les saints rites, sa toux arrêtait complètement et il pouvait prendre la communion. C'est comme s'il s'était senti appelé par Notre Seigneur à prendre la communion. Quand il demanda, une fois, à l’impératrice de dire au prêtre qu’il désirait communier, elle lui répondit que cela n’était pas possible car la comtesse Mensdorff devait communier et qu’il n’y avait qu’une seule hostie consacrée. L’empereur Charles insista, et l’impératrice alla vers le prêtre et vit qu’il avait dû entendre une voix intérieure, lui aussi, car il avait consacré une hostie de plus pour l’empereur. L’empereur Charles mourut comme il a vécu. Il fut durant sa vie uni à Jésus-Eucharistie et le Saint Sacrement était le centre de sa vie quand il mourut. Une demi-heure avant de mourir, il désira recevoir la Sainte Communion. Bien que son visage fût pâle et marqué par sa lutte, longue et fatigante, durant sa maladie, il irradia de joie quand il reçut l’Eucharistie. Ce rayonnement resta sur son visage au-delà de la mort. Lors de ses derniers instants, le père Zsamböki tint le Saint Sacrement devant ses yeux et en présence de l’Eucharistie, il prononça ses derniers mots : « Que Ta volonté s’accomplisse, Jésus, Jésus, viens ! ». Et, dans son dernier soupir, il murmura : « Jésus ! ». Il est maintenant entré dans la Lumière éternelle, que symbolise la lampe du sanctuaire devant laquelle il est tant resté dans sa chapelle.


Prière

Mon Seigneur et Mon Dieu, suivant l’exemple merveilleux du Bienheureux empereur Charles, je viendrai fréquemment Vous voir au tabernacle et Vous recevrai avec joie, dans le désir du Très Saint Sacrement de l’Eucharistie. Entendez et accédez à ma demande (formulez ici votre intention) par l’intercession du Bienheureux Charles, empereur d’Autriche. Amen.

Notre Père, Je vous salue Marie, Gloire soit au Père


Deuxième jour

Un empereur voué au Sacré Coeur de Jésus

« Jésus, doux et humble de cœur, formez nos cœurs à être comme Votre cœur. » Le 2 octobre 1918, le Bienheureux Charles se consacra et consacra sa famille au Sacré Cœur de Jésus. Par sa souffrance d’être mal jugé, calomnié et persécuté, par sa volonté de sacrifier sa vie pour ses peuples, par son exil, et par sa peine et sa maladie fatale, l’empereur Charles permit à son cœur d’être uni au Cœur Sacré de Jésus. Même en exil et dans la maladie, l’empereur prit à cœur et avec sérieux ses devoirs de monarque et de père. L’impératrice Zita, comme il était malade, lui lisait les journaux, mais elle sentait que les articles le travaillaient et le contrariaient. Elle l’incita à ne pas lui demander de les lui lire parce que cela n’était pas bon pour sa santé. Or, l’empereur Charles répliqua : « C’est mon devoir d’être informé, non mon plaisir. S’il-te-plaît, lis ! » Sa dévotion au Sacré Cœur de Jésus donnait de la force à l’empereur durant sa dernière et douloureuse maladie. Sur son lit de mort, il dit à la comtesse Mensdorff : « C’est si bon d’avoir foi dans le Sacré Cœur de Jésus. Sans cela, l’épreuve serait trop difficile à supporter. » Le Bienheureux Charles garda une image du Sacré Cœur sous son oreiller et jusque dans sa maladie fatale. Une fois, l’impératrice Zita voulut qu’il pût prendre le repos dont il avait tellement besoin ; elle prit l’image de dessous l’oreiller et la mit devant les yeux de l’empereur. Elle dit qu’il était absolument nécessaire qu’il dormît et qu’il devrait le demander au Seigneur. Il fixa l’image et rapidement, avec ferveur, dit : « Mon très cher Sauveur, donnez-moi le sommeil. » Il fut alors capable de s’endormir et se reposa pendant trois heures.

Prière

Mon Seigneur et Mon Dieu, suivant l’exemple merveilleux du Bienheureux empereur Charles, je veux consacrer ma vie à Votre Très Sacré Cœur. Entendez et accédez à ma demande (formulez ici votre intention) par l’intercession du Bienheureux Charles, empereur d’Autriche. Amen.

Notre Père, Je vous salue Marie, Gloire soit au Père

Troisième jour

Une vie de sacrifice

« Il n’est pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. » Avant même d’arriver en exil à Madère, sa vie était de celles qui se sacrifient aux autres. Il a perdu sa patrie, son empire et son trône. Ses propres peuples ont confisqué son argent et ses biens personnels. Sans argent, sans amis, incapable de gagner sa vie, il avait une femme et sept enfants à charge, plus un huitième à naître. Il a été obligé de vivre sous le contrôle d’étrangers sur une île lointaine dans une demeure humide, inhabitable. Et malgré ces tribulations, il était encore, héroïquement, prêt à se sacrifier pour les autres. Le dernier sacrifice qu’il lui restait à faire était celui de sa vie. Il fut convaincu, à travers ses prières, que Dieu exigeait de lui l’ultime sacrifice pour le salut de ses peuples. Tout au long de sa vie, durant ses difficultés, l’empereur reçut la communion autant que possible. Même à la fin de sa vie, il maintint cette habitude, et avec l’hostie sur la patène, qui devient le Saint Sacrifice de l’Agneau de Dieu, il s'offrit lui-même, complètement, à la volonté du Père pour le salut de ses peuples. L’église favorite de l’empereur à Madère était Nossa Senhora do Monte, qui pouvait être vue à des kilomètres à la ronde. Il parlait, une fois, avec sa femme, alors que l’église était en vue. Il déclara que Dieu lui demandait de donner sa vie pour le bien de ses peuples. Étonnée, l’impératrice resta sans voix, et avec une grande résolution dans les yeux, l’empereur regarda l’église et dit : « Je le ferai ! ». Peu après, Dieu exauça son vœu quand il tomba soudainement malade et mourut d'une mort précoce. Les paroles prophétiques du pape Saint Pie X, lors d’une audience, alors que Charles n’était qu’un jeune archiduc, s’accomplissaient : « Je bénis l’archiduc Charles qui sera le futur empereur d’Autriche et qui aidera à mener ses peuples (et ses territoires) vers de grands honneurs et de grandes bénédictions – mais cela ne pourra être qu’après sa mort. »


Prière

Mon Seigneur et Mon Dieu, je Vous remercie pour le sacrifice que l’empereur Charles fit de sa vie. Aidez-moi à suivre son exemple désintéressé et à ne pas Vous refuser tout sacrifice que Vous pourriez me demander. Entendez et accédez à ma demande (formulez ici votre intention) par l’intercession du Bienheureux Charles, empereur d’Autriche. Amen.

Notre Père, Je vous salue Marie, Gloire soit au Père

Quatrième jour


Partager la passion du Christ – grandeur dans la souffrance


Bien que l’empereur Charles ait été forcé à l’exil et qu’il ait eu à installer sa famille dans une villa sur les hauteurs de Funchal, il a toujours su garder une attitude positive et gaie. Il disait : « Nous allons mieux que nous le méritons. » Suivant l’exemple du Christ, il prit volontairement sa croix pour le bien de ses peuples. Il offrit sa souffrance au Christ crucifié : son exil, son inquiétude pour le bien-être de sa patrie et de ses peuples ; son inquiétude pour sa famille qui manquait de nourriture, de médicaments et vivait dans une maison humide, à peine meublée, sans chauffage. Comme le Christ souffrit avec patience les moqueries des soldats, avec la couronne d’épines, le manteau de pourpre et le roseau, ainsi fit le Bienheureux Charles face à la dérision de ses ennemis. Il communia à la Passion du Christ par la souffrance qu’il eut à endurer du fait de sa condamnation par ses propres ministres et de son bannissement. Même la trahison de ses plus proches ne lui fut pas épargnée. Et encore, malgré tout, l’empereur Charles pouvait dire : « Je suis reconnaissant à Dieu de tout ce qu’Il m’envoie. » Telles les gouttes de sang du Christ au Mont des Oliviers, l’empereur souffrit de terribles sueurs durant sa maladie. Alors qu’il transpirait de façon terrible, il dit à l’archiduchesse Maria Teresa : « Je vous supplie, Grand-Mère, de m’aider à ne pas transpirer autant. » Elle lui répondit : « Les médecins disent que c’est bon pour toi. » L’empereur Charles répondit : « Je ne crois pas pouvoir le supporter plus longtemps. » L’archiduchesse montra alors le crucifix qu’il avait dans les mains et dit : « …Pour nous, Il a sué le sang ». Les yeux de Charles suivirent le geste de Maria Teresa. Puis, il fixa longuement le crucifix et acquiesça de la tête plusieurs fois. À partir de ce moment-là, le Bienheureux Charles ne parla plus de ses sueurs, bien qu’il eût encore à en souffrir jusqu’à sa mort. Sa maladie empira et, à ses souffrances, s’ajoutèrent des suffocations, des plaies infectieuses aux bras, dues aux nombreuses injections qu’on lui fit, des brûlures au cou et aux épaules causées par les sinapismes et les ventouses. Sa tête devait être soutenue car l’empereur était trop faible pour se tenir droit tout seul. Malgré ses souffrances, il continuait à se préoccuper des autres – surtout de ses enfants – et s'inquiétait d’une éventuelle contagion de sa maladie. Les médecins présents dirent qu’ils n’avaient jamais vu une telle force de caractère. Il avait une maîtrise de soi remarquable et ses facultés mentales étaient intactes malgré la fièvre et les douleurs. Ils remarquèrent une seule fois que l’empereur se trompa en les accueillant en allemand, au lieu du français, habituel entre eux. Le Bienheureux empereur Charles pria constamment jusqu’à la fin. Les médecins, qui l’avaient pris en profonde sympathie, pleurèrent comme des enfants quand ils réalisèrent qu’ils ne pourraient sauver l’empereur, ni même soulager ses souffrances. Avant de mourir, il dit : « Je déclare que la renonciation de novembre est nulle et non avenue car elle a été faite sous la contrainte. Personne ne peut nier, ni effacer, que je suis le roi couronné de Hongrie. » À dix heures du matin, l’empereur dit : « J’ai tant à souffrir afin que mes peuples soient à nouveau réunis. » Ce fut après midi, à 12 h 23, que les souffrances de l’empereur cessèrent pour toujours.


Prière

Mon Seigneur et Mon Dieu, l’empereur Charles a humblement suivi votre Chemin de Croix. Aidez-moi à suivre son exemple et, pour l’Amour de Vous, à porter mes croix quotidiennes. Entendez et accédez à ma demande (formulez ici votre intention) par l’intercession du Bienheureux Charles, empereur d’Autriche. Amen.


Notre Père, Je vous salue Marie, Gloire soit au Père

Cinquième jour


« Aimez vos ennemis. »

L’empereur a pratiqué de manière héroïque le commandement « d’aimer son ennemi ». Tout au long de sa vie, et de manière exemplaire, il a pardonné aux autres. L’empereur Charles a gravement souffert des mensonges, des calomnies et de nombreuses épreuves. L’ultime exemple de son pardon aux autres fut donné quand il murmura sur son lit de mort : « Je pardonne à tous mes ennemis, à tous ceux qui m’ont calomnié et à tous ceux qui ont agi contre moi. » Le 5 avril 1925, Rudolf Brougier, ancien aide de camp, écrivit dans ses mémoires sur l’empereur Charles avant son accession au trône en 1916 : « (Il avait) une authentique foi en Dieu, un vrai bon cœur, il était charmant et affable avec une fidélité infatigable à ses devoirs, il avait une aptitude exceptionnelle au commandement. Ses dispositions naturelles à l’humilité et l’absence d’égoïsme avaient été renforcées par sa propre éducation. Il ne se donnait pas d’airs et ne jouait pas pour la galerie. Avec toute sa gaîté naturelle, il a accepté son lourd fardeau, bien qu’il lui ait été vraiment lourd. Le courage de l’archiduc, son absence de peur pour lui-même étaient déjà notoirement connus ; le mépris de sa propre sécurité resta une caractéristique quand il fut empereur, et qu’il conserva jusque dans les pires moments. D’un autre côté, le Bienheureux Charles, se sentait totalement responsable du bien-être de ses subordonnés. Son attitude de charité vraie associée à sa foi profonde a été le grand moteur de ses efforts persistant pour la paix. En 1916, à titre d'héritier présomptif, il considérait déjà comme son but majeur la fin rapide et honorable de la guerre ; du premier jour de son accession au trône, il consacra tous ses efforts à ce but : protéger les peuples de l’empire de plus grands sacrifices et régner comme l’empereur de la paix sur une Autriche régénérée. » Il est difficile de croire qu’un homme avec de telles vertus et un si noble caractère puisse être critiqué avec autant d’acrimonie et calomnié jusqu’à ce que son honneur et son nom soient salis, voire détruits. Non seulement l’empereur eût à souffrir la confiscation de ses biens personnels, mais sa réputation fut entachée par les mensonges et les faussetés. Les Saintes Écritures enseignent que l’on peut mesurer la sainteté à la capacité d’aimer ses ennemis. À la lumière de ce critère, nous pouvons gratifier le Bienheureux Charles d’un haut degré de vertu.

Prière

Mon Seigneur et Mon Dieu, Vous nous enseignez dans le « Notre Père » à pardonner les péchés des autres afin que les nôtres soient aussi pardonnés. Aidez- moi à imiter l’empereur Charles afin que je puisse pardonner toutes les injustices commises contre moi. Entendez et accédez à ma demande (formulez ici votre intention) par l’intercession du Bienheureux Charles, empereur d’Autriche. Amen.

Notre Père, Je vous salue Marie, Gloire soit au Père

Sixième jour

Père dévoué

Une des plus grandes épreuves pour l’empereur Charles a été de se séparer de ses enfants quand l’impératrice Zita et lui ont été envoyés en exil à Madère. Les enfants sont restés en Suisse jusqu’à ce que l’impératrice Zita, avec beaucoup de difficultés, puisse aller les chercher pour les ramener à Madère. Voici le récit de leurs retrouvailles : « Le 2 février (l’empereur Charles) alla à la rencontre de l’impératrice Zita et des enfants – à l’exclusion de l’archiduc Robert (en convalescence après son opération pour une appendicite) – pour les emmener à Funchal, avec l’archiduchesse Marie Teresa. L’empereur se tenait sur la digue. La joie des enfants fut indescriptible. Ils l’accueillirent avec embrassades exubérantes quand il monta à bord. Les larmes coulaient le long des joues de l’empereur quand il porta le petit archiduc Rodolphe, en descendant la passerelle. Ceux qui arrivaient avec les enfants furent effrayés de voir combien leur souverain était fatigué et avait vieilli. Mais il était impossible de voir quelque trace d’amertume sur son visage ou de l’entendre prononcer une parole amère. » Durant sa maladie fatale, l’empereur avait un plaisir considérable à pouvoir entendre depuis son lit les voix des enfants à travers la fenêtre et quand ils pouvaient l’entendre s’il les appelait. Tout au long de sa maladie, il s’est préoccupé des autres et particulièrement de ses enfants, des risques de contagion ou du traumatisme de le voir si malade. De tous les enfants, seul Otto, l'héritier, a été appelé auprès au chevet de son père ; l'empereur voulait que le jeune archiduc voit comment un monarque et un Catholique doit faire face à la mort. Otto sanglota en voyant son père se débatter avec la mort ; sa mère était présente pour le réconforter. L'empereur voulut épargner aux autres enfants les risques de contagion et le traumatisme. Une des dernières prières murmurées peu avant sa mort a été pour tous ses enfants, qu’il a nommés individuellement, les plaçant sous la protection de Dieu. L’archiduchesse Maria Teresa l’entendit. Elle en a fait le récit : « Très cher Sauveur, protégez nos enfants : Otto, Mädi, Robert, Félix, Karl Ludwig, qui après ? » L’impératrice vint à son aide : « Rudolf », et il continua : « Rudolf, Lotti, et plus particulièrement notre petit dernier (l’impératrice attendait Elisabeth qui naquit après la mort de l’empereur). Préservez leur corps et leur âme, qu’ils meurent plutôt que de commettre un péché mortel, Amen ! Que Votre volonté soit faite. Amen. »

Prière

Mon Seigneur et Mon Dieu, je Vous remercie pour l’amour que le Bienheureux empereur Charles a porté à sa famille placée sous Votre volonté et Votre plan divin. Entendez et accédez à ma demande (formulez ici votre intention) par l’intercession du Bienheureux Charles, empereur d’Autriche. Amen


Notre Père, Je vous salue Marie, Gloire soit au Père

Septième jour

Le souverain

Les témoins oculaires font l’éloge du profond sens du devoir du Bienheureux Charles d’Autriche. Il comprenait la charge impériale comme un devoir sacré qui lui avait été confié et se voyait comme le père de ses peuples. Lors d’une conversation avec le comte Polzer-Hoditz le 28 avril 1917, l’empereur dit : « C’est pourtant simple, chacun doit aider autant qu’il le peut. En tant qu’empereur, je dois montrer le bon exemple. Si chacun devait seulement faire son devoir de chrétien, il n’y aurait pas tant de haine et de misère dans le monde. » Son amour du prochain était exemplaire. Pour soulager le peuple souffrant des misères de la guerre, l’empereur Charles ordonna que les chevaux et les voitures du palais fussent mises à disposition pour porter le charbon à la population de Vienne. Il donna beaucoup aux pauvres sur son argent personnel, et y compris ses vêtements aux nécessiteux. En 1914, au début de la guerre, le futur empereur déclara à la foule qui s’était rassemblée devant le château d’Hetzendorf, en signe de support : « Chacun qui me connaît sait combien j’aime l’Autriche et la Hongrie. Je ne peux rester en arrière en ces heures de nécessité. Chacun connaît aussi le soldat que je suis et sait que je suis prêt à faire face à la guerre. Cependant, comment le peuple peut-il faire si bon accueil à la guerre – même juste – avec une telle joie, je ne peux tout simplement pas comprendre. La guerre est épouvantable. » Le Dr Friedrich Funder a écrit en 1938 à propos de l’empereur Charles : « Il a été le seul chef d’état à rechercher en permanence les voies de la paix… Il le fit de tout son être, avec ses alliés ou ses ennemis. Que se serait-il passé si l’on avait suivi les désirs et les efforts de l’empereur Charles, des millions de vies perdues sur les champs de bataille – et pas seulement autrichiennes – auraient été sauvées, l’épouvantable abaissement du peuple allemand aurait été évité, et l’Europe aurait joui des bienfaits de la paix de nos jours. » L’empereur Charles avait la plus intime conviction que Dieu lui avait confié la couronne. C’est pour cela que le couronnement en Hongrie avait revêtu une grande signification pour lui. Cinquante ans après l’événement, l’impératrice Zita en parlait ainsi : « Ce qui nous a le plus impressionné tous les deux dans toute la cérémonie a été l’émouvant aspect liturgique de l’ensemble – particulièrement le serment de justice et de paix pour tous que l’empereur prononça à l’autel avant l’onction. La promesse sacrée donnée dans la cathédrale était exactement le programme politique qu’il voulait mettre en œuvre. Nous l’avons ressenti tous les deux si forts qu’il n’y a pas eu besoin de paroles entre nous. » (Extrait de Le dernier Habsbourg, Gordon Brook-Shepherd , Flammarion, Paris, 1971) Le rite du couronnement lui-même a été décrit par le Dr Maria Holbacher : « Par le rite sacré, liturgiquement placé « sous la grâce de Dieu » comme sacrement, il devint souverain pénétré de la Grâce Divine par la haute position à laquelle il était appelé, et au nom de laquelle il devait gouverner les peuples confiés à lui, dans la paix et la prospérité, et pour leur sauvegarde. La cérémonie du couronnement prend place avant la Sainte Messe et revêt le caractère d’une profession solennelle, ordination des prêtres, bénédiction d’abbés et consécration d’évêques, durant laquelle le candidat gît face contre terre devant l’autel pendant la litanie des Saints. Le primat de Hongrie, l’archevêque d’Esztergom, présida au rite du couronnement et célébra la messe. Après une longue prière, le candidat, cette fois debout, reçoit l’onction du Saint-Chrême puis les insignes de la royauté, couronne, sceptre, orbe et manteau, pendant que sont citées, une à une, ses obligations sacrées. Ceci afin que le candidat comprenne clairement que les modèles et les attentes de ses obligations éthiques et devoirs moraux sont tels que le pouvoir de l’homme ne peut rien sans l’aide de Dieu. » La fidélité du Bienheureux Charles à son onction sacrée est évidente. Il choisit d’être méjugé, calomnié, banni et réduit à la plus totale pauvreté plutôt que de manquer à son serment du couronnement. Sa conviction personnelle était qu’il ne pouvait abdiquer parce qu’il avait reçu la couronne de manière irrévocable des mains de Dieu, par les représentants de l’Église. Le frère Maurus Carnot, O.S.B., qui exerçait sa fonction pastorale auprès de l’empereur Charles pendan l'exile en Suisse, l’entendit dire avec conviction : « Mais je ne renonceraijamais au serment de mon couronnement. La couronne de saint Étienne est sacrée pour moi. Vous pouvez me prendre la vie, mais jamais, jamais, jamais me faire renoncer à mon serment et à ma couronne sacrée. » L’impératrice Zita suivit l’exemple de son mari tout au long de sa vie, et resta inébranlable dans son refus d’abdiquer.


Prière

Mon Seigneur et Mon Dieu, je Vous remercie pour la fidélité de l’empereur Charles à son serment. Aidez- moi à accomplir fidèlement mes responsabilités. Entendez et accédez à ma demande (formulez ici votre intention) par l’intercession du Bienheureux Charles, empereur d’Autriche. Amen.


Notre Père, Je vous salue Marie, Gloire soit au Père

Huitième jour

Suivre avec fidélité la volonté de Dieu

L’empereur Charles chercha la volonté de Dieu dans tout ce qu’il fit. C’était pour lui le principe le plus important de sa vie et de tous ses actes. Des témoins oculaires parlent aussi de son amour de la chasteté et de son refus absolu de tolérer toute grossièreté de langage en sa présence. Sur son lit de mort, il dit à l’impératrice Zita : « Être en colère ? Me plaindre ? Quand tu connais la volonté de Dieu, tout est bien. » Un moment après : « Je veux être très clair avec toi, en ce qui me concerne : tous mes efforts ont toujours été de clairement reconnaître la volonté de Dieu en tout et de la suivre le plus possible. » Quelques instants après, il répéta : « Il ne faut pas nous plaindre. » La phrase « Que Ta Volonté soit faite ! » était le principe directeur de la vie du Bienheureux Charles et celle qu’il répéta peu avant de remettre son âme entre les mains de son Créateur. Avec le Christ, l’empereur Charles pouvait dire : « Ma nourriture est d’accomplir la Volonté de Celui qui m’a envoyé ». Il reçut la mission de guider ses peuples comme régent de Dieu et comme tel ce noble monarque se subordonna et se donna à cet humble service. Il était prêt pour le Ciel et ce fut pour cela que le Seigneur put le rappeler à Lui. Les autres passaient avant lui, il venait toujours en dernier. L’empereur Charles était ainsi un bon exemple d’un homme dévoué à Marie qui nous donna son « Fiat » et dit : « Qu’il m’advienne selon Votre Parole ». Son âme pure reflétait le « Fiat » de la Mère de Dieu. Même durant sa maladie finale et le délire de la fièvre, il pensait seulement à remplir ses obligations : « Maintenant (il se préoccupait) des enfants de Vienne pour lesquels il essayait d’obtenir du lait, puis d’un soldat tchèque dans un hôpital militaire qui mourait de soif. Il était toujours préoccupé par l’évacuation désordonnée de la Transylvanie après l’invasion roumaine, sujet qui avait été l’occasion de maintes batailles verbales avec le comte Tisza. » L’empereur Charles suivit l’exemple de son Seigneur et Sauveur qui souffrit seul au Mont des Oliviers et qui, au milieu des difficultés, but avec le Christ le Calice de Douleur. Il accepta la Volonté de Son Père au milieu des plus grandes peines – qui dépassaient largement la normale – et à travers tout, le Bienheureux Charles pouvait encore dire : « Je suis reconnaissant à Notre Seigneur si aimant de tout ce qu’Il envoie. »


Prière

Mon Seigneur et Mon Dieu, je Vous remercie pour le « Fiat » de l’empereur Charles dans tous les moments de sa vie. Aidez- moi à reconnaître Votre volonté dans ma vie et à la suivre. Entendez et accédez à ma demande (formulez ici votre intention) par l’intercession du Bienheureux Charles, empereur d’Autriche. Amen.


Notre Père, Je vous salue Marie, Gloire soit au Père


Neuvième jour

La Bienheureuse Vierge Marie

Le jour de sa mort, l’empereur demanda à sa femme quel jour il était. « Le jour de la Mère de Dieu », répondit l’impératrice. « C’est donc samedi ! », confirma-t-il, heureux. Après sa mort, le corps de l’empereur Charles fut déposé dans l’église mariale de Nossa Senhora do Monte à Madère, où il repose encore. Tout au long de sa vie, le manteau protecteur de Marie enveloppa l’empereur Charles, ce qui peut se voir dans chacun des évènements de sa vie : « le 19 novembre (jour de son arrivée à Madère) était un samedi. Beaucoup des jours importants de sa vie furent des samedis. Il a été confirmé un samedi, atteint sa majorité et se maria un samedi, a été couronné roi de Hongrie un samedi. Ce fut un samedi que le roi rentra chez lui en Hongrie pour sa première tentative de restauration de la monarchie et un samedi, après l’échec de la deuxième tentative de restauration, qu’il refusa, avec les pires conséquences, de renoncer à ses prétentions au trône. Ce fut un samedi fatal que sa famille se transporta dans l’atmosphère brumeuse du Monte, et le dernier jour de la vie de l’empereur, le 1 avril 1922 – quand Dieu rappela dans Sa Maison son fidèle serviteur- était un samedi. » C'est le chapelet en mains que l’empereur Charles mena toutes les batailles de sa vie. De manière exemplaire, il priait fidèlement le chapelet tous les jours. Le chapelet qu’il avait reçu du pape Saint Pie X glissait entre ses doigts lors de ses prières familiales. Le gouvernement pouvait requérir son attention de manière urgente, l’empereur trouvait encore une demi-heure pour prier le rosaire. Fils fidèle de Marie, il honorait sa Mère Céleste en l’imitant. Modestie, humilité, et une nature ouverte, amicale et engageante étaient quelques-unes des vertus qu’il nourrissait en lui. Respect de la Volonté de Dieu, dévouement à une vie de profonde prière et dévotion mariale étaient les principes fondamentaux de sa vie. Comme monarque et père aimant, il permit à son cœur d’être percé par un glaive de douleur, tout comme le cœur de la Bienheureuse Mère de Dieu fut percé au pied de la Croix de son Fils.


Prière

Mon Seigneur et Mon Dieu, je Vous remercie pour l’attention maternelle de Marie dans la vie de l’empereur Charles. Aidez- moi à suivre fidèlement et avec ferveur son exemple et à prier le Rosaire chaque jour. Entendez et accédez à ma demande (formulez ici votre intention) par l’intercession du Bienheureux Charles, empereur d’Autriche. Amen.


Notre Père, Je vous salue Marie, Gloire soit au Père

91648J

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Notice biographique sur le Bienheureux Charles d'Autriche,

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  Dernière mise à jour de la page: le 26 juillet 2009

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