Neuvaine à Saint Fulcran de Lodève

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Saint Fulcran

Évêque de Lodève

+ en 1006

Fête le 13 février

L'évêque de Lodève, tout autant que ses diocésains, avait remarqué cet ascète rigoureux. Il l'ordonna prêtre. A la mort de l'évêque, le clergé et les fidèles souhaitent que Fulcran lui succède. Il se cache mais il est découvert. Sacré évêque, il commence à parcourir aussitôt son diocèse, visitant les malades, soutenant les hôpitaux, aidant les pauvres, reprochant aux puissants et aux riches leurs scandales. Il enseigne, il catéchise, il fonde des monastères pour que la prière soit permanente, telle l'Abbaye de Joncels qu'il restaura et l'abbaye de Saint Sauveur, qu'il fonda. Il aussi construit des églises. Ayant donné toute sa vie à l'Eglise, dans la plus grande disponibilité et la plus grande humilité, il meurt en paix. Il semble que Saint Fulcran soit plus spécialement invoqué par ceux qui souffrent de rhumatismes et d'arthrose.

Chaque jour

Chaque jour, au début de la neuvaine:

Mêlé aux chœurs des Saints, ô excellent Pontife,

assis aux côtés du Christ, souverain Prêtre,

tu n'oublies pas tes enfants,

que tu regardes d'un œil bienveillant.

Longtemps tes membres, ton corps entier,

furent honorés par les vœux, les prières d'un peuple pieux.

Ce précieux trésor fut la sauvegarde de Lodève.

Tes saintes dépouilles furent par d'impies hérétiques

jetées pour les anéantir aux flammes dévorantes.

Mais le feu n'osa toucher tes membres sacrés.

Les bourreaux osèrent de leurs mains sacrilèges

traîner notre pontife à travers les rues;

ses membres vénérables,

la foule les déchira indignement.

Ces outrages augmentent ta gloire:

tu désirais pendant ta vie

l'honneur du martyre qui te fus refusé.

Te voilà après ta mort martyr,

hostie immolée pour le Christ.

Les reliques dispersées de ton corps,

c'est avec soin que la piété les recueillit;

la religion les honore,

et, pour venger les outrages reçus,

les entoure des plus insignes honneurs.

Père Éternel, qui engendra Ton Fils,

Fils égal du Père Éternel qui T'engendre,

Esprit Saint, égal au Père et au Fils,

Dieu Unique, soyez glorifiés. Ainsi soit-il.

Et pour conclure chaque jour:

Dieu tout-Puissant et éternel, qui ne cessez de glorifier par des prodiges, opérés même de nos jours, Votre bien-aimé Pontife Saint Fulcran, accordez à Votre peuple qui accourt en foule à cette solennité, les grâces qu'il Vous demandera pieusement par l'intercession d'un si grand Pontife. Nous Vous le demandons par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.

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Premier jour

L'innocence de Saint Fulcran

« Dieu nous a choisi en Jésus-Christ pour que nous fussions saints et sans tache en sa présence ». Ce chois s'est particulièrement vérifié dans Saint Fulcran qui, pendant tout le cours d'une longue vie a marché devant Dieu dans un esprit de sainteté et d'innocence. Sa pieuse mère eût un heureux présage des vertus et des œuvres qui distingueraient un jour l'enfant que le Ciel lui promettait. A peine fut-il né qu'elle l'offrit à Dieu, et ne se déchargea point en des mains étrangères du soin de sa première éducation. Elle eût le bonheur de voir croître sous ses yeux en grâce et en sagesse un enfant qui unissait déjà aux dons extérieurs les plus belles qualités de l'âme. Dès son jeune âge, Fulcran fit paraître une horreur extrême du péché et un amour ardent pour la vertu. Bien loin de se laisser éblouir par l'éclat de sa naissance, les riches possessions de sa famille, son nom illustre dans la province lui parurent des biens moins précieux que la Grâce Divine. Aussi ne négligea-t-il aucune précaution pour se préserver du mal et de former à la pratique de la vertu. Un travail assidu, en l'éloignant des divertissements parfois dangereux de la jeunesse, le préserva des écueils ordinaires à cet âge. Il puisa encore dans la lecture des Livres Saints le germe de ces vertus sublimes qui devaient faire de lui un Pontife selon le Cœur de Dieu et les délices de son peuple. On admirait déjà en lui cette délicatesse de conscience qui devait, dans la suite, lui faire entreprendre ses trois pèlerinages à Rome pour se purifier d'une faute imaginaire. A de si heureux commencements ne pouvait que se succéder une belle vie. Aussi sa vertu ne s'est-elle jamais démentie et ses historiens confirment l'opinion générale qu'il conserva jusqu'à la mort l'innocence de son baptême.

Réflexions

Avons-nous, dès nos premières années, vraiment appartenu au Seigneur. Hélas! Peut-être à l'âge où nous sommes, hésitons-nous encore à nous donner à Lui. Avons-nous préféré l'état de grâce à tous les trésors de la terre, persuadés que sans cette grâce, conservée depuis le Baptême ou recouvrée par la pénitence, nous ne pourrons entrer au Ciel? Le péché nous inspire-t-il enfin tout l'horreur qu'il mérite? Sommes-nous profondément affligés de l'avoir commis, et notre résolution de l'éviter à l'avenir est-elle ferme et sincère?

Prière

Mon Dieu, je Vous ai connu et aimé bien tard, mais du moins je veux désormais être à Vous pour toujours. Je déplore à Vos pieds la perte que j'ai faite du don précieux de Votre Grâce. Donnez à mon âme une sincère et vive douleur, un parfait esprit de pénitence, afin que rien au monde ne soit jamais plus capable de me séparer de Vous. Ainsi soit-il.

Notre Père, Je Vous salue Marie, Gloire soit au Père

Saint Fulcran priez pour nous (3 fois)

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Deuxième jour

La piété de Saint Fulcran

Exercez-vous à la piété, disait Saint Paul à son disciple, car elle est utile à tout. Saint Fulcran s'appliqua cet avis de l'Apôtre et sa vie entière ne fut qu'un exercice continuel de piété. Il en avait puisé le goût dans les bras de sa vertueuse mère et les sages leçons du pieux Théodoric, son Évêque. L'étude de la Sainte Écriture eût pour lui un charme particulier: il y trouvait un aliment solide et sûr à sa piété. Moins jaloux d'acquérir une vaine science qui enflerait l'esprit, il s'appliqua à se perfectionner dans la science des Saints, la Charité, qui édifie le cœur. Son oraison était presque continuelle; et, que ce soit à l'église, soit en particulier, une telle suavité remplissait son âme pendant la prière, qu'on le voyait tout inondé de larmes. Le jour ne suffisant pas à sa dévotion, il passait des nuits presque entières en de saints exercices. Ses prières et ses oraisons redoublèrent à l'approche des Ordres Sacrés qu'il ne reçut qu'en tremblant. Jamais il n'eût offert le Saint Sacrifice, si son Évêque ne le lui eût ordonné. A l'autel on l'eût pris pour un ange dans un corps terrestre, et sa ferveur se communiquait à ceux qui l'entouraient. Sa conduite extérieure répondait aux dispositions intimes de son âme. Sa bonté pleine de douceur, sa modestie toute simple, une conversation agréable et sérieuse tout à la fois lui gagnaient les cœurs; l'opinion que l'on avait de sa sainteté était si bien établie que chacun réclamait le secours de ses prières. Il avait enfin une tendre et filiale dévotion envers la Sainte Vierge dont il voulut que l'autel fut le mieux orné de sa cathédrale. Pour avoir ses louanges toujours sous les yeux comme sur ses lèvres, il prit soin de faire broder sur un gant conservé parmi ses reliques, ces paroles touchantes: « Illustre, gracieuse Mère de Dieu, noble fleur de virginité, Vierge et Reine. »

Réflexions

Avons-nous une véritable piété, et non pas un de ces sentiments superficiels de dévotion presque aussitôt évanouis que formés? La vraie piété observe les préceptes par devoir et les conseils par amour. Notre piété est-elle intérieure? Ne se borne-t-elle pas à de mesquines pratiques où à la routine à plus de part que le désir sincère d'honorer Dieu? « Ce peuple m'honore des lèvres, et son Cœur est loin de Moi. » Ne méritons-nous pas ce reproche que Dieu adressait aux Hébreux? Notre piété est-elle agissante? Examinons si nos actions sont conformes à nos sentiments. De stériles désirs ne nous sauveront pas: Dieu nous jugera selon nos œuvres.

Prière

Mon Dieu, je désire ardemment me donner à Vous. Fortifiez ma faible volonté, attirez-moi par la douceur infinie de Vos Grâces; enchaînez-moi dans les liens de Votre Amour. A qui serai-je, Seigneur, si je ne suis en Vous? Quel humiliant esclavage que d'appartenir au monde! Établissez mon âme dans une solide et parfaite piété; et pour répondre à Votre Amour infini, faites que la mesure de mon amour soit d'être sans mesure. Ainsi soit-il.

Notre Père, Je Vous salue Marie, Gloire soit au Père

Saint Fulcran priez pour nous (3 fois)

Troisième jour

La pénitence de Saint Fulcran

Si quelqu'un veut être Mon disciple, qu'il renonce à lui-même, qu'il porte sa croix chaque jour et qu'il me suive, disait Notre-Seigneur Jésus-Christ, dont la vie entière n'a été qu'un long martyre. A son exemple, Saint Fulcran entrepris dès sa jeunesse une lutte sévère contre lui-même. Il affligeait sa chair d'un rude cilice et d'une cotte de mailles. Ses jeûnes fréquents étaient accompagnés d'un travail continuel, aux pénitences prescrites par l'Eglise, il ajoutait un silence rigoureux. Élevé à l'épiscopat, il ne se relâcha en rien de ses pratiques de mortification. Sa table était servie de mets communs et ordinaires. Il faisait habituellement à pied ses visites pastorales, malgré les rigueurs de la saison et le mauvais état des chemins. Ce fut surtout dans ses pèlerinages à Rome qu'il fut paraître l'esprit de pénitence dont il était animé. Il se fit fouetter cruellement dans les rues de Rome, à la vue de tout le peuple; il fit en sanglotant la confession publique de sa prétendue faute; il multiplia ses jeûnes et ses veillées et implora du Saint Père l'absolution de ses péchés avec une humilité qui émerveilla tous ceux qui en furent témoins. Mais pour l'ordinaire il avait grand soin de cacher aux regards de son entourage ses plus rudes austérités. Poussé cependant par ce profond esprit de sacrifice, animé du désir de réparation pour ses péchés et ceux de ses ouailles, il répétait souvent que son plus grand bonheur serait d'être injurié, fouetté, emprisonné, martyrisé pour l'amour de Jésus-Christ. C'est dans ce même sentiment que sentant approcher sa dernière heure, il se fit étendre à terre sur son cilice couvert de cendres. Alors que chacun admirait son éclatante sainteté, il voulut vivre et mourir comme un pécheur pénitent.

Réflexions

Mourir à soi-même et à ses passions, porter patiemment le poids de la Croix, est une doctrine que le monde trouve trop austère. Il faut cependant que nous la pratiquions: notre Salut en dépend. Pour de légères imperfections les Saints tremblaient et s'imposaient de rudes pénitences. Et nous, après tant de fautes, nous vivons dans une aveugle sécurité, sans même la pensée de nous repentir. Prenons aujourd'hui la résolution d'observer selon nos forces au moins l'abstinence et les jeûnes prescrits par l'Eglise. Supportons patiemment les peines de cette vie et les épreuves que Dieu nous fait la grâce de nous envoyer. Ayons le courage enfin de nous imposer quelques mortifications volontaires proportionnées au nombre et à la gravité de nos péchés.

Prière

Je reconnais, ô mon Dieu, qu'un pauvre pécheur comme moi ne peut satisfaire à Votre Justice que par la pénitence. Mais mon aversion pour la souffrance est si grande que je ne saurais de moi-même me résoudre à me mortifier. Remplissez-moi donc, s'il Vous plaît, de courage et de force afin que je renonce désormais aux mollesses et aux plaisirs dangereux du monde. Et puisque c'est par la souffrance que Vous avez voulu entrer dans la Gloire, faites que je porte vaillamment une Croix, qui doit me conduire au bonheur éternel. Ainsi soit-il.

Notre Père, Je Vous salue Marie, Gloire soit au Père

Saint Fulcran priez pour nous (3 fois)

Quatrième jour

L'humilité de Saint Fulcran

Le Fils de Dieu semble n'être descendu sur la terre que pour nous apprendre l'humilité. « Apprenez de Moi que Je suis Doux et Humble de Cœur. » « Il s'est abaissé, dit Saint Paul, presque jusqu'au néant », et cette vertu a toujours fait le délice des Saints. Fulcran s'appliqua à la pratique de l'humilité. Tandis que ses mérites éclataient à tous les yeux, il se méprisait comme le dernier des hommes. Quand il fut élu Évêque de Lodève, il semble que le choix unanime du Clergé et du peuple aurait dû être pour lui l'écho de la voix même de Dieu. Au contraire, dans sa profonde humilité il s'étonne que l'on ait jeté les yeux sur lui, il s'afflige de son élection et cherche à s'y dérober par la fuite. Ce ne fut qu'avec peine qu'on parvint à le découvrir. Encore fallut-il comme de vive force pour lui imposer l'épiscopat. Dans cette haute dignité, il conserva un sentiment si humble de lui-même qu'il ne fit paraître aucun changement dans sa conduite. Il lavait de ses mains les pieds aux pauvres et les servait lui-même à table. On l'entendait souvent répéter ces paroles: « Je suis un serviteur inutile qui occupe la place d'un Évêque. J'en reçois les honneurs et je n'en ai point le mérite, ni n'en fais les actions. Je suis comme un homme mort sur la terre, un arbre sans fruit. » Les larmes coulaient alors de ses yeux et ses sanglots n'étaient entrecoupés que par ces paroles: « Je suis un indigne ». S'adressait-on à lui pour obtenir de Dieu quelque grâce, il ne comprenait pas qu'il y eût en lui rien qui n pût mériter pareille faveur, et il s'écriait en fuyant: « Moi, obtenir de Dieu un miracle? Mais je ne suis pas digne que le Seigneur fasse un miracle pour un pécheur que je suis! » Ce fut enfin pour diminuer dans l'esprit des peuples l'opinion que l'on se faisait de sa sainteté, qu'il entreprit ses humiliant voyages de Rome.

Réflexions

Avons-nous regardé avec les Saints l'humilité comme le fondement des vertus et un gage de Salut, tandis que l'orgueil est principe de tout péché et une marque évidente de réprobation, « Dieu résiste aux superbes dit l'Ecriture, et donne Sa Grâce aux humbles ». Avons-nus réfléchi qu'une des tentations les plus dangereuses est l'orgueil dans le bien qui dérobe à Dieu sa part pour nous l'approprier? On a évité certaines fautes, on a pratiqué certaines vertus, oubliant que la Grâce Divine a tout fait, on s'arrête avec complaisance sur cette pensée; notre amour-propre nous en attribue tout le mérite. Dieu n'a qu'à retirer Sa main, et ce sont alors des chutes lamentables. L'auteur de l'Imitation de Jésus Christ, nous conseille « d'aimer à vivre inconnus et comptés pour rien ». La science la plus utile est la connaissance exacte et le mépris de soi-même.

Prière

Mon Dieu, je porte en moi le sujet d'une humiliation profonde. Mais si je puis être humilié par mes misères, je ne puis être vraiment humble que par Votre Grâce. Accordez-moi cette précieuse connaissance de moi-même; faites que détrompé des vaines pensées qui trop souvent ont nourri mon orgueil, je regarde désormais comme un grand bonheur d'être humilié pour l'amour de Vous et la sanctification de mon âme. Ainsi soit-il.

Notre Père, Je Vous salue Marie, Gloire soit au Père

Saint Fulcran priez pour nous (3 fois)

Cinquième jour

La pureté de Saint Fulcran

Heureux ceux qui ont le Cœur pu, parce qu'ils verront Dieu. Et quelle âme plus pure que celle de Fulcran! Car parmi toutes les vertus qui brillaient en notre Saint Évêque celle qui, avec la Charité, le distinguait le plus, était la pureté. L'amour de cette vertu était si profondément gravé dans son Cœur que, depuis son enfance jusqu'à sa mort, il prit soin d'éviter comme un poison subtil tout ce qui aurait pu y donner la plus légère atteinte. Il avait fait un pacte avec ses yeux pour les détourner de tout ce qui aurait pu le séduire. Il châtiait cruellement son corps innocent par de rudes pénitences, de longues veilles et des jeûnes rigoureux, de peur que l'aiguillon de la chair ne fût pour lui une cause des plus humiliantes tentations. Il avait d'autre part, une si sainte horreur du vice contraire qu'il ne craignit pas de reprocher publiquement au comte de Toulouse son scandaleux adultère, bien que, dépendant de lui, il eût pu redouter son ressentiment. Mais tout au contraire, le zèle courageux de l'évêque, animé du seul amour de Dieu et de l'intérêt des âmes, lui valut la joie de voir le prince rentrer bientôt dans le chemin du devoir qu'il n'aurait pas dû quitter. La vigilance de notre Saint fut si persévérante qu'il conserva jusqu'à la mort une vertu si délicate. Sur le point de rendre son âme à Dieu, en présence du Corps adorable de Jésus-Christ qu'il allait recevoir et malgré sa profonde humilité, Fulcran affirma avec serment que, s'il s'était rendu coupable de bien des péchés, il n'en avait jamais commis aucun contre la chasteté. C'est Dieu, à n'en pas douter, qui lui inspira ce témoignage solennel pour l'édification d'un siècle corrompu. Aussi est-ce à la pratique exemplaire de la belle vertu que nos pères n'ont pas manquer d'attribuer l'incorruptibilité de la chair virginale, et les grâces de choix qu'il obtient de Dieu pour ceux qui viennent le prier devant les Saintes Reliques.

Réflexions

Sommes-nous intimement persuadés qu'il n'est rien au monde de plus délicat que la pureté de l'âme et du corps? Rien de plus facile à perdre, rien de plus difficile à recouvrer une fois qu'on l'a perdue? Avons-nous une grande aversion des spectacles, des danses et des dissipations mondaines, qui, selon l'avis de Saint Jérôme, sont capables de corrompre même des cœurs de fer? Prenons aujourd'hui la résolution ferme d'employer tous les moyens propres à préserver de tout danger notre innocence, la prière, la vigilance, la fuite des occasions, la pratique fréquente des Sacrements de Pénitence et de l'Eucharistie, enfin une tendre et filiale dévotion à la Sainte Vierge.

Prière

Je suis, ô mon Dieu, saisi de frayeur en entendant Vos Saints proclamer que, si celui qui a conservé la pureté est un ange, celui qui l'a perdue risque de partager un jour le sort du démon. Accordez-nous cette vigilance parfaite sans laquelle nous ne saurions conserver ce précieux trésor que nous portons en des vases si fragiles. C'est Vous seul, ô mon Dieu, qui pouvez nous accorder cette grâce, et alors, quelle que soit notre faiblesse, nous pourrons dire avec Saint Paul: « Je puis tout en Celui qui me fortifie. » Ainsi soit-il.

Notre Père, Je Vous salue Marie, Gloire soit au Père

Saint Fulcran priez pour nous (3 fois)

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Sixième jour

La Charité de Saint Fulcran

L'Homme-Dieu a passé sur la terre en faisant le bien; chacun de ses pas a été marqué par des miracles de Charité, et Il a donné cette vertu comme signe distinctif auquel on reconnaîtrait Ses vrais disciples. Dieu est Charité, nous dit Saint Jean, identifiant ainsi cette vertu avec Dieu Lui-Même dont elle est la définition. Saint Fulcran ressentait un si paternel amour pour les pauvres que sa vie entière n'a été, pour ainsi dire, qu'une suite ininterrompue d'aumônes. Il avait dressé, pour n'oublier aucune sorte de détresse, une longue liste de tous les malheureux qu'il pouvait découvrir, orphelins, jeunes filles, veuves, malades, personnes endettées, prisonniers affligés.... Outre les secours qu'on ne refusait jamais à la porte de son palais aux pèlerins et aux passants, il invitait à sa table une douzaine de pauvres, à qui il lavait les pieds et donnait des vêtements surtout en Carême, le dimanche, pour les fêtes des Apôtres, en ayant soin de double le nombre, lorsque deux Apôtres étaient honorés le même jour. Une extrême famine qui désola son Diocèse, lui fut une occasion nouvelle de multiplier ses générosités, ce qui attira dans la ville une telle foule de malheureux qu'on ne savait où les loger. Fulcran vendit ses meubles, ses bestiaux, épuisa les ressources des nombreuses fermes qu'il possédait. Il en fut réduit même à emprunter des sommes considérables, et alla jusqu'en Rouergue acheter du blé pour nourrir les malheureux. C'est alors que Dieu fit un miracle pour sauver l'argent destiné aux pauvres, montrant aussi par là que la Charité de son serviteur Lui était tellement agréable qu'Il entendait y participer Lui-Même. Après avoir, pendant sa longue vie, porté cette Charité à ses dernières limites, Fulcran voulut, par son testament, faire de l'Eglise et des pauvres ses seuls héritiers.

Réflexions

Sommes-nous assez convaincus de l'obligation où nous sommes de faire l'aumône? Ce n'est pas là seulement un conseil de Charité mais un devoir de Justice. Au Jugement de Dieu, beaucoup seront damnés, pour y avoir manqué. La vraie Charité Chrétienne vient du Cœur. Sommes-nous pleins de compassion et de respect pour les souffrances et l'éminente dignité des pauvres, en qui notre Foi doit nous faire retrouver Jésus-Christ, qui regardera comme fait à Lui-même ce que nous aurons fait au moindre des Siens? Les Saints Pères nous enseignent que nous devons partager généreusement notre superflu avec les malheureux. Retranchons de notre luxe et de nos plaisirs, quelques fois de notre nécessaire, pour avoir les moyens de les soulager plus facilement.

Prière

Puisque Vous prenez à Votre compte, ô mon Dieu, ce qui est fait à Vos amis, les pauvres, nous n'aurons pas le Cœur assez dur pour rester sourds à leurs besoins. Et puisque notre bonté envers eux servira de mesure à Vos Bontés pour nous, nous nous efforcerons par notre générosité d'attirer sur nous l'abondance de Vos Grâces. Bénissez donc la résolution que nous prenons, si nous pouvons beaucoup, de donner beaucoup; si nous avons peu, de donner le peu que nous pourrons, mais toujours de bon Cœur et pour Votre Amour. Ainsi soit-il.

Notre Père, Je Vous salue Marie, Gloire soit au Père

Saint Fulcran priez pour nous (3 fois)

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Septième jour

Le zèle de Saint Fulcran

Je suis venu apporter sur la terre un Feu ardent et tout Mon Désir est d'en embraser les cœurs. Ainsi parlait Jésus. Ce Feu Divin est le zèle de la Gloire de de Dieu et du Salut des âmes. Rien de plus sublime dans l'ordre des vertus Chrétiennes que de collaborer ainsi, avec le Rédempteur, à remplir le Ciel de nombreux Saints, dont le bonheur sera de chanter les louanges divines durant l'éternité. Saint Fulcran n'oublia jamais que la vie d'un Évêque devait être tout entière consacrée au service de Dieu et des âmes qui lui sont confiées. Dès, le début de son épiscopat il entreprit ses visites pastorales à travers son Diocèse, jusqu'aux points les plus reculés. Les difficultés ne le rebutèrent pas: il s'informait avec soin si les fidèles conservaient dans toute sa pureté la Foi de leurs pères, si les sacrements étaient fréquentés et les enfants instruits des Vérités Chrétiennes. Dans ces temps malheureux, il ne manquait pas d'exhorter les pécheurs au repentir et les justes à la vigilance, ainsi qu'à la pénitence qui prévient le mal ou y porte remède. Le succès répondait à son zèle, et il recueillait au Saint Tribunal ce qu'il avait semé dans la Chaire de Vérité. Sa sollicitude pastorale embrasait tous les besoins de son troupeau. Tantôt par la persuasion, tantôt par une sainte fermeté, il arrêtait les vexations injustes des seigneurs temporels, et parvenait à faire restituer aux églises et aux pauvres les biens qu'on leur avait ravis. Il n'épargna pas même un de ses châteaux qu'il fit détruire de fond en comble, pour qu'à l'avenir il ne pût servir de repaire aux brigands qu'il en avait chassé. Sur la fin de sa vie, Dieu réservait encore à son zèle un nouveau champs d'activité. L'hérésie des Manichéens et des Albigeois commençait ses ravages dans le Midi de la France. Fulcran mit tout en œuvre pour en préserver son Diocèse, et il eût la consolation, avant de mourir, de voir étouffés jusque dans leurs racines les germes de ces funestes erreurs. Le soin des âmes ne lui fit pas oublier les temples matériels où Dieu daigne habiter pour que nous le sentions plus près de nous. Il releva et orna nombre de pauvres églises tombées en ruine; et à la place de l'ancienne cathédrale trop modeste, il fit construire un bel édifice moins indigne de la Majesté de Dieu. L'Abbaye Saint Sauveur à Lodève lui doit aussi sa fondation, et à celle de Joncels il rendit sa première ferveur qui avait fait place à un regrettable relâchement.

Réflexions

Le zèle apostolique des Saints et des Missionnaires a gagné à Dieu une infinité d'âmes, alors que moi je ne travaille pas seulement à sauver la mienne. Tout chrétien à charge d'âmes: dans l'état où Dieu l'a placé, et selon ses moyens, il a le devoir de contribuer au Salut de ses frères par ses prières, ses exemples, ses conseils, et au besoin, par ses corrections fraternelles. Me souvenant des terribles malédictions du Sauveur contre le scandale, j'éviterais avec le plus grand soin de mal édifier mon prochain par mes paroles, ma conduite ou de par toute autre manière.

Prière

Je sais, ô mon Dieu, que si mon premier devoir consiste à travailler au Salut de mon âme, je dois aussi, selon mes forces travailler à sauver mon prochain. Daignez donc, mon Dieu, inspirer à mon âme le zèle de l'apostolat afin que, Vous aimant moi-même le premier, je puisse encore travailler efficacement à Vous faire aimer et servir par tous ceux qui dépendront de moi. Ainsi soit-il.

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Huitième jour

La mort de Saint Fulcran

La mort des Saints est précieuse aux yeux de Dieu. Si jamais il y eut une telle mort, ce fut celle du Bienheureux Fulcran. Chargé d'années et de mérites, accablé sous le poids d'un long épiscopat de cinquante-sept ans, il vit avec une joie sereine approcher la fin de ses jours. Jésus-Christ ayant été sa vie, comme Saint Paul, il pouvait ajouter que la mort lui paraissait un gain. Regardant comme inutiles les soins qu'on prenait pour soulager sa fièvre, il fit appeler ses amis pour l'aider de leurs prières à ses derniers moments. Le 4 février; jour anniversaire de sa consécration épiscopale, après avoir ratifié son testament, monument précieux de sa Charité et de sa piété, il se fit porter dans la chapelle de Saint Michel pour y bénir son tombeau qu'il avait fait préparer lui-même. Dès ce moment il ne pensa plus aux choses de la terre, et on l'entendait dire à Dieu: « Il me tarde bien de Vous voir et de jouir de Votre Gloire. Mais il sera assez tôt quand il Vous plaira de m'y recevoir, après m'avoir purifié par beaucoup de souffrances. » Cependant la consternation était générale et tous demandaient à Dieu la conservation de leur Pasteur. Touché de leurs larmes, il supplia le Seigneur de se faire Lui-même le Gardien et le Père de ses diocésains, il exhorta encore une fois son peuple à rester fidèle au service de Dieu promettant de lui être « un plus puissant et plus présent protecteur après sa mort qu'il ne l'avait été pendant sa vie ». Après avoir reçu avec une humble dévotion les derniers Sacrements, il bénit une dernière fois les assistants et rendit à Dieu une des plus belles âmes qui soient sorties de Ses mains.

Réflexions

« Les hommes, dit Bossuet, n'ont pas moins de soin d'ensevelir les pensées de la mort que d'enterrer les morts eux-mêmes ». Il ne faut cependant pas oublier qu'elle est inévitable et qu'elle pourrait nous surprendre au moment où nous l'attendons le moins. Richesses, honneurs, plaisirs, familles, amis, il nous faudra tout quitter. Et qu'importe tout cela lorsqu'on jette le corps dans la fosse et que l'âme s'en va paraître devant Dieu? Le Ciel ou l'Enfer, terrible alternative! Allons-nous différer encore notre conversion, la remettre toujours au lendemain? Le temps travaille chaque jour à creuser la fosse, et demain ce sera l'éternité! Il est doux de mourir dans la paix et l'amitié de Dieu; mais une bonne mort est la récompense d'une vie vraiment chrétienne: l'arbre tombera du côté où il penche.

Prière

O Jésus, qui nous donnez cet avis salutaire: « Veillez et priez parce que vous ne savez ni le jour ni l'heure », éloignez de nous, nous Vous en supplions, le malheur irréparable d'une mort qui nous séparerait de Vous à jamais. Ne permettez pas que nous perdions le temps précieux que Votre Bonté nous accorde pour nous sanctifier. Puissions-nous au contraire, par le bon usage que nous en ferons, apaiser Votre Justice et croître chaque jour en vertu, pour préparer et mériter notre bienheureuse éternité. Ainsi soit-il.

Notre Père, Je Vous salue Marie, Gloire soit au Père

Saint Fulcran priez pour nous (3 fois)

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Neuvième jour

Les reliques et les miracles de Saint Fulcran

Vous ne permettez pas que Votre Saint subisse la corruption. Sans appliquer à Saint Fulcran dans toute sa rigueur cette prophétie que David entend de Jésus-Christ, nous devons remercier Dieu d'avoir préserver de la corruption la chair virginale de son Serviteur. Longtemps, en effet, après sa mort, à l'ouverture de son tombeau, on trouva non seulement ses os recouverts de leur peau, mais la chair ferme et souple, avec le teint même qu'elle pouvait avoir au moment de la mort. Ce saint corps placé alors dans une châsse recouverte de lames d'argent, se conserva dans le même état pendant plusieurs siècles, si bien qu'il était habituel de dire, en parlant d'un homme vivant, qu'il était « en chair et en os comme Saint Fulcran ». Vers 1570, deux médecins de Montpellier, venus visiter l'évêque Claude Brissonnet, ne purent s'empêcher de reconnaître l'action miraculeuse de Dieu en faveur de notre Saint. Or, l'un d'entre eux était protestant, donc nullement suspect. Nous le conserverions encore si la fureur sacrilège des hérétiques ne s'était acharnée sur ces saintes reliques. Trainé le long des rues, attaqué à coups de piques et d'épées, livré aux flammes, attaché à une croix sur le marché, le saint corps fut d'abord miraculeusement soustrait à leur rage impuissante. Il fut enfin mis en pièces à coup de hache dans une boucherie. Dieu permit ainsi que notre Saint obtint, que quelque manière, après sa mort, le martyre qu'il avait ardemment désiré pendant sa vie. Nous possédons encore quelque restes précieux recueillis par la piété des fidèles, et Dieu se plaît à glorifier souvent son Serviteur par les même miracles dont sa vie n'a été qu'une suite continuelles. Le temps qui détruit tout n'a cependant en rien diminué la dévotion millénaire que les foules témoignent à Saint Fulcran. Ce n'est pas sans admiration que l'on voit, de nos jours, comme autrefois, non seulement les habitants de Lodève et des environs, mais ceux des lieux les plus éloignés, se presser aux Fêtes du Saint, baiser respectueusement ses reliques et réclamer sa puissante médiation. Combien de mourants, longtemps oublieux de leurs devoirs, sont réconciliés avec Dieu, grâce à la filiale dévotion qu'ils ont gardée à leur bienheureux Père, dont ils reçoivent en retour la grâce d'une bonne mort!

Réflexions

Notre dévotion à Saint Fulcran ne doit pas se borner à solliciter des grâces matérielles. Commençons par lui demander des faveurs spirituelles; le reste nous sera donné par surcroît. Notre vénération ne doit pas se borner non plus à offrir des cierges en son honneur, ni même à admirer ses vertus. Appliquons-nous plutôt à l'imiter de notre mieux. Cet hommage lui sera plus agréable, et il nous sera plus utile. Nous pourrons alors en toute confiance nous adresser à lui pour recommander nos intérêts, ceux des êtres qui nous sont chers, les besoins de l'Eglise et le Règne de Dieu dans le monde entier, pour lesquels les cœurs véritablement Catholiques ne peuvent rester indifférents.

Prière

Seigneur, qui Vous êtes plu à faire éclater Votre Puissance, soit pendant la vie, soit après la mort de notre Saint Pontife Fulcran, nous Vous remercions de nous avoir donné dans ces vertus des modèles à imiter et une puissante protection dans le Ciel; accordez-nous par ses prières ce que nous ne saurions obtenir par nos pauvres mérites. Nous Vous le demandons par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.

Notre Père, Je Vous salue Marie, Gloire soit au Père

Saint Fulcran priez pour nous (3 fois)

Texte extrait du "Manuel du Romieu à Saint Fulcran", imprimerie de la Charité, Montpellier, 1950

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