23 octobre 2008

Neuvaine de la Toussaint pour les âmes du Purgatoire

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Neuvaine de la Toussaint pour les âmes du Purgatoire

Le Purgatoire

Et le purgatoire ? Le bon sens populaire dit : " On sait bien qu'on ne va pas au Ciel comme ça… " Qui peut estimer qu'il a toujours bien agi en toutes circonstances dans sa vie ? Peu d'entre nous… C'est l'histoire de cette femme, surprise en flagrant délit d'adultère, qu'on amène devant Jésus. " Elle doit être lapidée selon la loi de Moïse, disent à Jésus ses accusateurs. Toi, qu'en penses-tu ? - Que celui d'entre vous qui est sans péché lui jette, le premier, une pierre ", leur répond Jésus. Un instant de silence, lourd et pesant ! Puis, un à un, ils s'en vont, " en commençant par les plus âgés ", commente l'auteur du récit évangélique. Dieu est Amour et son royaume, "le Paradis ", ou "le Ciel ", est un royaume d'amour. La plupart d'entre nous auront besoin d'être purifiés, c'est-à-dire rendus complètement aptes à vivre cet amour. Plus de haine, plus de jalousie, plus de violence, plus de rancœur… Le bonheur n'a pas d'autre sens. Mais sommes-nous prêts, à la fin de notre vie, à entrer résolument dans cette lumière d'amour et de bonté que Dieu communique à tous les bienheureux ? " Pour ceux, qui, à leur mort, se trouvent en condition d'ouverture à Dieu mais de façon imparfaite, le chemin vers la pleine béatitude exige une purification que la foi de l'Église illustre à travers la doctrine du purgatoire. " (Jean-Paul II, audience du 4 août 1999 ; cf. catéchisme de l'Église catholique, n°1030-1032). Le Purgatoire est une purification, un ajustement à l'amour. Il n'est, en aucune façon, une nouvelle vie. Le Purgatoire n'est pas un lieu, c'est une transformation : la rencontre avec Dieu exige de nous que toute trace d'attachement au mal, au " non-amour ", disparaisse. Cette purification, c'est Jésus-Christ qui la réalise, et non pas nous. Mais par nos prières, nos actes de charité, nous pouvons être associés à Jésus-Christ pour cette purification des âmes défuntes. C'est le sens de la prière, des demandes d'indulgences et des messes offertes pour les défunts. Non pas que Dieu ne puisse pas faire cette purification sans nous ! Mais il nous propose de nous y associer dans un amour actif. Quant aux " âmes du Purgatoire " - en état de purification - elles ne sont pas exclues de la communauté. Elles font partie, dans le " corps mystique du Christ ", de la " communion des saints ". Elles aussi peuvent prier pour nous. Il y a donc une vraie solidarité entre le Ciel, le Purgatoire et ceux qui vivent sur la terre. Ce n'est pas du côté de Dieu que la miséricorde manquera. Nous avons donc la ferme espérance que le Ciel sera bien rempli.

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Que font les âmes au Purgatoire ?

Au Purgatoire, l'âme est purifiée. La Bible dit que l'on " passe comme par un feu ". Ce ne doit pas être tout à fait le bonheur ! Mais l'âme sait qu'elle est en marche vers Dieu et son Ciel. Cette espérance la soutient. Elle se sait prise en charge définitivement par la miséricorde de Dieu, même si elle doit éprouver cet ajustement à l'amour. Elle se voit aussi soutenue par l'amour et la prière de tous les membres de l'Église : c'est la réalité de la " communion des saints ". On ne peut pas parler de durée, sinon par analogie. Ce n'est plus le temps d'ici, le temps de la terre, la durée des jours et des heures. Mais les âmes du Purgatoire éprouvent un changement puisque la purification les conduit d'un état à un autre. La seule chose que nous savons avec certitude c'est que le Ciel leur est promis à travers une épreuve .

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Où se trouve le Purgatoire ?

Notre condition humaine, soumise au temps et à l'espace, a du mal à imaginer un Purgatoire qui ne soit pas situé dans un lieu. Au Purgatoire, l'âme, en attente de son union à Dieu, est séparée du corps. Elle n'est pas dans un espace sensible. Pour le Purgatoire, on ne peut donc pas parler d'un lieu, mais d'un " état ", heureusement transitoire puisqu'il est, en quelque sorte, " une mise en forme pour entrer au Ciel ".

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Que pouvons-nous faire pour ceux qui nous ont quittés ?

Dans le Credo, résumé de ce que croient les chrétiens depuis 2 000 ans, on dit : “ Je crois à la communion des saints. ” Pour les chrétiens, il y a une grande relation entre tous ceux qui sont au Ciel auprès de Dieu, “ les saints ” et nous qui vivons sur la terre. Ces “ saints ”, il faut le préciser, ne sont pas seulement ceux qui ont été déclarés officiellement “ saints ” par l’Église, et qu’on appelle “ les saints canonisés. ” Tous ceux qui sont morts en disant “ oui ” à l’amour de Dieu sont avec Dieu, si nécessaire après une purification. Ils sont “ saints ”. Quant aux baptisés qui vivent ici-bas, les premiers chrétiens les appelaient aussi des “ saints ”. C’est entre ces trois catégories de “ saints ” qu’existe la “ communion des saints ”. C’est ce que l’on appelle “ les trois états de l’Église ” (catéchisme de l’Église catholique, n° 954). Certains, parmi ceux qui ont achevé leur vie terrestre, ont besoin d’être purifiés pour pouvoir entrer dans l’intimité de Dieu. Ils sont dans un état transitoire, appelé traditionnellement “ purgatoire ” car, pour entrer dans le feu de l’Amour de Dieu, il faut soi-même brûler d’amour…(voir question 11). Nos prières pour les défunts peuvent contribuer à cette purification qui leur permet de s’ouvrir davantage à Dieu. Par ces prières, par l’offrande de la messe, nous pouvons hâter, en quelque sorte, cette marche vers le pur Amour. Mais pour Dieu, il n’y a pas de temps ; si, aujourd’hui, nous prions pour ceux qui nous ont quittés, même depuis un certain temps, Dieu a déjà vu notre prière. La meilleure des prières, c’est d’offrir une messe, et d’y assister si possible - ou de s’y joindre par l’intention. Mais tous nos pauvres mots, quels qu’ils soient, ont un immense pouvoir pour nos amis défunts : ils touchent le cœur de Dieu. Il y a aussi “ les indulgences ” (voir question 28). Enfin nous pouvons offrir de petits actes d’amour. Attention ! un certain nombre de jolies légendes

voir par exemple “ la Cathédrale ”, http://www.emmanuel-info.com/dossiers/br

racontent l’histoire de pauvres âmes du purgatoire, abandonnées, qui attendent indéfiniment des prières ou des messes. Ces histoires ont le mérite d’attirer notre attention sur la prière pour les morts. Mais la miséricorde de Dieu est bien au-delà de ce que nous faisons ou ne faisons pas. Le Seigneur n’a pas besoin de nous pour exercer cette miséricorde, pour purifier l’âme au feu de l’amour. Mais il nous propose de nous associer à cette miséricorde. Nous pouvons donc faire beaucoup pour les défunts, car nous sommes riches du don de Dieu.

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Padre Pio et le Purgatoire


Padre Pio encourage à prier pour les âmes du purgatoire et pour les pécheurs

La communion des Saints

Padre Pio avait l'habitude de recommander à ses fils spirituels la dévotion aux âmes du purgatoire. Il suggérait de prier souvent pour les esprits trépassés qui se trouvent encore dans un état de purification et de leur demander des grâces et des faveurs. Il disait que puisqu'ils se trouvaient dans une condition de souffrances en attente de la béatitude, ils appréciaient grandement l'aide des prières des vivants et qu'ils se souviendraient avec une grande sollicitude de leurs bienfaiteurs. Le père était très lié aux trépassés. Sur sa table de nuit, il conservait les photos de ses amis et parents défunts. Lorsqu'il parlait d'eux, il ne les traitait pas comme des personnes lointaines, mais vivantes et présentes. Parfois, quand il était seul dans sa cellule, il parlait avec les morts à haute voix, comme s'il les voyait. En réalité, il les voyait vraiment. Les religieux qui vécurent à ses cotes ont raconté qu'il leur disait souvent avoir reçu la visite de personnes décédées qui lui demandaient des prières.

"Tous unis dans la Charité"

Tout ce monde de l'au-delà était, pour Padre Pio, une réalité concrète. Tout en vivant intensément chaque instant de son existence terrestre, sa pensée était toujours fixée sur le monde spirituel invisible car il savait que c'était l'univers de la réalité absolue. Son rapport avec les saints était très concret. Il considérait les saints comme des frères chanceux qui avaient atteint la patrie, qui étaient proches de Dieu, et qui pouvaient donc l'aider et aider les gens pour lesquels il priait. Il était toujours très occupé à prier pour quelqu'un en particulier. Il promettait à ceux qui allaient le trouver pour se recommander à ses prières, de s'occuper d'eux. Et il tenait ses promesses. Ce comportement du bienheureux vis-à-vis de l'au delà pourrait sembler simpliste aux yeux de certains, car trop semblable au comportement vis-à-vis des gens en ce monde. En réalité, il est faux de penser que le monde de l'au delà est totalement différent du notre. Les personnes qui meurent et passent dans l'au-delà ne perdent pas leur identité. Elles parviennent à la perfections de ce qu'elles sont. Elles entrent dans une dimension privée des limitations imposées par la matière, par la contingence de notre condition. Mais leur personnalité, leur âmes, leur intelligence, les valeurs spirituelles absolues dans lesquelles dans lesquelles elles ont cru en ce monde, leurs liens affectifs et leurs sentiments, ne changent pas : tout est clarifié, purifié et amplifié par la vérité totale dans laquelle elles se trouvent désormais. Tout ceci est la "communion des saints" que nous professons dans le "credo", chaque dimanche à la messe. La communion des saints signifie que tous les fidèles, ne formant qu'un seul corps en Jésus-Christ, profitent de tout le bien qui est et qui se fait dans ce corps, à savoir dans l'Eglise universelle. Les saints du paradis et les âmes du purgatoire font partie,eux aussi, de la communion des saints, car liés entre eux et avec nous par la charité, les premiers reçoivent nos prières et les seconds nos suffrages, et tous intercèdent pour nous auprès de Dieu. Les hommes et les femmes vivant sur la terre, les âmes du purgatoire et les saints du paradis forment le même corps dans le Christ et participent à tout le bien qui se fait dans ce corps. Padre Pio enseignait, avec la plus grande simplicité unie toutefois à un sens très concret des choses, à vivre la vérité du corps mystique. Il priait et il souffrait pour aider spirituellement les personnes vivant en ce monde, mais aussi celles qui se trouvaient au purgatoire. Il s'était offert en victime pour sauver  les pêcheurs et pour libérer les âmes du purgatoire de leur prison. " Depuis longtemps je sens un besoin en moi : m'offrir au seigneur comme victime pour les pauvres pécheurs et pour les âmes du purgatoire. Ce désir n'a cessé de grandir toujours davantage en mon cœur, si bien qu'il est devenu, dirais-je, une forte passion. J'ai fait plusieurs fois cette offrande au Seigneur, le conjurant de vouloir déverser sur moi les châtiments qui sont préparés pour les pécheurs et pour les âmes du purgatoires, même en les centuplant sur moi pourvu qu'il convertisse et sauve les pécheurs et admette bien vite au paradis les âmes du purgatoire. Mais je voudrais faire cette offrande au Seigneur pour lui obéir,car il me semble que c'est précisément Jésus qui le veut.(Au Père Benedetto de San Marco in Lamis)."


Cleonice Morcaldi nous a également laissé ce témoignage lumineux


"Un jour, en confession, je dis au Père : " Je remets entre vos mains toutes mes prières : servez-vous pour les âmes du purgatoire que vous connaissez." Padre Pio me répondit : "Pourquoi ne penses-tu  pas à ton papa ?" " Il y avait 8 ans que mon père était mort et, inquiète, je lui demandai : "Il est encore au purgatoire ?" Voyant ma douleur, Padre Pio regretta presque de m'avoir dit cette phrase, mais il me répondit tout de même : "OUI"., "Quelles prières dois-je faire pour l'en sortir ?", lui demandai-je. "Toute prière est bonne, me dit-il. Le chapelet, le chemin de croix, des actes de charité envers son prochain et même la méditation;" "Je commençai à prier pour mon papa, pour qui je n'avais  plus prié depuis longtemps. Nous étions presque à Pâques. Le vendredi saint, dans l'église de l'Addolorata, le père m'inspira de dire un chapelet. Quand j'eus terminé, je ressentis une grande joie dans mon cœur. Le jour de Pâques, j'allai me confesser au père et lui demandai : --" Père, mon papa souffre-t-il beaucoup au purgatoire ?" " Mais qui t'a dit qu'il était au purgatoire ?", me dit-il. "Mais, c'est vous qui me l'avez dit", répondis-je. "Ah,oui", me dit-il maintenant je te dis qu'il n'y est plus. Samedi saint, quand Jésus est ressuscité, il est parti avec lui au ciel;" Padre Pio conseille de demander la grâce de passer de notre lit de mort au paradis

Question à Padre Pio


-Pour les âmes du purgatoire, vaut-il mieux offrir le chapelet ou le chemin de croix ? --L'un et l'autre. Réfléchis également sur le fait que les indulgences n'auraient pas existé sans la passion de Jésus. -Je demande à Dieu de le faire ici, le purgatoire. dit Cléonice -Moi aussi je demande cette grâce. Ce n'est pas à celui qui commence, mais à celui qui finit que Jésus accordera la récompense. -Comment dois-je faire le purgatoire,ici sur la terre, pour aller tout de suite au ciel? (Cléonice) -En acceptant tout des mains de Dieu. En lui offrant tout avec amour et action de grâces, car il nous donne la possibilité de passer de notre lit de mort au paradis. - Aide moi à faire le purgatoire. (Cléonice) -C'est mieux pour nous, et c'est plus parfait de le faire ici-bas : en souffrant par amour, on glorifie le Seigneur, son amour, sa miséricorde. En souffrant au purgatoire, on glorifie sa justice. Mais la justice suppose la faute. Je préfère glorifier son amour ici-bas.

Apparitions d'âmes du Purgatoire dans la vie de Padre Pio

1ère apparition d'âmes du purgatoire au Padre Pio
Quatre capucins morts silencieux de la cheminée

Padre Pio fit ce récit aux "fratini" (jeunes garçons éduqués par les capucins), un soir de février 1922, à San Giovanni Rotondo : " maintenant, écoutez ce qui m'est arrivé voici quelques jours : descendu un soir près du feu (le foyer de la communauté) pour m'y réchauffer, j'eus la surprise d'y trouver quatre religieux que je n'avais jamais vus, assis à coté de la cheminée, avec le capuchons baissé, et silencieux. je leur adresse le salut habituel : " loué soit jésus-christ" ; aucun ne me répondent. étonné, je les regarde attentivement pour savoir qui ils sont, mais je ne les reconnais pas. je reste debout quelques minutes, tout en les observant, et ils me paraissent souffrir. je les salue de nouveau sans obtenir de réponse. "j'allai alors demander si des confrères de passages étaient là. le père supérieur me répondit: "Padre pio, qui monterait jusqu'ici par ce mauvais temps ? -père gardien,en bas, auprès de notre feu, il y a quatre capucins assis sur les bancs, avec leurs capuchons baissés, et qui se chauffent. je les ai salués, mais  ils n'ont pas répondu. je les ai regardés attentivement et n'en ai reconnu aucun. je ne sais pas qui ils sont." "le père gardien s'écria : " serait-il possible que des frères de passage soient arrivés sans que je le sache ? allons voir ! ". "mais auprès du feu nous ne trouvâmes personne. je compris alors qu'il devait s'agir de quatre religieux défunts qui subissaient leur purgatoire en ce lieu ou ils avaient offensé le seigneur. je suis alors resté toute la nuit en prières devant le saint - sacrement pour leur délivrance."

2ème apparition d'âmes du purgatoire au Padre Pio

Le mendiant brûlé vif par sa cigarette pendant son sommeil

Padre Pio fit cet autre récit à Mgr Costa, évêque de Melfi, un après-midi de mai 1922 : " Nous étions en pleine guerre mondiale. Le couvent de San Giovanni Rotondo - comme tous ceux de la Province Monastique - était dépeuplé, tous les religieux ayant  été appelés sous les drapeaux; le Collège séraphique occupait le couvent, dirigé par Padre Paolino da Casacalenda et par moi-même. "Par un après-midi d'hiver, Assunta di Tommaso, sœur de Padre Paolino, arriva au couvent. Elle venait voir son frère pour quelques jours. Il avait neigé abondamment. Aussi, avant la tombée de la nuit, le religieux conseilla- t-il à sa sœur de redescendre au village et d'aller loger chez Rachelina Russo, bienfaitrice du couvent. Assunta refusa de partir seule : retourner au village à travers cette neige, c'était courir le risque d'être mise en pièces par quelques loup errant et affamé, d'être agressée par un malandrin. Padre Paolino lui rappela alors : " Mais, Assunta, tu sais que le couvent est soumis à la clôture, et que les femmes ne peuvent y entrer. Que faire ? - Fais- moi apporter une couchette dans cette pièce et, pour cette nuit, je  m'en contenterai. Demain, j'irai chez Rachelina. - Bon, si tu t'accommodes de passer la nuit ici dans le parloir , je vais te faire préparer un lit, et tu pourras te reposer tranquillement." " Il demanda à quelques « fratini » d'installer un lit de camp et d'allumer du feu dans la cheminée pour réchauffer la pièce. Après le dîner, après avoir installé les garçons au dortoir, Padre Paolino dit à sa sœur : « je vais réciter le chapelet à l'église. Tu n'as qu'à bavarder avec Padre Pio. » - " Non, j'y vais aussi." En sortant, ils fermèrent la porte et je restai seul auprès de la cheminée . J'étais en train de prier, les yeux mi-clos, quand la porte s'ouvrit. Je vis alors un vieillard enveloppé dans un manteau, semblable à ceux que portaient les paysans de San Giovanni Rotondo. Il vint s'asseoir près de moi. Je le regardai, mais sans me demander comment il avait pu entrer dans le couvent à cette heure. "Qui es tu, que veux tu ? lui dis-je. - Padre Pio, je suis Pietro Di Mauro, fils de feu Nicolas, surnommé Precoco. Puis il ajouta : Je suis mort dans ce couvent, le 18 septembre 1908, dans la cellule n°4, quand il y avait encore ici un asile pour les mendiants. Un soir, sur mon lit, je me suis endormi en fumant une cigarette encore allumée. Elle a mis le feu à la paillasse, je suis mort asphyxié et brûlé. Je suis encore en purgatoire. J'ai besoin d'une sainte messe pour être délivré. Le seigneur m'a permis de venir vous demander votre aide. Sois tranquille, lui dis-je, demain je célèbrerai ma messe pour ta délivrance." "Je me levai et l'accompagnai jusqu'au portail du couvent pour le faire sortir. A ce moment, je me rendis compte que ce portail était fermé et barricadé. Je l'ouvris et renvoyai le vieillard. La lune éclairait comme en plein jour la place recouverte de neige. Quand je ne le vis plus devant moi, saisi de crainte, je refermai le portail, revins dans le parloir et me sentis défaillir. Padre Paolino et sa sœur revinrent après avoir dit le chapelet. En me voyant blême, décoloré, ils crurent à un malaise. Après avoir souhaité une bonne nuit à Assuna, Padre Paolino m'accompagna à ma cellule. Mais je ne soufflai mot de l'apparition du défunt. "Quelques jours après le départ d'Assunta, Padre Paolino voulut savoir ce qui m'était arrivé le soir ou je m'étais  senti mal. Je lui avouai jusqu'aux moindres détails de cette apparition d'outre-tombe, et j'ajoutai : " Ce soir là , je ne pouvais pas dire en présence de ta sœur qu'un défunt m'était apparu, car elle n'aurait pas voulu dormir dans cette pièce"... Padre Paolino voulu vérifier ce qui concernait ce mendiant. Après avoir tout noté, il se rendit au bureau de l'état civil de la commune, et il eut confirmation de tout ce que Padre Pio lui avait raconté.

3ème apparition d'âmes du purgatoire au Padre Pio

Apparition d'un novice dans le chœur de l'église

Un autre récit de Padre Pio rapporte l'apparition d'un novice. Il priait un soir dans le chœur quand il fut intrigué par un remue-ménage autour de l'autel. Croyant que quelqu'un était entré dans l'église avec de mauvaises intentions, il demanda : "Qui est-là ?" Pas de réponse. Le père se remit en prières, supposant que c'était le vent, mais le bruit se fit à nouveau entendre. Padre Pio s'approcha alors de la grille du chœur, regarda le maitre-autel et aperçut la silhouette d'un jeune novice en train de faire du nettoyage. Il lui dit : "Que fais-tu là-bas ? --- Je suis en train de nettoyer.---. Mais comment peux-tu faire cela dans l'obscurité ?" Et le novice répondit : "Je suis un novice capucin qui fait ici son purgatoire. J'ai besoin de secours." Puis il disparut. Le lendemain, Padre Pio vint à son aide en célébrant la messe pour lui. Si vous connaissez des récits d'âmes du purgatoire dans la vie des saints n'hésitez pas à nous les envoyer - merci - que par la Miséricorde de Dieu, ces saintes âmes reposent en paix.


"Fioretti de Padre Pio" de Pascal Cataneo Ed Médiaspaul

L'Évangile de Padre Pio

Padre Pio: "Rappelons nous que demain c'est la fête de Notre-Dame du Carmel, protectrice tout spécialement des âmes du purgatoires. Par conséquent, rappelons à cette mère les saintes âmes du purgatoire. Qui d'entre nous n'a pas de personnes chère et qui sait combien de ceux qui nous sont chers souffrent au purgatoire et, peut-être, aussi par notre faute ?  Rappelons donc à cette maman de leur venir en aide, de soulager leur peine, le feu qui les tourmente. Si nous pratiquons cette  charité, à notre tour, s'il nous arrive, que Dieu nous l'épargne !, de descendre nous aussi au purgatoire, le Seigneur fera d'autres âmes qui nous viendront en aide."


De Renzo Allegri- Ed Médiaspaul

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Neuvaine de la Toussaint pour les âmes du Purgatoire

Neuvaine inspirée par Sainte Marguerite Marie Alacoque et réécrite par Thierry Fourchaud

Origine

Sainte Marguerite-Marie nous donne l’origine cette pratique : Vous ferez un "petit tour" par le Purgatoire en compagnie du Sacré-Cœur de Jésus, pour le prier d’appliquer ses mérites à ces saintes âmes souffrantes. Et vous Le prierez, en même temps, d’employer leur pouvoir pour vous obtenir la grâce de vivre dans l’amour et la fidélité à Notre-Seigneur Jésus-Christ, en répondant à ses désirs sur nous, sans résistance. Et si vous pouviez remettre en liberté quelques-unes de ces pauvres âmes prisonnières, vous serez bien heureux d’avoir dans le Ciel une avocate qui plaiderait votre salut.

Introduction


Une prière à vivre durant 9 jours avant la fête de la Toussaint (du 24 octobre au 1er novembre) en compagnie du Sacré-Cœur de Jésus et de Ste Marguerite-Marie Alacoque. Allons, si possible, à la messe durant la neuvaine et particulièrement le jour de la Toussaint. Confession recommandée. Bien sûr, cette neuvaine peut aussi être vécue tout au long de l’année.

Chaque jour, si possible le matin, commencer par le signe de la Croix, puis dire la consécration, le prélude et la prière du jour et conclure par le signe de la Croix.

Prions

Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Amen !

Consécration de la journée

Ô divin Cœur de Jésus, en faisant, en votre compagnie, ce "petit tour par le Purgatoire", nous Vous consacrons tout ce que nous avons fait et ferons encore de bien, avec le secours de votre Grâce, durant cette journée. Nous Vous prions aussi d’appliquer tous vos mérites à ces saintes âmes. Et vous, saintes âmes du Purgatoire, employez en même temps tout votre pouvoir, pour nous obtenir la grâce de vivre dans l’amour et la fidélité à Notre-Seigneur Jésus-Christ, en répondant sans résistance à ses désirs sur nous. Amen.

Prélude


Descendons un instant en pensée, avec l’Amour du Cœur de Jésus et l’abondance de ses Grâces, au Purgatoire !

1) Que d’âmes y viennent, en ce moment, commencer leur douloureuse captivité..! Heureuses d’avoir évité l’enfer à tout jamais... Elles sont sauvées... Mais aussi, exilées, pour un temps, de leur céleste Patrie.

2) Quelle sainte légion, presque entièrement purifiée s’apprête aujourd’hui même à s’envoler pour le Ciel..! Donnons à ces âmes le dernier suffrage qui hâtera de quelques instants leur joyeux départ et demandons-leur de se souvenir de nous dans l’éternel Royaume.

Prions le Miserere (Psaume 51)

Pitié pour moi, ô Dieu, en ta bonté, en ta grande tendresse efface mon péché, lave-moi tout entier de tout mal et de ma faute purifie-moi. Car mon péché, moi, je le connais, ma faute est devant moi sans relâche ; contre toi, toi seul, j’ai péché, ce qui est mal à tes yeux, je l’ai fait. Pour que tu montres ta justice quand tu parles et que paraisse ta victoire quand tu juges.

Premier jour


Que regrettez-vous, saintes âmes du Purgatoire, de la terre que vous avez quittée ? Je regrette le temps perdu... Je ne le croyais ni si précieux, ni si rapide, ni si irréparable... Si j’avais su... Si je pouvais encore..! Temps précieux..! Aujourd’hui, je t’apprécie comme tu le mérites. Tu m’avais été donné pour être employé tout entier à l’amour de Dieu, à ma sanctification, au soulagement et à l’édification du prochain. Mais je t’ai employé au plaisir et à des œuvres qui, maintenant, me causent de si amers regrets ! Ô vous qui vivez encore sur la terre, consacrez pour nous, au Cœur de Jésus, quelques-unes de ces heures où la grâce vous est offerte en si grande abondance et avec tant de facilité ! À l’avance, merci.

Prions

Ô Seigneur, Dieu tout-puissant, nous Vous supplions, par le Sang très précieux de Jésus, répandu durant sa Passion, de délivrer les âmes du Purgatoire, et surtout celles qui doivent le plus tôt entrer dans votre Gloire, afin qu’elles commencent dès maintenant à Vous bénir pendant toute l’éternité et intercéder inlassablement pour nous. Amen. Doux Cœur de Marie, soyez notre salut.

Un Notre Père et un Je vous Salue Marie.

Deuxième jour


Que regrettez-vous, saintes âmes du Purgatoire, de la terre que vous avez quittée ? Je regrette les biens dissipés... Ma fortune, ma santé, mes talents, ma position dans le monde: tout cela eût été pour moi un puissant moyen de salut, si j’avais voulu m’en servir à la gloire de Dieu. Tous ces biens se sont évanouis à mes yeux au moment de la mort ! Ah ! si j’étais riche aujourd’hui de ces biens périssables, que ne donnerais-je pas pour faire avancer d’un degré la gloire que Dieu me réserve au Ciel et pour faire connaître, ici-bas, la dévotion à son Sacré-Cœur. Ô vous qui, sur la terre, disposez encore de quelque fortune, il vous en sera demandé compte... Songez-y... Usez-en selon la justice, la piété et la charité. Acquittez-vous de vos dettes envers les vivants et envers les défunts. À l’avance, merci.

Prions

Ô Seigneur, Dieu tout-puissant, nous Vous supplions, par le Sang très précieux de Jésus, répandu durant sa Passion, de délivrer les âmes du Purgatoire, et surtout celles qui doivent le plus tôt entrer dans votre Gloire, afin qu’elles commencent dès maintenant à Vous bénir pendant toute l’éternité et intercéder inlassablement pour nous. Amen. Doux Cœur de Marie, soyez notre salut.

Un Notre Père et un Je vous Salue Marie.

Troisième jour


Que regrettez-vous, saintes âmes du Purgatoire, de la terre que vous avez quittée ? Je regrette la grâce méprisée... Elle m’a été offerte en si grande abondance, à chaque instant de ma vie : régénération chrétienne, vocation, sacrements, Parole de Dieu, inspirations saintes, bons exemples, faveurs insignes de pardon après la chute. Que de grâces ! Ah ! si j’avais seulement, durant un seul instant, la liberté d’étancher ma soif à ces sources de la Miséricorde qui jaillissent du Cœur Sacré de Jésus, et que les pécheurs et les indifférents dédaignent ! Ô vous sur la terre ! Écoutez sainte Marguerite-Marie vous dire du haut du Ciel : ‘Il n’est personne au monde qui ne puisse ressentir toutes sortes de secours, s’il avait réellement, pour Jésus-Christ, un amour reconnaissant, tel que celui qu’on Lui témoigne par la dévotion à son Sacré-Cœur.’

Prions

Ô Seigneur, Dieu tout-puissant, nous Vous supplions, par le Sang très précieux de Jésus, répandu durant sa Passion, de délivrer les âmes du Purgatoire, et surtout celles qui doivent le plus tôt entrer dans votre Gloire, afin qu’elles commencent dès maintenant à Vous bénir pendant toute l’éternité et intercéder inlassablement pour nous. Amen. Doux Cœur de Marie, soyez notre salut.

Un Notre Père et un Je vous Salue Marie.

Quatrième jour


Que regrettez-vous, saintes âmes du Purgatoire, de la terre que vous avez quittée ? Je regrette le mal commis. Il me paraissait autrefois si léger et si agréable. J’en étouffais les remords au milieu des plaisirs. Maintenant, son poids m’accable, son amertume fait mon tourment, son souvenir me poursuit et me déchire. Ah ! si je pouvais retourner à la vie. Nulle promesse, nul plaisir, nulle richesse, nulle parole séduisante ne serait capable de m’engager à commettre le plus petit péché. Ô vous qui avez encore la liberté de choisir entre Dieu et le monde, regardez les épines, la Croix, les flammes qui ont torturé le Cœur de Jésus ; elles vous diront ce que nos péchés Lui ont coûté de souffrances.

Prions

Ô Seigneur, Dieu tout-puissant, nous Vous supplions, par le Sang très précieux de Jésus, répandu durant sa Passion, de délivrer les âmes du Purgatoire, et surtout celles qui doivent le plus tôt entrer dans votre Gloire, afin qu’elles commencent dès maintenant à Vous bénir pendant toute l’éternité et intercéder inlassablement pour nous. Amen. Doux Cœur de Marie, soyez notre salut.

Un Notre Père et un Je vous Salue Marie.

Cinquième jour


Que regrettez-vous, saintes âmes du Purgatoire, de la terre que vous avez quittée ? Je regrette les scandales donnés. Si, au moins, je n’avais que mes fautes à regretter ! Si, en mourant, j’avais pu arrêter les tristes conséquences de mes scandales et de mes malédictions ! Ô vous qui venez me visiter en compagnie du Sacré-Cœur et qui faites briller à mes yeux un rayon de sa Lumière, vous avez en Lui le moyen le plus sûr et le plus facile, en coopérant à sa grâce et vous animant de son zèle, de convertir plus d’âmes que j’en ai scandalisées sur terre.

Prions

Ô Seigneur, Dieu tout-puissant, nous Vous supplions, par le Sang très précieux de Jésus, répandu durant sa Passion, de délivrer les âmes du Purgatoire, et surtout celles qui doivent le plus tôt entrer dans votre Gloire, afin qu’elles commencent dès maintenant à Vous bénir pendant toute l’éternité et intercéder inlassablement pour nous. Amen. Doux Cœur de Marie, soyez notre salut.

Un Notre Père et un Je vous Salue Marie.

Sixième jour


Que regrettez-vous, saintes âmes du Purgatoire, de la terre que vous avez quittée ? Je regrette ne n’avoir pas été assez souvent au sacrement de la Réconciliation. Oui la confession est guérison pour l’âme. Ô vous qui êtes encore sur la terre, allez pour nous, vous jetez dans les bras du Père de Miséricorde ! À l’avance, merci.

Prions

Ô Seigneur, Dieu tout-puissant, nous Vous supplions, par le Sang très précieux de Jésus, répandu durant sa Passion, de délivrer les âmes du Purgatoire, et surtout celles qui doivent le plus tôt entrer dans votre Gloire, afin qu’elles commencent dès maintenant à Vous bénir pendant toute l’éternité et intercéder inlassablement pour nous. Amen. Doux Cœur de Marie, soyez notre salut.

Un Notre Père et un Je vous Salue Marie.

Septième jour


Que regrettez-vous, saintes âmes du Purgatoire, de la terre que vous avez quittée ? Je regrette le peu de charité que j’ai eu sur la terre pour les âmes du Purgatoire. J’aurais pu leur être si utile durant ma vie ! Prières, aumônes, bonnes œuvres, Communions, dévotion au Sacré-Cœur; que de moyens n’avais-je pas pour consoler ces pauvres âmes, retenues prisonnières dans ce séjour de souffrances. Ah ! si je pouvais retourner sur la terre, que de saintes Messes n’entendrais-je pas ! Combien n’en ferais-je pas célébrer pour toutes ces âmes oubliées ! Quelles prières n’adresserais-je pas au Ciel à leur intention ! Vous, vous le pouvez encore...

Prions

Ô Seigneur, Dieu tout-puissant, nous Vous supplions, par le Sang très précieux de Jésus, répandu durant sa Passion, de délivrer les âmes du Purgatoire, et surtout celles qui doivent le plus tôt entrer dans votre Gloire, afin qu’elles commencent dès maintenant à Vous bénir pendant toute l’éternité et intercéder inlassablement pour nous. Amen. Doux Cœur de Marie, soyez notre salut.

Un Notre Père et un Je vous Salue Marie.

Huitième jour


Que regrettez-vous, saintes âmes du Purgatoire, de la terre que vous avez quittée ? Nous regrettons de ne pas avoir suffisamment aimés nos prêtres et notre Église. Aimez vos prêtres et priez pour eux. Aimez vos évêques et votre Pape, ils sont cadeaux de Dieu pour vous conduire au Paradis.

Prions

Ô Seigneur, Dieu tout-puissant, nous Vous supplions, par le Sang très précieux de Jésus, répandu durant sa Passion, de délivrer les âmes du Purgatoire, et surtout celles qui doivent le plus tôt entrer dans votre Gloire, afin qu’elles commencent dès maintenant à Vous bénir pendant toute l’éternité et intercéder inlassablement pour nous. Amen. Doux Cœur de Marie, soyez notre salut.

Un Notre Père et un Je vous Salue Marie.

Neuvième jour


Que regrettez-vous, saintes âmes du Purgatoire, de la terre que vous avez quittée ? Nous regrettons de ne pas avoir suffisamment aimé Marie, la Sainte Mère de Dieu. Elle est un raccourcie pour nous conduire sur le chemin du Cœur de Jésus. Elle est une puissante avocate car elle ne supporte pas de voir ces enfants au Purgatoire. Consacrez-vous à Dieu par le Cœur Immaculé de Marie, elle vous protégera des embûches du démons. Priez le saint Rosaire et confiez-vous à elle. Placez aussi vos enfants et toutes votre famille sous sa protection maternelle.

Prions

Ô Seigneur, Dieu tout-puissant, nous Vous supplions, par le Sang très précieux de Jésus, répandu durant sa Passion, de délivrer les âmes du Purgatoire, et surtout celles qui doivent le plus tôt entrer dans votre Gloire, afin qu’elles commencent dès maintenant à Vous bénir pendant toute l’éternité et intercéder inlassablement pour nous. Amen. Doux Cœur de Marie, soyez notre salut.

Un Notre Père et un Je vous Salue Marie.

Téléchargez le texte de la Neuvaine de la Toussaint (pdf) en cliquant ici

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22 octobre 2008

Homélie du Cardinal André Vingt-Trois

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Homélie du Cardinal André Vingt-Trois prononcée lors de la Messe de Requiem de Soeur Emmanuelle, à Notre Dame de Paris, le 22 octobre 2008

"J’ai cent ans et je voudrais vous dire". Au moment où Sœur Emmanuelle quitte ce monde, il est bon pour nous d’essayer de comprendre ce qu’elle voudrait, ce qu’elle veut nous dire. Non seulement l’exposé de ses idées (sur la vie) ou ses pensées, mais surtout le témoignage de sa vie. Car, comme chacun d’entre nous, comme tout homme ou toute femme en ce monde, ce qu’elle peut vraiment nous communiquer c’est ce qu’elle a vécu, ce qui l’a fait vivre et ce qui dévoile le sens de son action.Le premier trait qui se présente à nous dans la vie de Sœur Emmanuelle, c’est la puissance de l’amour. Un jour, elle a été saisie et transformée par l’amour d’une façon décisive et irrémédiable. Sans doute le don qu’elle avait fait d’elle-même dans sa consécration religieuse était-il déjà inspiré par le désir d’aimer et de servir Dieu et ses frères. Mais le chemin où elle s’est engagée avec les enfants du Caire est un basculement total. Il découvre à nos yeux la profondeur et la puissance de cet amour. Il s’agit du même don de soi définitif qui fut celui de sa profession religieuse, mais ce don prend une dimension nouvelle par la communauté de destin dans laquelle elle s’engage avec ces enfants qui, avant d’avoir besoin de ses leçons de professeur et d’éducatrice, ont besoin de manger pour survivre. Elle comprend que les aimer, c’est se lier à eux par le genre de vie, par le partage de la misère et par l’encouragement à faire quelque chose pour en sortir.

Il s’agit d’un véritable basculement qui saisit la liberté et le cœur et qui entraîne à miser tout sur une parole, la parole de celui qui est venu donner sa vie pour l’humanité, Jésus de Nazareth. Comme les disciples, qui avaient passé en vain toute la nuit à pécher, elle entend le Maître l’appeler à « jeter les filets pour la pêche. » Et, confiante en la parole de Celui qu’elle aime, elle lâche tout et se lance dans une aventure inimaginable, au-delà des conventions habituelles, hors de son champ de compétence. Elle se fait chiffonnière avec les chiffonniers. Elle plonge sans retour dans la solidarité de destin avec ceux qui n’ont rien et que tous méprisent. Et la joie qui l’habitait et dont elle rayonnait était certainement le signe extérieur de ce cœur donné sans retour pour répondre à l’appel du Christ. Mais nous devons faire un pas de plus. Faut-il considérer l’histoire de Sœur Emmanuelle comme un prodige extraordinaire que l’on admire avec d’autant plus de ferveur qu’on n’imagine pas qu’il puisse nous concerner ? Est-elle un de ces héros dont on exalte la figure sans craindre d’être nous-mêmes entraînés à les suivre ? Saint Paul nous le disait à l’instant, l’amour est le don le plus grand qui puisse nous arriver et qui les surpasse tous. Mais de quel amour parle-t-il ? De l’amour que Dieu nous manifeste et qu’Il nous invite à vivre dans nos rapports les uns avec les autres. Sans cet amour je ne suis rien. Il n’y a pas trente six sortes d’amour et si nous voulons progresser dans l’amour, il nous faut nous mettre à l’école de celles et de ceux qui en ont été habités au point de tout donner pour le vivre, l’école de saint Vincent de Paul, du Bienheureux Frédéric Ozanam, de Mère Térésa, de l’Abbé Pierre et de tant d’autres qui ont passé leur vie au service des pauvres dans lesquels ils reconnaissaient le visage du Christ qui les avait appelés : « J’ai eu faim et vous m’avez donné à manger, j’ai eu soif et vous m’avez donné à boire, j’étais un étranger et vous m’avez accueilli, nu et vous m’avez vêtu, malade et vous m’avez visité, prisonnier et vous êtes venus me voir » (Mt 25, 36).

De ces exemples nous pouvons tirer quelques enseignements qui éclairent notre propre route. L’amour suppose un don total de soi. Il nous entraîne à quitter les sécurités des chemins bien balisés et surtout il nous demande de ne pas nous laisser prendre au piège de la bonne conscience qui se nourrit du souci de notre image. Sœur Emmanuelle a utilisé sans complexe les moyens de la communication et de la médiatisation, non pour faire la promotion de son image, mais pour faire connaître à tous l’univers de cauchemar dans lequel vit aujourd’hui encore une bonne partie de l’humanité. L’amour est un don définitif et sans retour, sinon il n’est que chimère et illusion. Comment les enfants du Caire auraient-ils pu faire confiance à Sœur Emmanuelle si sa présence au milieu d’eux avait été incertaine et épisodique ? Il n’y a pas d’alliance s’il y a une échappatoire. Enfin l’amour est contagieux. Il est une force d’attraction qui embarque des complices à tout moment. Certes la personnalité de Sœur Emmanuelle est une sorte de figure emblématique. Mais l’authenticité du service qu’elle a accompli se manifeste dans sa capacité à associer toutes sortes de gens à son action, telle sœur Sara, une religieuse copte orthodoxe qui poursuit aujourd’hui son œuvre avec les chiffonniers du Caire. Elle ne les séduisait pas pour elle-même, ni pour se donner la satisfaction d’avoir des disciples, mais elle les enrôlait dans son armée de miséreux parce qu’ils pouvaient y faire quelque chose d’utile pour les autres et pour eux-mêmes. Les vedettes n’ont pas de successeurs, les serviteurs ont des amis qui les soutiennent et qui développent leur œuvre. Notre véritable hommage à Sœur Emmanuelle n’est-il pas de tirer les leçons de son histoire d’amour avec les pauvres de ce monde ? N’est-il pas de crier pour tous ceux qui survivent avec peine dans la malnutrition et le manque de soins ? N’est-il pas de nous interroger sur le déséquilibre qui marque notre univers : d’un coté, l’énergie que l’on dépense pour la richesse et le confort d’une société dont on attend qu’elle assume tous les risques de la vie et de l’autre, l’insécurité absolue sur les besoins élémentaires de l’existence : manger, boire de l’eau, se soigner, apprendre à lire et à écrire ? Ceux qui professent la foi chrétienne autrement que comme une assurance supplémentaire ne doivent-ils pas être les premiers à « avancer en eaux profondes et à jeter les filets pour la pêche » pour que l’amour soit connu non pas seulement en paroles, mais en acte et en vérité.

Certes, les chrétiens se mobilisent pour vivre davantage le partage avec les pauvres de ce temps et nous en sommes fiers. Mais nous n’oublions pas que même la générosité n’est rien si elle n’est pas animée par l’amour. Nous ne sommes pas appelés seulement à donner de nos biens, nous sommes appelés à nous donner nous-mêmes.Sœur Emmanuelle a souhaité que ses obsèques soient célébrées dans l’intimité de sa famille religieuse. Aurait-t-elle été très à l’aise dans notre hommage national ? Je ne suis pas capable de répondre à sa place, mais il y deux choses dont je suis sûr. Premièrement, elle jubile certainement de voir que sa mort est une occasion de rappeler à tous l’urgence du service des pauvres de ce monde, un temps d’antenne supplémentaire pour ceux dont on parle si peu. Deuxièmement, elle voit certainement avec joie que nous n’essayons pas d’expliquer sa vie en oubliant Celui qui seul lui a donné sens : Jésus de Nazareth qui est passé parmi les hommes en faisant le bien et qui, à la veille de sa passion, nous a donné la clef d’interprétation absolue : « il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. » C’est ce qu’il a fait et ce qu’il fait aujourd’hui dans cette Eucharistie. C’est ce que Sœur Emmanuelle a vécu à la suite et en compagnie de tant de disciples du Christ. C’est ce que nous sommes tous appelés à vivre, car finalement sans l’amour nous ne sommes rien. L’amour seul est digne de foi.

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Le Testament spirituel de Sœur Emmanuelle

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Le Testament spirituel de Sœur Emmanuelle

Si chers Amis, Nous le savons, l’Amour est plus fort que la Mort, le lien d’amitié profonde que nous avons noué ensemble dans la joie, a une valeur d’éternité joyeuse. Aujourd’hui, où vous vous êtes encore une fois dérangé pour moi, mon âme et mon coeur sont tout près de votre âme et de votre cœur. Je voudrais que cette chère rencontre se déroule dans une atmosphère de joie. J’ai choisi des cantiques pleins d’allégresse. Chantez les joyeusement à pleine voix ! Je tiens à vous dire une merci bondissant de reconnaissance pour ce que vous avez fait et ferez encore, je le sais, pour nos milliers d’enfants en difficulté à travers le monde. Grâce à vous, ils deviennent des citoyens debout et heureux. L’enfant qui souffre « sensible à vos cœurs » rappelle le mot de Pascal : « Dieu sensible au cœur ». Voilà la merveille qui, au-delà de toute conviction religieuse, politique, culturelle ou autre, nous unit tous dans une belle harmonie. Seigneur, tu as voulu que nous, les humains, puissions tressaillir devant la douleur et arriver à la soulager. C’est ainsi que, comme nous le dit le Christ, dans l’évangile de Matthieu au chapitre 25, nous devenons « bénis » par Toi, notre Père des cieux. Oui vous êtes bénis, vous qui savez aimer et partager, vous êtes bénis, parce que, sans le savoir peut-être, vous avancez sur la route qui mène à l’éternité bienheureuse où je vous attends dans le même Amour. Une petite confidence pour finir. J’ai demandé que soit chanté comme psaume le Magnificat. Ce cantique contient en effet le secret du bonheur de ma vie. Dès mon entrée en religion, en 1931, je me suis confiée, corps et âme, à la Vierge pour qu’elle me garde fidèle. Elle l’a fait et comment ! Remerciez là avec moi ! Yalla ! En avant ! C’est passionnant de vivre en aimant !

Votre Emmanuelle qui garde chacun et chacune de vous dans son coeur.

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Hommage à Soeur Emmanuelle

Soeur_Emmanuelle

Sœur Emmanuelle

un siècle d'amour

1908-2008

Les chiffonniers du Caire l’appelait Ableti, « grande sœur ». Son prénom ? Madeleine. Mais le monde entier connaît mieux celui que cette perpétuelle révoltée s’est choisi à 22 ans : Emmanuelle. Toute sa vie, la religieuse vêtue de sa sempiternelle blouse de nylon gris s’est battu contre la misère et l’exclusion. Notre biographie. Sœur Emmanuelle s'est éteinte comme une étoile. En laissant un immense rayon de lumière. Une disparition ressentie par tous : à qui n'était-elle pas devenue familière ? Foulard et blouse grise, tennis usés, on reconnaissait sans peine la silhouette. Le visage ridé comme par un appétit de vie et de soleil, le regard bleu scintillant derrière de larges lunettes, et toujours le sourire aux lèvres. Une femme totalement disponible aux autres : « Si on ne s'intéresse pas aux autres, la vie devient monotone », confiait-elle un jour à Paula Boyer. Chacun avait compris depuis son retour d'Egypte que le mot retraite lui était étranger. Elle n'avait jamais semblé aussi présente. Auprès de ses amis de l'association Asmae bien sûr, mais aussi à la télévision et à la radio, dans les écoles, les paroisses, les prisons. Mais encore, et toujours, près des pauvres, des exclus. Les SDF de l'association Paola à Fréjus, par exemple. Certes, elle goûtait la compagnie des religieuses de la maison de retraite du Pradon, dans le village de Callian, au pied de l'Esterel. Elle aimait bavarder de jardinage, mais on la sentait toujours sur le départ, vaillante sur ses pieds ou calée dans un fauteuil roulant, prête à monter dans une voiture, un car ou un train. « Il faut qu'elle aille jusqu'au bout de ce qu'elle peut donner », expliquait un jour sœur Jeanne-Bernadette.

Jusqu’au bout, être utile et efficace

Inaction : autre mot banni de son vocabulaire. La gamine insupportable, la jeune religieuse frondeuse, la révoltée du Caire : comment effacer un tel caractère ? Jusqu'au bout, elle entendait dire ce qu'elle pensait, secouer les dormeurs, ne pas rester les bras croisés. Etre encore utile et efficace, avec cet optimisme qui en désarmait plus d'un, et cette façon de mettre un terme au doute : « C't'évident, non ? » Ne jamais laisser s'éteindre la flamme de l'espérance. Yalla ! Qui n'a perçu l'infatigable volonté derrière cette interjection souvent répétée d'une voix à la fois fluette et ferme ? Le charisme de sœur Emmanuelle reposait sur un sens inné du contact. Tutoyant tout le monde - sauf le pape...-, dotée d'une mémoire d'éléphant pour les noms, elle marquait toujours un intérêt sincère pour celui qu'elle rencontrait. Avec le même égard, mais aussi le même culot, qu'il soit puissant ou misérable. Dans les échanges, elle savait avec intuition ce qu'il fallait dire et faire à chaque instant. Et elle affichait une force de conviction inaltérable : « J'ai opté pour l'amour universel », disait-elle, expliquant que ce n'était pas la pauvreté qu'elle aimait, mais les pauvres ; la justice plus que la charité. On comprend que, dans ses vœux prononcés, le plus dur aura été celui d'obéissance. Et celui de chasteté ? Celle qui fut une jeune fille coquette effaçait d'une pirouette les remords : « Je n'aurais pas pu me consacrer à un seul homme ». A un autre que Dieu.

Au sommet des sondages

Tout le monde s'inclinait devant son obstination et admirait cette femme heureuse de vivre. Elle séduisait, fascinait, ou déroutait avec sa gouaille et son franc-parler. Avouant ses péchés mignons - les glaces à la vanille, les moules-frites, les polars d'Agatha Christie-, rabrouant des ministres dans des directs télévisés, et gardant même sa liberté vis-à-vis du pape. Ce caractère bien trempé, si peu sensible aux normes et aux institutions, partageait pourtant bien des traits communs avec celui de Jean-Paul II. Mais... « il a sa manière de voir et moi la mienne », affirmait-elle. Ce tempérament robuste n'a jamais freiné sa popularité. Au baromètre annuel, elle caracolait, première femme derrière l'Abbé Pierre et les Zidane, Sardou, Noah et Belmondo. Pas de quoi s'enivrer : « Quand j'arriverai devant le Seigneur, il ne me demandera pas quelle place j'ai occupée dans les sondages », écrivait-elle. Toujours les pieds sur terre, en somme, devant l'éphémère. Mais sœur Emmanuelle savait user habilement de ce succès médiatique pour défendre sa cause. Le public français l'avait découverte en 1977, sur Europe 1 avec Philippe Gildas. Elle fut invitée régulièrement par la suite dans les grands rendez-vous des ténors de l'audiovisuel : chez Drucker, Poivre d'Arvor, Cavada, Giesbert ou Fogiel. Tous dressèrent le même constat : sa maîtrise naturelle de l'outil télévisuel. Même en fin de soirée, elle pouvait faire grimper l'audimat. Les qualificatifs n'ont pas manqué : énergique, brillante, drôle, ironique, charmeuse. Mais surtout sincère. Elle disait ce qu'elle pensait, et se moquait de sa popularité. Car telle est la clé du personnage : son authenticité. Personne ne s'y est trompé. Elle avait puisé dans son parcours une harmonie. L'action n'empêchait pas la méditation : elle n'a raté la messe quotidienne « que trois ou quatre fois ». La foi identifiée avec le cœur, pour suivre le philosophe Pascal, ne l'incitait à aucune arrogance. « Avant, je pensais avoir le monopole de la vérité du fait que j'étais catholique, disait-elle ; aujourd'hui, je sais qu'il y a beaucoup de demeures dans la maison du Seigneur.»Sa supérieure à Istanbul interdisait le prosélytisme, mais encourageait les religieuses à « transpirer le Christ ». Sœur Emmanuelle aura été un exemple, tout simplement un témoin. « Je ne suis qu'une petite goutte dans un océan de misère. » Cette goutte vaut de l'or.

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Soeur Emmanuelle en quelques dates


16 novembre 1908
: naissance à Bruxelles de Madeleine Cinquin, d’une mère Belge et d’un père français. Ses parents étaient commerçants en confection et en lingerie fine. Sa grand-mère maternelle était née d’un père juif et d’une mère chrétienne. Sa fille a épousé un protestant suisse. A 6 ans, elle voit son père se noyer : « Je me suis raccrochée à Dieu, et Dieu s’est accroché à moi. »

1929 : Elle rentre dans la congrégation Notre-Dame-de-Sion, à Paris, rue Notre-Dame-des-champs. Le 10 mai 1931 elle prononce ses vœux et prend le nom de Sœur Emmanuelle. Diplômée en philosophe et lettres, elle enseignera successivement en Turquie (1932-1954 puis 1959-1963), en Tunisie (1954-1959) et en Egypte (1963-1971).

1971 : elle s’installe dans un bidonville au Caire. Elle va partager la vie des chiffonniers pendant 22 ans. « Mes 22 ans dans le bidonville ont été l’accomplissement de ma vie. »

1977 : Ouverture du centre Salam. Le centre offre un dispensaire, des ateliers professionnels et de couture, un club social, un jardin d'enfants, une maternité. Le centre Salam est inauguré par Jehane Sadate, épouse du président égyptien Sadate.

1978 : tournée en Europe et aux Etats-Unis : Soeur Emmanuelle et Soeur Sara collectent des fonds aux Etats-Unis et en Europe pour améliorer le sort des chiffonniers. Jardin d'enfants, école et dispensaire voient le jour.

1980 : Elle reçoit l’Ordre du Mérite à Paris et fonde ASMAE "Agir, Soutenir, Mobiliser pour l'Avenir des Enfants". L'association est laïque. Aujourd'hui, elle intervient dans huit pays et auprès de 74000 enfants.

1991 : Tandis qu'elle célèbre ses noces de diamant de vie religieuse avec les chiffonniers du Caire, l'épouse du président Moubarak lui confère la nationalité égyptienne.

1993 : à la demande de ses supérieures, elle rentre en France et rejoint sa communauté en Provence. Toujours au service des plus démunis, elle se rend régulièrement dans les prisons et auprès des SDF. Active, elle donne des conférences et visite les projets ASMAE dans le monde entier.

28 janvier 2002 : elle est promue au grade de commandeur de la Légion d’Honneur.

25 avril 2005 : elle reçoit les honneurs belges en obtenant les insignes de Grand Officier de l'Ordre de la Couronne.

20 octobre 2008 : Soeur Emmanuelle s'éteint

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Soeur Emmanuelle

Elle ne possède ni l'éloquence de Raoul Follereau pour défendre les malheureux ni la fougue emplie de défi et de provocation de l'Abbé Pierre vis-à-vis de tous ceux qui vivent égoïstement. Pourtant, elle peut aussi être rangée dans la lignée des grands prophètes, même si, comme une journaliste l'a dit, elle possède une charité " politiquement correcte ", c'est-à-dire qu'elle ne s'attaque pas de front aux gouvernements et aux institutions publiques ou privées comme l'ont fait les deux célèbres personnages précités, mais plutôt à tous ceux qui possèdent de la haine dans leur cœur. Elle ne risque donc probablement pas d'être prise à partie par des multinationales ou certains responsables politiques du fait de déclarations fracassantes. La seule chose que l'on pourrait lui reprocher, pensent certains, c'est de lutter contre la misère, certes avec conviction, mais de le faire avec trop de douceur, le sourire aux lèvres. Or, cette douceur et ce sourire presque continuels, au moins lorsqu'on est en sa présence ou lorsqu'elle s'exprime à la radio ou la télévision, trompent. Ils ne sont pas le signe de manque de passion, de naïveté ou de timidité, mais ils proviennent de son âme, c'est-à-dire d'une immense spiritualité et, par conséquent, d'un amour d'autrui qui lui permet, en fonction de l'Evangile qu'elle vit constamment, d'une part d'être en communion, dans l'humilité, avec les plus faibles et d'autre part d'aimer son prochain quel qu'il soit, riche ou pauvre. Voilà les qualités qui caractérisent Sœur Emmanuelle et lui procurent sa vraie force et sa joie évidente.


C'est exactement ce que j'ai ressenti lorsque, le 2 avril 1989, j'ai eu la chance de pouvoir rencontrer " la chiffonnière du Caire ", comme on l'appelle aussi. Ce nom lui vient de son travail principal, dans la banlieue de la capitale égyptienne, avec des chiffonniers vivant de détritus triés dans la chaleur étouffante pour les revendre ou en faire de l'engrais, les bénéfices étant reconvertis dans toutes sortes de constructions et d'activités sociales pour rehausser l'hygiène et la santé, scolariser et éduquer enfants et adultes, loger les habitants du bidonville et créer des emplois.


Je l'ai d'abord entendue donner son témoignage dans la petite église du village touristique de Crans (Valais/Suisse), pleine à craquer. Elle y évoqua son travail avec ses amis les pauvres, mais aussi ses voyages sur les routes du monde et du Soudan, en particulier, pour sauver les enfants qui fuient la guerre et la faim. Ce jour-là, j'ai compris, grâce à quelques paroles dont j'ai été le témoin direct, pourquoi l'espérance l'habitait toujours, malgré la misère partagée,. En effet, à la fin de son exposé, son visage, momentanément assombri par la citation des catastrophes et des malheurs qui assaillent les pays du tiers monde, mais aussi nos populations des pays riches, redevenait soudain radieux : " Il nous faut faire passer le Christ dans les autres, ne serait-ce que par un sourire. Notre mesquinerie, notre faiblesse se transforment alors en amour. Chacun de nous est capable de l'exprimer. L'amour doit vaincre la haine. Il est plus fort que la mort."


Et puis, le soir, ce fut ma rencontre personnelle avec elle à la cure de Montana, non loin de Crans. Là, Sœur Emmanuelle évoqua l'apparition que la célèbre voyante Anne-Catherine Emmerich a eue de la Vierge et conclut : " Ce ne sont pas les détails de cette vision qui sont importants, mais bien la lumière dans laquelle baignait Marie. J'aime beaucoup cela. " Et comme si elle s'était imbibée de cette lumière, elle s'en est allée, une fois encore, un sourire sur les lèvres.


Mais quel a bien pu être le détonateur, pour ainsi dire, qui a conduit Sœur Emmanuelle sur ce chemin des Béatitudes au milieu des pauvres, sans se relâcher, sans perdre courage, les défendant sans cesse? J'ai cherché longtemps dans les livres que je possède sur elle les secrets de cette destinée. Je les ai, je crois, trouvés dans ses propres révélations très claires, sous forme d'au moins deux aspects.


D'abord, dans son livre " Chiffonnière avec les chiffonniers ", elle consacre, à la fin, un court mais très important chapitre au chapelet de sa mère qui risque presque de passer inaperçu. Et là, elle dit ceci : " Une chère figure me revient à la mémoire : celle de ma mère à qui je dois le meilleur de moi-même. " Puis, citant quelques petits incidents qui ont marqué sa jeunesse, elle en arrive à un " soir de trouble ", comme elle dit, où elle rencontre, alors qu'elle marche lentement, oppressée dans la nuit, un individu qui la prend par le bras et lui conseille amicalement de rentrer chez elle. A la maison, après cette aventure, elle trouve sa mère - qui est déjà veuve avec trois enfants - endormie, le chapelet entre ses doigts. Il vaut la peine de citer in extenso ce qu'elle écrit :


" J'ai souvent pensé plus tard à ce soir de trouble. Je crois profondément que les grains du chapelet de ma mère glissaient, invisibles, entre cet individu et moi. Une voix murmurait: priez pour nous, pauvres pécheurs, maintenant…Sans savoir qu'il y répondait, l'homme m'a dit : Rentrez chez vous, ma petite. Cet homme-là, dans ma reconnaissance, j'ai souvent prié pour lui. Je le rechercherai dans l'autre monde pour le remercier.


Comment expliquer que, à travers tant de vents contraires qui ont déraciné des cèdres puissants, mon pauvre petit arbuste soit resté debout ? J'en sais rien, moi, la raison. Les racines étaient fortes. Tant qu'elle en a été capable, ma mère s'est rendue tous les jours à l'église, elle y communiait pour ses enfants. Elle m'avait dit : Tu veux vraiment entrer au couvent ? Alors, sois une bonne religieuse. Chaque matin, elle m'en envoyait la force. Ces chiffonniers, comme elle les aurait aimés, comme elle les aime plutôt ! Je sais qu'elle est là, dans mon sourire qui était le sien quand elle allait vers l'autre…

Merci, mon Dieu, de me l'avoir donnée pour mère. "

Il y a aussi ce passage dans son dernier livre " Richesse de la pauvreté " qui révèle la raison de son choix décisif de la pauvreté : " C'est que l'expérience que j'en ai faite reste une des dates importantes de ma vie : le 5 mai 1929, je me suis dépouillée des beaux atours d'une fille coquette pour revêtir la pauvre robe noire d'une petite novice. Ce geste représentait la libération des futilités qui m'asservissaient. Soudain, j'étais devenue légère. J'entrais dans une vie qui deviendrait de plus en plus passionnante. Je renonçais à une humanité égocentrique pour entrer dans une humanité fraternelle. Soixante-douze ans ont passé, j'en goûte encore la richesse. "


Enfin, on peut certainement y ajouter la rencontre qu'elle a faite en 1965 à l'occasion d'un voyage au Caire avec les filles de sa classe de philosophie de l' établissement des sœurs de Notre-Dame de Sion à Alexandrie. Elle raconte : " Dans le train, je fus frappée par des spectacles de misère que je n'avais jamais vus en Turquie : des enfants en haillons, une foule de mères chargées de leurs marmots. "

La famille, les racines, la perception de la misère et de la souffrance et, dans ce contexte, la maman. C'est ce dont nous avons besoin nous aussi et qui peut nous former pour toute la vie. Chaque père et chaque mère de famille devraient en être conscients et se nourrir de la foi et surtout de l'Eucharistie qui nous permet de recevoir en nous Jésus " la lumière du monde ", afin de la transmettre à nos enfants dès leur plus jeune âge. Nous pourrons alors ouvrir leurs cœurs aux autres, particulièrement aux malheureux et aux blessés de toutes sortes, en nous inspirant de l'exemple de Sœur Emmanuelle et nous consacrer, comme elle, à trois choses primordiales.


D'abord ne pas négliger, sous forme d'un secours matériel direct quand nous le pouvons, ceux qui, autour de nous ou ailleurs, sont les moins privilégiés. Mais je ne m'étendrai pas sur le sujet, cette fois-ci, même si cette condition est vitale et si tous les prophètes nous renvoient sans cesse à l'aide concrète au prochain. J'ai déjà développé cet aspect de la charité à maintes reprises, aussi du fait de mon activité sociale durant plus de cinquante années auprès des déshérités et des lépreux..

Ensuite, porter en soi le Christ, " la lumière du monde ", et disséminer dès qu'on le peut une parole, un sourire…J'ai aussi eu la chance dans ce domaine de pouvoir en expérimenter la valeur lors de dizaines de rencontres dans les avions, les trains et les transports en commun, les plus significatives ayant été celles que j'ai eues avec des handicapés, quelques-uns dans le bus qui me conduit de mon quartier en ville. Chaque fois que nous nous revoyons, la joie est de mise dans nos conversations, même lorsqu'un d'entre eux me fait signe ou me parle à haute voix en faisant retourner les têtes et en provoquant même des grimaces ou des étonnements parmi les voyageurs. Chaque fois, j'en rapporte un immense appui et un enrichissement intérieur considérable qui durent souvent des heures.


Enfin, savoir discerner, à côté du péché - auquel nous sommes tous confrontés - aussi les choses magnifiques qui nous entourent, dons du Créateur : les arbres, les fleurs, les montagnes, les gens qui se dévouent pour les autres. Ainsi, Sœur Emmanuelle a écrit : " Quand je tombe dans la ruelle sur un chien crevé, ou des boyaux de porc couverts de mouches, je regarde plus loin les gosses qui se poursuivent en riant. "


Par la prière, demandons à Dieu et à Marie, sa mère, de nous envoyer les grâces qui conduisent à ce chemin de simplicité et de dévotion. En renonçant à nos manières égocentriques et en nous libérant des convenances imposées par la mode, le marché ou les médias, nous entrerons comme Sœur Emmanuelle dans " une humanité fraternelle ", malgré les soucis et les difficultés inhérentes à la vie sur terre. Et puis, finalement, nous aussi nous percevrons de plus en plus le vrai bonheur, celui que Dieu seul peut nous donner et qui se reflète dans une rencontre, dans l'amour profond d'un être ou dans un geste désintéressé vers l'autre.


Marcel Farine

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"Il faut être heureux"

interview avec Soeur Emmanuelle

La voix jeune, l’esprit toujours aussi vif, parfois même espiègle, dans un entretien qu'elle avait donné à Pèlerin, Soeur Emmanuelle revient sur sa vie, évoque sa foi, parle sans détours de la vieillesse et rappelle la force de l’amour. Extraits.

Comment vous sentez-vous, sœur Emmanuelle ?


Pas mal pour 99 ans ! Je crois être lucide, ce dont je remercie le Seigneur. La marche est difficile, mais tout le reste va bien.


C'est difficile à accepter, cette moindre mobilité ?


Se lamenter ne sert rigoureusement à rien. Et puis, je n'ai pas le caractère à regretter. J'ai appris à accepter les choses telles qu'elles viennent, elles ont toujours un côté positif. Il faut regarder ce côté et laisser tomber le négatif. C'est ce que j'ai fait toute ma vie, de telle sorte que je suis contente de ma vieillesse. Bien sûr, je ne peux plus voyager comme avant, je suis forcée de rester dans ma chambre. Maintenant, j'ai beaucoup de temps pour prier.


Vous priez beaucoup ?


Je prie toute la journée ! Comme je suis très fatiguée, je ne peux plus me concentrer comme avant, pour la prière. Dieu merci, j'ai mon chapelet ! Je dis le rosaire. J'ai le temps, c'est très beau, et ça ne me fatigue pas de murmurer : « Je vous salue Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous... » Je le répète tout simplement, mais chaque dizaine de « Je vous salue Marie » renvoie à un mystère de la vie de la Vierge et de Jésus. Par exemple, je commence par l’Annonciation de l’ange qui vient dire à Marie qu’elle sera la mère de Jésus. Alors, pendant que je dis le « Je vous salue Marie », je vois cette œuvre du peintre Fra Angelico où l’ange est prosterné au pied de la Vierge qui sourit doucement et je me remémore cette conversation. Ainsi chaque dizaine. Après c’est la Visitation. Marie va voir sa cousine Elisabeth déjà âgée et pourtant enceinte de six mois. Elle trotte, trotte pour voir sa cousine. Alors, moi, je la vois trottant sur la route… C’est très joli ! C’est ravissant de prier comme cela du matin au soir avec le chapelet. Je dis ces prières pour tous ceux que j'aime, pour tous ceux qui viennent me voir, et pour toute l'humanité. Je trouve que c'est très beau, très vivifiant même, de terminer ainsi ma vie. La vieillesse, c'est une grâce que Dieu permet à l'homme. Vous laissez tomber ce qui vous encombre.


Quand on approche, comme vous, les 100 ans, sait-on un peu mieux qui est Dieu ?


Ah, on ne peut pas tout savoir ! Mais avec le temps, la relation avec Dieu Amour se fait de plus en plus intime, douce, profonde. Cela donne du tonus à la vie, c'est comme du champagne, ça fuse ! C'est beau, c'est bon, c'est doux ! Il n'y a rien de meilleur sur terre que la relation d'amour avec Dieu. Et comme disait Thérèse de l'Enfant-Jésus, je reçois d'une main du Seigneur et je donne de l'autre main. Tout ce que Dieu me donne d'amour, j'essaie de le verser sur les hommes et les femmes qui m'écrivent, qui viennent me voir, et puis sur l'humanité entière.


Vous n'avez jamais douté ?


Si, bien sûr ! J'ai eu des années terriblement difficiles... A Istanbul, pendant la guerre de 1939-1945, j'étais enseignante. A l'époque, j'avais seulement l'équivalent du bac en Belgique. Comme je ne pouvais pas aller étudier à Paris, à la Sorbonne, à cause de la guerre, j'ai fréquenté l'université d'Istanbul. Là, j'ai connu des professeurs musulmans et juifs d'une très haute teneur spirituelle, intellectuelle, morale et religieuse. Ils puisaient beaucoup de lumière et de force dans leur religion. C'est alors que j'ai commencé à m'interroger. Je me suis mise à étudier toutes les religions. J'ai trouvé des lumières dans chacune. Arrivée à la religion chrétienne, j'ai trouvé un soleil resplendissant, l'amour du Christ qui est allé jusqu'à la mort pour sauver les hommes. C'était magnifique. Mais quelles preuves avais-je qu'il était « Dieu, né de Dieu, lumière, née de la Lumière, vrai Dieu, né du vrai Dieu », comme le dit le credo ? Quelle preuve avais-je que Jésus était le fils de Dieu ? Je n'en avais aucune. Alors, j'ai commencé à douter, c'était très difficile parce que j'étais « embarquée », comme dit Pascal, j'étais religieuse. Cette période de doute a duré des années.  La guerre finie, j'ai eu la grande chance de pouvoir étudier à la Sorbonne, à Paris. J'ai eu Pascal au programme. C'est lui qui m'a sauvée. Pascal, qui est infiniment croyant, dit que Dieu n'est pas sensible à l'intelligence mais au cœur. Le cœur, c'est le lieu le plus intime de l'homme. Avec l'aide de Pascal, je suis arrivée à la conclusion que tous les biens matériels ne valent pas une seule pensée, que toutes les découvertes scientifiques ne valent pas un seul acte de charité, d'amour gratuit. Grâce à Pascal, j'ai compris que c'est au plus profond de moi-même que je devais chercher Dieu et non pas en lisant les textes des savants et des philosophes. Plus tard, quand je vivais au Caire, j'ai reçu une très grande lumière, une nuit, dans le bidonville. Ce soir-là, comme il faisait très froid, j'avais fermé ma porte, lorsque j'ai entendu une mélopée. C'était ma voisine, Fauzeya, une femme très misérable, qui chantait. J'ai entrouvert ma porte et l'ai vue, assise par terre. Son fils faisait ses devoirs. Nous avions obtenu, elle et moi, qu'il aille à l'école, ce qui était extraordinaire dans le bidonville. Elle faisait du feu avec de vieux cartons. Son mari, qui savait un peu lire, déchiffrait l'Evangile. Quand il s'arrêtait, Fauzeya reprenait la phrase de l'Evangile et la chantait doucement. Son visage était illuminé. Je ne reconnaissais pas cette pauvre malheureuse, souvent battue. Elle n'avait pas étudié comme je l'avais fait, mais elle avait confiance. Elle était sûre que Jésus aiderait son fils à sortir du bidonville. Elle était sûre que Jésus aiderait la petite Teresa qu'elle avait au sein à devenir une femme plus heureuse qu'elle. Dans ma cabane, j'ai demandé au Seigneur de me donner un cœur comme Fauzeya. C'est ainsi que j'ai pu me retremper dans la foi toute simple des enfants et jouir de l'amour de Dieu dont, finalement, je reste sûre. Maintenant, avec le Seigneur, on se comprend. On s'aime, c'est tout.


Voici quatre ans, vous avez publié un ouvrage intitulé Vivre, à quoi ça sert ? Quelle est votre réponse à cette question ?


Vivre, ça sert à aimer ! Et, quand on est vieux, c'est un avantage, on a plus de temps pour aimer, c'est-à-dire pour donner aux autres le meilleur de soi-même en suppliant le Seigneur de les aimer, de les aider. Maintenant, j'ai évidemment plus de temps qu'avant !


Vous avez souvent dit que vous aimiez beaucoup les jeunes. Pourquoi ?


J'ai toujours aimé la jeunesse, parce que c'est l'espoir, l'enthousiasme. Les jeunes, quand on sait leur parler, ils sont passionnants. Quand j'allais dans les écoles, les lycées par exemple, ils restaient vraiment suspendus à ce que je disais. Tout simplement parce que je m'adressais autant à leur cœur qu'à leur intelligence. Les jeunes comprennent très bien qu'il faut s'aider. Malheureusement, une partie de notre jeunesse est sans repère, certains font des bêtises ; à leur place, j'en aurais peut-être fait aussi.


Parce que la société actuelle ne donne pas assez de repères ?


Aujourd'hui, chacun fait ce qu'il veut. Bien sûr, il faut faire ce que l'on veut, mais il faut aussi vouloir le bonheur. Dieu nous veut heureux.


Qu'entendez-vous par là ?


C'est vivre en harmonie. Qu'est-ce que l'harmonie ? C'est regarder les autres avec son cœur, pas avec sa tête, établir des relations simples. Et pour moi, la source est en Dieu. Je vois l'amour qu'il porte aux hommes. Je suis en harmonie avec Dieu, avec les autres et avec moi-même, c'est tout simple.Les jeunes comprenaient très bien lorsque je leur expliquais, exemples à l'appui, qu'aimer, c'est une pratique. Evidemment, beaucoup ne connaissent pas Dieu. Ils ne savent pas ce qu'est aimer parce qu'on ne leur a jamais appris. Il faut savoir aimer. Mais ça s'apprend... Il faut l'apprendre aux jeunes parce qu'ils veulent être heureux.


Comme parler de Dieu et d’Amour aux non croyants qui sont si nombreux dans une société ?


Il suffit d’aimer. Les non croyants comprennent cela très très bien. Quand je parle à des jeunes, je ne leur dis pas d’aller se confesser, cela ne me regarde pas. Ils sont libres. Je leur dis que la vie est passionnante lorsque l’on sait aimer. Et ça ils le comprennent tellement bien. Je leur donne des exemples de gens qui avait tout perdu mais qui n’avaient pas perdu l’amour. Dans des pays très ravagés, j’ai rencontré des tas de gens qui faisaient tout pour aider les autres à en sortir. Ces gens étaient donc passionnés et passionnants.


L'heure tourne. Le jour commence à tomber. Isabelle allume une lampe de chevet qui donne une lumière douce. Elle s'installe au pied du lit de sœur Emmanuelle, lui retire ses chaussures, ses bas, et commence à lui masser les pieds, tout doucement.


A plusieurs reprises, vous avez déclaré : « La religion ne m'intéresse pas, c'est Dieu qui m'intéresse. » Pouvez-vous m'expliquer ?


La religion ne m'intéresse pas en tant que telle. Elle est un moyen, pas un but. La religion, c'est quelque chose qu'on a dans la tête, d'abord. Mais, moi, ce n'est pas la tête qui m'intéresse le plus, c'est le cœur. J'ai des amis athées, j'ai des amis juifs, beaucoup d'amis musulmans. Je ne discute pas religion avec eux ! A mes amis athées, je dis que ce qui compte, c'est qu'ils savent partager leur temps, leur cœur, leur bourse. Je leur dis aussi que s'ils ne connaissent pas Dieu, Dieu les connaît. Qu'ils n'aient pas peur ! Au jour de leur mort, le Seigneur leur dira : « Viens. Quand j'ai eu faim, quand j'ai eu soif, quand j'étais malade, quand j'étais en prison, tu es venu vers moi. » C'est cela, savoir aimer. Ce n'est pas simplement croire.


C'est finalement beaucoup plus exigeant ?


Oh oui, c'est vraiment exigeant, mais c'est passionnant. Quand on sait aimer, on fait de sa vie une aventure merveilleuse.


Si vous deviez faire un bilan de votre vie, quel serait-il ?


Ma vie a été passionnante. Elle l'a été évidemment parce que Dieu m'a permis, partout où je suis passée, d'aimer les autres, de les aimer vraiment, d'essayer de les aider, de sorte que ma vie a été une suite d'actions d'amour. C'est pour cela que je suis ravie d'avoir vécu ce que j'ai vécu et d'être vieille maintenant.


N'avez-vous pas quelques regrets, cependant ?


Non ! Le jour où je suis entrée au couvent, chez les sœurs de Notre-Dame de Sion, j'ai été libérée ! Avant, je n'avais jamais assez d'argent pour mes toilettes. Je voulais aussi danser avec de beaux garçons. Je voulais voyager. Tout cela m'attirait irrésistiblement mais, à la fin, il me restait le vide. A quoi tout cela servait-il ? Il me manquait l'absolu de Dieu et, à la minute où j'ai changé ma robe de jeune fille coquette contre la robe noire de religieuse qui, à l'époque, tombait jusqu'à terre, avec aussi un petit bonnet attaché sous le cou comme une veuve, j'ai été libérée de tout, des garçons, de l'argent et aussi de ma propre volonté. Dès lors, j'ai eu une supérieure à qui j'obéissais et c'était tout.


Vous obéissiez sans difficulté ? Pourtant, vous avez un caractère bien trempé !


J'ai toujours obéi. Même quand je vivais chez les chiffonniers du Caire. Quand j'ai eu 80 ans, mes supérieures m'ont demandé de rentrer en France. J'ai obtenu un délai. Lorsque j'ai eu 85 ans, elles m'ont dit de revenir absolument. Sincèrement, je me suis demandé quoi faire, obéir ou non ? Laisser les chiffonniers qui n'ont rien pour m'installer dans une maison de retraite où j'aurais tout ? Mais sœur Sarah était déjà là et avait toutes les qualités pour prendre la suite. J'ai compris qu'il ne fallait pas rester contre le gré de mes supérieures, j'ai obéi, je ne l'ai pas regretté.


Tout de même, n'avez-vous pas rencontré quelque épreuve ?


Quand j'étais jeune religieuse, j'ai eu un problème. J'étais dans l'enseignement, et il y avait un professeur très intelligent, très bien de sa personne, il savait énormément de choses et en parlait très brillamment, profondément aussi. Un beau jour, je me suis rendu compte qu'il commençait à m'intéresser un peu trop, le professeur ! Alors, je suis allée voir une vieille mère, je lui ai dit que je ne me sentais pas bien du tout. Tout d'abord, elle m'a dit que je pouvais écrire à Rome pour demander à être relevée de mes vœux de célibat. Mais ce n'était pas ce que je voulais. Alors, elle m'a conseillé de ne pas rester braquée sur mon problème, mais de visiter les malades, les pauvres, tous ceux qui souffrent. Petit à petit, m'a-t-elle dit, vous vous rendrez compte que beaucoup sont plus à plaindre que vous. Et puis, naturellement, vous direz le chapelet. Elle m'a donné une planche de salut. Maintenant, je conseille à ceux qui sont en souffrance de s'intéresser aux autres plus qu'à eux-mêmes, c'est radical. Le fait est que, par la grâce de Dieu, j'en suis sortie.


C’est extraordinaire, à presque 100 ans, de se souvenir que vous avez été amoureuse...


Pas un peu, j’ai été terriblement amoureuse. Ca a été vraiment terrible !


Où cela s’est-il passé ? A Istanbul ?


Ca, je ne vous le dirai pas ! Peu importe d’ailleurs. Le fait est que, par la grâce de Dieu, j’en suis sortie. Je suis d’ailleurs persuadée que si, dans les ménages en difficulté, on savait s’arrêter, essayer de résoudre les problèmes au lieu de laisser s’ouvrir la faille, on éviterait bien des divorces.


Mais notre société n’encourage pas ce genre d’effort…


C'est vrai, et nous n’en sommes pas heureux ! Vivre, c’est lutter. Tant qu’on n’a pas lutté dans sa vie, on ne sait pas ce que c’est. Mais quand on arrive à se prendre en main, alors tout change. La vie devient passionnante parce qu’elle est à base d’amour. Ce n’est pas difficile d’aimer. Il suffit de s’attarder, de regarder, d’admirer ce qu'il y a de positif chez les autres et de positif dans les événements qui se succèdent.


Vous avez décidé de publier un livre testament après votre mort. Pourquoi seulement après ?


Ce livre s'appelle Confessions d'une religieuse. J'y parle de moi d'une manière plus intime. Tant que je serai sur terre, je ne veux pas que les gens sachent. J'ai surtout voulu montrer à quel point l'amour de Dieu est quelque chose de merveilleux qui transforme tout dans la vie.


Vous arrive-t-il de penser à la mort ?


Oui, beaucoup, maintenant. Mourir, ce n'est pas triste. Mourir, pour un chrétien, devrait être le plus beau jour de la vie. C'est le jour où l'enfant tombe dans les bras de son père, le jour où la fiancée voit enfin en face celui qu'elle aime. La mort ne me fait pas peur, c'est l'agonie qui me fait peur.


Isabelle, une jeune femme que je prends pour la kinésithérapeute, est avec nous dans la chambre. Sœur Emmanuelle est allongée sur son lit. Isabelle masse les pieds de sœur Emmanuelle, intervient alors :


Mais, vous ne serez pas seule !


Sœur Emmanuelle : La Vierge, que je prie tous les jours avec mon chapelet, sera là et elle m'aidera, ça, je me le dis souvent. Je ne serai pas seule, comme le dit justement Isabelle.


Quelquefois, le passage est facile...


Sœur Emmanuelle : C'est vrai, quand on lâche, c'est plus facile...


Isabelle : Quelquefois, j'ai accompagné des personnes qui sont parties doucement. Ce qui est dur, c'est quand les personnes ne se laissent pas aller. Alors il y a agonie, peur de mourir... Mais si on est accompagné à ce moment-là, si on n'est pas seul, c'est plus facile...


Si vous aviez un message-testament, quel serait-il, sœur Emmanuelle ?


Mon message ? Il faut être heureux, il faut chanter, aussi. Pour cela, il suffit d'aimer. Le dernier mot de tout, c'est l'amour. L'amour vrai, gratuit, ouvert, qui ne va pas s'arrêter à des défauts. Car des défauts, nous en avons tous, c'est évident ! Mais si on s’arrête aux défauts, la vie devient pénible, dure. Si au contraire, on regarde les qualités des autres, la vie est passionnante. Même dans les pires situations, il y a toujours des aspects positifs.


Vous voyez des aspects positifs dans la souffrance ?


Eh bien, la souffrance nous libère un peu de notre égoïsme. Je sais, ce n’est pas facile. Mais c’est peut être libérateur. Surtout quand on s'offre avec le Christ pour les autres. Alors, cela devient très beau de souffrir parce qu’on n’est pas seul. On souffre avec Jésus, on prend la Vierge avec soi et on sait qu’on participe au salut de l’Humanité. Ca c’est passionnant, vous savez.


Vous êtes célèbre dans le monde entier, il y a quelques années, vous passiez à la télévision comme une vedette et maintenant, vous êtes sous assistance respiratoire, abandonnée dans les mains d'Isabelle qui vous masse. Ce n'est pas difficile à vivre, cet abandon ?


Ce n'est pas difficile. Parce que je ne vis plus que d'Amour. Je me laisse couler en Dieu.


Pourtant, vous avez eu une vie exceptionnelle, extrêmement féconde, vous avez vécu avec les chiffonniers du Caire, avec votre association, Asmae, vous avez aidé des milliers d'enfants dans le monde...


Oui, d'une certaine manière j'ai eu 70 000 enfants dans huit pays !


A ce moment-là, Isabelle prend la parole pour faire une « petite parenthèse » . Non, elle n'est pas kinésithérapeute. Elle fait « du massage de réconfort ».

Isabelle : Il s'agit de faire sentir à l'autre, en le touchant avec respect qu'il est unique, qu'il a de la valeur. Ce toucher avec les mains, mais aussi par le regard, par le sourire, est un acte d'amour. Ici, c'est une rencontre intime loin des flashs et des projecteurs. C'est toute la réalité de la vie qui est là sur ce lit. Et la réalité de la vie, c'est l'amour.

Sœur Emmanuelle : Elle est très gentille, Isabelle ! Oh, vous savez, la vie, c'est passionnant, passionnant, passionnant...

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Les hommages rendus à Soeur Emmanuelle

"Elle montrait d’une manière absolue que l’amour envers le prochain, quel qu’il soit, est la valeur essentielle du christianisme. Avec elle, dans les bidonvilles d’Egypte, du Soudan ou du Liban, le Christ devenait présent. Source de dons sans frontière, Soeur Emmanuelle a inspiré ma vie et ma prière." Emile Shoufani, curé de Nazareth.

Marc-Olivier Fogiel, journaliste et animateur


"Sœur Emmanuelle a répondu plusieurs fois à mon invitation, pour mon émission « On ne peut pas plaire à tout le monde ». Elle n’avait pas d’œillères : elle ne faisait pas de distinction entre les émissions « fréquentables » et les autres. Quand on s’est connu un peu mieux, elle me donnait des conseils, du genre : « Tu es quelqu’un de bien, pourquoi laisses-tu paraître cette image rude de toi à la télévision ? » Elle était soucieuse du décalage entre mon image et la réalité qu’elle connaissait. J’avoue que je n’ai guère fait d’effort en ce sens. Si je me suis arrondi, c’est plutôt à cause du temps qui passe... Mais c’est grâce à ce genre de rencontre qu’on mesure le privilège de faire ce métier de journaliste. Et, surtout, que l’on s’interroge de temps en temps sur le sens de ce qu’on fait. Après l’émission que j’ai faite sur RTL, il y a un an, pour ses 99 ans, elle me disait : « Tu sais, je vais bientôt partir. Je sais bien que les médias en feront tout un plat. Mais je ne voudrais pas qu’on oublie les amis de l’association qui travaille, au Caire ou ailleurs sur le terrain. C’est sur eux qu’il faudrait mettre la lumière."


Le Père Guy Gilbert


"On s'écrivait tous les mois. je lui disais souvent : "Plus tu vieillis, plus ton témoignage est resplendissant." Il existait une convergence entre sa foi et ses actes. Dans le monde d'aujourd'hui, il n'y a rien de plus beau. Elle avait un charisme extraordinaire, un charisme de témoin. Elle vivait avec les souffrants, et ce "paquet" qu'elle portait lui donnait une légitimité énorme. Quand elle parlait, elle apportait une grande lumière parce qu'en l'écoutant, on était obligé de se situer au-delà des débats qui agitent l'Eglise. "


Patrick Poivre d’Arvor, journaliste


"J’ai rencontré sœur Emmanuelle pour la première fois, il y a une trentaine d’années, à l’occasion d’un reportage pour Antenne 2, sur les chiffonniers du Caire. A l’époque, elle était encore peu médiatique. Pourtant, elle avait déjà presque 70 ans. Comme elle le faisait toujours, elle m’a tutoyé d’emblée. Et je me suis tout de suite senti en harmonie. J’ai alors découvert cet être d’un optimisme exceptionnel, dont le seul contact rendait heureux. Elle a beaucoup contribué à faire aimer Jésus et la religion catholique.  Nous sommes restés proches. Elle a su être présente aux moments difficiles de mon existence. A la disparition de mes filles, elle était là. Elle gardait toujours près d’elle une photo de Solenn. Souvent, elle se comportait comme la grand-mère que l’on rêve tous d’avoir. Il lui est arrivé de me morigéner parce qu’il y avait longtemps que je n’avais pas appelé mes parents."


Trao Nguyen, président de l’Association Sœur Emmanuelle

"Je ressens un grand vide à l’annonce de la disparition de Sœur Emmanuelle. Nous abordions souvent son départ et elle en parlait avec une grande sérénité. Depuis un accident de santé qu’elle avait eu il y a trois ans, en Belgique, elle avouait redouter la souffrance et l’agonie. Elle s’est éteinte tranquillement, dans son sommeil, comme elle le souhaitait. Pour elle, la mort n’était qu’un passage. Maintenant, elle doit être dans la joie. La dernière fois que je l’ai vu, c’était mardi 14 octobre, lors d’un entretien qu’elle avait accordé à France 3 pour l’émission de Jean-Yves Serrand « Comme un vendredi » consacrée à la solidarité. Sœur Emmanuelle était très fatiguée, aussi essayions nous de la ménager, mais elle insistait pour répondre aux nombreuses sollicitations des médias. Elle tenait à être encore utile, à témoigner. Le 16 novembre, elle aurait eu 100 ans. Un sujet sur lequel nous plaisantions souvent. « Il faut que vous battiez votre sœur (morte à 102 ans, NDLR) », lui disais-je en souriant. « Si tu as le numéro de téléphone du Seigneur, passe le moi, je lui demanderai le jour et l’heure. », me répondait-elle sur le même ton. En fait, elle n’aimait pas beaucoup qu’on lui parle de cet anniversaire. « A mon âge, chaque jour compte », expliquait-elle. De même, elle se fichait pas mal de son image, du fait que depuis des années elle figurait au palmarès des personnalités les plus aimées des Français. « Est-ce que tu crois que lorsque j’arriverai là-haut, mon Seigneur me demandera ma place au classement ? », se moquait-elle. En réalité, la seule chose qui lui tenait vraiment à cœur, c’était son combat pour les plus pauvres et les plus démunis. Le plus beau cadeau que l’on puisse lui faire aujourd’hui et de reporter tout l’amour que nous lui portions sur les gens, en particulier les enfants, dont elle s’est occupé tout au long de sa vie."


Martin Hirsch, haut commisaire aux Solidarités actives


"Le combat de sa vie était de venir au soutien des plus déshérités. Elle l’a fait avec une énergie et un entrain spectaculaires, aussi forts que sa silhouette était frêle. Son message a d’autant plus de sens dans le contexte actuel. Soeur Emmanuelle savait convaincre qu’il y avait beaucoup à apprendre des plus pauvres. Elle répétait inlassablement que ce qu’ils avaient à nous dire devait inciter à modifier le cours d’une société qui faisait la part belle à l’argent facile et aux richesses indécentes. Soeur Emmanuelle avait noué une très forte complicité avec l’abbé Pierre. Ils avaient plaisir à unir leur voix pour porter la cause la plus noble à laquelle ils avaient chacun consacré leur vie, celle de la guerre contre la pauvreté."


Cardinal André Vingt-Trois, Archevêque de Paris, Président de la Conférence des évêques de France


"Sœur Emmanuelle a rejoint le Seigneur. Femme de cœur et d'action, elle nous manquera, tout comme elle manquera aux religieuses de sa congrégation et aux bénévoles des associations qu’elle a créées. Sœur Emmanuelle a su mobiliser ses contemporains en faveur des plus déshérités par son franc-parler et sa simplicité. Jusqu’à son dernier souffle, elle a fait preuve, inlassablement, d’une immense énergie et d’une inébranlable foi. Je pense tout particulièrement aux nombreux enfants et familles qu'elle a accompagnés tout au long de sa vie, d'abord comme enseignante, puis en vivant parmi les pauvres des bidonvilles du Caire, enfin dans sa prière quotidienne. Il me revient en mémoire ce propos qu'elle tenait dans l'un de ses ouvrages : « Je garde, quant à moi, une immense reconnaissance pour tous ceux qui (…) m'ont appris que l'amour est plus fort que la mort et porte en lui une semence d'éternité » . À notre tour, nous lui sommes infiniment reconnaissants du témoignage d'amour que fut sa vie, entièrement consacrée à Dieu et aux autres. Suivant son exemple, vivons dans l’Espérance et ne cessons pas d’agir pour les plus pauvres et de témoigner de l'amour de Dieu pour les hommes."


Sylvain Augier, journaliste et animateur radio et télévision


"C'est triste parce que c'est une amie qui nous quitte. Je l’ai rencontrée pour la première fois, en 1993, à son retour du Caire (Egypte), pour la radio. J’avais rendez-vous avec elle, j'étais en retard, et je fonçais sur mon scooter. Tout d’un coup, j’ai vu une religieuse avec des baskets aux pieds qui courait dans la rue. Je lui ai proposé de monter et nous avons fait connaissance comme ça. J'ai été envoûté, pris par son charme. Nous sommes restés amis. Je suis allé la voir plusieurs fois dans sa maison de retraite, avec mes enfants. C’est quelqu’un qui m’a énormément marqué. Nous discutions de tout. Elle m'a fait découvrir la philosophie de Pascal. Un jour, je lui ai demandé : « Madeleine, est-ce qu’on peut vraiment croire en Dieu ? » Elle m'a répondu« Si tu ne l’avais pas déjà trouvé tu ne le chercherais pas » . Elle m’a donné beaucoup de lumière."


Emile Shoufani, curé de Nazareth


"Je l’avais rencontrée en France, il y a cinq ans quand elle donnait encore des conférences. Elle avait choisi de consacrer sa vie à Jésus, et le retrouvait dans chaque visage de ces chiffonniers du Caire, parmi lesquels elle vivait. Elle montrait d’une manière absolue que l’amour envers le prochain, quel qu’il soit, est la valeur essentielle du christianisme. Avec elle, dans les bidonvilles d’Egypte, du Soudan ou du Liban, le Christ devenait présent. Source de dons sans frontière, Soeur Emmanuelle a inspiré ma vie et ma prière."


Xavier Emmanuelli, président fondateur du Samu social de Paris


Boutros Boutros-Ghali, ancien secrétaire général de l’ONU


"Les éboueurs étaient des petits enfants qui venaient avec des voitures tirées par des ânes. Ils ramassaient les ordures qui servaient de nourriture aux cochons. Ces “zabalines” sont tous des chrétiens coptes, car les musulmans ne s’occupent pas des cochons. Les zabalines étaient des oubliés de Dieu, les damnés de la terre. Nous, la bourgeoisie égyptienne, nous ne nous rendions pas compte à l’époque. Les autorités égyptiennes n’aimaient pas que sœur Emmanuelle montre ce visage misérable de l’Egypte. Elles étaient persuadées, au début, qu’elle faisait du prosélytisme. Or, elle n’a pas essayé de convertir. Le grand problème pour moi est que le fossé entre monde riche et monde pauvre s’élargit. Et l’intérêt que porte le Nord à l’égard du Sud diminue. On a donc besoin d’acteurs non étatiques, avec une spiritualité aussi grande que sœur Emmanuelle, pour essayer de rappeler au monde riche qu’il existe un monde pauvre."


Bernard Kouchner, Ministre des Affaires étrangères


"Je retiens d’elle une formidable jeunesse. Elle avait ce don extraordinaire de secouer tout le monde, y compris elle-même. Elle était très ouverte. Elle ne plaçait pas les gens dans des catégories. Elle ne disait pas : “Qui es-tu ?”, mais : “Qu’est-ce que tu fais ?” Elle ne se baladait pas une Bible à la main, puisqu’elle était la Bible. Elle était respectueuse de l’Eglise mais ne s’intéressait pas à sa hiérarchie. Seul, peut-être, le pape trouvait grâce à ses yeux. Elle était très spontanée dans ses refus. Elle a dû bousculer toutes les hiérarchies et enjamber toutes les convenances sociales pour pouvoir s’occuper des misérables. Elle dérangeait. Elle n’était ni dogmatique ni doctrinaire. C’était une contestatrice, pas un trublion, une agitatrice, pas un casseur. Si vous ne bougez pas, personne ne vous emm… La loi du tapage, c’est l’Abbé Pierre qui l’a inventée."


Pierre Lunel auteur de "Soeur Emmanuelle - la biographie" chez Anne Carrière et Robert Laffont

Pour une Église servante et pauvre

le Testament spirituel de Soeur Emmanuelle


Si je devais résumer l’essentiel de mon engagement religieux pour le transmettre aux jeunes générations, je dirais que j’ai toujours milité pour une Église servante et pauvre. Dans ma jeunesse, un tel idéal allait contre les idées reçues. Je me souviens d’avoir scandalisé les personnes présentes lorsque, en 1931, à vingt-trois ans, devant le monumental escalier du siège parisien de notre ordre, j’ai demandé à une mère du conseil de Notre-Dame-de-Sion : « Devrons-nous toujours passer par cet imposant escalier de marbre ? » La réponse à ma jeune impertinence fut : « Vous voulez faire sauter cet escalier à la dynamite ? » Et il a fallu attendre des années pour qu’un promoteur rénove tout l’immeuble, déposant le magnifique escalier afin d’aménager des appartements moins somptueux mais plus fonctionnels. Durant le concile Vatican Il, la cause d’une Église servante et pauvre a commencé d’émerger. Elle correspondait au voeu d’une partie de l’Église préoccupée des manifestations de richesse qui existent malheureusement encore ici et là dans l’Église, à côté d’une authentique pauvreté que certains, dont moi, voudraient universelle. Il existe des palais épiscopaux trop fastueux, des monastères trop privilégiés. Mais j’ai aussi visité des évêques dans des HLM, qui avaient voué leur demeure aux oeuvres du diocèse. Et nombre de religieux habitent de modestes appartements dans des quartiers défavorisés. À Rome, comme j’évoquais avec un cardinal les richesses des musées du Vatican, je reçus cette réponse : « Ma soeur , le président Mitterrand a-t-il le droit de vendre la Vénus de Milo ? » Je comprends très bien que, tout comme le Président français – pour lequel j’ai voté en 1981 – n’a pas le droit de vendre les chefs-d’oeuvre du Louvre, le Pape n’a pas non plus le droit de vendre les trésors accumulés par l’Église pendant des siècles grâce aux donations des fidèles. Mais – et c’est ce que je suggérai à mon interlocuteur – le Pape ne peut-il déléguer, par exemple à I’Etat italien, la gestion de ses musées, à charge pour lui de reverser chaque année une somme convenue qui aiderait les pays pauvres ? Le cardinal ne rejeta pas ma suggestion : « Ce n’est pas impossible, dit-il. Prions pour cela, soeur Emmanuelle ! » Le 15 août 2004, j’ai eu la très grande joie de parler une dernière fois à Jean-Paul Il, à Lourdes. Je lui ai lu une supplique que j’ai ensuite remise à son secrétaire. Ma requête était que Jean-Paul II veuille bien écrire une Encyclique insistant sur le fait qu’une Église servante et pauvre serait le plus authentique et le meilleur message à transmettre au monde. Je me trouvais auprès du Pape après la très longue Messe de l’Assomption où il avait été chaleureusement ovationné par plus de cent mille jeunes. Mais il était alors épuisé, trop faible pour parler. II m’a écoutée, puis m’a adressé un sourire, faisant un signe amical de la main. Je ne saurai jamais si c’est seulement sa santé déficiente qui l’a empêché d’écrire cette Encyclique. Cependant je garde espoir et je confie à la jeunesse, afin qu’elle le réalise, mon idéal d’une Eglise servante et pauvre, une Eglise rayonnant l’amour évangélique pour qu’advienne enfin un monde plus juste et plus fraternel.


Soeur Emmanuelle, 15 août 2005

Prières de Soeur Emmanuelle

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Prière pour une journée

Seigneur, accorde-moi cette Grâce : que rien ne puisse troubler ma paix en profondeur, mais que j'arrive à parler santé, joie,prospérité à chaque personne que je vais rencontrer, pour l'aider à découvrir les richesses qui sont en elle. Aide-moi surtout, Seigneur, à savoir regarder la face ensoleillée de chacun de ceux avec qui je vis. Il m'est parfois si difficile, Seigneur, de dépasser les défauts qui m'irritent en eux, plutôt que de m'arrêter à leurs qualités vivantes, dont je jouis sans y prendre garde. Aide-moi aussi, Seigneur, à regarder ta Face ensoleillée, même en face des pires événements : il n'en est pas un qui ne puisse être source d'un bien qui m'est encore caché, surtout si je m'appuie sur Marie. Accorde-moi, Seigneur, la Grâce de ne travailler que pour le bien, le beau et le vrai, de chercher sans me lasser, dans chaque homme, l'étincelle que Tu y as déposée en le créant à ton image. Accorde-moi encore d'avoir autant d'enthousiasme pour le succès des autres que pour le mien, et de faire un tel effort pour me réformer moi-même que je n'aie pas le temps de critiquer les autres. Je voudrais aussi, Seigneur, que tu me donnes la Sagesse de ne me rappeler les erreurs du passé que pour me hâter vers un avenir meilleur. Donne-moi, à toute heure de ce jour, d'offrir un visage joyeux et un sourire d'ami à chaque homme, ton fils et mon frère. Donne-moi un coeur trop large pour ruminer mes peines, trop noble pour garder rancune, trop fort pour trembler, trop ouvert pour le refermer sur qui que ce soit. Seigneur,mon Dieu, je Te demande ces Grâces pour tous les hommes qui luttent aujourd'hui comme moi, afin que diminue la haine et que croisse l'amour, car depuis ta Résurection, la haine et la mort ont été vaincues par l'Amour et la Vie. Ouvre mes yeux à l'invisible pour que rien n'arrive à ébranler l'optimisme de ceux qui croient en Toi
et qui espèrent en l'Homme. Amen.


Soeur Emmanuelle

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Prière des Epoux

Seigneur, nous te confions notre amour pour qu'il ne meure jamais. Fais que sa source soit en toi pour que chacun de nous cherche à aimer plus qu'à être aimé, à donner plus qu'à recevoir. Fais que les jours de joie ne nous enlisent pas dans l'indifférence au reste du monde. Fais que les jours de peine ne nous désemparent pas mais cimentent notre amour. Seigneur, toi qui es la Vie, donne-nous de ne jamais refuser la vie qui voudra naître de notre amour. Seigneur, toi qui es la Vérité, donne-nous de ne jamais refuser la vérité mais de rester transparents l'un à l'autre. Seigneur, toi qui es le Chemin, donne-nous de ne jamais nous alourdir la marche mais d'avancer la main dans la main.

Prière des Bidonvilles

Tu sais bien que les hommes ont besoin d’amis. Qu’ils ne peuvent pas vivre seuls. Alors, Seigneur, veux-tu être mon ami ? Pour cela, chaque jour, je viendrai m’asseoir près de toi. Je te regarderai, tu me regarderas. Il y a tant de choses dans un simple regard ! Tu sais bien que moi, je ne sais pas parler, pas même à toi. C’est tellement embrouillé et compliqué ce qu’il y a dans mon coeur . Apprends-moi seulement à t’écouter dans le silence de mon coeur. Apprends-moi aussi que pour toi, je suis unique au monde. Tu sais bien Seigneur que j’ai besoin de toi pour vivre. Mon coeur a tellement besoin d’amour, Alors accroche-le bien fort au tien parce que toi aussi, tu veux avoir besoin de moi.Et puis, Seigneur, si tu m’apprivoises, nous aurons besoin l’un de l’autre. Je serai pour-toi unique au monde, Tu seras pour moi unique au monde. Partout où j’irai je te trouverai, ce sera merveilleux. J’irai vers les hommes avec toi, ils seront tous mes amis, Tu m’apprendras à les aimer comme toi tu les aimes et j’aurai besoin d’eux parce que toi, tu veux avoir besoin de moi et comment pourrai-je t’aimer si ce n’est à travers eux ! Je serai pour toi unique au monde et tu seras pour moi, unique au monde Si tu m’apprivoises, chaque homme deviendra pour moi unique au monde parce qu’il est pour toi unique au monde. Son étoile, ce sera pour moi une de tes étoiles. J’aimerai les regarder le soir et si je sais bien regarder, avec mon coeur, je verrai qu’aucune ne se ressemble parce que chacune a sa place dans ton ciel et elles seront toutes mes amies. Seigneur, pour que chaque homme devienne pour moi unique au monde, tu m’as donné ton grand secret. Le voici : ’’On ne voit bien qu’avec le coeur, l’essentiel est invisible pour les yeux.’’Seigneur, apprivoise-moi, veux-tu ?

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Prière d’espérance

Seigneur, accorde-moi aujourd’hui Cette grâce que rien ne puisse Troubler ma paix en profondeur, Mais que j’arrive à parler joie, Prospérité, à chaque personne Que je vais rencontrer, pour l’aider A découvrir les richesses qui sont en elle. Aide-moi aussi, seigneur, A regarder ta face ensoleillée Même en face des événements difficiles : Il n’en est pas un qui ne puisse être source de bien encore caché Donne-moi, à toute heure de ce jour, D’offrir un visage joyeux et un sourire d’ami A chaque homme, ton fils et mon frère. Donne-moi un cœur trop large Pour ruminer mes peines, Trop noble pour garder rancune, Trop fort pour trembler, trop ouvert Pour le refermer sur qui que ce soit. Seigneur je te demande ces grâces Pour tous les hommes qui luttent aujourd’hui Afin que diminue la haine Et que croisse l’amour. Ouvre nos yeux à l’invisible, Pour que rien n’arrive à ébranler L’optimisme de ceux qui croient en Toi Et qui croient en l’homme, Qui espèrent en Toi et espèrent en l’homme.

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Elle avait une présence, un contact extrêmement direct avec les gens de la rue qui se sont mis à l’adorer. Elle avait une authenticité, une vérité qui ne trompe pas les gens qui ont tout perdu. Elle n’usait pas de mots compliqués. Elle comprenait et savait ce que valent les hommes. Elle était sans jugement et elle se donnait sans barrières à être découverte. Elle a voulu montrer que l’exclusion, ce n’est pas le grand Autre, seulement là-bas, au loin. Nous vivons une époque où les discours n’ont pas grande audience, parce qu’il y a un bruit de fond où chacun fait de la surenchère : plus humanitaire que moi, tu meurs. Par sa présence dans les médias, elle a montré qu’aujourd’hui le missionnaire y trouve la seule manière de se faire entendre. Chaque fois que quelqu’un s’engage, il doit lutter contre les institutions qui ont tendance à le formater. Il faut être subversif soi-même. »

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"Il y a une trentaine d’années, j’ai passé des semaines avec elle dans le bidonville du Mokattam, au Caire (Egypte) pour écrire sa biographie. Lors de mon premier séjour, j’étais révulsé par la pauvreté, les rats, les odeurs et la saleté. Un chiffonnier nous avait invité. En voyant la couleur de l’eau de cuisson des pâtes, j’ai refusé de manger. J’ai prétexté une fatigue. Soeur Emmanuelle s’est alors tournée vers moi en me disant d’un ton sec: «Si tu ne manges pas, va-t’en ! Tu n’as rien a faire ici.» Elle m’avait donné une vraie leçon, que je n’ai jamais oubliée."

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21 octobre 2008

Les 15 souffrances et douleurs secrètes de Notre Seigneur

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Les 15 souffrances et douleurs secrètes de Notre Seigneur

Jésus, Roi des martyrs, est abandonné de tous Ses amis… Une troupe inhumaine s'empare de Lui pour Le torturer… Pilate L'a condamné au supplice des soixante coups de fouets. Mais les juifs, eux, veulent la mort de Jésus ; ils payent et enivrent les six bourreaux pour qu'ils augmentent le supplice, si possible jusqu'à une issue fatale. C'est ainsi que deux religieuses stigmatisées, Maria d'Agreda et Catherine Emmerich, affirment que Jésus fut affreusement flagellé pendant trois quarts d'heure, par six bourreaux, et reçut alors 5115 coups de fouets. Puis, on Le frappa à coups de bâtons, pour enfoncer dans Sa tête les terribles épines de Sa couronne… Vint le portement de la Croix… Jésus révéla à saint Bernard que lors des chutes sous le fardeau de la Croix, Son épaule meurtrie fut déchirée et que trois os de cette épaule furent mis à nu… (À ce propos, Jésus promît à saint Bernard des grâces supplémentaires à ceux qui invoqueraient les mérites e cette plaie méconnue… mais, la plus douloureuse de Sa Passion…) Ensuite, Jésus S'allongea sur la Croix… Les bourreaux attachèrent chacun de Ses membres avec des cordes, et L'écartelèrent réellement avant de Le clouer, dans ce terrible état de dislocation, réalisant la prophétie de David : "Ils ont percé Mes mains et Mes pieds ; ils ont compté tous Mes os…" Jésus nous dit, qu'en tant que Victime infiniment Pure et Parfaite, il Lui suffisait de donner une seule goutte de Son Sang pour racheter toute l'humanité… Mais Il accepta de verser tout Son Sang, jusqu'à la dernière goutte, pour servir d'Exemple aux millions de martyrs qui L'imiteraient… Ce ne fut pas sans raison qu'Il supplia Son Père d'éloigner de Lui le terrible Calice qui s'approchait… qu'Il versa des larmes de sang… disant : "Mon Âme est triste jusqu'à la mort…" Cependant Il voulait sauver les âmes ! "Mon Père, que Votre Volonté soit faite, et non la Mienne..." Les quinze souffrances et douleurs secrètes de Notre Seigneur dans la nuit précédent la Passion, que jésus a communiquées "verbalement" à la pieuse et très aimante Sœur Marie Magdalena, de l'Ordre de Sainte Claire, qui vivait à Rome en grande sainteté, Jésus exauça le désir de cette Sœur qui désirait connaître ses souffrances secrètes, en lui apparaissant et en lui révélant des souffrances inconnues qu'Il avait endurées dans la nuit précédent sa mort.


Le Christ lui dit : "Les Juifs me considéraient comme l'homme le plus dangereux de leur temps et me traitèrent ainsi :


1 - Ils nouèrent mes pieds avec une corde et me traînèrent en bas d'un escalier, dans une cave puante et immonde ;

2 - Ils me dévêtirent et trouèrent mon Corps avec des pointes de fer ;

3 - Ils nouèrent une corde autour de mon Corps et me traînèrent aller et retour à travers la cave ;

4 - Ils me suspendirent à une poutre et m'y laissèrent jusqu'à ce que e glisse et tombe par terre ; cette souffrance fit jaillir de mes yeux des larmes sanglantes ;

5 - Ils me fixèrent à un pieu et me martyrisèrent avec toutes sortes d'armes, en perçant mon Corps ; ils me jetèrent des pierres et me brûlèrent au brasier avec des torches ;

6 - Ils me percèrent d'alênes et de piques et arrachèrent la peau et la chair de mon Corps et de mes veines ;

7 - Ils me lièrent à une colonne, et placèrent mes pieds sur une tôle incandescente ;

8 - Ils me couronnèrent avec une couronne en fer et me bandèrent les yeux avec des linges très sales ;

9 - Ils m'assirent sur une chaise, garnie de clous très pointus, qui creusèrent des trous très profonds dans mon Corps ;

10 - Ils arrosèrent mes plaies avec de la poix et du plomb en fusion, et me renversèrent de la chaise ;

11 - Pour mon supplice et ma honte, ils enfoncèrent en mon Corps des aiguilles et des clous dans les trous de ma barbe arrachée ;

12 - Ils me jetèrent sur une croix, sur laquelle ils me ligotèrent avec tant de force et de dureté que Je faillis être étouffé ;

13 - Ils me piétinèrent la tête ; l'un d'eux, en mettant son pied sur ma poitrine, enfonça une pointe de ma couronne d'épines à travers ma langue ;

14 - Ils me versèrent les plus horribles immondices dans la bouche ;

15 - Ils déversèrent sur moi des flots d'injures infâmes, me lièrent les mains au dos, me conduisirent, en me frappant, hors de la prison, en me donnant des coups de verges".


Et Jésus continuait : "Ma chère fille ! Je te demande de faire connaître mes quinze souffrances et douleurs secrètes à beaucoup d'âmes, afin qu'elles soient contemplées et honorées. Au jour du dernier Jugement, J'accorderai l'éternité bienheureuse à ceux qui, par amour et avec recueillement, m'offriront chaque jour une de mes souffrances et en accomplissant pieusement la prière suivante :


Prière


"Mon Seigneur et mon Dieu ! C'est ma volonté irrévocable de vous honorer, de vous louer et de vous adorer, à travers vos  quinze souffrances secrètes et l'effusion de votre Sang. Autant il y a de grains de sable dans la mer, de grains de terre dans les champs, de brins d'herbe sur toute la terre, de fruits sur les arbres, de feuilles sur les branches, de fleurs dans les champs, d'étoiles au firmament, d'anges au Ciel, et de créatures sur la terre ; autant de milliers de fois béni, adoré, loué et glorifié le Seigneur Jésus-Christ ; Son Cœur très saint, Son Sang précieux, le divin Sacrifice de la Sainte Messe, le Saint-Sacrement de l'Autel, la très Sainte Vierge Marie, les glorieux neuf Chœurs des Anges et la multitude des Saints ; par moi et par tous les hommes, maintenant et dans toute l'Éternité. Je désire autant de fois, bien-aimé Jésus, vous remercier, vous servir et vous plaire, réparer tous les outrages qui vous sont faits, et vous appartenir corps et âme. Je veux autant de fois me repentir de mes péchés, et vous demander, à vous mon Dieu, pardon et miséricorde. Je désire aussi offrir vos mérites infinis au Père Éternel, en réparation de mes fautes et de mes péchés, et de mes punitions méritées. Je suis fermement résolu à changer de vie et je vous demande que la dernière heure de ma vie soit heureuse et en paix. Je veux aussi prier pour la délivrance des pauvres âmes du purgatoire. Je désire renouveler cette louange d'amour et de réparation à chaque heure du jour et de la nuit, fidèlement, jusqu'au dernier instant de ma vie. Je vous prie, très bon et très aimable Jésus, de confirmer au Ciel mon très sincère désir. Ne tolérez pas qu'il soit anéanti par les hommes et encore moins par l'esprit malin."  Amen !


Neuvaine à Jésus Miséricordieux

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Neuvaine à Jésus Miséricordieux

Du Vendredi-Saint au deuxième Dimanche de Pâques


Cette Neuvaine à Jésus Miséricordieux a été inspirée par Lui-Même à Maman Carmela de Milan ; elle est extraite des Messages de Jésus publiés dans l’ouvrage « Pensées et Réflexions »

Ma fille, Mon Cœur déborde d'Amour et de Miséricorde que Je veux faire connaître et partager à tous les hommes. C’est pourquoi, Je désire qu’en solennisant Ma fête, tous puis sent profiter de Ma bonté. Tu inviteras donc le plus grand nombre possible de personnes à faire précéder d’une neuvaine le « Deuxième Dimanche de Pâques :Elle sera une invitation à faire tomber la pluie de grâces que Ma Miséricorde réserve aux âmes dévotes. C’est pourquoi tu feras prier ainsi :


Le premier jour: (Vendredi Saint)


« Père Éternel, je T’offre le Cœur de Jésus, Source de Miséricorde, le Sang et l’Eau qui en jaillirent, pour laver nos âmes de toutes leurs fautes, en particulier de l’orgueil qui, après avoir transformé les Anges en démons, porte les hommes à se rebeller contre la loi de Dieu. Par cet Amour et par cette Miséricorde, je Te prie d’accorder l’humilité d’esprit à tous les hommes, et, en particulier, à moi- même ». Tu t’efforceras donc, en ce jour, de pratiquer la vertu d’humilité envers Dieu, en reconnaissant ton néant envers le prochain, en usant de compréhension ; envers toi-même, en reconnaissant que tu es faible et incapable, si Dieu ne t’aide pas. Tu diras très souvent au cours de la journée : « Jésus, Miséricorde et Bonté Infinies, remplis d’humilité mon esprit et mon cœur, ainsi que l’esprit et le cœur de tous les hommes ».


Le deuxième jour: (Samedi Saint)


Tu offriras au Père Éternel les sentiments de Mon Cœur et tu diras : « Père Éternel, reçois l’offrande que je Te fais du Cœur plein d'Amour de Ton Fils Jésus, en réparation des offenses que Tu reçois de la part de tous ceux qui ne savent pas aimer et dont le cœur est rempli d’égoïsme. Purifie les cœurs de tous les hommes et remplis-les de charité. Puis, tu t’exerceras à la pratique de cette vertu en multipliant les actes de bonté et de générosité qui Me feront revivre dans ta famille et dans le monde ». Durant le jour, tu rediras : « Cœur de Jésus, plein de bonté et de miséricorde, aie pitié de nous ».


Le troisième jour : (Dimanche de Pâques)


Tu offriras Mon Cœur au Père en disant : « Père Eternel, Infini dans Ta Providence, reçois le Cœur Miséricordieux de Ton Fils ; aie pitié de tous les désespérés, de tous les découragés et de ceux en qui a disparu l’espoir de parvenir au Paradis. Fais qu’ils puissent sentir Ta présence dans le monde et que Ta main les conduise au salut ». Tu offriras quelques sacrifices pour que ta solidarité avec ceux qui souffrent apporte un réconfort spirituel à ceux qui sont abattus. Durant le jour tu Me diras : « Cœur Miséricordieux de Jésus, Toi qui as dit : Venez à Moi, vous tous qui peinez et qui êtes las et Je referai vos forces, console et réconforte tous ceux qui sont prêts à tomber sous le poids de la Croix ».


Le quatrième jour: (Lundi de Pâques)


Tu diras: « Père Eternel, pour le salut des âmes que Tu aimes d’un amour infini, Tu n’as pas hésité à donner au monde Ton Divin Fils reçois Son Cœur Miséricordieux et prends pitié des pécheurs. Appelle-les par Tes mystérieuses invitations pour qu’à l’exemple du fils prodigue, ils fassent retour à la maison paternelle ». Pendant ce jour, tu offriras de nombreux actes d’amour, afin que, grâce à eux, Je puisse sauver les âmes. Durant le jour, tu Me diras souvent : « Cœur Miséricordieux de Jésus, Victime pour les pécheurs, aie pitié de nous ».


Le cinquième jour (Mardi)


Tu offriras Mon Cœur Miséricordieux au Père Éternel, en implorant Son secours pour tous ceux qui, appelés à une vie de plus grande perfection, doivent y correspondre d’une volonté tenace, et tu Lui diras: « Père Saint, Infini dans Tes attributs, agrée l’offrande que je Te fais du Cœur de Ton Divin Fils, abîme de toutes les vertus. Par Ses mérites, je Te prie d’aider tous ceux que Tu appelles à un haut degré de sainteté, afin qu’ils puissent y parvenir ». Durant ce jour, tu exposeras ton âme au Soleil Divin de la Grâce, pour qu’Il l’augmente toujours plus en toi. Tu Me diras souvent, durant la journée : « Cœur Miséricordieux de Jésus, abîme de toutes les vertus, sanctifie Tes consacrés, use de miséricorde envers ceux qui tombent ».


Le sixième jour: (Mercredi)


Tu offriras au Père Éternel le Cœur Miséricordieux de Jésus afin qu’Il puisse régner sur toute la terre. Tu diras : « Divin Père Éternel, Toi qui as créé le monde et y as placé Ton Divin Fils comme Roi de la création, reçois Son Cœur plein de sagesse et de bonté et, à cause de Son amour, donne Ta lumière et Ta force à tous les gouvernants de la terre. Fais que tous reconnais sent Ta suprême autorité sur eux et qu’ils veuillent le bien de leurs sujets ». Durant ce jour, tu M’offriras toutes les nations de la terre, pour que Je les bénisse. Tu diras souvent : « Jésus, Roi d’éternelle gloire, aie pitié de nous ».


Le septième jour: (Jeudi)


Tu offriras au Père Eternel Mon Cœur Miséricordieux, brûlant d’amour et de charité, et tu Le prieras pour tous les nécessiteux de la terre, en lui disant : « Père Éternel, compatissant et bon envers toutes Tes créatures, reçois le Cœur Miséricordieux de Ton Divin Fils, plein de bonté et de miséricorde et, par l’amour qui Vous unit, aie pitié de toutes les créatures qui souffrent. Donne réconfort, soulagement et joie aux malades, à ceux qui sont affligés dans leur corps et dans leur esprit, et donne l’espérance aux désespérés ». Durant le jour, tu feras une visite à personne nécessiteuse. Tu diras très souvent, durant ce jour : « Cœur de Jésus, Toi qui as eu pitié de toutes les misères humaines, donne réconfort et paix à ceux qui Te cherchent avec foi ».


Le huitième jour: (Vendredi)


Tu offriras à Mon Père Mon Cœur brûlant d’amour, afin qu’il suscite de saintes vocations dans l’Église. C’est pourquoi tu Lui diras : « Père Éternel, accepte le Cœur Miséricordieux de Ton Jésus, plein de zèle pour le salut des âmes. Par ce feu qui Le dévore, je Te prie de susciter des vocations sacerdotales et missionnaires toujours plus nombreuses, afin que soient réalisés Ses désirs. Fais que bientôt se constitue un seul bercail sous l’autorité d’un seul Pasteur ». Durant la journée, tu offriras tes peines pour les vocations. Tu diras souvent : « Jésus, envoie de nombreux et saints ouvriers dans Ta Vigne ».


Le neuvième jour: (Samedi)


Tu le vivras entièrement uni eu Père Éternel. Tu lui diras de tout ton cœur « Père Éternel et infiniment bon, reçois des mains de Jésus l’offrande que je Te fais de tout moi-même. Ce n’est plus moi qui commande, c’est Toi qui commandes en moi et qui diriges mes actions selon Ton Divin Vouloir. Fais-moi sainte comme Tu le désires et, afin que je puisse le devenir, rends-moi consciente de mon néant. » Au cours de la journée, tu feras des actes d’humilité incessants et tu diras souvent : « Jésus, Toi qui as dit Soyez parfaits comme votre Père Céleste est parfait, rends-moi humble comme Toi, afin que je puisse me sanctifier ».


Le deuxième Dimanche de Pâques


Prière de remerciement


Jésus, Jésus, Jésus ! Voici mon cœur, je Te le donne. Je désire qu’il soit le refuge où Tu puisses trouver asile, quand les pécheurs les plus obstinés Te chassent, T’insultent, Te maudissent. Je suis l’une de tes pauvres enfants, à qui Tu as donné une grande mission à accomplir : mission plus grande que ses capacités et trop grande pour elles. Mais Tu es Tout-Puissant et Bienveillant. Tu m’aides et Tu me pardonnes, si je n’arrive pas à accomplir tout ce que Tu désires de moi. C’est pourquoi j’ai confiance en Ta Bonté et en Ta Miséricorde infinies, et je Te dis : Pitié, Jésus ! Pitié pour moi et pour le monde entier. Viens en aide à mon incapacité, viens en aide à tous les hommes. Merci, Jésus! Je sais que, vers Toi, l’âme n’élève jamais en vain sa prière et qu’à tout désir ou à toute invitation, Tu réponds avec une générosité et un amour infinis. C’est pourquoi, sois mille fois remercié pour tous ces pardons et ces dons d’Amour que Tu feras à toutes les créatures de la terre, pour les racheter et les sauver. Merci, Jésus, mon Rédempteur. Merci, Jésus, mon Sauveur. Merci, merci à Toi éternellement, Miséricorde infinie.


Milan, mars 1970


Le 30 novembre 1980, le Pape Jean Paul II annonce au monde son Encyclique sur : « La Miséricorde Divine ». Le Deuxième Dimanche de Pâques est la nouvelle dénomination de « Quasimodo ou In Albis ». Jésus désire que le Deuxième Dimanche de Pâques soit considéré comme la Fête de Sa Miséricorde. Ce désir, Jésus l’avait déjà exprimé à Sœur Faustine, en 1937.

Téléchargez le texte de la Neuvaine à Jésus Miséricordieux (pdf) en cliquant ici

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Prière du Pape Jean-Paul II

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Prière du Pape Jean-Paul II

Ô Seigneur Mon Dieu, Toi qui as tout donné à Tes enfants qui se sont formés à Ton Image dans le ventre de leurs mères, sois indulgent avec ceux qui peinent pour le Royaume. Donne-leur le baume réparateur et sanctificateur qui les préparera à la Pâque que Tu leur donneras lorsqu’ils traverseront le fossé qui sépare la Terre du Ciel. Donne-leur le courage et la force de témoigner de Ton Evangile et de T’Adorer chaque jour en Esprit et en Vérité. Sois, Ô Mon Seigneur, le Roi de leurs cœurs appauvris et meurtris. Donne-leur la Confiance et la Foi, la grande Humilité et la Paix en leurs cœurs et en leurs âmes. Sois le secours de chaque Chrétien, de chaque Baptisé, de chacun de Tes enfants. Donne-leur de se réconcilier avec Toi, avec Ton Eglise, avec Ta Maman, Marie, Mère de Notre Eglise. Bénis le pape, Ton Vicaire Benoît XVI pour toutes les Missions qu’il a à accomplir. Sois son soutien en tout. Donne-lui tout, il Te donnera tout. Tu es son Père et il est lui aussi, comme je l’ai été, le père spirituel de toute l’humanité. Je Te demande de le Bénir avec tous ses enfants. Amen !


Je vous bénis tous de Ma Bénédiction Apostolique et Romaine. Je prie pour chacun de vous.

« Faites ici vos demandes pour que j’intercède pour vous, pour tous vos besoins »

1 Pater, 3 Ave, 1 Salve Regina

Téléchargez la Prière de Jean Paul II (pdf) en cliquant ici

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Prière aux Bienheureux Louis et Zélie Martin

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Prière aux Bienheureux Louis et Zélie Martin

Parents de Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Sainte-Face

"Bienheureux Louis et Zélie que le Père a choisis pour père et mère de Sa choisie, vous qui avez puisé dans la vie de l'Église la force et le courage de donner à Dieu votre enfant, apprenez-nous à donner à Dieu ce que nous avons de plus cher, et de recevoir de Lui toute grâce et toute bénédiction nécessaires à l'éducation et à la réalisation de votre volonté à suivre Sa volonté. Que la grâce que vous avez reçue de Lui soit aussi sur nous et nous permette de vivre intensément notre Foi de Baptisé. Merci Louis, merci Zélie, merci à Thérèse, que notre prière soit par vous élevée au Ciel pour y être déposée dans les Mains du Père, par Jésus le Christ notre Seigneur." Amen.

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Retrouvez des documents, biographies, neuvaines, sur Louis et Zélie Martin,

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Notre Dame des Roses de San Damiano

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Notre Dame des Roses de San Damiano

La Mère de la Consolation et des Affligés

Apparitions entre 1964-1981


Extraits des messages de la Vierge Marie


« Je viens pour préparer vos coeurs par un grand amour, par une grande charité, par un grand élan... Préparons tous les coeurs à ma Venue et à celle de mon Fils Jésus. » (17.11.1967)


« Le monde entier doit savoir que mon Règne et celui de mon Fils arriveront bientôt, et que je suis déjà sur la terre. » (13.11.1967)


« Je viendrai avec une grande lumière et je triompherai sur le monde entier. Et mon Fils Jésus viendra avec un Nouveau Royaume et portera la paix et l'amour, la tranquillité et la joie dans les coeurs. » (13.5.1967)


Historique


Rosa Buzzini était d'une famille de sept enfants dont trois moururent en bas-âge. Quatre filles devinrent adultes : Pierina, Anna, Rosa et Giuseppina. L'année même de la naissance de Rosa, (née le 26 Janvier 1909), Frederico, son père, fut amputé d'une jambe. II mourut deux ans plus tard d'une pneumonie. La veuve de Frederico, à son retour du cimetière, s'est rendue à l'église avec ses quatre petites filles. Devant le Saint-Sacrement, elle a dit: "Jésus, maintenant c'est Toi qui va remplacer mon époux et père. Je te consacre mes filles, afin qu'elles soient toutes tes épouses. " Elle a appelé le prêtre, les a fait bénir: "Que soit faite ta volonté, Jésus, non la mienne. Je te donne mes filles et moi-même pour toujours. " La mère de Rosa continua à habiter avec ses quatre filles auprès de son beau-père. Elle suivit celui-ci lorsqu'il prit en fermage une grande propriété agricole à Guzzano. Rosa ne fréquenta l'école que durant trois hivers. L'instruction qu'elle reçut fut donc rudimentaire. Si elle manquait de formation intellectuelle, Rosa n'en avait pas moins l'esprit vif et une bonne mémoire. Elle ne voyait les choses du monde qu'à travers les vérités de la foi qu'elle comprenait d'instinct. Comme ses soeurs, elle a appris toute jeune à prier. "Maman, disait-elle, nous faisait réciter le rosaire tous les jours. Nous avions toujours notre chapelet avec nous. Nous récitions des prières - là où nous nous trouvions - durant la journée, notamment le chapelet des anges ou les sept plaies de Jésus. » Les trois soeurs de Rosa entrèrent au couvent : Pierina, religieuse du Sacré-Coeur au Brésil. Anna, était franciscaine au Sri Lanka. La cadette, Giuseppina, au Carmel de San Colombano di Lucca. Rosa, elle, choisit une autre voie, celle du mariage. En effet, si Rosa aimait profondément le Bon Dieu, elle aimait aussi beaucoup les enfants... Et le 7 Octobre 1937, âgée de 28 ans, elle épousa un jeune ouvrier de la briqueterie de Ponte dell'Olio, Giuseppe Quattrini. Giuseppe et Rosa eurent trois enfants Giacomina en 1938, Paolo en 1943 et PierGiorgio en 1952. Chaque naissance nécessita une césarienne. Lors de la troisième grossesse, le médecin conseilla fortement un avortement thérapeutique. Rosa refusa catégoriquement, affirmant : "Cet enfant, c'est Dieu qui me l'a donné !" Ce troisième accouchement eut lieu dans des conditions particulièrement difficiles et la santé de Rosa s'aggrava progressivement. Dès lors, Rosa fit des aller et retour de son domicile à l'hôpital et de l'hôpital à son domicile. Le 24 Septembre 1961, elle est rentrée de l'hôpital pour mourir chez elle lorsque, le 29 septembre, en la fête de saint Michel archange, une mystérieuse dame lui rendit visite... Peu avant midi, le 29 Septembre, une jeune femme inconnue vint donc frapper à la porte. Tante Adèle qui vivait avec la famille, alla ouvrir. La femme, très belle, portait le costume des paysannes de la région. Elle avait sur la tête un foulard bleu ciel. La visiteuse venait quêter cinq cents lires pour les oeuvres de Padre Pio. Tante Adèle lui rétorqua que entre eux tous ils ne possédaient que mille lires, lesquelles avaient d'ailleurs été empruntées. La visiteuse se tourna vers Rosa qui était alitée au fond de la pièce: As-tu foi en Padre Pio ? lui demanda-t-elle. Oui, répondit Rosa, j'ai grande confiance en lui. Je le prie déjà depuis un certain temps, mais je ne suis pas encore guérie. Si tu as confiance en Padre Pio, il te fera guérir. A ce moment-là, midi a sonné et la dame lui dit: Récitons l'Angélus ! Puis s'approchant de Rosa, elle ajouta: Allons, lève-toi ! Je ne peux pas me lever, j'ai de trop fortes douleurs. Donne-moi la main! Lève-toi! Je ne peux pas.Donne-moi encore l'autre main! Alors Rosa se leva et ensemble elles récitèrent l'Angélus. Après l'Angélus, la dame ajouta: Maintenant, disons cinq Pater, Ave et Gloria aux intentions de Padre Pio, en l'honneur des cinq plaies de Notre-Seigneur. Pendant ce temps, la dame toucha les plaies de Rosa qui se fermèrent instantanément. Tu te rendras maintenant chez Padre Pio. Je n'ai ni argent, ni vêtements, objecta Rosa. Tu auras ce qu'il faut. Descendant de la chambre à l'étage, tante Adèle a alors donné les 500 lires à la dame. Elle les a prises, l'a beaucoup remerciée et lui a dit avant de sortir: Ta nièce a grande confiance en Padre Pio, mais toi pas assez. Tante Adèle, voyant Rosa près de l'évier et qui commençait à laver la vaisselle s'exclama: Mais qu'est-ce que tu fais ici, Rosa ? C'est moi qui lave la vaisselle, pas toi ! Rosa lui sauta alors au cou et lui dit en l'embrassant: «Mais, tante, je suis guérie». C'est la Madone qui est venue en personne, j'aurais du m'en douter, conclue avec des regrets Tante Adèle. Pendant ce temps, Giuseppe, la mari de Rosa était allé cueillir des châtaignes pour assurer aux siens le moyen d'assouvir leur faim, car il devait entrer à l'hôpital le lendemain pour être opéré d'une hernie. A son retour, quelle ne fut pas sa surprise de constater que son épouse était réellement guérie. Une vie nouvelle va commencer, pensa-t-il... Selon les témoignages d'habitants du village, Rosa Quattrini reprit aussitôt une vie tout à fait normale et se rendait chaque jour à l'église. Son mari Giuseppe, ayant trouvé un nouveau lieu d'habitation ainsi que l'avait promis la mystérieuse visiteuse, mais entrant, le lendemain, à l'hôpital, ce fut Rosa elle-même, avec sa tante qui assura le déménagement des meubles et des affaires en charrette à bras, jusqu'à une distance d'un bon kilomètre. Quelques mois plus tard, en mai 1962, Rosa se rendit avec un pèlerinage diocésain placé sous la conduite spirituelle de son curé, Don Edgardo Pellacani, à San Giovanni Rotondo. Le matin, tandis qu'elle récitait le chapelet sur le parvis de l'église à San Giovanni, elle s'entendit soudain appeler: "Rosa, Rosa !" Elle se retourna et vit avec surprise la Dame... Tu me reconnais ? Oui, répond Rosa, vous êtes la Dame qui m'avez apporté la guérison. Je suis la Mère de Consolation, la Mère des affligés. Dis-le donc à San Damiano, et au professeur qui n'a pas voulu croire à ta guérison. Après la messe, nous nous trouverons près de la sainte table et je t'accompagnerai chez Padre Pio. (Biographie de Padre Pio) Ainsi fut fait. Dès qu'elles furent auprès de Padre Pio, la Vierge disparut sans laisser de trace. Sans s'émouvoir d'une telle intervention et d'un tel départ, Padre Pio reçut Mamma Rosa et lui enjoignit d'aller assister les malades, spirituellement surtout, durant deux ans. On imagine la perplexité de Rosa, elle qui n'avait jamais travaillé chez les autres... Elle raconte elle-même cette période :"J'entendais une voix intérieure qui me disait où je devais me rendre : c'était toujours chez des malades proches de la mort. Pendant ces années, je suis allée très souvent chez Padre Pio, emmenant des malades. Lorsque ma tante a contracté une pneumonie, je suis retournée le voir. Partis le 22 septembre nous y sommes restés jusqu'au 26. Je me suis confessée au Père. 11 m'a dit de ne plus quitter notre maison, de prier devant la petite chapelle de saint Michel, afin qu'il m'illumine, me guide, m'assiste et me défende, car il m'adviendra un grand événement...» «Prépare-toi par la prière et le sacrifice... , m'a-t-il dit. Saint Michel et notre Maman céleste te seront toujours proches, et moi aussi. »Le 16 Octobre 1964, un vendredi, alors que sonnait midi au clocher du village, Rosa récitait l'Angélus, elle entendit une voix l'appeler du dehors: "Rosa viens, viens ici, je t'attends!". La voix était douce et si belle et, arrivée au milieu de la cour, elle vit une nuée blanche descendre du ciel, elle était éclatante de lumière et parsemée d'étoiles d'or et d'argent. Elle contenait aussi un nombre incalculable de pétales de roses de toutes les couleurs qui s'évanouissaient en touchant le sol du jardin. Un instant après, est sorti de la nuée un grand globe rouge qui s'est placé sur le poirier. Alors la nuée disparut et la Madonne parut entourée d'une vive lumière. La Madone était vêtue d'un grand manteau blanc très léger qui, flottant au vent, semblait recouvrir le monde entier. Elle avait une robe bleue avec une ceinture blanche d'où à gauche pendait un chapelet avec des grains resplendissants se terminant par un crucifix tout fulgurant ou Jésus crucifié paraissait vivant. Elle avait autour du cou un chapelet rond plein d'étoiles étincelantes. De ses mains, sortaient de grands rayons lumineux qui me frappaient le visage et tout mon être... Notre Dame des Roses, rappelant son rôle de Mère, s'installait dans ce petit Jardin et donnait son premier Message: "Ma petite fille, je viens de très loin. Annonce au monde que tous doivent prier, car Jésus ne peut plus porter sa Croix. Je veux que vous soyez tous sauvés, tous, bons et mauvais. Je suis la Mère de l'Amour, la Mère de tous, et vous, vous êtes tous mes enfants. Je veux que vous soyez tous sauvés. Aussi suis-je venue avertir le monde qu'il faut prier, car les châtiments sont proches. Je reviendrai chaque vendredi, je te donnerai des messages, et tu devras les annoncer au monde!"...


Texte paru dans L'Etoile de Notre-Dame n°69 - Mars 1999


Mamma Rosa


D'autres phrases encore:Je viendrai avec une grande lumière en forme de colombe pour éclairer le monde entier. Tous la verront, tous s'embraseront d'amour pour Moi et tous auront la lumière du Ciel pour réveiller vos coeurs de ténèbres... Mais ceux qui n'auront pas la foi, qu'en sera-t-il d'eux ?(4 4 70)Une étoile viendra dans le Ciel. Avec cette étoile, je viendrai au milieu de vous, et je donnerai la Lumière au monde entier! Ceux qui auront la foi trouveront dans leur coeur tant de joies et de consolations, et tant d'âmes se convertiront! Elles se sauveront et auront le salut et la paix .... Cette étoile, quand je viendrai, sera grande comme cet "Enclos" et voyagera sur le monde entier... Elle portera la Lumière partout et j'enverrai ses rayons dans le coeur des prêtres et dans toutes les âmes.(7 4 67)


La conversion de Robert Hossein


Si Robert Hossein multiplie aujourd’hui les spectacles à thème religieux, c’est parce qu’il a soudainement découvert la foi, à San Damiano, un petit hameau de Lombardie où la Vierge serait apparue pour la première fois le 16 octobre 1964. La "voyante" était une paysanne de cinquante quatre ans, surnommée "Mamma Rosa", décédée en 1984. La Vierge, affirmait-elle, lui avait enjoint de faire de son jardin un lieu de prière et d’inviter le plus grand nombre de gens à venir y prier. Et chaque mois des trains et cars français partent de Paris pour y passer 3 jours. Robert Hossein n’a pas fait partie de ces "voyages organisés". Mais de passage en Italie, dans la région de Plaisance, il s’est décidé à se rendre à San Damiano. Il garde depuis sur lui en permanence, dans son portefeuille, la photo prise au village en 1971, par un amateur. Le cliché qui montre une déformation étrange du soleil qui paraît surmonter ce que les fidèles de San Damiano n’hésitent pas à désigner comme une apparition de la Vierge, avait été expertisé à l’époque par des techniciens de Leiz France, et certifié par eux sans trucage. Depuis Robert Hossein s’est fait "rebaptiser" et il assure vivre intensément sa foi.


D’après un article d’Emmanuel Peze Repris dans le Recueil marial 1985 du Frère Albert Pfleger, mariste

Prière à Notre Dame des Roses

Mère Céleste, Reine des Cieux, Souveraine du genre humain, vous qui avait reçu de Dieu le pouvoir et la mission d’écraser la tête de Satan, docile à votre appel, nous accourons à vos pieds. Mère pleine de miséricorde, daignez agréer les louanges et les prières que font monter vers vous pleins de confiance, vos fils pèlerins. Ils sont venus vous confier toutes leurs peines, toutes leurs misères. Ô merveilleux reflet de la beauté du Ciel, par la lumière de la Foi, chassez de nos esprits les ténèbres de l’erreur. Rose mystique, par le parfum céleste de l’espérance, ranimez le courage des âmes abattues. Source inépuisable d’eau salutaire, par les flots de la divine charité, rendez la vie aux cœurs desséchés. Nous sommes vos enfants, vous nous réconfortez dans nos peines, vous nous protégez dans le danger, vous nous soutenez dans la lutte. Faites que nous aimions et servions votre Fils Jésus, donnez-nous un ardent amour pour votre Rosaire, faites que nous répandions partout la dévotion mariale, que nous nous efforcions de vivre en état de grâce pour mériter le bonheur éternel auprès de vous. Ainsi soit-il.

Cette prière a été approuvée et indulgenciée le 8 Nov. 1969

+ Glu Placido Nicolini, O.S.B. Evêque d’assise.

Téléchargez la notice et la prière à Notre Dame des Roses (pdf) en cliquant ici

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Neuvaine à Sainte Thérèse d'Avila

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Sainte Thérèse de Jésus d'Avila

Réformatrice du Carmel

1515-1582

Fête le 15 octobre

Née dans une noble famille d'Avila en Castille, elle entre à 20 ans au Carmel. Elle se rend compte que les pratiques religieuses de cet Ordre se sont dégradées et elle veut le réformer pour le faire revenir à la Règle primitive, malgré bien des résistances. Elle fonde de nombreux couvents en Espagne. Elle vit des expériences mystiques très fortes et rencontre Saint Jean de la Croix, lui même mystique. Elle nous a laissé des écrits de haute spiritualité, en particulier « Le château intérieur de l'âme » qui est une extraordinaire méthode de prière et d'oraison qui la range parmi les meilleurs guides de l'oraison contemplative. Paul VI la proclame Docteur de l'Eglise en 1970. « Qu'il est admirable de songer que Celui dont la grandeur emplirait mille mondes et beaucoup plus, s'enferme ainsi en nous qui sommes une si petite chose ! » (Chemins de la Perfection)

« Qu’il est admirable de songer que Celui dont la grandeur emplirait mille mondes et beaucoup plus, s’enferme ainsi en nous qui sommes une si petite chose ! » (Sainte Thérèse d'Avila)

Neuvaine à Sainte Thérèse d'Avila


Premier jour


Me voici encore à vos pieds, ô ma Mère; et toujours pour obtenir la grâce que je sollicite depuis tant d’années; mes espérances sont augmentées, mais, hélas! ce ne sont que des espérances, je suis toujours dans le monde, toujours loin de vos saints asiles, et je ne vois pas même de route certaine pour y arriver. Je persiste, ô mon Dieu, à me soumettre sans réserve à votre sainte volonté; je ne demandais que de la connaître. Eût-elle été opposée à mes vœux, sur le champ je m’y serais soumise, j’aurais renoncé à mes plus chers desseins, et je me serais fixée dans l’état où votre adorable Providence m’aurait retenue. Mais soyez-en loué à jamais, ô mon Dieu, votre miséricorde n’a point rejeté mes vœux; votre oracle a parlé; vous avez agréé mon sacrifice; et il ne me reste qu’à attendre le moment que vous avez marqué. Je l’attends ô mon Dieu, et c’est avec autant de soumission que d’empressement: mais vous nous permettez de vous prier, et vous ne prenez point mes sollicitations pour des révoltes. Hâtez donc, ô mon Dieu, hâtez, précipitez cet heureux moment.


Deuxième jour


Ô ma bonne Mère, joignez vos instances à celles d’un enfant que vous ne pouvez plus désavouer: jetez les yeux sur moi, voyez l’esclavage où je suis, l’agitation où je vis; mes prières gênées, mes méditations coupées, mes dévotions contrariées; voyez les affaires temporelles dont je suis assaillie; voyez le monde, qui sème sous mes pas ses pompes, ses jeux, ses spectacles, ses conversations, ses délices, ses vanités, ses méchancetés, ses tentations, sans que je puisse ni fuir ni me détourner; voyez les dangers que je cours, les épines sur lesquelles je marche, mes fautes, le peu de bien que je fais; voyez mes désolations, mes tristesses, mes ennuis; ayez pitié de moi; obtenez-moi, enfin la sainte liberté des enfants de Dieu.


Troisième jour


Ne suis-je pas assez éprouvée, ne connaissez-vous pas à fond le vœu de mon cœur; après tant d’années de constance? Doutez-vous de ma résolution, m’avez-vous vue varier un seul instant, ne m’avez-vous pas toujours aperçue toute tournée vers la voix qui m’appelle, tendant à elle de toutes mes pensées, de tous mes désirs et de toutes mes forces; soupirant sans cesse après le bonheur de la suivre; fondant en larmes de me voir ainsi renvoyée d’année en année; conjurant Dieu de toute la ferveur, et dans toute la sincérité de mon âme, de briser, enfin, mes liens; vous pressant, vous sollicitant de m’aider à les rompre, employant pour vous y engager, l’intercession de vos plus chères filles? N’ai-je pas connu assez le monde pour le détester à jamais, pour ne jamais le regretter? J’ai considéré tant de fois, une à une, toutes les douceurs de cet état, auquel je veux renoncer! Vous m’êtes témoin, ô mon Jésus, qu’il n’en est point que j’aie balancé à vous sacrifier. Vaines douceurs, douceurs pleines d’amertume, fussent-elles mille fois plus pures, je préfère le Calice de mon Sauveur. Ne me dites point, ma Sainte Mère, que je ne connais pas encore assez votre règle. Ah! ne m’avez-vous pas vu la lire sans cesse, la méditer, la porter toujours sur moi, en faire mes délices? Je ne me suis rien déguisé, abaissements, pauvreté, austérités de toutes espèces, privations de toutes sortes, solitude, délaissements, contradictions, humiliations, mépris, mauvais traitements, j’ai mis tout au pis; rien ne m’a effrayée, j’ai comparé l’état de Princesse et l’état de Carmélite, et toujours j’ai prononcé que celui de Carmélite valait mieux que celui de Princesse; et jamais ce jugement ne s’effacera de mon cœur; j’ai vu, ô mon Jésus, j’ai soupesé la croix, dont je, vous prie de me charger. Ah! que n’est-elle aussi pesante que la vôtre!


Quatrième jour


Ô ma bonne Mère, que faut-il donc de plus? Mes jours se dissipent, mes années s’écoulent; hélas! que me restera-t-il à donner à Dieu? Vos filles elles-mêmes ne me trouveront-elles pas trop âgée? Ouvrez-moi donc enfin, ô ma Mère, ouvrez-moi la porte de votre maison, tracez-moi la route, frayez-moi le chemin, aplanissez-moi tout obstacle; dès le premier pas, j’ai besoin de tous vos secours pour me déclarer à celui dont le consentement m’est nécessaire; faites-moi naître une occasion favorable, préparez-moi son cœur, disposez-le à m’écouter, défendez-moi de sa tendresse, défendez-moi de la mienne, donnez-moi avec le courage de lui parler, des paroles persuasives qui vainquent toutes ses répugnances; mettez-moi sur les lèvres ce que je dois lui dire, ce que je dois lui répondre; parlez-lui vous-même pour moi, et répondez-moi pour lui. Vous obtîntes autrefois tant de grâces pour rompre les liens qui vous retenaient dans le monde; vous en obtenez tant de pareilles pour vos filles; intercédez donc aussi pour moi, ô ma Mère, et dites à mon cœur, avant que je sorte d’ici, que je puis parler quand je voudrai et que le cœur du Roi est incliné à mes vœux; mais, ma sainte Mère, comment apprendra-t-il ma résolution? Y consentira-t-il? La verra-t-il s’exécuter sans être touché de Dieu, et sans retourner entièrement vers lui. Moi Carmélite et le Roi tout à Dieu. Quel bonheur ! Dieu le peut, Dieu le fera, ô ma sainte Mère, si vous le lui demandez. Hélas! il le ferait même pour moi, si j’avais autant de foi que de désir; ah! je crois, ô mon Dieu, je crois, ô ma bonne Mère, présentez ma foi aux pieds de votre divin Époux; qu’elle croisse, qu’elle s’augmente entre vos mains, et qu’elle égale la vôtre; et comme elle a mérité des miracles, après cela qu’aurais-je à désirer? Mourir, et mourir Carmélite; et laisser ici-bas toute ma famille dans le chemin du Ciel.


Cinquième jour


Mais s’il faut encore par quelque délai acheter de si grandes grâces; ah! du moins, ma sainte Mère, augmentez-en le pressentiment dans mon cœur; faites-y luire le plein jour de la volonté de Dieu; daignez sans cesse m’y certifier ma vocation, mais surtout ne me laissez pas perdre cet intervalle, quel qu’encore qu’il puisse être, aidez-moi à me défaire dès aujourd’hui de tous les attachements contraires à ma vocation. Hélas! à quoi ne s’attache pas notre cœur, et presque toujours sans que nous nous doutions de l’attachement. Parents, amis, meubles, habits, bijoux, bonne chère, commodités, habitudes, consolations humaines: que sais-je? Voyez, faites moi voir, arrachez-y tout ce que je ne dois pas porter chez vous. Ah! n’épargnez rien au-dedans de moi; mais au dehors, ma bonne Mère, retenez par vos instances les plus vives, ce bras terrible qui a déchiré mon âme par tant de funestes coups. Ô mon Dieu, conservez la Reine; donnez-lui la consolation de me voir au nombre de ses chères carmélites; conservez toute ma famille, conservez tous ceux que j’aime, ne m’en détachez que par votre grâce. Non, je ne serai pas rebelle, et je foulerai aux pieds toutes mes inclinations pour suivre votre voix. Mais, ô ma sainte Mère, pendant que je travaille à déraciner toutes mes anciennes attaches, ne permettez pas que j’en contracte de nouvelles; protégez-moi contre toutes les occasions, contre tous les pièges qu’on me tend.


Sixième jour


À mesure que mon cœur se videra de toutes les pensées de la terre, il se remplira de celles de ma vocation, de celles du Ciel. Ô ma Mère, dilatez, étendez dans mon âme toutes les vertus religieuses; que dès à présent j’en pratique tout ce qu’il m’est possible de pratiquer dans le monde; donnez-moi des occasions fréquentes d’obéir, de me mortifier, de m’humilier, de me confondre avec mes inférieurs, de descendre au-dessous d’eux, de fouler aux pieds le monde et ses vanités, de glorifier Dieu sans respect humain, d’embrasser, sans honte, la croix de Jésus, de confesser hautement sa Religion et son Église, de renoncer à moi-même et à toutes mes affections, de goûter les contradictions, les délaissements, le défaut de consolations humaines; de sentir le froid, le chaud, la faim, la lassitude , de me dépouiller de ma propre volonté, de me résigner à celle de Dieu; de m’élever à lui ; de le prier, de converser avec lui, de l’aller visiter au pieds de ses autels; de participer à sa Sainte-Table, d’entendre sa Parole, d’assister à ses saints offices. Multipliez toutes les occasions pareilles, et que je n’en perde pas une; que partout, et dans les lieux les plus consacrés au monde, je porte un cœur crucifié, un cœur de Carmélite; que toutes mes pensées soient dignes de vous.


Septième jour


Soyez sans cesse à mes côtés, ô ma sainte Mère, pour me dire, sans relâche, songez à votre vocation, il vous reste peu de temps, songez à former une Carmélite; une Carmélite ne penserait pas, ne dirait pas, ne ferait pas cela. Ah! qu’avec cette assistance, j’espérerais former en moi dès à présent, et au milieu même du monde, une parfaite Carmélite, à qui il ne manquerait que le cloître et l’habit. Daignez donc, ma sainte Mère, si vous voulez encore me laisser dans le monde, daignez ne me pas perdre un moment de vue ; veillez sur moi comme sur une de vos filles, soyez mon soutien, soyez ma sûre garde, soyez mon conseil assidu.


Huitième jour


Je vous recommande non seulement mon cœur pour y former toutes les vertus et toutes les perfections de votre règle, mais encore mon corps pour le mettre en état d’en soutenir les austérités; je ne demande pas une santé parfaite, je veux ô ma sainte Mère, vous ressembler en tout point, je veux ressembler à Jésus-Christ, mon divin modèle, et porter sa croix en mon cœur et en mon corps jusqu’au dernier soupir. Ou souffrir ou mourir, sera ma devise, comme ce fut la vôtre; mais qu’au milieu des douleurs et des infirmités, mon tempérament se fortifie, afin que sa faiblesse ne soit pas un obstacle à ma vocation, quand par la miséricorde de Dieu, tous les autres obstacles seront levés.


Neuvième jour


Mais tandis que je m’occupe de mon cœur, que je m’en propose les vertus, et que je m’y exerce, ne me laissez pas non plus, ô ma sainte Mère, négliger l’état où la Providence me retient encore, quelque court que doive être le temps qu’elle m’y retiendra. Suggérez-moi aussi tous les devoirs, obtenez-moi de les remplir ponctuellement avec autant d’exactitude, d’émulation, et de perfection, que si je devais être toute ma vie ce que je suis à présent; multipliez aussi, sous mes mains, les occasions de faire le bien propre de cet état, le bien que je ne pourrai plus faire dans le cloître. Hélas ! qu’ai-je fait ici pour répondre à la Providence, et la justifier de m’avoir placée, et de m’avoir tenue plus de trente ans dans ce rang d’élévation? Ô mon Dieu ! Remplissez le peu de jours qui me restent de cette grandeur, et que de leur plénitude soient comblés tous les vides de ma vie passée. Donnez-moi dans ce court espace de temps de servir la Religion, l’Église et l’État; de tirer de la misère tous les malheureux, de soutenir, de ranimer, d’encourager la piété, de protéger l’innocence opprimée, d’imposer un silence éternel à la calomnie et à la médisance, de vous gagner toute ma maison, d’édifier toute la Cour; et avant de m’enfermer pour travailler uniquement à mon salut, d’avoir procuré celui de tous ceux à qui l’élévation dont je descends m’aura donnée en spectacle. Ainsi soit-il.

Téléchargez le texte de la Neuvaine à Sainte Thérèse d'Avila (pdf) en cliquant ici

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