Un mois avec nos amies les âmes du Purgatoire (2e partie)

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Quinzième jour

L’oubli des morts


Il dénote une grande insensibilité

Un pauvre appelé Lazare, couvert d’ulcères et de haillons, gisait à la porte d’un homme riche et opulent ; il demandait peu : les miettes seulement qui tombaient de la table du riche. Mais celui – ci les refusait impitoyablement. Quelle insensibilité, quelle dureté ! Faut –il s’étonner si ce mauvais riche, après sa mort, descendit en enfer, pendant que Lazare montait dans le sein d’Abraham ? Le souvenir de nos parents défunts est sans cesse présent à notre esprit et à nos cœurs. La maison que nous habitons, le nom que nous portons, les biens dont nous jouissons, tout nous rappelle leur image. Pourtant ils ne crient pas, leur tombe est muette, mais l’Eglise, leur mère commune, ne nous dit –elle pas sans cesse : « Ayez pitié de vos morts. Laissez tomber de votre table quelques miettes pour apaiser leur faim, quelques gouttes pour étancher leur soif. Méchant serviteur, ne dois –tu pas prendre pitié de ton frère ? » Quoi donc, il a vécu, il a travaillé pour vous dans sa vie, et maintenant qu’il vous demande quelques miettes de l’héritage qu’il vous a laissé, vous les lui refusez ?... Si comme le mauvais riche, nous sommes insensibles aux cris de détresse de nos frères, Dieu sera insensible aux nôtres. Comment pourrait – il nous accueillir en son sein ?


Il révèle une noire ingratitude

Un officier de Pharaon ayant encouru la disgrâce du roi fut jeté en prison avec Joseph. Homme doux et compatissant, Joseph se lia d’amitié avec son compagnon d’infortune, adoucit son chagrin, interpréta ses songes et lui donna l’assurance d’un prompt rétablissement. Pour toute récompense de ses services, il lui demanda seulement de se souvenir de lui auprès du roi. Hélas ! Cet ingrat, enivré des douceurs de ses nouvelles prospérités, oublia entièrement son bienfaiteur, et l’infortuné Joseph languit encore deux années dans les fers. Ce cruel oubli n’est – il pas révoltant ? Et comment pouvez – vous oublier vous – même tant de parents, tant de bienfaiteurs dont vous avez reçu la vie, dont vous possédez les biens, à qui vous devez votre fortune, votre réussite ? Naguère, quand ils vous disaient adieu, et vous priaient de ne pas les oublier, vous répondiez en pleurant. Mais le temps a séché vos larmes et vous les avez bientôt oubliés. Vous n’avez plus pour eux ni regret, ni tendresse ni reconnaissance. Vous vous repaissez, comme l’officier de Pharaon, du bien – être qu’ils vous ont acquis, à la sueur de leur front, et vous lez laissez gémir comme Joseph, dans la prison du purgatoire. Où sont donc votre foi, votre conscience, votre cœur, votre mémoire ?  «  Seigneur, Seigneur, réparez cet étrange oubli, et donnez à nos frères souffrants et abandonnés le repos et la gloire éternelle. »


Exemple

Chaganus, ayant mis en fuite l’armée de Maurice, exigea de l’empereur une somme d’argent considérable pour le rachat des nombreux prisonniers qu’il avait faits. Maurice refusa. Le vainqueur demanda alors une somme moins forte qui ne lui fut pas accordée. Après avoir réduit à bien peu de choses la rançon qu’il désirait sans pouvoir l’obtenir, le barbare irrité fit couper la tête à tous les soldats impériaux qu’il avait eus en son pouvoir. Peu de jours après, Maurice eut une épouvantable vision. Il vit une multitude d’esclaves qui portaient des chaînes pesantes. Ces infortunés, avec des accents horribles, criaient vengeance contre lui. Le Juge Souverain, irrité, lui disait : « Aimes – tu mieux être puni en monde ou en l’autre ? » « Ah Seigneur ! Je préfère être châtié en ce monde. » répondit l’empereur consterné. « Et bien, en punition de ta cruauté envers ces pauvres soldats, dont tu n’as pas voulu sauver la vie, lorsque tu le pouvais à si peu de frais, l’un d’eux t’enlèvera ta couronne, ta réputation et ta vie, et toute ta famille te suivra dans ta chute ! » En effet, peu de jours après, l’armée s’insurgea et proclama Phocas empereur. Maurice, fugitif, s’enfuit sur un petit navire ; mais ce fut en vain. Les partisans de Phocas se saisirent de lui, et le chargèrent de chaînes. Ce malheureux père eut la douleur de voir massacrer ses cinq fils et il mourut lui – même ignominieusement. Âme chrétienne, qui lisez ces lignes, pensez – y : ce ne sont pas de pauvres soldats, ce sont vos propres frères, vos chers parents qui gémissent, devenus prisonniers aimants de la Justice Divine. Dieu miséricordieux vous demande pour leur rachat une prière, une communion, une aumône. Serez – vous assez dur ou assez insensible pour les refuser ?


Prions


Comment pourrais – je oublier, Seigneur, ces âmes auxquelles la mienne était liée par les liens de l’affection et de la parenté ? Comment pourrais – je abandonner dans leurs cruelles souffrances ces êtres chéris, qui m’ont donné pendant leur vie des preuves si nombreuses d’une affection toute tendre et dévouée ? Tous les jours de ma vie et jusqu’à mon dernier soupir, je prierai pour eux. O Jésus, soyez leur propice. Appelez vos enfants et nos frères dans la Cité Sainte. Qu’ils reposent dans la paix éternelle !

Seizième Jour

Premier motif de soulager les âmes du purgatoire : la gloire de Dieu


Cette dévotion glorifie Dieu

Le premier motif qui doit nous engager à hâter par tous les moyens possibles la délivrance des saintes âmes du purgatoire, est la gloire qui en revient à Dieu. En effet, rien ne glorifie le Très – Haut, ne fait bénir son nom, ne dilate son cœur paternel, rien ne contribue davantage à l’accomplissement de Sa Volonté adorable, que le soulagement des morts. Comprenons – le bien, en leur ouvrant le Ciel, nous donnons à Dieu des voix pour Le louer, des cœurs pour L’aimer et Le bénir ; nous lui donnons des âmes qui vont se consumer au pied du trône de son éternité, dans les ardeurs d’un amour si pur, si parfait et si grand, qu’il ne nous est pas même donné de le comprendre dans le lieu de notre exil. « Il n’est rien de plus agréable à Dieu, disait Saint Augustin, que le soulagement et la délivrance des fidèles trépassés. » « C’est, ajoutait Bourdaloue, un apostolat plus beau, plus grand et plus méritoire, que la conversion des pécheurs, des infidèles, des païens. » Hâtons – nous donc de satisfaire aux droits de la Justice Divine pour procurer cette Glorification. Ces âmes feront pour nous dans le Ciel ce que nous faisons si mal dans ce monde. Ce sont des voix pures, angéliques, qui diront pour nous ce cantique de la patrie que nous ne pouvons pas chanter sur une terre étrangère. C’est par leurs chants de triomphe que nous glorifierons le Dieu de toute gloire et de toute majesté. Et ce Dieu, qui a promis de ne point laisser sans récompense un verre d’eau froide, donné à un pauvre en Son Nom, comblera de largesses ceux qui se dévouent pour Lui donner des âmes qu’Il aime tendrement.


Elle réjouit Ses Saints

Souvenons – nous qu’en délivrant ces âmes par nos actes d’amour, non seulement nous glorifions Dieu, mais nous réjouissons le Ciel tout entier. L’entrée d’un nouvel élu dans cette belle patrie est une fête de famille pour tous ses heureux habitants ; chacun d’eux l’accueille et le félicite avec une joie fraternelle. Marie, la Mère de Miséricorde, la Consolatrice de l’Eglise Souffrante tressaille d’une sainte allégresse, s’unit à Jésus pour déposer sur son front la couronne de gloire et d’immortalité promise aux vainqueurs. Son Ange Gardien et son Saint Patron le saluent avec une joie ineffable et le félicitent de sa délivrance et de son bonheur. Toute la Cour Céleste, qui se réjouit à la conversion d’ un pécheur, se réjouit davantage encore en voyant augmenter le nombre des élus ; elle entonne de nouvelles hymnes à la gloire de l’Agneau Divin dont la grâce, victorieuse de la faiblesse humaine, élève les fils d’Adam sur les trônes des anges déchus. Attachons – nous à une dévotion si agréable à Dieu et à tous ses amis. Prêtons l’oreille, non plus aux gémissements des âmes du purgatoire, mais aux pressantes invitations de Jésus – Christ, de la Sainte Vierge et des Saints qui nous supplient d’introduire près d’eux, dans la Cité du Bonheur, nos frères qui pleurent dans le purgatoire. Rendons ces orphelins à leur Père qui est au Ciel, ces pauvres exilés à leur Patrie Éternelle Un jour bientôt, nous irons les rejoindre et partager leur félicité.


Exemple

Il est raconté au Livre de Daniel, que le roi de Perse, Darius, avait fait une loi dont la violation comportait la peine d’être exposé aux lions et dévoré par eux. Le prophète Daniel, adorateur du vrai Dieu, ne pouvant se soumettre à cette loi païenne, fut accusé comme violateur de la volonté royale. Le roi qui aimait Daniel fur désolé de savoir qu’il venait d’être accusé d’un crime le faisant condamner à la fosse aux lions. Mais pour ne pas se mettre en opposition avec la loi qu’il venait de porter, il consentit à ce que le prophète fut précipité dans cette épouvantable fosse. Cependant en le laissant partir, il lui dit : « Daniel, Serviteur de Dieu, va tranquille ; ce que je ne puis pas faire moi, sans blesser ma justice, j’ai confiance que le Dieu que tu adores le fera, et Il te délivrera dans Sa Miséricorde. » EN effet, Dieu veilla miraculeusement sur Daniel. Il ferma d’abord la gueule des lions qui, au lieu d’être ses bourreaux, étaient devenus ses gardiens. Ensuite, il envoya son Ange pour lui porter à manger. Voilà l’image de ce qui arrive aux âmes du purgatoire. Dieu, en les voyant entachées de péchés, endettées envers Sa Justice, ne peut pas les admettre dans Son Royaume, Il est obligé de les laisser aller dans la prison de l’expiation, et Il leur dit : « Allez avec confiance, car ce que Je ne puis pas faire à cause de Ma Justice, vous âmes chrétiennes, vous le ferez, vous serez les ministres de Ma Miséricorde, vous êtes constituées libératrices du purgatoire, comme Moïse fut libérateur du peuple Israël en Égypte. A vous de soulager et délivrer ces pauvres prisonnières ; à vous de leur porter la nourriture spirituelle qu’elles attendent avec impatience. » Quelle noble et sainte mission !


Prions


O Dieu infiniment Bon et infiniment Aimable, oubliez, je vous en supplie, les droits de Votre Justice pour ne Vous souvenir que de ceux de Votre Miséricorde ; exercez – la dans toute son étendue sur ces âmes qui Vous sont si chères. Ouvrez leur Votre sein Paternel et permettez leur de Vous glorifier dans le Ciel par leurs actions de grâce et leurs éternelles louanges. Douce Marie, Saintes et Saints du Ciel, intercédez pour elles. O Jésus, soyez leur propice. Montrez leur Votre Face dans la Jérusalem céleste ! Qu’elles reposent en paix.

Dix septième jour

Deuxième motif : l’amour de Notre Seigneur


Combien Il aime les âmes du purgatoire

Considérez que NSJC a pour les âmes du purgatoire, comme pour toutes les âmes rachetées au prix de son sang, un amour infini. Chacune peut dire : « Il m’a aimé et s’est livré pour moi » Et s’il y a des mesures et des degrés dans l’infini, Il doit les aimer plus que nous, parce – que confirmées en grâce,  ne pouvant plus pécher, elles ne L’offenseront jamais plus, et parce -qu’elles Le bénissent et Le chérissent plus tendrement que nous. Oui, n’en doutons pas, les yeux et le cœur du Miséricordieux Jésus, sont sans cesse attachés sur ces martyrs d’outre – tombe, sur nos frères les morts. Loin de les oublier, de les délaisser dans les souffrances, on peut dire qu’Il souffre en quelque sorte en eux. Il souffre comme Rédempteur dans ces âmes qu’Il a rachetées par tant de sacrifices ; comme Père, comme Époux, comme Chef, dans les membres de Son Corps Mystique. Leurs douleurs lui rappellent Ses propres douleurs, leur amour appelle Son Amour. S’Il pouvait mourir, Il mourrait encore pour payer leurs dettes et leur ouvrir la porte du Paradis ; et pour retenir la force de Son Amour, il faut toute la Sagesse et toute la Miséricordieuse Justice d’un Dieu qui a horreur de la moindre tâche. Ayons les sentiments du Cœur de NSJC. Comme Lui, aimons nos frères de l’Eglise Souffrante, aimons les tendrement à cause de leur sainteté et de la durée de leurs tourments. Aimons – les comme nous – même pour l’amour de Dieu. Alors, nous prendrons une large part à leurs peines et nous leur tendrons une main secourable.


Combien Notre Seigneur désire que nous soulagions les âmes du purgatoire

Notre Seigneur Jésus Christ ne peut pas délivrer lui – même les âmes du purgatoire ; la Justice Divine s’y oppose, mais du Tabernacle, où l’Amour le rend captif, il incite tous les fidèles de la terre à prier pour elles, à faire descendre le rafraîchissement et la paix dans le lieu de l’expiation. Il dit un jour à Ste Gertrude : « Toutes les fois que vous délivrez une prisonnière, cela m’est aussi agréable que si vous me rachetiez moi – même de la captivité, et je saurai bien vous en récompenser. » A l’autel où il s’immole, Il ne veut pas que Son Sacrifice soit offert une seule fois, sans que le prêtre et les assistants aient un souvenir pour l’Eglise Souffrante. Enfin, Il réunit en un seul trésor tous Ses Mérites, tous ceux de sa Divine Mère et des saints et Il demande à tous les fidèles d’y puiser à pleines mains, afin d’acquitter les âmes du purgatoire ; la Justice Divine s’y oppose mais du Tabernacle, Il s’écrie : « Rendez moi mes enfants, délivrez les par la prière, par le St Sacrifice, par les indulgences ; hâtez le moment où il Me sera donné de les couronner dans la gloire et de les inonder d’un torrent de délices. » Pour exciter notre charité, Il ne cesse de nous répéter ce qu’Il disait à Ses disciples en leur parlant des pauvres : « Tout ce que vous ferez pour le moindre d’entre eux, je le regarderai comme fait à Moi – même. » Et Il nous récompensera un jour, comme si Lui – même eût été délivré. Chers amis, quel puissant motif, pour nous enflammer de zèle en faveur d’une œuvre si grande, si facile à accomplir ! Quelle joie de pouvoir si aisément satisfaire les désirs brûlants du Cœur de NSJC. Le Divin Sauveur dit un jour à la Vénérable Marie Lataste :  « Vous ne sauriez rien faire de plus agréable à Dieu que de venir au secours de ces âmes » Parmi les âmes du purgatoire ne sont pas assez recommandées à la prière des fidèles. Et cependant combien sont grands et nombreux les bienfaits que nous devons aux prêtres ! La plupart des biens et des bénédictions de la religion nous arrivent par le prêtre. Du berceau jusqu’à la tombe, il est pour nous le distributeur de grâces, le consolateur, le soutien, le conseiller. NS lui disait un jour : « Ma fille, priez beaucoup, beaucoup pour mes prêtres, car on ne prie pas assez pour eux ; les fidèles oublient trop qu’il est de leur devoir de prier pour les prêtres, qui sont leurs pères par rapport à leur salut. » Plus grande est la dignité d’une personne, plus grande aussi sa responsabilité, plus le jugement sera sévère. Voilà pourquoi, nombre de prêtres doivent aussi passer par le purgatoire. Prions donc pour leur libération, afin que parvenus dans la gloire du Paradis, ils soient nos intercesseurs puissants auprès de Dieu !


Exemple

Dans une lettre écrite à une dame du monde, le Père Lacordaire racontait qu’un paysan de Pologne venant à mourir, fut placé par la Justice Divine dans les flammes de l’expiation. Sa pieuse épouse ne cessait de prier pour le repos de son âme. Ne croyant pas ses prières assez efficaces, elle désira s’adresser au Cœur de Notre Seigneur Jésus Christ et faire célébrer le Saint Sacrifice de la Messe en son honneur, pour la délivrance de celui qu’elle pleurait. Mais elle était pauvre et ne possédait pas le modeste honoraire qu’il est d’usage d’offrir pour la célébration de l’office divin. Elle se présenta devant un riche personnage qui était philosophe, incrédule, et lui exposa humblement l’objet de sa demande. Celui – ci se laissant attendrir lui donna l’offrande qu’elle sollicitait. La veuve aussitôt fit célébrer la Sainte Messe, à la Chapelle du Sacré – Cœur, pour la délivrance de son cher époux, et y assista avec toute la ferveur possible. Dieu permit que quelques jours après, le paysan défunt apparut au riche bienfaiteur : « Je vous remercie, lui dit – il, de l’aumône que vous avez faite pour l’offrande du Divin Sacrifice : cette oblation a délivré mon âme du purgatoire où elle était détenue, et maintenant en reconnaissance de votre charité, je viens de la part du Seigneur vous annoncer que votre mort est prochaine, et que vous devez vous réconcilier avec Lui. » Et ce riche incrédule se convertit et mourut en effet dans les sentiments les plus chrétiens. Amour, reconnaissance au Cœur de Notre Seigneur Jésus Christ !


Prions


O Jésus, plein de Miséricorde et de bonté, Vous qui avez tant aimé les hommes, qui les justifiez par la foi, les glorifiez par la grâce, je vous en prie, par la vertu de la blessure de Votre Côté Sacré, ouvert par la lance sur la croix, délivrez les trépassés du feu du purgatoire et rendez les dignes de la gloire de vos saints. Soyez leur propice Ô Jésus. Appelez vos enfants et nos frères au séjour Éternel Qu’ils reposent en paix.

Dix huitième jour

Troisième motif : l’amour de Marie


Elle console les âmes du purgatoire

Marie ne se contente pas d’encourager et de consoler ses chers enfants de la terre, elle est aussi la Consolatrice de ceux que la Justice et l’Amour retiennent dans le lieu de l’expiation. Quelle mère voyant son enfant tombé dans un brasier ardent et pouvant le secourir, ne volerait pas à son secours ? Et Marie, la plus aimante des mères, resterait insensible aux tortures de ses enfants tombés dans les flammes expiatrices de la Justice Divine ? Oh non, mille fois non ! Pleine de compassion pour eux, elle s’occupe de les soulager. Il n’y a pas de peine dans cette sombre prison qu’elle n’adoucisse ; il n’y a pas d’heure pendant laquelle elle ne verse sur ce feu purificateur, une pluie rafraîchissante. « Oh, comme Marie est bonne, s’écrie St Vincent Ferrier, pour ces âmes captives qui gémissent dans le purgatoire ! Par son entremise, elles sont à chaque instant soulagées et secourues. » La Ste Vierge disait à Ste Brigitte : « Je suis la mère de tous ceux qui sont au purgatoire, et toutes les peines qui sont infligées aux morts, pour l’expiation de leurs fautes, sont allégées par mes prières. » Heureux sont les vrais enfants de Marie. Sa protection ne les accompagne pas seulement en ce monde, mais elle va les chercher pour consoler leurs misères invisibles, impalpables, qu’on pourrait appeler misères d’outre – tombe. Que cette pensée est douce et consolante. Qu’il est agréable d’espérer l’assistance de la Ste Vierge à notre heure dernière, de savoir qu’elle viendra nous visiter, nous consoler, si malheureusement nous tombons dans l’abîme du purgatoire. Quel puissant motif de l’aimer tendrement en ce monde ! O Marie ! Mère de Miséricorde ! Consolatrice des affligés, préservez – nous, délivrez – nous du purgatoire.


Elle les délivre

La Très Ste Vierge ne se borne pas à visiter, à soulager les âmes captives, elle les délivre par son intercession. Pour hâter la fin de leurs peines, elle inspire aux vivants de les aider de leurs suffrages, et elle supplie son Divin Fils de les admettre dans le séjour de la Paix. Or, ce que Marie demande, elle l’obtient toujours. Aussi combien d’âmes oubliées ou insuffisamment secourues gémiraient pendant des siècles dans ce lieu d’indicibles tourments si la Vierge clémente ne hâtait l’heure de leur délivrance ! Combien s’envolent dans le Ciel sur les ailes de son amour, surtout lorsque l’Eglise célèbre ses touchantes solennités. Gerson assurait que le jour où elle monta au Paradis, une multitude d’âmes qui étaient en purgatoire furent délivrées par son intercession. St Louis – Marie Grignon de Montfort, lui, affirmait qu’à ce moment – là, la joie dans le Ciel augmentait de moitié ! C’est aussi une pieuse croyance que tous les samedis et les jours de ses fêtes, cette Bonne Mère descend dans le lieu de la Justice Divine pour en retirer un grand nombre de prisonnières dont elle a obtenu la grâce, heureuse d’emmener ses enfants avec elle pour les associer au bonheur de sa famille du Ciel. Oui, il y a là – haut un nombre incalculable de bienheureux qui doivent leur délivrance du purgatoire à l’Auguste Reine du Ciel. Âmes chrétiennes, priez tous les jours Marie en faveur de vos chers défunts, demandez – lui leur soulagement. A cette fin, offrez – lui de temps à autres quelque mortification, une communion, une visite à la chapelle où elle est spécialement honorée. La Mère de Dieu déclara à Ste Brigitte : « Je suis la mère de toutes les âmes du purgatoire et toutes les peines qu’elles ont méritées sont à toute heure plus ou moins adoucies par mon intercession. » Les dévots de Marie ne sont pas malheureux en purgatoire, ils ne sont pas abandonnés ; Marie est puissante pour les secourir ; mais nous devons la prier, surtout en récitant le Rosaire. St Alphonse de Liguori disait : « Si nous désirons secourir efficacement les âmes du purgatoire, nous devons toujours les recommander dans nos prières à la Très Ste Vierge, et surtout offrir pour elles le chapelet ou le Rosaire par lequel elles sont soulagées. » Bonne Mère, ayez pitié de mes frères souffrants, procurez – leur le repos éternel. Souvenez – vous qu’ils sont vos enfants et que vous êtes toujours leur mère.

Exemple

Une sainte religieuse avait donné pendant quelques temps ses soins à une pauvre fille qui était dans un état déplorable tant pour l’âme que pour le corps. Après avoir menée une vie scandaleuse, elle avait été frappée d’une maladie honteuse qui la rendait un objet de dégoût et de mépris pour tout le monde. L’infection qu’elle répandait autour d’elle était telle que ses voisines l’avait contrainte de chercher un gîte dans une vieille masure isolée. Son caractère était si acariâtre que, seule notre religieuse, surmontant le dégoût qu’elle lui inspirait, venait comme un ange du Ciel de quoi supporter sa malheureuse existence. Toutefois, ses services n’étaient payés que par des injures. Lorsque la Sœur lui parlait de Dieu, cette créature ne répondait que par des blasphèmes. Un jour, survint une crise épouvantable, et l’infortunée malade mourut presque subitement. Sur le point de paraître devant le Souverain Juge, elle se souvint des miséricordes de Marie, qu’elle avait quelquefois invoquée dans sa jeunesse, et elle lui dit : « O vous qui n’abandonnez pas ceux que tout le monde repousse, Mère pleine de tendresse, venez à mon secours ! Si vous mes laissez, je suis perdue ! » Et Marie vint au secours de la pécheresse, lui inspira des actes de repentir et la préserva de l’enfer. Le lendemain, on trouva le cadavre hideux étendu par terre, et chacun de s’écrier que l’âme était réprouvée. La sœur en était elle – même si convaincue, qu’elle l’effaça de son souvenir. Cependant, un jour, celle qu’elle croyait damnée, lui apparut par la permission de Dieu, et lui dit : « Vous qui priez pour tout le monde, m’oubliez – vous ? » « Quoi ? s’écria la sainte religieuse, vous ? en purgatoire ??? »  La pauvre pécheresse lui raconta le miracle de salut qui s’était opéré en elle, à son agonie, la suppliant de prier la Ste Vierge de la délivrer du purgatoire comme elle l’avait préservée de l’enfer. La Sœur pria Marie de tout cœur et bientôt, elle apprit par une seconde apparition que ses supplications étaient exaucées, que la Bonne Mère avait ouvert la porte du Ciel à cette âme pénitente. Merci Marie, pour votre bonté.

Prions


Nous vous saluons, Ô Reine de Miséricorde, notre Vie, notre Douceur, notre Espérance, non seulement dans cette vallée de larmes, mais aussi dans le lieu d’expiation, nous vous saluons. Nous crions vers Vous, consolatrice des affligés ; nous soupirons et gémissons, pour nos frères souffrants du purgatoire. Tournez vers eux, ô notre Avocate, vos regards miséricordieux. Faites – leur voir Jésus, le fruit de vos entrailles. C’est ce que nous vous demandons instamment pour eux, ô Reine pieuse et douce Vierge Marie.

Dix neuvième jour

Quatrième motif : la reconnaissance des défunts


Dans le purgatoire

C’est une opinion bien reçue parmi les théologiens, que les âmes souffrantes intercèdent même dans le purgatoire pour ceux qui les assistent. Elles ne peuvent rien obtenir pour elles – même et leurs prières sont sans fruit, quand elles demandent la fin de leurs tourments ; mais il n’en n’est pas de même des prières qu’elles font pour leurs bienfaiteurs. Ces supplications sont dans l’ordre de la Providence, elles touchent le Cœur de Dieu, et ne sont point accompagnées des défauts qui rendent les nôtres trop souvent infructueuses. Ces bonnes âmes sont pures et saintes, chéries du Seigneur et toujours parfaitement unies à lui. Elles prient sans distractions, avec ferveur, avec persévérance, et leur crédit est si grand que, si l’expérience de chaque jour n’était là pour en rendre témoignage, à peine pourrait – on le croire. Il y a donc tout à gagner pour nous à échanger ainsi nos prières contre celles de nos frères les morts, et le meilleur moyen d’obtenir de Dieu ce que nous sollicitons, c’est de les intéresser à notre cause, en leur confiant et en offrant pour eux, à cette intention, nos bonnes œuvres, le Saint Sacrifice de la Messe, et toutes le indulgences que nous pouvons leur appliquer. Prions donc souvent, prions beaucoup pour les âmes bénies et reconnaissantes du purgatoire, et elles prieront efficacement pour nous ! Elles offriront à Dieu pour nous tout le mérite de leurs indicibles souffrances. C’est une occupation sainte et salutaire que la pensée des morts, nous dit l’Ecriture.


Dans le Ciel

Le Ciel est la patrie de la reconnaissance, et délivrées par nos actes d’amour et nos prières, les âmes nous resteront attachées par les liens d’une gratitude éternelle. Pourront – elles nous oublier lorsque nous les auront mises en possession des richesses éternelles ? Lorsque nous leur aurons rendu leur place au banquet de l’Agneau, où elles pourront enfin manger le pain des Anges dont elles sont affamées ? Non, assurément, elles ne nous oublierons jamais : elles seront attentives à tous nos besoins, elles veillerons sur nous comme d’autres anges gardiens. Du haut de leurs trônes, elles jetteront les yeux sur nos périls et sur nos maux, supplieront Dieu sans cesse de nous épargner les épreuves, d’éloigner de nous toutes les tentations et les dangers, et uniront leurs supplications aux nôtres, pour faire une sainte violence au Cœur de Dieu. Quel soulagement dans nos peines ! Quels auxiliaires précieux ! A notre agonie, quels consolateurs et quels soutiens ! Quels avocats puissants au Jour redoutable de la Rencontre avec Dieu ! Et si nous allons dans le purgatoire, ces âmes que nous aurons délivrées, ne viendront – elles pas à leur tour nous visiter, nous consoler, jusqu’à ce que nous soyons parvenues auprès d’elles, dans les splendeurs de la béatitude éternelle ? Mon Dieu, que d’avantages, que de consolations de toutes sortes dans la dévotion aux fidèles trépassés ! Heureux donc et bienheureux ceux qui prient pour les morts ! « Tout ce que nous leur donnons par charité, disait St Ambroise, se change en grâces, et après notre mort, nous en trouvons le mérite cent fois doublé. »


Exemple

Une personne pieuse et digne de foi a écrit les lignes suivantes, qui sont une preuve de l’efficacité des prières des âmes du purgatoire : « Je désirais le rétablissement de ma pauvre santé bien compromise, et je m’étais adressée à Notre – Dame de Lourdes, à L’Enfant Jésus, à St Joseph, sans rien obtenir. Ce n’est qu’après avoir supplié les saintes âmes du purgatoire de prier pour moi, que j’ai été exaucée. Je leur avais donné jusqu’à Noël, leur promettant des prières et des messes, si à cette époque je pouvais remplir mes devoirs religieux et reprendre mes occupations. Bénies et remerciées soient ces chères protectrices : je suis radicalement guérie ! Aussi, me suis – je empressée d’accomplir ce que je leur avais promis. Vous voyez combien le Bon Dieu désire la délivrance des âmes captives du purgatoire, puisqu’Il force pour ainsi dire à recourir à elles, à prier pour elles, pour obtenir une foule de grâces qu’Il veut faire passer par leurs mains. Quant à moi, je suis convaincue de cette vérité car j’affirme que toutes les faveurs que Dieu m’accorde, je les dois à la prière de mes bonnes amies du purgatoire. Avec elles, je ne désespère de rien, j’espère même contre toute espérance. » Instruisez – vous par cet exemple, et soyez convaincus que vous pourrez tout obtenir par l’entremise de vos frères les morts.

Prions


Saintes âmes du purgatoire, je prie le Seigneur Jésus qui est mort pour vous, d’avoir pitié de vos douleurs. Puisse – t – il, par l’aspersion de Son Sang, vous rafraîchir au milieu de vos tourments ! A votre tour, âmes charitables, daignez intercéder pour moi. Vos prières seront entendues, car vous êtes dans la grâce. Demandez donc pour moi les faveurs spirituelles et temporelles qui me sont le plus nécessaire ; demandez que je fasse une sainte mort et que je sois un jour au Ciel avec vous.

Vingtième jour

Premier moyen de soulager les âmes du purgatoire : la prière


Moyen facile

Après avoir étudié les motifs qui nous pressent de soulager les âmes du purgatoire, examinons maintenant les moyens les plus efficaces de leur venir en aide. Le premier de ces moyens est la prière ; il est à la portée de tous, des pauvres et des riches, des faibles comme des forts, des petits enfants comme des vieillards ; personne ne peut alléguer de motifs raisonnables pour s’en dispenser. Vous ne pouvez pas faire pénitence par le jeûne ? Vous ne pouvez pas faire beaucoup la charité ? Priez alors, priez souvent pour vos frères les trépassés ; priez le matin, priez le soir ; priez le jour, priez même la nuit. Qui donc ne peut la faire, cette charité de la prière qui rachète la douleur ? Qui ne peut trouver dans son cœur un cri de supplication pour ces incomparables misères ? Qui, parmi nous, pleurant la mort des siens, ne peut supplier Dieu ? Nous verrions souffrir un saint, un ami, un parent qu’une prière pourrait soulager et rendre heureux, et nous ne la ferions pas ? Prions pour des frères malheureux ! C’est non seulement aisé et facile, mais consolant et agréable ! Il est si doux de parler de ceux qu’on aime, de s’occuper de ceux que l’on chérit ! Prenez la résolution de ne laisser passer aucun jour sans prier pour vos parents qui ne sont plus. Offrez en leur faveur la peine que vous causent les distractions, ou l’aridité de votre cœur pendant ce saint exercice. Du moins, répétez souvent ces courtes invocations : « Doux Jésus, soyez leur propice ! Seigneur, donnez leur le repos éternel ! Mon Dieu, qu’ils reposent en paix ! »


Moyen efficace

« La prière, c’est la clé d’or qui ouvre le Ciel » disait St Augustin. Plus puissante que toutes choses, elle jaillit du cœur de l’homme, s’élève sur l’aile des anges, monte jusqu’au trône de Dieu, va droit à Son Cœur, Le touche, L’attendrit, fait taire la Justice pour ne plus laisser parler que l’Amour. Vaincue par la prière, la Justice Divine cède, fléchit, pardonne et revêtue du pardon, la prière descend du trône de Dieu dans l’abîme ; là, elle s’épanche sur ces pauvres âmes qui attendent l’heure de la délivrance, éteint le feu purificateur qui les embrase, et brisant à jamais les liens de leur captivité, les rend à la liberté et au bonheur. La prière pour les morts ne connaît pas d’obstacles, pas de distances, pas de durée ; le Ciel s’ouvre devant elle, l’abîme se ferme derrière elle, elle obtient tout, elle triomphe de tout. Et St Thomas assurait que Dieu accueille avec plus de ferveur la prière pour les morts que celle que nous lui adressons pour les vivants. Le Divin Sauveur l’a révélé à Ste Gertrude en ces termes : « Ma tendresse acceptera un pas, un brin de paille ramassé par terre, une parole, un salut, une prière pour les pécheurs ou pour les justes, pourvu qu’on y joigne la bonne intention. » Faisons souvent des actes d’amour pour Dieu : ces actes intérieurs ont une valeur inexprimable comme le déclarait le Père Faber dans son livre : Tout pour Jésus. Chaque acte d’amour mérite la vie éternelle. Or il est aisé de dire et de penser : « Mon Dieu et mon Père, je Vous aime… Je veux Vous aimer… » De tels actes d’amour procurent secours et soulagement aux âmes par tous ces moyens. Nous obtiendrons ainsi des biens ineffables et notre récompense sera éternelle. « Il n’est pas d’occupation plus pieuse et plus sainte que de prier pour les fidèles trépassés. » affirmait St Augustin. L'Église a consacré le psaume De Profundis comme prière spéciale pour les défunts, et Elle nous engage à le réciter souvent à leur intention. Les paroles de ce psaume sont en effet autant de voix qui expriment tour à tour, d’une manière vive et saisissante la douleur, la résignation, l’amour, l’espérance des pauvres âmes qui brûlent dans les profondeurs de l’abîme. Prenons la résolution de la réciter à la fin de notre prière habituelle.

Exemples

Sur le point de mourir, Ste Monique appela près de son lit son fils Augustin : « Mon enfant, lui dit – elle, je meurs contente, j’ai obtenu de mon Dieu ce que j’ai désiré pendant toute ma vie. Oh oui ! Je meurs contente ! Mon fils, mon cher Augustin, quand j’aurai rendu mon dernier soupir, n’oubliez pas dans vos prières, n’oubliez pas à l’autel celle qui a été doublement votre mère. Souvenez vous toujours de l’âme de Monique. » Augustin, attendri, ne put répondre que par ses larmes, et sa mère expira dans la joie du Seigneur. Pendant les vingt années qu’il vécut encore, il ne cessa de prier et de célébrer la messe pour le repos de celle qui l’avait tant aimé. Il fit plus : il demanda instamment à tous les prêtres de sa connaissance, à tous ceux qui liraient ses ouvrages dans la suite des siècles, de se souvenir, au saint autel, de Monique sa mère, afin, ajoute – t –il que cette multitude de supplications lui ouvre la porte du Ciel. Un des exemples les plus touchants de l’efficacité de la prière pour les défunts est rapporté dans les Actes du martyre de Sainte Perpétue, cette sainte d’Afrique qui subit la mort pour le Christ au commencement du troisième siècle. Pendant que Perpétue était en prison, elle eut une vision : elle vit son jeune frère Dinocrate, mort à sept ans, sortir d’un lieu ténébreux et s’approcher d’un puits rempli d’eau jusqu’au bord. Mais ce bord était trop haut pour la taille de l’enfant qui n’y pouvait puiser, et tout triste, il regardait sa sœur. Celle – ci comprit que Dinocrate souffrait pour expier des fautes commises sur la terre. Elle offrit alors ses souffrances et ses prières pour cette jeune âme. Peu après, Perpétue fut favorisée d’une nouvelle vision : elle revit Dinocrate. Mais cette fois – ci, il était tout joyeux, il puisait avec plaisir l’eau du puits mystérieux, dont le bord s’était abaissé à sa portée ; et les ténèbres avaient fait place autour de lui à une lumière éclatante. Il venait donc d’être délivré de sa peine par les prières et les souffrances offertes par sa sœur Perpétue, et il jouissait du bonheur du Ciel symbolisé par le breuvage vers lequel il avait aspiré dans le purgatoire et dont il pouvait maintenant étancher sa soif. L’image de cette vision se trouve exprimée par l’Eglise, lorsqu’elle demande à Dieu d’accorder aux âmes des défunts « le lieu du rafraîchissement, de la lumière et de la paix ». A l’exemple de St Augustin, prions beaucoup, prions sans cesse et toujours pour nos chers parents défunts. Et si notre mère est décédée, ne l’oublions jamais ! Même si elle est au Ciel, nos prières lui seront bienfaisantes dans son intercession près de Dieu pour nos intentions.


Prions


Seigneur Jésus qui avez dit : « Demandez et vous recevrez, cherchez et vous trouverez, frappez et on vous ouvrira » je vous prie, je vous implore, par les mérites de vos saintes plaies et par votre grande Miséricorde, d’avoir pitié des pauvres âmes qui gémissent dans le purgatoire. Ne rejetez pas, doux et tendre Sauveur, mes prières ; entendez mes gémissements et ouvrez à mes amis, à mes parents infortunés, les portes du Céleste Séjour. Que la lumière qui ne s’éteint pas luise sur eux ! Qu’ils reposent dans la paix éternelle !

Vingt et unième jour

Second moyen de soulager les âmes du purgatoire : la charité


La charité corporelle

La charité est une des vérités qui nous sont le plus souvent et le plus fortement recommandées dans l’Evangile. Elle possède même, d’après St Thomas, une puissance de satisfaction plus grande que la prière ; ou plutôt elle double la force de nos prières et en assure le succès. L’ange disait à Tobie : « La charité sauve de la mort ; c’est elle qui efface les péchés ; elle retire l’âme des ténèbres, lui fait trouver grâce devant Dieu et lui assure la Vie Éternelle» Quel moyen plus efficace pour soulager les âmes souffrantes ? Si en leur nom, nous exerçons la charité, les cris de reconnaissance des pauvres montent vers Dieu et triomphent de tout auprès de Lui. C’est une douce rosée qui tombe dans les flammes du purgatoire et en tempère les ardeurs. Le denier qui donne le pain du moment à un misérable de ce monde, donne peut – être à une âme délivrée une place éternelle, à la table du Seigneur. Soyons donc miséricordieux autant que nous pouvons l’être ; si nous avons beaucoup, donnons beaucoup ; si nous avons peu, donnons peu, mais donnons de bon cœur. « Heureux, s’écriait le psalmiste, celui qui comprend la douleur du pauvre et du délaissé : le Seigneur le délivrera au jour mauvais, Il l’assistera sur son lit d’angoisse et le récompensera éternellement. » A l’œuvre donc, secourez les affligés de la terre, et vous soulagerez en même temps ceux qui pleurent. Mettez l’obole de la veuve dans la main du pauvre ; les captifs deviendront libres.

La charité spirituelle

Si les biens nous manquent, si l’argent nous fait défaut, il nous reste la charité spirituelle qui fait du bien à l’âme et au cœur qui souffrent et gémissent. « Elle surpasse, suivant l’expression de St Thomas, la charité corporelle, comme l’esprit surpasse le corps » Les misères spirituelles sont bien plus nombreuses et plus déplorables que les misères corporelles. Or, la Divine Bonté permette que rejaillissent sur nos frères aimés du purgatoire les mérites que nous pouvons obtenir ainsi. Donc pour eux, soignons les pauvres malades. Pour eux, veillons au chevet des agonisants. Pour eux, protégeons les orphelins. Pour eux, consolons les veuves. Pour eux, essuyons les larmes de ceux qui pleurent. Ainsi notre charité diminuera les souffrances de ce monde, qui est un purgatoire de l’autre vie. Qu’est – ce - qui nous arrête quand il s’agit du soulagement et de la délivrance de ces chères âmes ? Qu’est – ce – qui pourrait nous servir d’excuse si nous les oublions, quand il nous est si facile de leur venir en aide ? Et qui viendra un jour à notre aide, si nous ne faisons rien pour les autres ??

Exemple

A Bologne, en Italie, une veuve avait un fils unique qui avait coutume de jouer sur la place publique avec les enfants de son âge. Un jour, un étranger troubla ses jeux, avec un mauvais vouloir évident. L’enfant lui cria de rester tranquille. L’inconnu, vexé, tira son épée et le transperça. Saisi de crainte, et surpris par la violence du geste imprévu qu’il venait d’effectuer, son épée sanglante à la main, il se mit à courir et se précipita dans une maison pour s’y cacher. Or, il se trouve que c’était la maison de l’enfant assassiné… Il arriva dans l’appartement de la veuve qu’il ne connaissait pas. A la vue de cet homme, de cette épée couverte de sang, elle demeura interdite. Mais entendant l’étranger lui demander « Au nom de Dieu » asile contre ceux qui le poursuivaient, elle promit de le cacher et de ne le point le livrer. Cependant, les gendarmes apprenant qu’il était entré dans cette maison, le cherchèrent partout, sans le trouver. Comme ils allaient repartir, ils demandèrent à la dame si elle savait que son fils avait été tué par cet assassin… A ces paroles, la mère tomba évanouie. Quand elle revint à elle, on crut qu’il serait impossible de la sauver, tant ce coup l’avait abattue. Mais s’en remettant en la Divine Providence, elle retrouva une grande énergie et résolut de pardonner au meurtrier de son fils, et plus encore, de le traiter avec charité. Elle alla à la cachette de l’assassin, ne lui fit pas de reproche, lui remit une bourse et lui indiqua une issue discrète, au bout de laquelle l’attendait un cheval sellé, prêt à partir. Sur ce, elle se mit en prière pour l’âme de son fils. A peine s’était – elle agenouillée, les bras en croix, devant un crucifix, pour supplier Jésus de prendre pitié de l’âme de son enfant, que son fils lui apparut, le visage heureux, rayonnant comme le soleil, et lui dit : « Chère Maman, ne pleure pas ! Il ne faut pas me plaindre, mais envier mon sort. Car la charité chrétienne dont tu as fait preuve envers mon meurtrier, m’a tiré immédiatement du purgatoire. La Justice Divine m’avait condamné à de longues années de souffrance, mais ton pardon a terminé, en un instant, toute mon expiation, et je suis auprès de Dieu où je resterai pour l’éternité. » Puis il disparut, laissant sa mère dans la joie, malgré son chagrin.

Prions


Confiant en vos paroles, O mon Sauveur, je ne verrai plus désormais que votre Personne adorable, cachée sous celle du mendiant qui implorera ma pitié. Je pratiquerai la charité à celui qui me la demandera comme si je devais la faire à Vous – même. Mais ma charité ne se bornera pas aux vivants. Je veux qu’elle s’étende jusqu’aux morts et que celle que je ferai pour les pauvres de la terre serve aux pauvres du purgatoire et attire sur eux l’effusion de Votre Miséricorde. Doux Jésus, donnez leur le repos éternel !


Vingt deuxième jour

Troisième moyen de soulager les âmes du purgatoire : la Ste communion


Communion sacramentelle

Quand nous avons le bonheur de communier, nous sommes unis à Notre Seigneur Jésus Christ d’une manière si intime que chacun de nous peut s’écrier avec l’Apôtre : « Non, ce n’est plus moi qui vis, c’est Jésus – Christ qui vit en moi » Alors notre chair devient sa propre chair, son cœur fait palpiter le nôtre, son sang coule dans nos veines, sa divinité réside en nous, Il regarde avec nos yeux, Il dilate notre cœur. Dans cet heureux instant envié des anges, même sans parole, il nous est facile de parler à Dieu, pour lui dire avec plus de confiance encore que le roi prophète : « O Dieu protecteur des affligés, jetez les yeux sur moi, vous y verrez la face de votre Christ : ce n’est plus moi qui parle et qui prie : c’est Jésus, Votre propre Fils, qui parle et prie pour moi ; c’est lui qui demande pour moi la délivrance de ma mère, la délivrance des pauvres âmes abandonnées. Je suis sûr, ô Père Miséricordieux, qui vous ne rejetterez pas ces justes supplications car le visage, les larmes, le sang de Jésus – Christ ont une voix toute - puissante pour apaiser Votre Justice et obtenir le pardon. » Communions souvent pour ces âmes tant aimées qui n’ont plus le bonheur de participer au Banquet Eucharistique. Avec quelle ardeur elles attendent que nous répandions sur elles la rosée rafraîchissante et libératrice du Sang du Christ. Bientôt l’éternelle communion commencera pour elles et elles iront contempler dans le Ciel, le Sauveur, Pain de Vie, l’adoreront, le béniront et le loueront sans fin.


Communion spirituelle

Si vous ne pouvez pas faire souvent la communion sacramentelle, c’est – à – dire recevoir réellement Notre – Seigneur Jésus – Christ dans votre cœur à la Messe, faites du moins la communion spirituelle. Elle consiste dans un désir ardent de s’unir au Divin Sauveur et de recevoir son esprit et ses grâces. C’est une pratique si salutaire aux vivants et aux morts que St Alphonse de Liguori allait jusqu’à dire qu’on peut en tirer autant et plus de fruit si on la fait avec ferveur, que de la communion sacramentelle faite avec tiédeur. Elle a en outre, cet avantage qu’on peut la faire tous les jours, à tous les moments du jour et de la nuit, et en tout lieu, soit profane soit sacré. C’est un moyen simple, facile, puissant de soulager nos chers défunts. Faites donc cette communion spirituelle à chaque visite du Saint – Sacrement. Voici la formule que vous pouvez employer : « Mon Jésus ! Je vous crois ici présent ; je vous aime, je vous désire, je m’unis d’esprit et de cœur, en attendant que je puisse vous recevoir réellement. Bénissez – moi, bénissez aussi les pauvres âmes si souffrantes du purgatoire. Oui, Seigneur, appelez vos enfants et nos frères au repos éternel et que la lumière qui ne s’éteint plus luise sur eux ! Qu’ils reposent en paix ! »


Exemple

Louis de Bois, célèbre maître de la vie spirituelle et homme d’une remarquable sagesse, rapporte qu’un pieux serviteur de Dieu, qu’il connaissait et aimait, fut visité par une âme du purgatoire, et que celle – ci lui fit voir tout ce qu’elle endurait de tourments. Elle était punie pour avoir reçu la Divine Eucharistie avec une préparation insuffisante, et beaucoup de tiédeur. C’est pourquoi la Divine Justice l’avait condamné au supplice d’un feu dévorant qui la consumait.  « Je vous demande, vous qui avez été mon ami intime et fidèle, et qui devez l’être encore, de communier une fois en mon nom et de le faire avec toute l’ardeur et toute la charité dont vous êtes capable. Je suis sûre que cette fervente communion suffira pour ma délivrance et que par ce moyen seront compensées mes coupables froideurs. » Celui – ci s’empressa de participer à la Sainte Messe et de communier pieusement pour le repos de l’âme de son ami. Après l’action de grâces, l’âme lui apparut de nouveau, parée d’une lumière incomparable, heureuse et pleine de reconnaissance. « Soyez béni, ô le meilleur des amis,  votre communion m’a délivrée et je vais voir face – à – face mon Adorable Maître. » Rappelons le conseil de St Bonaventure : « Que la charité vous porte à communier, car il n’y a rien de plus efficace pour le repos éternel des défunts. »


Prions


Vous retenez, ô mon Dieu, les âmes de mes proches dans votre Justice, mais vous voulez qu’en mangeant le Pain des Anges, je puisse leur ouvrir le Paradis. Soyez donc béni, Père Miséricordieux, et je promets que désormais je communierai souvent en faveur de ces saintes âmes du purgatoire. Vous ne verrez plus ainsi en moi que Votre Fils, et ma voix, couverte par la sienne, parviendra ainsi jusqu’à vous et m’obtiendra plus sûrement la grâce que je sollicite. O Jésus, soyez propice à nos chers défunts. Qu’ils reposent en paix !

Vingt troisième jour

Quatrième moyen de soulager les âmes du purgatoire : le sacrifice de la Messe


Il est offert par Jésus Christ

De tous les moyens que nous avons indiqués jusqu’ici, pour le soulagement des âmes du purgatoire, aucun n’est aussi puissant, aussi efficace que le Saint Sacrifice de la Messe : c’est un article bien consolant de notre foi. La raison en est que toute l’efficacité du Divin Sacrifice vient de ce qu’il est offert en la personne et au nom de Notre – Seigneur Jésus – Christ. A l’autel comme au calvaire, même victime, même sacrificateur, et par conséquent même efficacité. Là, Jésus – Hostie offre à son Père tout ce qu’Il est et tout ce qu’il a. Il offre toute l’Eglise Militante et toute l’Eglise Souffrante. Quelle joie dans ce royaume des pleurs, pour ces âmes victimes de la Justice Divine lorsque Jésus les embrasse et les offre toutes à son Père ! Et le Père reçoit l’oblation du Fils ; à travers les flammes expiatrices, il reconnaît en elles, même dans leur disgrâce, les traits de ce Fils adorable, et Il pardonne en considération des mérites de cet Agneau sans tache. Comment se fait – il qu’en un moment si solennel toutes ces âmes ne soient pas délivrées ? Nous ne le savons pas, nous ne pouvons pénétrer les secrets de l'infinie Justice et Sainteté de Dieu. Mais il est certain que toutes sont soulagées. Un saint docteur de l’Eglise affirme même qu’après chaque messe beaucoup d’âmes quittent le purgatoire et s’envolent vers le Paradis. A Rome dans un monastère, une peinture représente St Bernard disant la messe et des âmes qui sortent du purgatoire et montent au Ciel à mesure que le Sacrifice continue. Pourquoi pensons – nous si peu à ces grâces exceptionnelles ? Dans la plupart des familles chrétiennes, on fait célébrer une messe de huitaine et des messes anniversaires chaque année. Y pensez – vous ?


Nous l’offrons avec Lui

Si vos ressources ne vous permettent pas de faire célébrer souvent des messes, n’oubliez pas que vous pouvez les offrir vous – même d’une certaine manière, en y assistant avec dévotion, en unissant vos prières à celle du prêtre, à celle de Notre – Seigneur. Oui, quand vous êtes là, près de l’autel, vous disposez des mérites de l’Agneau sans tache, vous pouvez les appliquer à tous ceux qui vous sont chers, et de même que Marie et Joseph réglaient les actes et les démarches de l’Enfant – Dieu, vous exercez une autorité sur Jésus – Eucharistie, vous devenez le maître, le distributeur de ses mérites. Vous pouvez donc prendre son Sang Divin et le répandre à profusion sur les âmes bénies du purgatoire. Vous pouvez leur appliquer le fruit du Sacrifice, ainsi que la part qui vous revient de droit, de toutes les messes qui se disent dans l’univers. C’est là un trésor auquel nous ne pensons pas assez ; un trésor avec lequel nous pouvons solder la rançon de nos parents et de nos amis et leur ouvrir la porte du Ciel. Nous sommes coupables d’exiger un moyen si facile et si efficace de mettre un terme aux tourments de ces chères âmes qui nous demandent par les mérites du Sauveur, de penser à elles, au St Sacrifice, pendant le Mémento des morts.


Exemple

Le St Curé d’Ars racontait un jour, dans son catéchisme, à ses paroissiens, le trait suivant : «  Mes enfants, un bon prêtre avait eu le malheur de perdre un ami qu’il chérissait tendrement, aussi priait – il beaucoup pour le repos de son âme. Un jour, Dieu lui fit connaître qu’il était en purgatoire et qu’il souffrait horriblement. Ce saint prêtre ne crut rien faire de mieux que d’offrir le Saint Sacrifice de la messe pour son cher défunt. Au moment de la Consécration, il prit l’Hostie entre ses doigts et dit : ‘Père Saint et Éternel, faisons un échange, vous tenez l’âme de mon ami qui est en purgatoire, et moi je tiens le Corps de Votre Fils qui est entre mes mains. Eh bien, Père Bon et Miséricordieux, délivrez mon ami et je Vous offre Votre Fils avec tous les mérites de sa mort et de sa passion’. Sa demande fut exaucée, en effet au moment de l’élévation, il vit l’âme de son ami toute rayonnante de gloire, qui montait au Ciel. Dieu avait accepté l’échange. Eh bien, mes enfants, ajoutait le curé d’Ars, quand nous voulons délivrer du purgatoire une âme qui nous est chère, faisons de même. Offrons à Dieu, par le Saint – Sacrifice Son Fils bien aimé avec tous les mérites de sa mort et de sa passion. Il ne pourra rien nous refuser. » Suivons le conseil du Saint Curé d’Ars. Autre exemple – des messes pour les défunts… Ste Élisabeth, reine du Portugal, venait de perdre sa fille Constance, reine de Castille. Elle se rendait à Santarem. Comme elle passait près d’un bois, un ermite en sortit et se mit à courir derrière le cortège royal, criant qu’il voulait parler à la reine. Les gardes le repoussaient mais la reine l’ayant entendu, ordonna qu’on le lui amenât. Il lui expliqua que plusieurs fois, pendant qu’il priait dans son ermitage, la reine Constance lui était apparue et l’avait conjuré de faire savoir à sa mère qu’elle gémissait dans le purgatoire et qu’il fallait dire la messe pour elle tous les jours, pendant un an… L’ermite se retira et l’on ne le revit plus… Les courtisans qui l’avaient entendu s’en moquaient et le traitait de visionnaire, de fou et même d'intrigant. La reine Élisabeth trouva qu’il était plus sage de faire ce qui lui était demandé par cet homme si peu ordinaire. « Après tout, se dit – elle, faire dire des messes pour notre chère fille défunte est dans la logique chrétienne. » Le Père Ferdinand Mendez, réputé pour sa piété, fut chargé de célébrer les 365 messes pour le soulagement de l’âme de Constance… Sainte Élisabeth priait pour sa fille ; mais elle avait complètement oublié la consigne, donnée à ce bon prêtre… Un jour, Constance apparut à sa mère, vêtue de blanc, éclatante de lumière, et lui dit ; « Maintenant, je m’envole vers la béatitude éternelle ! » Le lendemain Élisabeth alla à l’église pour remercier le Bon Dieu de la délivrance de sa fille. Le père Mendez l’y aperçut et vint lui dire qu’il venait de terminer la veille, la série des 365 messes… Juste au moment de l’apparition de sa fille délivrée… Élisabeth se souvint de l’ermite !

Prions


Aussi coupables que soient à vos yeux les âmes du purgatoire, laissez vous apaiser Ô Dieu de miséricorde et pardonnez leur en voyant le Sang Précieux de Votre Fils répandu chaque jour sur l’autel pour les laver de leurs souillures. Écoutez la voix de ce Sang Adorable qui ne crie pas pour demander vengeance, mais grâce et miséricorde. O Jésus, Agneau sans tache qui effacez les péchés du monde, soyez propice à mes frères défunts. Qu’ils soient délivrés et qu’ils reposent en paix près de Vous !

Vingt quatrième jour

Cinquième moyen : la souffrance


Souffrance volontaire

« Soulageons les âmes du purgatoire, disait St Jean Chrysostome, soulageons – les par tout ce qui nous peine. Car Dieu a soin d’appliquer aux morts les mérites des vivants. » La souffrance ! C’est la grande satisfaction que le Seigneur demande à leur amour débiteur de Sa Justice. Nous souffrons donc pour eux afin qu’ils souffrent moins. Si nous avions une fois plus vive, une charité plus ardente, quelles mortifications ne nous imposerions – nous pas pour soulager et délivrer des parents, des amis qui nous ont tant aimés et qui souffrent maintenant d’une manière si horrible ? La pénitence, le jeûne, les austérités seraient nos exercices ordinaires. Mais au moins ayons le courage d’accomplir quelques légers sacrifices : celui d’un plaisir, d’une affection dangereuse, d’une lecture mauvaise, sacrifice d’une habitude coupable, d’un objet de luxe ou de pure vanité. « Choisissez la meilleure victime, disait le Père Félix, choisissez la surtout au fond de votre cœur pour ceux que vous aimez le plus, sacrifiez ce que vous avez de plus cher ; sacrifiez – vous vous – même et que le prix du sacrifice personnel devienne le rachat de la souffrance paternelle. » Ces âmes bienheureuses s’élèvent vers le Ciel sur les ailes de nos sacrifices, de nos austérités, de nos souffrances. Elles s’envolent triomphantes et elles nous remercient de notre générosité et quand elles seront dans la gloire, elles nous rendrons surabondamment ce que nous aurons fait pour elles. Quel sujet de consolation et d’espérance ! O Jésus crucifié, faites nous comprendre le prix de la souffrance !


Souffrance involontaire

Mais si la souffrance volontaire déconcerte notre courage, la Providence nous impose des souffrances plus méritoires pour nous et pour nos défunts parce – qu’elles ne sont pas de notre choix. Ce sont les afflictions, les peines de l’esprit, du cœur et du corps, inévitables en ce monde. Nous le savons, on en trouve partout, dans tous les états, dans toutes les conditions. Notre vie sur la terre est un combat de tous les jours, un long et pénible martyre. Devons – nous nous en plaindre ? Non, puisque toutes nos peines peuvent devenir un moyen de salut pour nous et pour les autres. Puisque nous pouvons nous en servir pour soulager les plus cruelles de toutes les douleurs, celles que subissent les saintes âmes du purgatoire. Avec cette croix que la Providence jette sur nos épaules, avec cette épine qui ensanglante notre cœur, avec une larme, avec un soupir, avec un acte de résignation, nous pouvons soulager ces grandes misères du purgatoire et sécher les pleurs de nos parents aimés. Courage donc, endurons un peu de froid, nous rafraîchirons des victimes qui brûlent au milieu du feu de la colère de Dieu. Souffrons un peu de chaleur, nous changerons les ardeurs de ce feu en une douce rosée. Supportons une incommodité, nous arracherons des âmes au plus profond des abîmes. Acceptons une fatigue, une lassitude, nous les porterons sur des trônes de gloire dans le Ciel : pour nous un moment de peine, pour elles une éternité de bonheur !


Exemple

Un malade, rapportait St Antonin, était en proie aux plus excessives souffrances et demandait à Dieu avec des larmes, la délivrance de ses maux. Un ange lui apparut et lui dit : « Le Seigneur m’envoie vers vous pour vous donner le choix d’une année de souffrances sur la terre ou un seul jour dans le purgatoire. » Le malade n’hésita pas. Un seul jour dans le purgatoire, se dit – il, je verrai du moins un terme à mes douleurs. Il expira aussitôt et son âme fut précipitée dans l’abîme de l’expiation. Alors l’ange, compatissant, vint s’offrir à lui pour le consoler. A cette vue, le malheureux poussa une clameur déchirante, semblable à un rugissement et s’écria : « Ange séducteur, vous m’avez trompé ! Vous m’avez assuré que je ne serai qu’un jour dans le purgatoire et voilà déjà 20 ans que je suis livré aux plus affreux supplices ! » « Détrompez vous ; à peine quelques minutes se sont écoulées depuis votre trépas, et votre cadavre n’est pas encore froid sur votre lit de mort. » lui répondit l’Ange. « Alors obtenez que je retourne sur la terre pour y souffrir pendant un an, tout ce qu’il plaira à Dieu » Sa demande lui ayant été accordée, le malade incitait tous ceux qui venaient le voir à accepter de bon cœur toutes les peines de ce monde, plutôt que de s’exposer aux tourments de l’autre. « La patience dans les peines, disait – il souvent, est la clé d’or du Paradis. Profitons en donc pour offrir nos souffrances. » Et il mourut au terme de l’année, comme convenu…


Prions


Soyez béni, O mon Dieu, qui avez bien voulu que les souffrances et les peines dont ma vie est semée, deviennent pour moi une source abondante de mérites, et un moyen de satisfaire à Votre Justice pour les âmes qui me sont chères. Désormais, loin de me plaindre de la pesanteur de mes croix, je les supporterai avec patience et résignation, et vous abaisserez sur moi et sur mes parents défunts, un regard de miséricorde. O Jésus, soyez leur propice ! Appelez près de vous vos enfants et nos frères, qu’ils reposent en paix !

Vingt cinquième jour

Sixième moyen, le chemin de croix


C’est le chemin du Ciel pour les vivants

Cette dévotion si grande pour les souvenirs qu’elle réveille, si précieuse pour les avantages qu’elle procure, est le moyen le plus efficace pour vaincre nos passions et la route la plus sûre pour arriver rapidement au sommet de la perfection. A chaque pas du chemin de croix, nous comprenons ce qui a causé tant de douleurs à NSJC. Nous devons craindre de pécher pour ne pas renouveler les souffrances de Sa Passion et chercher l’esprit d’immolation et de pénitence pour devenir semblable, le zèle du salut des âmes, l’amour de l’humilité et de la pureté, le pardon des injures, la patience dans les épreuves et le renoncement au monde. Si vous voulez croître dans la foi, disait St Bonaventure, attirer à vous grâces sur grâces, et devenir semblable, non seulement aux anges mais au Fils de Dieu, livrez vous souvent à cet exercice : le Chemin de la Croix, et vous prendrez le chemin royal qui conduit au Paradis. Il n’y a pas de méthode plus sûre pour avancer dans la vertu et pour imiter le divin exemple qui est montré dans la voie du Calvaire. Faites souvent le chemin de croix, à l’exemple de la Ste Vierge, des premiers disciples, des saints et chaque fois, vous vous sentirez meilleur, plus chrétien, plus près du Ciel, dans le Cœur de Jésus.


C’est le chemin du Ciel pour les morts

Le chemin de croix est aussi une pratique très salutaire à nos chers défunts. En suivant Jésus dans la voie du calvaire, nous recueillons chacune des gouttes de son Précieux Sang, chacun des mérites de son précieux martyre et nous les offrons à la Justice de Dieu pour éteindre la dette des âmes du purgatoire ; c’est un soupir de joie, de soulagement. Le chemin de croix est surtout salutaire aux morts à cause des précieuses indulgences qui y sont attachées et qui sont toutes applicables aux défunts. Elles sont si nombreuses que nous ne pouvons les préciser ainsi que l’enseigne Benoît XIV, et il suffit pour les gagner d’être en état de grâce. On peut accomplir cet exercice plusieurs fois dans la même journée. Si vous désirez soulager et délivrer beaucoup d’âmes du purgatoire, pratiquez pour elles cette dévotion. Vous trouverez sur cette voie douloureuse, consacrée par les souffrances et la mort de NSJC, la consolation dont votre cœur a besoin pour supportez les pertes des personnes que vous pleurez encore et le moyen de leur ouvrir le Ciel. Quel trésor pour vous et pour vos chers absents ! Prenez donc aujourd’hui la résolution de faire le chemin de croix chaque semaine, jour mémorable, qui parle si bien à notre reconnaissance.


Exemple

Une Mission avait lieu dans une petite paroisse ; les paroissiens venaient en foule entendre la parole de Dieu et solliciter son pardon. Trois hommes seulement refusaient avec obstination d’en profiter. Ils avaient juré de ne pas mettre les pieds à l’église et s’étaient surtout promis de ne pas se confesser. La femme de l’un d’eux vint en parler à l’un des missionnaires. « Avez-vous des enfants ? lui demanda l’homme de Dieu. « J’en ai deux, jeunes encore » « Eh bien, amenez les à l’église, faîtes dévotement avec eux le Chemin de Croix pour les âmes les plus délaissées du purgatoire ; demandez par l’entremise de ces âmes que vous aurez soulagées, la conversion de votre époux, et je vous assure que vous l’obtiendrez. Car l’expérience m’a appris deux choses : que l’exercice du Chemin de Croix est le moyen le plus efficace pour soulager nos défunts et pour obtenir par leur intercession les secours dont nous avons besoin. » Chaque jour à midi, l’épouse venait s’agenouiller au pied du Tabernacle avec ses deux jeunes enfants et faisait avec eux le Chemin de Croix. A chaque station, les enfants disaient du fond du cœur : « O Jésus, donnez le repos aux morts et convertissez mon père ! » La veille de la clôture de la Mission, le pécheur s’agenouillait aux pieds du prêtre, et le lendemain, il recevait joyeux aux côtés de son épouse, le Sauveur Notre Seigneur Jésus Christ. Après la messe, il pressait sur son cœur et bénissait ses deux enfants. O Chemin précieux de la Croix ! Utile à tous mais surtout aux pécheurs et aux âmes souffrantes du purgatoire !

Prions


O Marie, Mère des douleurs ! Vous qui avez si souvent médité le Mystère de la Passion de votre Divin Fils, vous qui avez parcouru la première les lieux consacrés par ses douleurs, enseignez nous à méditer et à pratiquer comme vous cette sainte et salutaire dévotion. Faites que nous y trouvions des grâces de conversion pour les pécheurs, de persévérance pour les justes, de consolation pour les âmes du purgatoire. Doux Jésus, donnez à ces âmes bénies le repos éternel.

Vingt sixième jour

Septième moyen : les indulgences


Combien elles sont précieuses

Nos péchés sont si nombreux et si graves, nos réparations si légères, que nous nous acquitterions difficilement en ce monde de la peine temporelle due à nos iniquités, si l’Eglise ne suppléait à notre faiblesse en ouvrant le trésor des indulgences. Trésor immense, inépuisable, qui se compose des mérites surabondants de NSJC, de la bienheureuse Vierge Marie et des Saints. La clé en est confiée au Souverain Pontife. Après la Ste Messe et la Ste Communion, il n’y a rien de plus admirable, de plus riche, soit pour les vivants soit pour les morts. C’est si l’ont peut ainsi parler, le dernier effort de la Miséricorde Divine pour le salut des âmes. Par les indulgences qui sont nombreuses, faciles à gagner, à la portée de tout le monde, nous avons le moyen de contenter la Justice Divine, de racheter des âmes qui nous sont chères et qui expient dans les flammes, les fautes et les torts de leur vie passée. Nous pouvons considérer cette multitude d’indulgences que l’Eglise nous prodigue avec tant de libéralité, comme une pluie merveilleuse qui devient le rafraîchissement de ceux qui sont altérés, la consolation de ceux qui pleurent, le bonheur béatifique de ceux qui sont en captivité. Admirable et paternelle invention ! Quel trésor ! Empressons nous donc d’acquérir ces richesses spirituelles, plus précieuses que l’or, plus abondantes, plus multipliées que jamais. Gagnons en beaucoup, gagnons en souvent. Quel encouragement dans cette pensée : c’est pour mes parents bien – aimés ; c’est pour elle ; c’est pour lui ; c’est pour l’âme la plus délaissée ; c’est pour l’âme qui souffre le plus ; ils seront secourus ceux que j’aime et que je pleure !


Comment il faut les gagner

Trois conditions sont requises pour gagner les indulgences : D’abord il faut être en état de grâce. Dieu veut qu’avant de secourir les autres, nous fermions d’abord l’enfer sous nos pas. D’ailleurs toutes les œuvres faites en état de péché mortel sont des œuvres mortes et dépourvues de mérites. Ensuite il faut avoir l’intention, au moins générale, de gagner l’indulgence. Il est donc à propos de renouveler chaque jour à la prière du matin, le désir de gagner des indulgences attachées aux pratiques de piété que l’on peut faire dans la journée. Enfin, il faut accomplir intégralement les œuvres prescrites. Ce sont ordinairement des actes très faciles à accomplir, qui durent peu et qui sont à la portée de tous les fidèles : une courte prière, une légère offrande, une mortification, une communion… De grâce, âmes chrétiennes, ne négligez pas de procurer aux fidèles trépassés des trésors si faciles à gagner. Votre insouciance serait elle excusable aujourd’hui surtout, alors que les indulgences qui leur sont applicables sont si nombreuses et à la portée de tous ? Il dépend de vous de venir en aide à vos frères souffrants et il vous en coûte peu. Si vous gagnez pour eux une indulgence partielle, vous abrégez le temps de leur expiation ; si vous êtes assez généreuse pour en gagner une plénière, l’âme à laquelle vous l’appliquez, est probablement libérée de toute sa dette, le Ciel s’ouvre pour elle, elle s’y envole radieuse, emportant aux pieds du Seigneur la reconnaissance qu’elle voue éternellement à son bienfaiteur. « Mon fils, disait St Louis à la fin de son testament, souvenez vous de gagner les indulgences de l’Eglise ». (Nous avons la possibilité de gagner aux conditions requises une indulgence plénière lors de visites sur certains lieux de pèlerinage comme à Ste Marie des Anges près d’Assise à Collevalenza, à la Scala Santa à Rome, et au cours des années saintes, lorsque le Saint Père l’accorde)


Exemple

Un prédicateur de l’ordre de St François venait de faire un sermon sur la charité et il avait accordé à ses auditeurs 10 jours d’indulgence, selon le pouvoir qu’il avait reçu du Souverain Pontife. Une dame de condition, qui n’avait conservé de son ancien rang que la crainte d’avouer sa misère présente, vint la lui exposer secrètement. Le bon Père lui fit la même réponse qu’autrefois St Pierre au boiteux de Jérusalem : « Je n’ai ni argent ni or, mais ce que j’ai, je vous le donne. Je vous renouvelle l’assurance que vous avez gagné 10 jours d’indulgence en assistant à ma prédication ce matin. Allez donc chez tel banquier lequel n’a guère eu souci jusqu’à présent des trésors spirituels et offrez lui en retour de l’aumône qu’il vous fera, de lui céder votre mérite, afin que les peines qui l’attendent en purgatoire en soient diminuées. J’ai tout lieu de croire qu’il vous donnera quelque secours. » La pauvre femme s’y rendit en toute simplicité et avec beaucoup de bonne foi. L’homme l’accueillit avec bonté. Il lui demanda, amusé, combien elle prétendait recevoir, en échange de ses 10 jours d’indulgences. « Autant qu’ils pèsent dans la balance ». « Eh bien, reprit le banquier, voici une balance. Écrivez sur un papier vos dix jours, et mettez le dans un des plateaux, je pose sur l’autre, une pièce… » Prodige ! Le premier plateau ne s’éleva pas, mais au contraire, enleva celui de l’argent. Étonné, le banquier ajouta une pièce, qui ne changea rien à ce poids. Il en mit cinq, dix, trente, cent, autant qu’il en fallait à la suppliante dans sa nécessité actuelle ; alors seulement les deux plateaux s’équilibrèrent. Ce fut une leçon précieuse pour lui, car il comprit enfin la valeur des intérêts célestes. Mais les pauvres âmes la comprennent bien mieux encore ; pour la plus légère indulgence, elles donneraient tout l’or du monde. A nous de leur en procurer le plus possible !


Prions


Vous connaissez mon indigence, O mon Jésus ! Et dans l’excès de votre miséricorde, vous avez voulu que je trouve dans le trésor de vos mérites et de vos satisfactions le moyen de suppléer à tout ce qui me manque. Chaque jour je viendrai puiser dans ce trésor toujours ouvert de précieuses indulgences qui acquitteront la dette de mes frères trépassés. O Jésus, soyez leur propice ! Qu’ils reposent en paix !


Vingt septième jour

Huitième moyen : l’acte héroïque de charité


Sa nature

L’acte héroïque consiste dans l’abandon, entre les mains de Marie, au profit des âmes du purgatoire, de toutes les bonnes œuvres, même de celles que d’autres feront pour nous, avant ou après notre mort. Le Pape Pie IX dans son décret du 20 novembre 1864, a recommandé cet acte à tous les fidèles et lui a accordé des indulgences spéciales. Toutes les indulgences que les fidèles gagnent, profitent aux âmes du purgatoire sans qu’on ait besoin de former l’intention de les gagner pour elles. Pie IX appelle cet acte la plus grande consolation des âmes du purgatoire. Par un tel acte, toutes nos bonnes œuvres, toutes nos souffrances, toutes nos peines, tous nos actes intérieurs, semblables à un grand fleuve intarissable, coulent vers les âmes du purgatoire. On peut donc dire que l’acte héroïque est l’œuvre de Miséricorde par excellence, l’acte de charité le plus salutaire. Il est incontestable que l’on ne perd rien en abandonnant quelque chose à Dieu. Notre – Seigneur regarde ce que nous faisons pour les âmes du purgatoire, comme si nous l’avions fait à Lui-même, comme si nous l’avions délivré d’une prison de feu, ainsi qu’Il l’a révélé à Ste Gertrude. Cet acte de charité est pour Marie aussi un grand honneur et une grande joie, parce – que nous remettons tous entre ses mains, afin qu’elle puisse délivrer ses enfants souffrants. Remarque : Bien que cet acte soit appelé parfois du nom de vœu, il n’en n’est pas un en réalité. Il n’est pas non plus nécessaire de prononcer pour le faire, une formule déterminée. Un acte de volonté et l’offrande faite du cœur suffisent pour donner droit aux indulgences et aux privilèges. D’ailleurs cet acte de volonté peut être révoqué au gré de celui qui l’a fait.


Les avantages de l’acte héroïque de charité

Cette pratique est très utile aux saintes âmes du purgatoire. Quels secours ne reçoivent elles pas tous les jours, à chaque instant du jour, de toutes nos œuvres satisfactoires, et surtout de celles qui nous seront appliquées durant notre vie, à notre mort, et après notre passage à l’éternité ? C’est une douce et continuelle rosée de suffrages et d’indulgences qui tombe sans interruption sur les âmes brûlantes du lieu de l’expiation, adoucit leur peine et les console. Cette donation héroïque n’est pas moins avantageuse pour nous. Dieu qui est si bon ne nous rendra-t-il pas au centuple tout ce que nous faisons pour ses enfants souffrants ? « Donnez et on vous donnera, et vous recevrez une mesure bonne, pressée et abondante ». La Ste Vierge à qui nous aurons confié tous nos trésors spirituels pour soulager ses enfants, ne viendra-t-elle pas à notre secours ? Cet abandon filial ne nous donnera-t-il pas droit aux largesses de sa miséricorde ? Enfin, ne pouvons nous pas compter sur la reconnaissance des âmes que nous aurons soulagées ? Aussi croit on généralement que celui qui a fait le vœu héroïque, n’a pas beaucoup à craindre le purgatoire ; Dieu lui fournira le moyen de l’éviter ou du moins il ne le laissera pas souffrir longtemps dans les flammes. Je vous conseille de faire aujourd’hui même le vœu de charité héroïque, si vous ne l’avez déjà fait. Suivez l’exemple d’un nombre très considérable de personnages illustres en dignité, en science, en sainteté. Suivez les conseils du vénéré Pie IX qui recommandait souvent le vœu héroïque et qui l’a enrichi d’indulgences.

Vingt huitième jour

Comment pouvons-nous éviter le purgatoire ?


En pensant souvent au purgatoire

La pensée du purgatoire ramène tout naturellement à notre esprit celle de la mort et du jugement, et par là -même ne peut que nous inspirer de salutaires réflexions. « Pensez à vos fins dernières, dit le St Esprit, et vous ne pécherez pas » Elle a pour second avantage d’inspirer l’esprit de pénitence et de mortification. A la vue de ces souffrances et de ces angoisses si cruelles et si longues, à la vue de ces innombrables victimes qui exhalent des plaintes, l’âme rentre en elle – même et s’écrie : « Je veux enfin expier et racheter, profiter des jours que me laisse la Miséricorde de Dieu ; je veux racheter mes péchés avec un peu de générosité et d’amour. Je veux à tout prix éviter les tourments du purgatoire. Je réussirai avec ma bonne volonté et la grâce d’En Haut ! » Si avec la grâce de Dieu, nous avions toujours cette vérité devant les yeux ! Il serait impossible que nous ne devenions pas des saints et de grands saints. La pensée constante du purgatoire retrancherait de notre vie une multitude de fautes légères, nous inspirerait la pratique des plus sublimes vertus, et à notre heure dernière, ornée de mérites, notre âme s’envolerait vers les Demeures Éternelles, sans avoir à être purifiée au purgatoire.


En priant souvent pour les âmes du purgatoire

Les Pères et les Docteurs de l’Eglise pensent que ceux qui s’intéressent vivement aux âmes du purgatoire échappent au purgatoire, ou n’y séjournent pas longtemps. Car, disent-ils, la marque la plus infaillible de prédestination est de sauver des âmes puisque Dieu a promis de nous faire le même bien que nous ferions aux autres. Bienheureux les miséricordieux, parce - qu’ils obtiendront eux -même Miséricorde. Nous ne pouvons qu’espérer la reconnaissance des âmes que nous aurons délivrées. Pourraient – elles se montrer moins sensibles et moins charitables que nous ? A l’heure de notre mort et de notre jugement, elles accourront et seront là comme des protecteurs, des témoins à décharge, pour faire pencher la balance du côté de la Miséricorde. Elles déjoueront les pièges de l’esprit infernal et nous obtiendront la plus précieuses des grâces : celle d’une sainte mort. « Je ne me souviens pas, disait St Augustin, d’avoir jamais lu que celui qui prie volontiers pour les trépassés, ait eu une mort mauvaise ou douteuse. » Quel moyen presque assuré d’éviter les rigueurs du purgatoire ! Suivons donc le conseil de l’Evangile : « Faisons – nous des amis afin qu’au moment de notre mort, ceux que nous aurons soulagés nous introduisent dans les Tabernacles Éternels » Nos frères les morts sont maintenant dans le besoin, mais pour peu que nous les aidions, ils montreront au Ciel et nous ouvrirons eux -même la porte. Délivrons les du purgatoire et ils nous empêcherons d’y tomber. Il est rapporté de Ste Catherine de Cortone, qu’à sa mort, toutes les âmes qu’elle avait contribué à délivrer vinrent la recevoir en triomphe.


Exemple

On raconte qu’une personne particulièrement amie des âmes du purgatoire avait consacré sa vie à les soulager. Etant arrivée à l’heure de sa mort, elle fut assaillie avec fureur par le démon qui la voyait sur le point de lui échapper. Il semblait que l’abîme tout entier ligué contre elle l’entourât de ses infernales cohortes. La mourante luttait depuis quelques temps au milieu des plus pénibles efforts, lorsque tout à coup elle vit entrer dans son appartement une foule de personnages inconnus, mais resplendissants de beauté, qui mirent en fuite le démon, et s’approchant de son lit, lui adressèrent des encouragements et des consolations toutes célestes. Poussant alors un profond soupir et transporté de joie, elle s’écria : « Qui êtes vous, qui êtes vous de grâce, vous qui me faites tant de bien ? » « Nous sommes des habitants du Ciel, que votre aide a conduit à la béatitude, et nous venons à notre tour et par reconnaissance, vous aider à franchir le seuil de ce lieu d’angoisses pour vous introduire dans les joies de la Sainte Cité. » A ces paroles, un sourire éclaira le visage de la mourante, ses yeux se fermèrent et elle s’endormit dans la paix du Seigneur. Son âme, blanche et pure comme une colombe, se présentant au Seigneur trouva autant de protecteurs et d’avocats qu’elle avait délivré d’âmes, et reconnue digne de la gloire, elle y entra comme en triomphe, au milieu des applaudissements et des bénédictions de tous ceux qu’elle avait tiré du purgatoire. Puissions nous avoir un jour le même bonheur ! Au profit des âmes du purgatoire, il est aussi possible d’offrir : une visite à l’église, un pèlerinage, l’usage de l’eau bénite, messes, neuvaines, prières, sacrifices, actes d’amour, humiliations, jeûnes… L’usage de l’eau bénite plaît au Divin Sauveur. Chaque fois que le prêtre impose sa bénédiction à l’eau, il agit en qualité de représentant de l’Eglise dont le Sauveur accueille toujours les prières avec complaisance, quelque soit celui pour qui l’Eglise lui adresse des prières « Quand vous prenez de l’eau bénite, faites tomber quelques gouttes à terre pour les âmes du purgatoire en faisant le signe de la croix » nous dit Maria Simma.

Prions


Ne permettez pas ô mon Dieu, que j’éloigne de mon esprit, par une fausse sensibilité, la pensée si salutaire du purgatoire. Gravez la profondément dans mon cœur comme un puissant moyen de me préserver moi – même du purgatoire et de venir en aide aux âmes qui y séjournent. Aidez moi à mettre un terme à leur exil et à leur ouvrir la porte du Ciel.


Vingt neuvième jour

Les apparitions


Dieu permet-il aux âmes du purgatoire de revenir sur la terre ?

Un des amis de St Augustin, évêque d’Usale, lui posa un jour cette question : « Que faut – il penser de ce qu’on a vu plusieurs personnes apparaître après leur mort, aller et venir dans les maisons comme auparavant ? Que faut – il penser encore de ce que, dans certains lieux où il y a des corps enterrés, on entend souvent du bruit, à une certaine heure de la nuit ? » « Je ne suis pas loin de croire, répond le grand docteur, que ces sortes d’apparitions soient fréquentes et naturelles aux morts ; car si cela dépendait d’eux, il n’y a pas de nuits où je ne devrais voir apparaître ma pieuse mère, elle qui pendant sa vie ne se séparait jamais de moi, et qui m’a suivi par terre et par mer, jusque dans les contrées les plus lointaines. Mais je suis convaincu que la Toute Puissance Divine peut leur permettre et leur permet quelquefois d’apparaître pour des raisons pleines de sagesse et que nous devons respecter. » Pourquoi Dieu en effet ne permettrait – il pas aux âmes suppliantes qui nous sont chères et qui souffrent encore, de nous parler elles – mêmes, de nous dire leurs douleurs, d’implorer notre pitié ? En fait, la Ste Écriture, la Vie de Saints, l’Histoire nous montrent des apparitions bien constatées, à toutes les époques, dans tous les pays, devant toutes sortes de témoins. Sans doute, il faut vous tenir en garde contre la crédulité trop facile de ces personnes qui pensent à chaque instant voir paraître et revenir les morts, et qui prennent pour une réalité les vains fantômes d’une imagination exaltée par la douleur ou par les souvenirs. Mais gardez vous de nier la possibilité des apparitions, puisque la raison dit que Dieu peut les autoriser et que l’expérience démontre qu’Il les a en effet autorisées plus d’une fois. Elles sont rares mais possibles.


Pourquoi Dieu le permet-Il ?

L'écriture Ste nous apprend que Samuel après sa mort, apparut à Saül pour lui adresser de justes et sévères reproches. Pour moi je ne crains pas de dire hautement qu’une des raisons qui paraissent les plus fortes pour déterminer Dieu d’accorder aux morts une semblable permission, c’est sans contredit l’ingratitude de ceux qui les oublient sur la terre, eux qui uniquement occupés à s’enrichir de leurs dépouilles, les laissent souffrir indéfiniment dans le purgatoire, sans penser à leur soulagement et à leur délivrance. Aussi ces pauvres âmes apparaissent – elles ordinairement aux vivants sous une forme et dans une attitude qui excitent la pitié et la commisération. Souvent leur visage est triste, des flammes ardentes les environnent, elles poussent de profonds soupirs, des cris plaintifs, elles exhalent des reproches. Quelquefois elles révèlent leur présence par un bruit retentissant, par des symboles extraordinaires : c’est toujours un signe matériel qui nous étonne et éveille en nous leur souvenir, en nous poussant à prier avec plus de ferveur pour leur délivrance.


Exemple

Un jeune homme, issu d’une famille chrétienne, fidèle à ses pratiques de piété, se mettait cependant peu en peine de secourir les âmes du purgatoire. Il ne priait jamais ou presque jamais pour ses parents défunts. Non content de ne pas pratiquer cette salutaire dévotion par lui – même, il en dissuadait les autres, sous prétexte d’une charité mieux placée. Pourquoi, disait – il tant s’occuper du sort des trépassés, puisqu’ils sont assurés de leur salut et qu’ils ne peuvent ni offenser Dieu ni le perdre ? Il ne croyait pas non plus aux apparitions, qu’il tournait souvent en ridicule. Pour le corriger, Dieu permit à ces âmes affligées de sortir de leur prison et d’apparaître sous des formes effrayantes à celui qui leur causait un si grand dommage. Elles l’assiégèrent en tout lieu et à toute heure, poussant des cris déchirants, remplissant ses yeux de fantômes étranges, glaçant son âme de stupeur, ne la laissant reposer ni le jour ni la nuit. Le moyen fut efficace. Le jeune homme changea entièrement de conduite et de langage. Il quitta le monde et entra dans l’ordre de St Dominique. Devenu prêtre, il voua aux âmes du purgatoire un culte si éloquent en leur faveur, qu’il inspira à beaucoup le désir de les soulager et on l’appelait amicalement : l’avocat des morts. Il l’était en effet. Jamais on entendit de raisons si fortes, si convaincantes, si nombreuses, que celles qui sortaient de sa bouche, pour prouver que la charité la plus éminente que l’on puisse exercer en ce monde envers le prochain est de prier pour les défunts. Il mourut en odeur de sainteté et son âme sans doute s’envola au Ciel, près de celles qu’il avait lui – même délivrées par ses suffrages. Imitons un si bel exemple de charité.

Prions


Mon Dieu, Vous êtes assez puissant et assez bon pour nous envoyer des messagers extraordinaires, afin de nous rappeler le souvenir et les besoins de l’Eglise Souffrante. Vous désirez que nous venions à leur aide. Soyez leur propice, Seigneur. Appelez vos enfants au séjour éternel et que la lumière qui ne s’éteint plus, luise sur eux ! Qu’ils reposent en paix.


Trentième jour

Les dernières volontés des défunts


Il faut les exécuter fidèlement

Les dernières volontés des mourants sont sacrées ! Nous sommes obligés de les respecter. Le Concile de Trente recommande aux évêques de veiller attentivement à l’accomplissement des legs pieux faits par les fidèles défunts. D’autres conciles vont jusqu’à priver de la communion ceux qui s’approprient les dons des mourants ou qui diffèrent d’accomplir leurs dernières volontés. Des lois si sévères nous font assez comprendre à quel point on se rend coupable, en privant les défunts des suffrages qu’ils ont voulu s’assurer après leur mort. Malheur donc à ceux qui profitent de la substance des pauvres âmes du purgatoire ! Ils les privent du soulagement qu’elles auraient reçu, se constituent en quelque sorte leurs bourreaux et deviennent responsables de leurs souffrances. Dieu ne les absoudra pas aussi facilement, qu’ils le sachent bien, et le jour viendra où Il leur demandera un compte rigoureux des ces injustices qu’ils ne songent pas même à se reprocher. Ils seront probablement punis, même dès ce monde, par des châtiments temporels, et qui nous dira la longueur et la rigueur des peines qu’ils auront à endurer dans l’autre ? Âme chrétienne, réfléchissez ; vos parents, vos amis, vos bienfaiteurs, ne vous ont-ils pas fait en mourant de pieuses recommandations ? Ne vous ont-ils pas demandé de vive voix ou par testament, des prières et des messes ? Ne vous ont-ils pas au moins suppliés avec des larmes de penser souvent à eux devant le Seigneur ? Avez-vous justifié la confiance qu’ils avaient en vous ? Avez-vous satisfait pleinement et consciencieusement à toutes les obligations qu’ils vous ont laissées ? Si vous ne l’avez pas fait, hâtez vous donc d’acquitter cette dette sacrée de justice !


Il faut les exécuter promptement

Non seulement il faut accomplir avec fidélité les suprêmes volontés des morts mais on doit le faire le plus tôt possible, afin de ne pas priver ces âmes du soulagement que leur obtiendront soit les messes qui seront célébrées pour elles, soit les dons aux nécessiteux en prenant soin de les engager à prier pour leurs bienfaiteurs. Chaque jour de retard est une faute dont nous sommes responsables. Si nous comprenions ce que sont ces terribles expiations du purgatoire ! Au lieu de différer l’accomplissement de ce qui peut les adoucir, nous nous empresserions d’apporter de prompts et efficaces secours à ces âmes si dignes de notre compassion, et dont certaines nous ont été si chères. Que d’héritiers peu consciencieux ont de graves reproches à se faire, à cause de leur négligence à remplir les engagements sacrés qu’ils ont contractés envers leurs frères les morts ! Instruisez vous et ne donnez qu’à des personnes de confiance le soin d’exécuter vos dernières volontés. Déposez entre des mains bien sûres les sommes que vous destinez à de bonnes œuvres, ou à faire célébrer des messes pour votre délivrance, après votre décès. C’est le seul moyen d’être certain que vos volontés dernières seront accomplies, à moins que vous n’ayez le bonheur d’appartenir à une de ces familles chrétiennes qui avec la foi, ont conservé le respect dû au souvenir des morts.


Exemple

Ce trait montre à que point sont punis parfois, ceux qui n’exécutent pas les volontés dernières des mourants. Il est rapporté dans « les gestes de Charlemagne » qu’un vaillant capitaine dont tout le monde vantait la bravoure, touchait au terme de sa carrière. Il fit appeler alors un de ses parents qu’il avait souvent obligé et lui dit : « J’ai passé soixante ans au service de mon roi sans jamais acquérir autre chose que ma solde habituelle. Il ne me reste en mourant que mon fidèle cheval qui m’a rendu tant de services. Quand j’aurai rendu le dernier soupir, vous le vendrez et vous en donnerez le prix aux pauvres pour le soulagement de mon âme. »  Le parent promit. Quand le capitaine eût rendu son âme à Dieu, cet homme séduit par la beauté et les qualités du cheval, le garda pour lui sans faire aux pauvres l’aumône convenue. La moitié de l’année s’était à peine écoulée que l’âme du défunt apparut à ce parent égoïste si peu fidèle à sa promesse : « Malheureux ! Tu n’as point tenu tes engagements ! Aussi tu es la cause de tous les tourments que j’ai endurés, car mon aumône m’en aurait préservé. Et bien sache que ta conduite sera punie par une prompte mort et qu’un châtiment tout particulier t’est réservé ; tu porteras la peine due à tes propres fautes et tu souffriras à ma place toutes celles que je devrais encore souffrir pour satisfaire à la Justice Divine. » Le coupable fut accablé par cette menace et voulant mettre ordre à sa conscience, il se hâta de remplir les dernières volontés du défunt, il fit tout ce qu’il put pour éviter les foudres. Il ne put cependant éviter la mort du corps qui lui avait été annoncée et qui l’enleva aussitôt après avoir accompli les volontés du défunt. L’injustice et l’ingratitude envers les morts sont détestées de Dieu et encourent Sa Sainte Colère dans ce monde et dans l’autre. Empressons nous nous – même, de réparer nos injustices envers des défunts, si nous en avons commis.


Prions


Ne permettez pas, ô mon Dieu, qu’une coupable négligence me fasse manquer à mes devoirs de justice envers les morts. Leurs droits sont sacrés, leurs dernières volontés seront également sacrées pour moi. Je satisferai pleinement à toutes les obligations qu’ils m’ont laissées, et si je puis, je vais accomplir dès maintenant celles que j’ai pu négliger, par mon empressement, par mes prières, pour hâter l’heure de leur délivrance. Jésus Miséricordieux ; Marie, reine du purgatoire, soyez leur propice et qu’ils reposent dans la paix du Ciel.


Exemple à méditer…

Un homme avait trois amis et deux surtout qu’il aimait d’un amour de prédilection. Un jour, il fut accusé devant la justice d’un grand crime bien qu’il fût innocent. Qui de vous, dit il à ses amis, veut m’accompagner jusqu’au Tribunal et protester énergiquement en faveur de mon innocence ? Le premier s’excusa prétextant des occupations. Le second l’accompagna jusqu’à la porte du tribunal, il s’y arrêta et revint bientôt chez lui tremblant, redoutant la colère du juge. Le troisième, celui sur lequel l’accusé comptait le moins, entra, parla en sa faveur, attesta son honorabilité et son innocence avec une telle conviction que le juge lui rendit non seulement la liberté mais lui accorda réparations. En ce monde, l’homme a trois amis. Quand Dieu l’appelle, à l’heure de la mort pour le juger : - l’argent, son ami de prédilection, ne va pas avec lui, il l’abandonne complètement et ne lui sert plus à rien - ses parents, et ses proches l’accompagnent jusqu’à la tombe, lui jettent un peu d’eau bénite au dernier adieu, et retournent tranquillement chez eux - ses bonnes œuvres, le troisième ami, celui dont il s’est peut être le moins préoccupé durant sa vie. C’est tout le bien qu’il aura accompli pour l’amour de Dieu. Seules ses bonnes œuvres lui restent fidèles, l’accompagnent devant le Seigneur, le précèdent, parlent en sa faveur et obtiennent pour lui Pardon et Miséricorde. Âmes chrétiennes, dans votre testament, n’hésitez pas à effectuer des dons pour des œuvres d’église et vous aurez des amis dévoués qui vous ouvriront les portes du Ciel.

Quelques « révélations » sur le purgatoire

Avant d’accéder au Paradis, les âmes des élus passent en moyenne 30 à 40 ans dans le purgatoire. Après la mort, chaque âme subit le jugement particulier. En un instant défilent devant elles tous les détails de sa vie terrestre. A moins d’une rare préparation et si elle est morte en amitié avec Dieu, elle se sauvera d’elle –même dans ce lieu de purification… En effet, elle ne peut accepter le face à face avec la Majesté Divine si elle n’est pas absolument pure ou purifiée. Lors du jugement particulier, certains ne voient que St Michel et leur Ange Gardien, mais c’est déjà un morceau du Ciel si merveilleux… Et l’impatience de jouir enfin de la vision de Dieu et de son Paradis se transforme en un véritable martyre. Il est certain que dans le purgatoire, les âmes gardent une forme humaine ; et les parties du corps humain qui ont été souillées par des péchés non expiés, deviennent incandescentes dans le feu de la purification. Au fur et à mesure de leur purification, les âmes du purgatoire s’élèvent dans des lieux moins douloureux. Il existe trois étages dans le purgatoire et à l’intérieur de chacun, de nombreux degrés. Le purgatoire inférieur ou grand purgatoire est très proche de l’Enfer. La différence avec l’Enfer est que l’âme ne se révolte pas contre Dieu, elle ne désespère pas et ne souhaite pas son malheur aux autres… Au contraire elle remercie Dieu de l’avoir sauvée, malgré ses fautes et elle prie pour que ses proches se convertissent. Pendant cet éventuel séjour dans le grand purgatoire, les âmes des élus ne peuvent pas profiter des soulagements que leur offrent leurs parents ou amis de la terre (sauf au « jour des morts »). Par contre dans le purgatoire ordinaire, les âmes profitent des rafraîchissements offerts par la terre mais à la condition expresse, que de leur vivant, elles aient été elles – même charitables envers les pauvres âmes du purgatoire… Justice oblige…

Offrez des messes pour les âmes du purgatoire

A Cologne, deux dominicains étaient réunis par une grande piété et une égale dévotion aux âmes du purgatoire. Ils vinrent à se promettre que le premier qui mourrait serait secouru par l’autre, de deux Messes par semaine, toute une année. Un jour, l’un des deux, le bienheureux Suzo, apprit que son ami venait de mourir. Il s’empressa de beaucoup prier pour lui, de s’imposer de grandes pénitences, mais il avait totalement oublié les Messes promises… Un matin où Suzo priait à la chapelle, il vit tout à coup son ami lui apparaître ; le cher défunt lui reprocha son infidélité… Suzo cherchait à s’excuser en lui rappelant les nombreuses prières et les bonnes œuvres qu’il avait faites pour lui. Mais le défunt s’écria : « Oh non non ! Cela n’est rien comparé à la Sainte Messe pour éteindre les flammes qui me brûlent ! »… Et il disparut. Suzo, très impressionné, se promit de réparer cet oubli au plus vite. Il alerta plusieurs prêtres pour l’aider à soulager son cher défunt par de nombreuses messes. Au bout de quelques jours de ce charitable secours, le défunt apparut à Suzo environné d’une grande lumière, le visage rayonnant de bonheur et lui dit : « Je vous remercie, mon fidèle ami, de la délivrance que je vous dois. Grâces aux Saintes Messes qui ont été dites pour moi, je suis sorti du purgatoire et je monte au Ciel où je verrai, face à face le Bon Dieu que nous avons adoré si souvent ensemble. » Et il disparut. Grâce à cet évènement et jusqu’à sa mort, le bienheureux Suzo offrit le St Sacrifice de la Messe avec une ferveur renouvelée en faveur des âmes du purgatoire. Faisons dire des Messes… Offrons à Dieu le sang de Jésus… St Jean Chrysostome recommandait cette pieuse pratique : « Ayez dans votre maison à une place apparente, une boîte où chacun puisse y déposer l’obole des morts. Employez ces offrandes à faire dire des messes pour vos défunts. »

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