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Prière pour honorer les 33 années que Jésus vécut sur la terre

Texte du Bienheureux Jean Martin Moye


Nous allons réciter ces trente-trois Oraisons Dominicales en mémoire des trente-trois ans que Jésus-Christ a vécu sur la terre et pour honorer tout ce qu'il a dit, fait et souffert pendant le temps de sa vie mortelle ; nous nous rappellerons sa doctrine pour la méditer et la pratiquer, ses actions et ses exemples pour les imiter, ses souffrances et ses mérites pour y participer.

Seigneur, faites-nous la grâce de prier avec attention, avec respect et avec dévotion, éloignez de notre esprit toutes les pensées vaines et inutiles qui pourraient nous distraire, et ôtez toute affection déréglée de notre cœur.

Cette Prière sera divisée en trois parties:

La première sera pour honorer le Mystère de l'Incarnation et la sainte Enfance de Jésus.

La seconde pour honorer sa vie cachée et publique.

La troisième pour honorer sa Passion et sa Mort.

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Première partie

Pour honorer le Mystère de l'Incarnation et la sainte Enfance de Jésus-Christ.


1° Considérez que Dieu se connaît et s'aime de toute éternité, et en se connaissant et s'aimant il jouit d'une félicité et d'un bonheur parfait, et il possède une gloire intérieure qui consiste dans la plénitude de ses perfections, et cette gloire intérieure ne peut ni augmenter ni diminuer, parce que les perfections divines étant infinies, elles ne peuvent prendre ni accroissement ni diminution. Le Père éternel en se connaissant et en contemplant sa nature et ses divines perfections engendre son Fils, son Verbe, sa Parole, son Image vivante ; et le Père et le Fils en s'aimant produisent le Saint-Esprit qui est l'amour du Père et du Fils. Voilà ce qui s'est fait dans Dieu de toute éternité, voilà ce qui s'y fait et s'y fera pendant tous les siècles, sans aucun changement ni ombre de vicissitude, puisque Dieu est immuable, toujours le même, invariable en lui-même et changeant tout hors de lui-même. Mais outre cette grâce intérieure qui est essentielle à Dieu et qui lui vient de la jouissance de ses perfections, il convenait qu'il eut encore une autre gloire, une gloire extérieure qui consiste dans la manifestation de ses perfections. Ce fut pour se procurer cette gloire extérieure en manifestant ses perfections qu'il créa le monde pour faire éclater partout sa puissance, sa bonté et sa providence. Il créa les Anges et les hommes pour reconnaître, bénir et aimer les attributs divins et augmenter par là sa gloire extérieure. Mais une partie des Anges et le premier des hommes, au lieu de glorifier leur Créateur, se révoltèrent contre lui. Que fit Dieu pour manifester d'autres perfections qui n'avaient pas paru dans la création, sa justice, sa miséricorde, et une sagesse plus admirable que celle qu'il avait fait paraître dans la création du monde ? Il forma le décret de l'Incarnation de son Fils et de la Rédemption du genre humain ; il veut bien envoyer son Fils pour sauver l'homme pécheur.


Admirons, bénissons, et aimons une bonté et une charité si grande ; remercions le Père éternel de nous avoir donné son Fils pour être notre Sauveur ; remercions le Fils d'avoir bien voulu s'incarner pour nous ; remercions le Saint-Esprit par l'opération duquel le Verbe s'est fait chair. Et disons à cette intention : Notre Père...


2° Considérez que le Fils de Dieu voulant se faire homme choisit la plus pure, la plus humble et la plus sainte de toutes les Vierges pour être sa Mère ; les trois Personnes de la Trinité créent dans un même instant la plus parfaite et la plus éminente de toutes les âmes et un corps parfaitement organisé ; cette âme fut tirée du néant, et ce corps fut produit de la substance de Marie. Dès l'instant de leur existence, la seconde Personne de la sainte Trinité l'unit à elle-même et se l'appropria, de sorte que Jésus-Christ a deux natures réunies dans sa Personne divine : la nature divine qu'il tient du Père, et la nature humaine qu'il a reçue de sa Mère. Et ces deux natures subsistent en lui sans mélange et sans confusion, conservant chacune leurs propriétés et leurs opérations différentes.


Croyons, admirons, bénissons et aimons Jésus-Christ notre Sauveur, vrai Dieu et vrai homme. Disons pour l'honorer : Notre Père...


3° Considérez que Jésus-Christ a deux naissances comme il a deux natures, une naissance éternelle dans le sein du Père, une naissance temporelle dans le sein de sa Mère ; dans l'étable de Bethléem Marie adore Jésus comme son Dieu, et Jésus honore Marie comme sa Mère.


Prions ce divin Sauveur de naître et régner dans nos cœurs par sa grâce : Notre Père...


4° Considérez qu'aussitôt que Jésus fut né à Bethléem Dieu le Père ordonna à tous ses Anges de venir adorer ce saint Enfant nouvellement né, comme étant le vrai Dieu, le Créateur et le Souverain Maître du Ciel et de la terre.


Unissons-nous à la sainte Vierge et aux Anges pour adorer l'Enfant Jésus dans la crèche; reconnaissons sa grandeur dans la petitesse et sa divinité cachée sous les voiles de son humanité ; imitons son humilité, sa douceur, sa patience, sa simplicité, son silence et son obéissance, et toutes les vertus de sa sainte enfance : Notre Père...


5° Considérez que les Anges annoncent la naissance du Sauveur aux bergers, bénissant le Seigneur et disant : " Gloire à Dieu au plus haut des Cieux, et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté ". Ainsi ce sont les pauvres et les humbles que Jésus appelle d'abord à lui ; ce sont eux à qui il donne la préférence.


Imitons la simplicité et la promptitude des bergers, courons à la crèche, allons voir et adorer le Verbe fait chair, allons nous dévouer et nous offrir à lui sans partage : Notre Père...


6° Jésus après avoir paru aux bergers se manifeste aux Mages ; après avoir appelé les juifs il invita les gentils parce qu'il vient sauver les uns et les autres : il est descendu du Ciel pour le salut de tous les hommes, les Mages conduits par une étoile viennent adorer le nouveau Roi, le Messie, le désiré des Nations ; ils se prosternent à ses pieds, lui offrent trois sortes de présents, de l'or comme au Roi des Rois, de l'encens comme au vrai Dieu, de la myrrhe comme à un homme mortel dont le corps doit être enseveli après sa mort.


Prions le Sauveur du monde de se manifester aux gentils en appelant les païens à la foi ; unissons-nous aux Mages, offrons à l'Enfant Jésus notre corps avec tous ses organes, notre entendement, notre mémoire et notre volonté ; demandons et pratiquons les trois vertus représentées par les présents des Mages, la Religion figurée par l'encens, la charité représentée par l'or, et la mortification désignée par la myrrhe : Notre Père...


7° Considérez que Jésus-Christ, huit jours après sa naissance, fut circoncis et qu'on lui donna le saint Nom de Jésus, nom adorable qui est au-dessus de tout nom.


Offrons à Dieu le sang que le saint Enfant Jésus répandit dans sa circoncision, pour obtenir la grâce du baptême aux enfants qui naîtront jusqu'à la fin du monde ; adorons, louons, bénissons et invoquons sans cesse le saint nom de Jésus ; et faisons toutes nos actions au nom de Jésus pour la gloire de Dieu. Apprenons de la circoncision de Jésus à circoncire et à purifier nos cœurs par la mortification de nos passions et de nos inclinations déréglées, et notre corps par la mortification de nos sens : Notre Père...


8° Considérez que Jésus-Christ, quarante ans après sa naissance, fut présenté au Temple par les mains de sa très sainte Mère, pour nous apprendre à nous consacrer à Dieu dès notre enfance, et à lui offrir tout ce que nous ferons pendant notre vie : Pères et Mères, mettez vos enfants entre les bras de Marie, pour qu'elle les présente à Dieu avec son saint Enfant Jésus ; apprenez-leur de bonne heure à la connaître, à l'aimer, et à se consacrer à lui.


Offrons aussi nous-mêmes à Dieu par les mains de la très sainte Vierge, avec tous nos parents, nos amis, et tout ce qui nous appartient ; dévouons-nous pour nos amis à son culte et à son service : Notre Père...


9° Considérez que Jésus, Marie, Joseph, pour éviter la persécution d'Hérode, qui voulait faire mourir le Sauveur, se retirèrent en Égypte, où ils demeurèrent comme en exil pendant plusieurs années au milieu des idolâtres, sans asile, éloignées de leur patrie, privés de la société de leurs parents et de leurs amis.


Imitons la Sainte Famille, apprenons par son exemple à nous détacher au moins de cœur et d'esprit, de nos proches et de nos amis, disposés à tout quitter et à aller partout où la Providence nous enverra pour nous conformer à la volonté de Dieu, pour les intérêts de sa gloire, le salut des âmes et notre propre perfection, à laquelle nous ne pouvons parvenir que par un détachement total de toutes choses et de nous-mêmes, et un abandon entier à la Providence : Notre Père...


10° Considérez que l'Enfant Jésus, ayant atteint l'âge de douze ans, alla à Jérusalem avec la sainte Vierge et saint Joseph pour y célébrer la fête de Pâques ; ayant quitté sa divine Mère pour les intérêts de son Père, il fut trouvé au Temple au milieu des Docteurs, les écoutant et les interrogeant.

Apprenons de cet exemple à préférer la gloire de Dieu à l'affection des parents et aux inclinations de la nature ; si nous sommes tombés dans un péché mortel, nous avons perdu Jésus-Christ.


Cherchons-le par la pénitence, allons le trouver dans nos églises, dans le Saint-Sacrement, célébrons les fêtes avec piété. Jésus croissait en sagesse et en grâces devant Dieu et devant les hommes : augmentons tous les jours en vertus et piété à mesure que nous avançons en âge : Notre Père...


Offrande de la première dizaine


Recevez, Seigneur, ce premier dizain que nous venons de réciter à l'honneur de la Sainte Enfance de Jésus que nous vous offrons spécialement pour tous les enfants qui existent et qui existeront dans le monde, pour obtenir la grâce du baptême à ceux qui ne l'ont pas encore reçue, et pour ceux qui l'ont reçue la grâce de la conserver, et pour ceux qui l'ont perdue la grâce de la recouvrer, et pour tous une sainte éducation. Nous vous offrons la Sainte Enfance de Jésus avec tous ses mérites et toutes ses vertus pour réparer les défauts de notre enfance et les péchés de notre jeunesse ; nous vous offrons l'humilité de Jésus pour expier notre orgueil, sa simplicité pour expier nos duplicités, sa douceur et sa patience pour expier nos colères et nos impatiences, nos vivacités et nos emportements, son silence pour expier nos paroles inutiles, nos plaintes et nos murmures, sa pauvreté pour expier notre cupidité, sa mortification pour expier notre sensualité, son obéissance pour expier nos désobéissances, sa pureté pour expier nos impuretés ; en un mot nous offrons toutes ses vertus pour expier tous nos vices, et tous ses mérites pour suppléer à nos défauts et à nos démérites.


Gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit, comme il était au commencement, qu'il est maintenant, et qu'il sera dans les siècles des siècles.

Seconde partie

Pour honorer la vie cachée et la vie publique de Jésus-Christ


Nous allons réciter cette seconde partie pour honorer la vie cachée que Jésus-Christ a menée avec Marie et Joseph jusqu'à l'âge de trente ans, et la vie publique qu'il a menée pendant les trois ans qu'il employa à prêcher son évangile.


1° Considérez la vie admirable que Jésus, Marie et Joseph ont menée à Nazareth après leur retour d'Égypte jusqu'à la trentième année de Notre-Seigneur. Cette vie était inconnue et paraissait méprisable aux hommes ; mais elle était connue de Dieu et faisait l'objet de l'admiration des Anges. Jésus, Marie, Joseph vivaient dans la plus parfaite union, ils ne faisaient qu'un cœur et qu'une âme, ils priaient et travaillaient ensemble ; ils étaient sur la terre une image de la Trinité qui est dans le Ciel ; Jésus, tout Dieu qu'il était, était soumis à la sainte Vierge et à saint Joseph.


Honorons, bénissons cette vie sainte que Jésus, Marie, Joseph ont menée sur la terre ; offrons-la à Dieu pour expier la vie criminelle que nous avons menée jusqu'ici ; offrons-la pour les maris, les épouses et les enfants chrétiens, afin qu'ils se forment sur ces beaux modèles de Jésus, Marie, Joseph. Demandons à Dieu que la paix, la concorde, la piété règnent dans les familles chrétiennes, comme elles ont régné dans la Sainte Famille. Offrons les travaux de Jésus et de Joseph pour tous les artisans, les ouvriers et les personnes qui vivent dans les travaux, afin qu'ils les unissent à ceux de Jésus et de Joseph et qu'ils apprennent à les sanctifier par la patience, la prière et la droiture d'intention. Unissons-nous de cœur et d'esprit, d'intention et d'affection à Jésus, Marie, Joseph : prions, travaillons, souffrons, agissons, vivons et mourons avec Jésus, Marie et Joseph : Notre Père...


2° Considérez que Jésus à l'âge de trente ans est baptisé par saint Jean dans le fleuve Jourdain ; il sanctifie les eaux pour en faire la matière du baptême. Le Père éternel fait entendre sa voix du Ciel, et dit : Voilà mon Fils bien-aimé ; le Saint-Esprit descend sur Jésus en forme de Colombe. Voilà le mystère de la sainte Trinité distinctement révélé, et c'est une image de ce qui se fait dans le baptême. On y nomme les trois Personnes divines, dont l'expression constitue la forme de ce sacrement : " Je te baptise au Nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit " ; on verse de l'eau : voilà la matière. Et le Père adopte le baptisé pour son Fils, le Fils le reconnaît pour son Frère et son Cohéritier, le Saint-Esprit habite en lui comme dans son Temple.


Remercions Dieu de la grâce du baptême, conservons-la ou recouvrons-la par la pénitence si nous l'avons perdue par le péché, renouvelons les vœux de notre baptême, soyons fidèles à les observer, et demandons pour les néophytes les dispositions convenables pour bien recevoir ce sacrement : Notre Père...


3° Considérez que Jésus, après son baptême, se retire dans le désert, où il jeûne quarante jours et quarante nuits pour se préparer à la tentation et à la prédication de l'évangile. Il nous apprend par son exemple à fuir le monde, à aimer la retraite et à nous préparer par le recueillement à l'exécution des bonnes œuvres que Dieu demande de nous.


Honorons la mortification de Jésus-Christ et l'austérité de la vie qu'il a menée dans le désert pour expier notre sensualité, nos intempérances, notre délicatesse et nos dissipations ; fuyons le monde ; aimons la solitude et le silence pour nous entretenir avec Dieu ; jeûnons exactement le Carême à l'imitation de Notre-Seigneur ; et observons de même tous les jeûnes et les abstinences prescrites par l'Église, et ceux que l'esprit de mortification et de pénitence nous inspirera : Notre Père...


4° Considérez que Jésus, après avoir jeûné quarante jours, veut bien, par un effet de sa bonté, être tenté par le démon pour nous mériter la grâce de le vaincre, et nous apprendre par son exemple la manière de le combattre.


Demandons à Dieu la force de surmonter les attaques du démon, les aiguillons de la chair et la corruption du monde ; préparons-nous à la tentation par la prière, le jeûne, ma mortification et la participation des sacrements ; évitons les occasions du péché ; dans la tentation humilions-nous, recourons à Dieu, faisons des efforts pour la surmonter en renonçant à l'attrait du plaisir et en pratiquant des actes et des vertus contraires ; après la tentation, remercions Dieu de nous en avoir délivrés ; si nous avons eu le malheur d'y succomber, relevons-nous promptement de notre chute ; soyons plus vigilants, plus fermes contre les tentations à venir ; prions pour les personnes tentées : Notre Père...


5° Considérez que Jésus commence la prédication de son évangile en exhortant les hommes à se convertir, à faire pénitence, à mépriser le monde, à chercher le Ciel, à préférer le salut à tout le reste.


Méditons bien ces grandes vérités ; convainquons-nous de l'importance et de la nécessité du salut ; mettons cette première affaire avant toutes les autres ; travaillons-y sans délai et sans relâche ; tendons à notre fin ; nous sommes créés pour Dieu ; rapportons tout à sa gloire et à notre sanctification. Que sert à l'homme de gagner tout l'univers, s'il vient à perdre son âme, Ainsi prenons une ferme résolution de la sauver à quel prix que ce soit, et demandons-en la grâce au Seigneur : Notre Père...


6° Considérez que Jésus-Christ, voulant établir son Église, choisit saint Pierre pour en être le chef, et les autres apôtres pour en être les colonnes ; il choisit pour ses disciples de pauvres pécheurs pour nous faire voir qu'il préfère la pauvreté aux richesses, pour condamner la préférence que nous faisons en mille occasions des riches aux pauvres, et pour faire éclater la force de sa grâce dans le changement admirable qu'il va opérer dans ces hommes faibles, ignorants et grossiers en leur donnant une science sublime, une sagesse et une force surnaturelle qui confondra les savants, les sages et les puissances du monde, et qui convertira l'univers entier.


Bénissons Jésus-Christ dans le choix qu'il a fait des Apôtres, prions-le de donner à son Église des Pasteurs selon son cœur ; prions pour le Chef et les Pasteurs de l'Église, pour tous les Ordres et les États qui la composent; supplions Notre-Seigneur de nous mettre au rang de ses Disciples et au nombre de ses Élus : Notre Père...


7° Considérez que Jésus-Christ prouvait la Divinité de sa Mission et la vérité de sa Doctrine par le témoignage des Prophéties qui s'accomplissaient en lui et par les miracles éclatants qu'il opérait en chassant les démons, en guérissant les malades, en rendant la vue aux aveugles, l'ouïe aux sourds, et la vie aux morts.


Croyons fermement les Mystères de notre Religion, que Jésus nous a enseignés et qu'il nous enseigne par son Église, à qui il a promis l'infaillibilité ; remercions-le de nous avoir révélé des Mystères si sublimes et une doctrine si sainte ; conformons-y notre conduite ; prions Notre-Seigneur, qui est notre véritable Médecin, d'opérer sur nos âmes d'une manière invisible des miracles et des prodiges comme il en opérait sur les corps dans le temps de sa vie mortelle ; demandons qu'il chasse le démon de notre cœur s'il y habite par le péché ; demandons qu'il ressuscite nos âmes à la grâce, qu'il guérisse toutes nos maladies spirituelles, qu'il change nos vices en vertus, notre orgueil en humilité, notre amour-propre en haine de nous-mêmes, notre avarice en libéralité, notre gourmandise en sobriété, notre colère en patience et en douceur, notre paresse en diligence et en ferveur : Notre Père...


8° Considérez que Jésus-Christ dans sa conduite nous a donné l'exemple de toutes les vertus et un parfait modèle d'une vie chrétienne. Il prêchait le jour, il passait les nuits en prières, il employait ainsi utilement tout le temps de sa vie à faire la volonté de Dieu son Père, à procurer sa gloire et le salut des hommes.


Offrons à Dieu la sainteté de la vie de Jésus pour expier notre vie criminelle ; offrons les vertus, les prières et les bonnes œuvres de Jésus-Christ pour réparer ns vices, nos omissions et nos distractions ; offrons la droiture des intentions et la pureté des affections de Jésus pour réparer la perversité de nos intentions et la corruption de nos affections ; offrons le saint usage que Jésus-Christ a fait du temps pour réparer le mauvais usage et la perte que nous en avons faits, car tout le temps que nous n'avons pas employé pour Dieu et pour notre salut est un temps perdu ; demandons à Dieu la grâce d'imiter Jésus-Christ notre divin modèle, d'employer saintement le reste de notre vie en remplissant tous les devoirs de notre état, priant sans cesse, faisant en tout la volonté de Dieu, pratiquant toutes sortes de bonnes œuvres, n'ayant en tout ce que nous faisons d'autres vues ni d'autres intentions que la plus grande gloire de Dieu, notre sanctification, l'édification du prochain et le salut de nos âmes : Notre Père...


9° Considérez que Jésus-Christ, malgré une vie si sainte et une conduite si irréprochable fut néanmoins toujours en but à l'envie et à la contradiction des méchants, ainsi que le bienheureux vieillard Siméon l'avait prédit à la sainte Vierge quand elle le présentait au Temple. Jésus-Christ ne reçut de la part des hommes que de l'ingratitude pour ses bienfaits, la haine des méchants pour l'amour qu'il leur portait, des censures et des reproches pour sa doctrine, des blasphèmes pour ses miracles, des injures et des malédictions pour les faveurs et les bénédictions qu'il répandait partout où il passait, et enfin la mort pour la vie éternelle qu'il venait nous mériter et nous procurer. Cependant, malgré tant de contradictions et de persécutions, il continua à prêcher son évangile, à soulager et guérir les pauvres et les malades, à convertir les pécheurs et à combler ses ennemis mêmes et ses persécuteurs de toutes sortes de bienfaits.


Imitons le Sauveur, ne nous lassons pas de faire le bien malgré les discours du monde, malgré les contradictions des méchants, malgré les difficultés que nous rencontrons dans nos petites entreprises ; n'attendons pas notre récompense en cette vie mais dans l'autre. Demandons à Dieu cette confiance et cette persévérance dans le bien jusqu'au dernier soupir de notre vie : Notre Père...


10° Considérez que Jésus-Christ ayant fait la Cène lava les pieds à ses Apôtres et institua l'eucharistie comme sacrifice et comme sacrement : comme Sacrifice pour s'offrir tous les jours et à chaque heure du jour [Quand il est midi ici, il est minuit ailleurs ; ainsi on dit la Messe à chaque heure du jour. Note de l'auteur] à Dieu son Père jusqu'à la fin du monde, et lui procurer une gloire infinie dans la célébration de la Messe, et comme Sacrement pour se donner à nous et nourrir nos âmes de sa chair adorable et les abreuver de son sang précieux dans la sainte Communion.


Remercions Jésus-Christ de son immense charité ; demandons-lui la grâce d'avoir un profond respect, une tendre dévotion pour le Saint-Sacrement ; allons souvent le visiter ; entendons tous les jours la Messe ; offrons à Dieu toutes les Messes qui se sont dites, et qui se diront jusqu'à la fin du monde ; demandons de recevoir avec le Sacrement les fruits et les effets merveilleux qu'il contient. Rendons grâces à Dieu de toutes les bonnes communions, et faisons-lui amende honorable de toutes communions indignes qui se sont faites depuis celle de Judas, et de toutes les irrévérences qui se sont commises dans les Églises ; récitons à cette intention la plus excellente de toutes les prières : Notre Père...


Offrande de la seconde dizaine


Recevez, Seigneur, ce second dizain que nous venons de réciter à l'honneur de la vie cachée et publique du Sauveur. Nous vous offrons particulièrement la vie cachée et laborieuse que Jésus a menée en travaillant avec saint Joseph du métier de charpentier, pour tous les laboureurs, les artisans ; les personnes du travail. Et nous vous offrons la vie publique de Jésus-Christ pour tous ceux qui sont engagés par état dans les offices publics, surtout pour les Pasteurs, les Prédicateurs, les Confesseurs et les Ministres de l'Église, et ensuite pour le Roi, les Magistrats et les Juges, afin que, suivant les exemples du Sauveur, tous concourent à procurer la gloire de Dieu et le salut des âmes en remplissant fidèlement les devoirs de leur état, en faisant le bien, en empêchant le mal, en servant Dieu, en édifiant le prochain, en se sanctifiant eux-mêmes.


Offrons la vie toute sainte, toute divine, toute surnaturelle que Jésus a menée sur la terre pour expier la vie inutile, toute humaine, charnelle, sensuelle, animale, que nous avons menée jusqu'ici. Offrons la vie intérieure de Jésus pour expier notre vie dissipée, et demandons la grâce d'en mener désormais une intérieure pour honorer l'intérieur de Jésus. Offrons la vie extérieure de Jésus pour réparer notre vie criminelle et scandaleuse ; demandons la grâce de mener une vie réglée et édifiante pour imiter la vie extérieure de Jésus. En un mot offrons à Dieu tout ce que Jésus-Christ a fait, dit et pensé pendant les trente-trois ans qu'il a été sur la terre pour expier tout le mal que nous avons fait, et suppléer à tout le bien que nous avons commis depuis que nous sommes au monde : Notre Père...

Troisième partie

Pour honorer la mort et la passion de Jésus-Christ et demander que Dieu nous applique le mérite de ses souffrances, qu'il nous fasse la grâce de compatir à ses douleurs, de détester nos péchés, qui en sont la cause, de porter la Croix, de nous y attacher avec lui, de souffrir et mourir pour lui.


1° Considérez que Jésus après la Cène va au Jardin des Olives où il prie pendant trous heures ; il est saisi de crainte, accablé de tristesse et d'ennui à la vue de nos péchés qui se présentent à ses yeux, et qui, comme un torrent impétueux, inondent son âme. Son cœur en est si pénétré de douleur qu'il tombe en défaillance et dans une agonie mortelle dans laquelle il sue le sang.


Offrons à Dieu ces trois peines intérieures que Jésus-Christ a voulu souffrir pour expier les péchés intérieurs que nous faisons par les trois facultés de notre âme, l'entendement, la mémoire, et la volonté, et pour sanctifier nos peines intérieures, purifier notre intérieur, et nous mériter une contrition intérieure, une vie intérieure, des vertus intérieures. Acceptons donc l'ennui, la tristesse, la crainte, les chagrins, les désolations, et toutes les peines extérieures à l'honneur de celles de Jésus-Christ. Unissons-les à celles de Jésus-Christ, détestons nos péchés jusqu'à en avoir le cœur brisé de douleur, acceptons et buvons avec Jésus-Christ le Calice de sa Passion ; disons comme lui : " Mon Dieu, si ce Calice ne peut passer sans que je le boive, que votre volonté soit faite et non la mienne " (Mt 26, 39) : Notre Père...


2° Considérez que, le moment des souffrances extérieures de Jésus étant arrivé, il se lève, il va au-devant de ses ennemis, il se livre à eux pour nous apprendre qu'il est permis de sentir sa faiblesse dans le temps où l'on prend ses résolutions, mais qu'il fait s'armer de force dans le temps où il s'agit de les mettre en exécution et que, quand le moment fixé dans les décrets de Dieu est arrivé pour faire ou souffrir quelque chose pour sa gloire et le salut des âmes, il faut vaincre et surmonter nos craintes et nos répugnances, aller courageusement au combat, ne pas fuir le Croix, mais aller au-devant et l'accepter de la main de Dieu qui nous la présente. Demandons-en la grâce au Seigneur.

Une troupe de gens armés conduite par Judas s'approche de Jésus ; il les terrasse d'une seule parole en leur demandant, " Qui cherchez-vous ? ". " C'est ", répondent-ils, " Jésus de Nazareth ". " C'est moi ", leur dit le Sauveur, " me voilà,... mais laissez mes Disciples " (Jn 18, 4-5, 8).


Admirons la puissance et la sagesse de Dieu, qui met des bornes à la malice des hommes et qui dirige tous les événements à l'accomplissement de ses desseins. Jésus se livre à ses ennemis parce que c'était son heure. Sa mission était finie ; mais il ne permet pas qu'ils prennent ses disciples, parcequ'ils avaient encore du monde à convertir ; ils abandonnent donc le Sauveur et le laissent seul entre les mains de ses ennemis. Demandons la grâce de demeurer fidèles à Dieu dans les épreuves et de ne le quitter jamais par le péché : Notre Père...


3° Considérez que Judas, possédé par le démon de l'avarice, vend son Maître et son Dieu pour trente deniers ; il le trahit par un baiser. Voilà où aboutit une passion ménagée. Elle conduit aux plus affreux désordres. Ainsi, étouffons nos passions naissantes, détestons l'avarice, ayons horreur d'une Confession et d'une Communion sacrilèges, dont la trahison de Judas est l'image, car celui qui communie indignement trahit Jésus-Christ par un perfide baiser, et il le livre, non plus aux juifs comme Judas mais au démon qui habite dans son cœur. Jésus reçoit avec bonté le baiser de Judas ; il l'appelle son ami pour nous apprendre à regarder et à traiter nos ennemis comme nos meilleurs amis. Les juifs mettent leurs mains profanes sur Jésus-Christ ; ils le lient, et par ses liens il nous délivre de l'esclavage et de la captivité du démon et du péché. On conduit le Sauveur comme un criminel devant quatre tribunaux ; il reçoit partout des insultes, des outrages et des mauvais traitements.


Suivons Jésus dans sa Passion, baisons ses pas, adorons le Sang qu'il répand partout, prenons part à ses ignominies et à ses souffrances. Disons à cette intention : Notre Père...


4° Considérez que Jésus, livré à la fureur de ses ennemis, passa la plus triste nuit ; il fut accusé par de faux témoins, jugé et condamné à mort ; puis une troupe effrénée de soldats et de domestiques l'environne de toutes parts comme un essaim d'abeilles - c'est l'expression de l'écriture : sicut apes (Ps 117, 12) - ; chacun l'outrage et l'insulte ; on lui crache au visage, on lui met un bandeau sur les yeux, il est rassasié d'opprobres, mais on ajoute la cruauté et la barbarie à l'insulte : on lui donne des soufflets et des coups de poing ; on le jette par terre ;  on le foule aux pieds ; et au milieu de tous ces indignes traitements le Sauveur est comme un agneau ; il n'ouvre pas la bouche pour se plaindre, il souffre tout avec une douceur, une patience inaliénable, et il est prêt à en souffrir mille fois davantage pour nous et pour ses ennemis eux-mêmes.


Offrons à Dieu tout ce que Jésus-Christ a souffert pendant cette cruelle nuit pour expier tous les crimes, les débauches, les impuretés qu'on commet dans les ténèbres de la nuit ; apprenons de l'exemple du Sauveur à souffrir les opprobres et les tourments avec patience et résignation, et à garder le silence dans les croix. Disons pour obtenir cette grâce : Notre Père...


5° Considérez que Jésus-Christ, après avoir ainsi passé la nuit dans les tourments, est conduit, toujours enchaîné comme un criminel, au prétoire de Pilate. On l'accuse, on le calomnie de nouveau. Pilate le renvoie à Hérode ; il reçoit de la populace de nouveaux outrages en passant dans les rues de Jérusalem. Il parait devant Hérode ; il y est traité comme un insensé, et il nous mérite par cette folie apparente la vraie sagesse. Il retourne à Pilate. On lui ôte ses vêtements ; on l'attache à un poteau ; on lui fait souffrir la plus cruelle et la plus sanglante flagellation pour expier les plaisirs charnels que les impudiques prennent dans une chair impure : la chair virginale du Sauveur est déchirée de coups et mise en lambeaux ; après un supplice si barbare on en ajoute un plus ignominieux et aussi cruel : les soldats s'assemblent autour du Sauveur, et pour tourner sa Royauté en dérision, ils en font un Roi de théâtre, ils lui mettent une couronne d'épines à la place du diadème, un roseau à la main pour sceptre, et un manteau d'écarlate pour son manteau royal ; puis ils se prosternent devant lui, le saluent, lui donnent des soufflets ; et, frappant sa tête du roseau qu'il tenait en main, ils lui enfoncent la couronne d'épines dans le crâne.


Offrons à Dieu la flagellation du Sauveur pour satisfaire à sa justice et pour détourner de dessus nos têtes les fléaux de sa colère. Adorons toutes les plaies dont le corps de Jésus a été couvert ; demandons qu'il guérisse par ces plaies sacrées toutes les plaies que le péché a faites à notre âme ; adorons aussi le chef de Jésus couronné d'épines et portons avec lui la couronne d'épines sur la terre pour mériter la couronne de gloire dans le Ciel. Récitons dans ces intentions la prière du Seigneur : Notre Père...


6° Ce fut donc par une providence divine que Notre-Seigneur dans sa Passion même fut reconnu Roi, couronné Roi, salué Roi et proclamé Roi, car Pilate, montrant notre divin Sauveur dans l'état pitoyable où la flagellation l'avait réduit et portant la couronne d'épines qui était si profondément enfoncée qu'on ne put plus l'ôter de dessus sa tête, Pilate dit aux juifs : " Voilà votre Roi. Lequel des deux voulez-vous que je délivre, Barabbas ou Jésus ? " (Jn 18, 39). Ô cœurs, soyez dans l'étonnement ! Le Dieu du Ciel, le Saint des Saints est mis en parallèle avec un infâme voleur ; et on préfère même ce voleur, cet homicide, au Souverain Maître de l'univers. Oui, le Sauveur a voulu souffrir cette humiliation pour nous faire sentir l'injure infinie que nous faisons à Dieu lorsque nous lui préférons la créature. Oui, toutes les fois que nous commettons un péché mortel nous préférons la créature au Créateur, le néant à l'Être suprême, un vil intérêt, un plaisir d'un moment, une infâme passion, à un Dieu infini en toutes les perfections ; et c'est pour réparer cette injure que Jésus-Christ a voulu recevoir l'humiliation infinie de se voir postposé à Barabbas.


Humilions-nous à cette vue jusqu'à la profondeur de notre néant, pour honorer Jésus si profondément abaissé ; mettons-nous au-dessous de toutes les créatures ; réjouissons-nous de voir que Jésus-Christ ; qui a été ainsi profondément humilié dans sa Passion, est maintenant élevé au-dessus des Anges et des Archanges, assis sur le trône de Dieu même, recevant les honneurs divins : Dignus est Agnus... accipere divinitatem (Ap 5,12). Demandons la grâce d'avoir pour lui un amour de préférence dans notre estime et notre attachement, qui nous fasse plutôt renoncer à tout, sacrifier tout que de l'offenser et que de perdre sa grâce et son amour. Récitons pour cela l'oraison qu'il nous a lui-même enseignée : Notre Père...


7° Considérez que Pilate, reconnaissant l'innocence de Jésus et l'envie des juifs, cède à leurs instances par faiblesse et par crainte de l'Empereur et de perdre sa charge ; il se lave les mains devant tout le peuple et proteste qu'il est innocent du sang de ce juste. Pilate en tout cela a sacrifié la justice au respect humain, à la crainte, et c'est en cela qu'il a péché ; et quoique son crime soit moins grand que celui des juifs, il est cependant mortel : ainsi les péchés de faiblesse, en matière considérable, suffisent pour nous damner. Pilate trahit la justice pour conserver ses intérêts temporels ; mais par un juste châtiment de Dieu il a perdu tout à la fois, et le temporel et le spirituel. C'est ainsi que bien des chrétiens se damnent par faiblesse, par respect humain ; pour ménager la faveur des hommes et leurs intérêts temporels ils sacrifient les intérêts de Dieu et de ceux de leur conscience ; cependant ils veulent se justifier aux yeux des hommes comme Pilate ; mais ils seront condamnés au Tribunal de Dieu.


Prémunissons-nous contre ces dangers, ne faisons jamais rien contre notre conscience et notre devoir. Pilate livre donc Jésus aux juifs pour être crucifié ; on le conduit à la Croix ; il l'envisage avec joie comme l'instrument de son triomphe et de notre salut ; il l'embrasse et la charge sur ses épaules, et par là il sanctifie toutes nos croix ; il se charge en même temps d'un fardeau encore plus pesant, qui est celui de nos péchés ; il succombe sous ce double fardeau. On engage Simon à porter la Croix avec lui et après lui, et ainsi qu'il l'avait dit dans son évangile : " Si quelqu'un veut être mon Disciple, qu'il porte sa croix tous les jours de sa vie et qu'il me suive ". La sainte Vierge et une troupe de peuple qui se lamentaient sur le sort du Sauveur l'accompagnent dans ce triste voyage. Joignons-nous à eux, suivons Jésus-Christ, portons sa Croix, portons la nôtre avec lui. C'est la Croix qui nous conduira au Ciel ; acceptons donc de la main de Dieu toutes les croix et les tribulations que sa providence nous envoiera ; unissons-les à la Croix de Jésus ; demandons de faire un saint usage des croix : Notre Père...


8° Considérez que Jésus, étant arrivé à la montagne du Calvaire, est dépouillé de ses vêtements qu'on divise en quatre parts, et on jette un sort sur sa robe, figure de l'Église qui est toujours une, indivisible, quoiqu'elle soit répandue dans les quatre parties du monde. On attache Jésus à la croix au milieu de deux voleurs ; on lui perce les pieds et les mains avec des clous meurtriers ; il prie pour ses bourreaux. Prions pour nos ennemis ; attachons-nous à la Croix, et mourons sur la Croix avec Jésus ; rendons-lui amour pour amour, et vie pour vie, et sang pour sang. Jésus est élevé en croix et il attire tout à lui par la force et la vertu de sa croix ; on renouvelle ses plaies et ses tourments par les secousses qu'on lui donne en plantant et en fixant la croix. Prions-le de renouveler tout en nous, et renouvelons souvent nos intentions et nos résolutions. Jésus élevé en croix se voit abandonné de Dieu et des hommes ; son Père le livre pour l'amour de nous à ses ennemis, à la mort et aux tourments ; et les hommes, loin de l'assister dans ses peines, insultent à son malheur. Apprenons à souffrir un abandon total et une désolation universelle ; attendons-nous à être abandonnés des hommes, de nos amis et même de nos parents ; mais qu'importe que tout le monde nous abandonne, pourvu que Jésus soit toujours avec nous. Prions Marie, qui n'a pas abandonné Jésus, de nous assister dans nos tribulations et nos tentations. Jésus ainsi élevé en croix entre le Ciel et la Terre faite l'office de médiateur entre Dieu et les hommes ; il réconcilie le Ciel avec la Terre ; il souffre pendant trois heures mes tourments les plus horribles ; il verse tout son sang pour effacer nos péchés ; il s'offre à Dieu son Père comme une victime d'expiation pour le salut du genre humain ; il prie sans cesse pour nous ; il souffre d'une soif horrible, et on ne lui donne que du fiel et du vinaigre, qu'il prend pour expier notre sensualité ; mais il est brûlé d'une autre soif encore plus ardente. C'est le désir de notre salut qui le consume.


Offrons à Dieu tous les tourments que Jésus a soufferts pendant les trois heures qu'il est demeuré attaché à la Croix pour obtenir les grâces du salut pour nous et pour tout l'univers, car il a souffert et il est mort pour tous les hommes. Comprenons quelle est l'excellence d'une âme rachetée au prix du sang d'un Dieu. Faisons donc tous nos efforts pour sauver notre âme à quelque prix que ce soit ; quoi qu'il nous en coûte il faut la sauver ; et puisque Jésus-Christ nous a rachetés à un si haut prix, nous ne sommes plus à nous ; nous lui appartenons ; il s'est acquis un nouveau droit sur nous. Nous ne devons donc plus vivre pour nous, mais uniquement pour lui ; soit que nous vivions, soit que nous mourions, nous sommes à Jésus-Christ et nous devons vivre et mourir pour lui. Prions le Seigneur de nous accorder toutes ces grâces qu'il nous a méritées par tant de souffrances ; adorons Jésus éleva en croix versant son sang et souffrant les plus cruels tourments : Notre Père...


9° Considérez que Jésus-Christ, au milieu de si horribles tourments, pensait à chacun de nous ; il offrait ses souffrances pour nous, nous aimant en quelque sorte plus que lui-même, puisqu'il se sacrifie pour nous ; il souffre pour nous délivrer des supplices éternels, pour nous rendre heureux ; il subit la mort pour nous donner la vie. Les spectateurs de son supplice l'insultent et le chargent de malédiction : " Il a sauvé les autres ", disent-ils en branlant la tête, " et il ne peut se sauver lui-même ". Mais Jésus, en se chargeant de la malédiction de nos péchés, nous a mérité les bénédictions célestes, et il a changé la malédiction des juifs en bénédictions pour les chrétiens. Le Sauveur voit sa sainte Mère et son Disciple bien-aimé aux pieds de la croix ; il lui adresse la parole en lui montrant son Disciple, et lui dit, " Femme, voilà votre Fils ". Puis, adressant la parole à Jean, il lui dit, " Voilà votre Mère " (Jn 19, 26-27). Jésus-Christ nous engendre sur la croix ; il nous donne son Père pour être notre Père, et sa Mère pour être notre Mère. Nous voilà donc enfants de Dieu et de Marie, frères de Jésus-Christ et ses cohéritiers : quelle faveur ! Lorsque Jésus fut crucifié le soleil s'obscurcit, la terre trembla, les pierres se fendirent, les tombeaux s'ouvrirent, les morts ressuscitèrent ; mais ce ne fut qu'après la Résurrection du Sauveur. Ainsi toute la nature dans sa consternation était sensible à la mort de son Créateur. Si nous n'en sommes pas touchés, notre cœur est plus dur que les rochers qui s'entrouvrirent. Tous ces prodiges attestaient la divinité de Jésus-Christ, la sainteté de sa vie et le triomphe de sa mort. Car c'est en mourant qu'il a vaincu les démons, le monde et la chair. Mais voici un miracle plus grand que tous ceux-là, c'est que les pécheurs et les plus grands pécheurs se convertissent à la mort de Jésus-Christ. Un voleur attaché à la croix est changé à l'instant ; il se repent de ses crimes ; il les expie par son supplice ; il attend le Royaume à venir ; dans cette espérance il s'adresse au Sauveur du monde : " Seigneur ", lui dit-il avec confiance, " souvenez-vous de moi quand vous serez dans votre Royaume " (Lc 23, 42). Le Centurion et plusieurs autres témoins de toutes ces merveilles se frappent la poitrine, se convertissent, et deviennent des saints. Ainsi Jésus en mourant ébranle les Cieux et fait trembler la terre. Et, ce qui est plus admirable encore, il convertit les plus grands pécheurs et ses ennemis mêmes. N'est-ce pas là mourir en Dieu ? Jésus avant d'expirer jette un grand cri en disant : " Tout est consommé. Mon Père, je remets mon âme entre vos mains " (Lc 23, 46).


Adorons Jésus mourant, mettons toute notre confiance en ses mérites, unissons-nous à la sainte Vierge et aux Saints qui ont assisté à sa mort pour compatir à ses souffrances, acceptons l'agonie et la mort pour honorer celles de Jésus-Christ, et demandons la plus importante de toutes les grâces, qui est celle d'une bonne mort. Récitons à cette intention la plus parfaite de toutes les prières : Notre Père...


10° Considérez que la mort de Jésus-Christ s'est consommée dans la nature humaine, l'âme séparée de son corps ; et ce fut Jésus-Christ lui-même qui sépara son âme d'avec son corps ; et c'est dans la séparation des trois parties de la nature humaine que consiste la mort du Sauveur ; et c'est dans la réunion de ces trois parties que consiste sa Résurrection. Mais dans le temps de la mort de Jésus-Christ la Personne et la nature divines demeurèrent toujours unies à l'âme qui était descendue dans les Limbes, et au corps qui était dans le Tombeau, et au sang répandu aux pieds de la croix. Pour que la mort du Sauveur fut incontestable et sa Résurrection indubitable, Dieu permit qu'un soldat lui perça le côté d'une lance, et il en sortit du sang et de l'eau, Mystère figuré par Adam et Ève. Adam dans son sommeil est l'image de Jésus mort sur la croix ; le côté d'Adam ouvert et Ève formée d'une de ses côtes figurent le côté de Jésus percé et l'Église son épouse formée par la vertu du sang et de l'eau qui en sont sortis. Mettons nos péchés au pied de la croix et demandons qu'une goutte de son sang les efface, nous lave et nous purifie de toutes nos iniquités. Le cœur de Jésus ouvert nous invite à y entrer pour puiser comme dans un trésor inépuisable toutes les grâces du salut. L'âme de Jésus qui descend dans ces cachots où étaient détenues les âmes de l'ancien testament qui soupiraient après la venue du Rédempteur, nous apprend à descendre en esprit en Purgatoire pour soulager et délivrer par nos suffrages et nos bonnes oeuvres les âmes fidèles qui y sont détenues. Le Corps de Jésus dans le Tombeau nous montre comme nous devons mourir au péché, au monde et à nous-mêmes par un entier détachement de tout, de sorte que nous soyons comme un mort, indifférents pour tout ce qui n'est pas Dieu ou ne conduit pas à Dieu, insensibles à toutes les choses du monde. Le sang de Jésus répandu nous exhorte à verser le nôtre pour l'amour de celui qui a versé le sien pour nous, et crie bien plus efficacement que celui d'Abel, et ses cris s'élèvent jusqu'au Ciel pour demander vengeance contre les juifs qui l'ont versé, et contre les chrétiens qui le profanent tous les jours et le foulent aux pieds par leurs crimes et leurs sacrilèges, et il demande grâce et miséricorde pour les pécheurs pénitents.


Offrons sans cesse le sang de Jésus-Christ, surtout à la Messe, à l'élévation du Calice pour effacer nos péchés, pour satisfaire à la justice divine et obtenir ses miséricordes. Ô mon Sauveur, je vous adore et vous aime dans le Tombeau ; je m'y renferme avec vous ; je ne veux plus que le monde me voit ; je ne veux plus me voir moi-même ; je descends dans les ténèbres et la poussière du Tombeau ; je ne suis plus du monde des vivants ; je veux mourir et m'ensevelir avec Jésus-Christ. Ô hommes, oubliez-moi ; foulez-moi aux pieds. Je suis mort au monde, et ma vie est cachée avec Jésus-Christ en Dieu : Notre Père...


Offrande de la troisième Dizaine


Recevez, Seigneur, par les mains de la sainte Vierge qui est demeurée debout aux pieds de votre croix avec une force intrépide, recevez ce troisième dizain que nous venons de réciter à l'honneur de votre Mort et Passion. Accordez-nous la grâce d'avoir toute notre vie une dévotion sincère, tendre et affectueuse envers votre sainte Mort et Passion et envers vos cinq plaies et votre précieux sang, et de l'inspirer aux autres. Faites-nous la grâce de méditer souvent votre douloureuse Passion, de la graver profondément dans notre esprit et dans notre cœur, d'y mettre toute notre confiance et de souffrir patiemment toutes sortes de peines pour l'honorer ? Pour suppléer à la dureté de notre cœur nous vous offrons les sept douleurs de votre sainte Mère, et nous y joignons toutes les pieuses affections que saint Jean, sainte Madeleine ont ressenties aux pieds de la croix lorsqu'ils furent témoins de vos douleurs. Nous y ajoutons encore toues les sentiments de dévotion, de reconnaissance et de compassion que tous les Saints et toutes les Saintes qui ont été le plus touchés de vos souffrances ont éprouvés en les méditant ; Père éternel, nous vous offrons votre cher Fils agonisant dans le jardin des Olives, accusé par des faux témoins, condamné par des juges iniques, livré à la fureur d'une troupe de soldats, couvert d'ignominie et d'opprobres, dépouillé de ses vêtements, attaché à un poteau, cruellement flagellé, couronné d'épines, postposé à Barabbas, montant sur le Calvaire chargé de sa croix, étendu, attaché, élevé et suspendu sur la croix, rassasié de fiel et de vinaigre, versant son sang pour le salut du genre humain, enfin mourant et expirant dans les plus affreux tourments ! Jetez les yeux sur votre cher Fils et ne permettez pas que tant de souffrances qu'il a endurées pour notre salut deviennent inutiles par notre faute. Accordez-nous toutes les grâces qu'il nous a méritées pour cette vie et la félicité éternelle pour l'autre.


Gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit...

Nous allons réciter les trois dernières Oraisons Dominicales à l'honneur de la Résurrection, de l'Ascension de Jésus-Christ, et de la Descente du Saint-Esprit sur les Apôtres.


1° Considérez que Notre-Seigneur avait prédit non seulement sa mort, mais sa Résurrection le troisième jour. Cela était si public que les juifs et Pilate le savaient. Ce fut pour éviter toute surprise qu'on mit une garde sur son tombeau, qu'on scella le sépulcre, qu'on y roula une grosse pierre pour en empêcher l'entrée. La Providence permit tout cela pour qu'on ne pût soupçonner aucune entreprise pour enlever le Corps de Jésus. Et quelle apparence que les Disciples, consternés par la mort de leur Maître, fussent venus affronter des soldats armés, eux qui l'avaient abandonné de son vivant, s'étaient éloignés à la vue d'une troupe de domestiques, et qui l'avaient renié par la crainte d'une servante ? Ce fut donc par un effet de la divine Providence que les juifs prirent tant de précautions ; et ces précautions devinrent autant de preuves contre leur perfidie. Et comme la Résurrection du Sauveur est la base de notre Religion, Dieu voulut qu'elle fût mise dans une évidence qui la rendit incontestable. Trois jours après sa mort, le Sauveur ressuscite comme il l'avait prédit ; il sort glorieux du tombeau ; il paraît pendant quarante jours à ses Disciples. Il mange avec eux pour ne leur laisser aucun doute ; il leur montre ses plaies adorables imprimées dans son corps. Saint Thomas s'écrie en le voyant, " Mon Seigneur et mon Dieu " ; Dominus meus et Deus meus (Jn 20, 28). Un fait assuré par deux ou trois témoins dignes de foi dit être cru sur leur témoignage, et Jésus-Christ apparut dans une seule fois à cinq cents témoins dont la plupart ont versé leur sang pour confirmer la vérité de leur témoignage : quoi de plus raisonnable que de s'en rapporter à des témoins si dignes de foi ! Jésus pendant ces quarante jours confirme la foi de ses Disciples ; il leur donne l'intelligence des écritures ; il leur communique le Saint-Esprit avec le pouvoir de remettre les péchés ; il établit saint Pierre chef de l'Église pour tenir sa place et gouverner le troupeau.


Honorons ces quarante jours que Jésus est demeuré sur la terre après sa Résurrection en menant une vie ressuscitée, une vie sainte, surnaturelle, détachée, stable et persévérante dans le bien. Demandons de mourir au péché, de ressusciter à la grâce. Demandons que Jésus-Christ par la vertu de sa Résurrection renouvelle tout en noue, qu'il crée en nous un cœur nouveau, un esprit nouveau, des sentiments nouveaux, une vie nouvelle. Récitons à cette intention la prière qui lui est le plus agréable : Notre Père...


2° Considérez que Jésus-Christ ayant passé quarante jours avec ses Disciples sur la terre et les avoir convaincus de la vérité de sa Résurrection par des preuves indubitables, in multis argumentis (Ac 1, 3), il les conduit sur le mont des Olives ; il leur donne la mission pour aller prêcher l'évangile à toutes les nations ; il leur promet le Saint-Esprit, les bénit, et monte au Ciel en leur présence. Transportons-nous en esprit sur la montagne des Oliviers, adorons Jésus montant au Ciel, demandons-lui sa bénédiction, contemplons-le des yeux de l'esprit, et suivons-le des affections du cœur. Gravons dans notre souvenir ces consolantes paroles qu'il adressa à ses Apôtres en les quittant, " Voilà que je suis avec vous jusqu'à la consommation des siècles " (Mt 28, 20). Jésus est avec nous dans le Saint-Sacrement ; il est avec nous par sa grâce ; il est avec son Église par une assistance continuelle. Ainsi, loin de nous affliger de l'absence corporelle de Jésus-Christ, réjouissons-nous de sa présence invisible ; applaudissons à son triomphe. Il va nous ouvrir les portes du Ciel ; il va prendre possession de son Royaume ; il va s'asseoir à la droite de son Père et nous y préparer une place.


Joignons nos faibles voix à celles des Esprits bienheureux pour chanter son entrée triomphante dans la Jérusalem céleste ; soupirons après le Ciel ; ne regardons plus la terre que comme un exil ; habitons déjà dans le Ciel d'esprit et de cœur ; n'ayons plus de goût pour les choses de la terre ; tournons nos pensées, nos désirs, nos regards, nos affections vers le Ciel. Ô bienheureuse et éternelle Sion où Jésus-Christ règne avec ses Saints, je soupire après vous ! Qui me donnera des ailes comme à la Colombe pour voler te me reposer dans le sein de mon Dieu ? A lui seul soit l'empire, la majesté, la force, la toute-puissance dans les siècles des siècles ! Jésus en quittant ses Apôtres leur dit encore ces paroles d'une tendresse paternelle : " Je ne vous laisserai pas comme des orphelins, je viendrai vous visiter, je vous enverrai l'Esprit consolateur " (Jn 14, 18). Souvenez-vous donc de cette consolante promesse. Venez, ô mon adorable Sauveur, ne nous oubliez pas, ne nous abandonnez pas comme des orphelins, sans consolation dans cet exil et cette vallée de misères ; nous avons par nos crimes mérité une place en enfer, mais par votre pure miséricorde nous espérons au Ciel la place que vous allez nous préparer. Faites-nous la grâce de la mériter : Notre Père...


3° Considérez que Jésus-Christ, voyant la faiblesse des Apôtres, ne voulut pas encore les exposer au combat avant de les avoir fortifiés par les dons du Saint-Esprit. Ils se préparèrent à le recevoir par la retraite et la prière, unis de cœur et d'esprit avec la sainte Vierge que Notre-Seigneur avait laissée pour les consoler de son absence. Le Saint-Esprit, qui est la troisième Personne de la Sainte Trinité, qui procède du Père et du Fils de toute éternité, et qui en procède toujours sans interruption et en procédera pendant tous les siècles, puisqu'il n'y a point de changement en Dieu, cet Esprit divin qui est l'Esprit du Père et du Fils, qui est l'amour du Père et du Fils, Dieu comme le Père et le Fils, et que nous adorons avec le Père et le Fils, et qui est produit par la volonté, au lieu que le Fils l'est par la voie de l'entendement, cet Esprit de vérité descendit du Ciel le jour de la Pentecôte sous le symbole d'un vent impétueux, pour nous faire comprendre que comme l'air et la respiration sont essentiels pour la vie du corps, le Saint-Esprit ne l'est pas moins pour la vie spirituelle et surnaturelle de l'âme. C'est le Saint-Esprit qui nous vivifie dans l'ordre surnaturel de la grâce : vivificantem (1 Co 15, 45). Le vent souffle où il veut ; on le sent sans le voir ; ainsi l'Esprit de Dieu agit invisiblement en nous. Il faut être bien attentif pour discerner ses mouvements, ses inspirations et ses opérations dans les âmes d'avec ceux de la nature et de la passion. Le Saint-Esprit parut encore sous un autre emblème, sous la figure de langues de feu, parce qu'ainsi que le feu éclaire, échauffe et purifie, le Saint-Esprit éclaire les ténèbres de notre esprit de ses lumières, il embrase notre cœur de ses ardeurs, et il purifie notre âme de sa corruption.


Offrons pour obtenir ce divin Esprit, offrons à Dieu les prières de la sainte Vierge et des Disciples renfermés dans le Cénacle. Soupirons après sa venue ; offrons surtout à cette intention les mérites de Jésus-Christ, car c'est Jésus-Christ qui nous l'a mérité par sa Passion ; las Apôtres en ont reçu les prémices; demandons-en les précieux restes. Envoyez donc, ô mon Dieu, ce Consolateur promis qui, nous remplissant des dons de sagesse, d'intelligence, de force, de science, de conseil, de piété, et d'une crainte salutaire, produise en nous ses divins fruits, une charité ardente, une joie toute pure, toute sainte, toute spirituelle et surnaturelle, une paix, une patience et une douceur inaltérable, une bonté véritable et sincère, une courageuse persévérance, une foi ferme et inébranlable envers Dieu, et une probité, une fidélité à toute épreuve à l'égard du prochain, une modestie édifiante, une continence et une sobriété constante, enfin une chasteté et une pureté angélique. Que ce divin dispensateur des grâces joigne par surcroît à toutes celles-ci, toutes les autres qu'il sait nous être nécessaire pour procurer sa gloire et notre salut et celui du prochain : Notre Père...


Offrande des trois dernières oraisons


Recevez, Seigneur, ces dernières et chétives prières que nous venons de réciter à l'honneur de la Résurrection, de l'Ascension de Jésus-Christ, et de la descente du Saint-Esprit. Nous vous les offrons par les mains de la très sainte Vierge, qui a été comblée de joie à votre Résurrection, ravie d'admiration lorsqu'elle fut témoin de votre Ascension, et remplie des dons les plus sublimes du Saint-Esprit au jour de la Pentecôte. Et nous vous prions de nous accorder par son intercession toutes les grâces que nous y avons demandées.


Gloire au Père...


Ceux qui trouveront ceci trop long pourront le diviser selon les temps et les circonstances, par exemple, le premier dizain au temps de l'Avent et de Noël, le second pendant l'année, le troisième vers le temps de la Passion.


Approuvé par Monseigneur Pottier, Évêque d'Agathopolis et Vicaire Apostolique du Sichuan, Province de Chine. Et traduit du Chinois en Français par l'Auteur.

Texte extrait du site http://moye.chez-alice.fr

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