25 mars 2009

Le Carême avec Jean Paul II

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Le Carême avec Jean Paul II

 

26 mars

« Ces oeuvres, Je les fais, et elles témoignent que le Père M'a envoyé. Et le Père qui M'as envoyé, c'est Lui qui M'a rendu témoignage. » (Jean 5: 36-37)

A méditer

« Le dialogue ne peut-être fondé sur l'indifférentisme religieux, et nous avons le devoir, nous Chrétiens, de le développer en offrant le témoignage plénier de l'espérance qui est en nous (1 Pierre 3: 15). Nous ne devons pas craindre que puisse être lésée l'identité de l'autre par ce qui est en fait l'annonce joyeuse d'un don offert à tous et qui doit être proposé à tous dans le plus grand respect de la liberté de chacun: le don de la révélation du Dieu-Amour qui « a tant aimé le monde qu'Il a donné Son Fils Unique. » (Jean 3: 16). »

Novo Millennio Ineute, n° 56

Fioretti

Le Pape est avant tout « Pontife »: médiateur, intercesseur. N'avait-il pas confié à une religieuse de la Clinique Gemelli: « Le monde entier est en droit d'attendre beaucoup du Pape. Donc le Pape ne priera jamais assez. »

« Rire et pleurer avec Jean Paul II », Daniel Ange, Ed. Sarment/Jubilé

Prière

O Christ, Seigneur, Fils Bien-aimé du Père, Ami de l'homme, Maître qui aimes la vie, Tu n'oublies aucune créature. Regarde L'Église, envoie sur elle le Souffle vivifiant et le Feu de Ton Esprit. Marque-là du sceau de l'Esprit Saint, rappelle aux baptisés qu'ils sont membres de Ton Corps. Habite en leurs coeurs par la Foi. Enracine-les et fonde-les dans l'amour. Ouvre-les à la louange de Ta Gloire.

16 mai 1985

Boîte à idée

Aujourd'hui, je n'aurai pas peur d'être un vrai témoin du Christ, par mes paroles et par mes actes.

Texte extrait du hors série de Carême 2009, du magazine « Il est Vivant! »

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Mes Armes

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Mes Armes

Du Tout-Puissant j'ai revêtu les armes,

Sa main divine a daigné me parer ;

Rien désormais ne me cause d'alarmes,

De son amour qui peut me séparer ?

A ses côtés, m'élançant dans l'arène,

Je ne craindrai ni le fer ni le feu

Mes ennemis sauront que je suis reine,

Que je suis l'épouse d'un Dieu.


O mon Jésus ! je garderai l’armure

Que je revêts sous tes yeux adorés ;

Jusqu'au soir de l'exil, ma plus belle parure

Sera mes vœux sacrés.

O Pauvreté, mon premier sacrifice,

Jusqu'à la mort tu me suivras partout ;

Car, je le sais, pour courir dans la lice,

L'athlète doit se détacher de tout.

Goûtez, mondains, le remords et la peine,

Ces fruits amers de votre vanité ;

Joyeusement, moi je cueille en l'arène

Les palmes de la Pauvreté.

Jésus a dit : « C'est par la violence

Que l'on ravit le royaume des cieux. »

Eh bien ! la Pauvreté me servira de lance,

De casque glorieux.

La Chasteté me rend la sœur des Anges,

De ces esprits purs et victorieux.

J'espère un jour voler en leurs phalanges ;

Mais, dans l'exil, je dois lutter comme eux.

Je dois lutter, sans repos et sans trêve,

Pour mon Epoux, le Seigneur des seigneurs.

La Chasteté, c'est le céleste glaive

Qui peut lui conquérir des cœurs.

La Chasteté, c'est mon arme invincible ;

Mes ennemis, par elle, sont vaincus ;

Par elle je deviens, ô bonheur indicible !

L'épouse de Jésus.

L'Ange orgueilleux, au sein de la lumière,

S'est écrié : « Je n'obéirai pas !... »

Moi, je m'écrie en la nuit de la terre

Je veux toujours obéir ici-bas.

Je sens en moi naître une sainte audace,

De tout l'enfer je brave la fureur.

L'Obéissance est ma forte cuirasse

Et le bouclier de mon cœur.

O Dieu vainqueur ! je ne veux d'autres gloires

Que de soumettre en tout ma volonté ;

Puisque l'obéissant redira ses victoires

Toute l'éternité !

Si du guerrier j'ai les armes puissantes,

Si je l'imite et lutte vaillamment,

Comme la vierge aux grâces ravissantes,

Je veux aussi chanter en combattant.

Tu fais vibrer de ta lyre les cordes,

Et cette lyre, ô Jésus, c'est mon cœur !

Alors je puis de tes miséricordes

Chanter la force et la douceur.

En souriant je brave la mitraille,

Et dans tes bras, ô mon Epoux divin,

En chantant je mourrai sur le champ de bataille,

Les armes à la main !

Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus (25 mars 1897)

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L'Annonciation de la Sainte Vierge

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Oraison

O Emmanuel, Dieu avec nous, qui, comme chante votre Eglise, «  ayant entrepris de  délivrer l'homme, avez daigné descendre au sein d'une vierge pour y prendre notre nature », le genre humain tout entier salue aujourd'hui votre miséricordieux avènement. Verbe éternel du Père, ce n'est donc pas assez pour vous d'avoir tiré l'homme du néant par votre puissance ; votre inépuisable bonté vient le poursuivre jusque dans l'abîme de dégradation où il est plongé. Par le péché, l'homme était tombé au-dessous de lui-même; et, afin de le faire remonter aux destinées divines pour lesquelles vous l'aviez formé, vous venez en personne vous revêtir de sa substance, et le relever jusqu'à vous. En vous, aujourd'hui et pour jamais, Dieu se fait homme, et l'homme est fait Dieu. Accomplissant divinement les promesses du sacré Cantique, vous vous unissez à la nature humaine, et c'est au sein virginal de la Fille de David que vous célébrez ces noces ineffables. O abaissement incompréhensible ! ô gloire inénarrable ! l’anéantissement est pour le Fils de Dieu, la gloire pour le fils de l'homme. C'est ainsi que vous nous avez aimés, ô Verbe divin, et que votre amour a triomphé de notre dégradation. Vous avez laissé les anges rebelles dans l'abîme que leur orgueil a creusé; c'est sur nous que votre pitié s'est arrêtée. Mais ce n'est point par un de vos regards miséricordieux que vous nous avez sauvés; c'est en venant sur cette terre souillée, prendre la nature d'esclave, et commencer une vie d'humiliation et de douleurs. Verbe fait chair, qui descendez pour sauver, et non pour juger, nous vous adorons, nous vous rendons grâces, nous vous aimons, rendez-nous dignes de tout ce que votre amour vous a fait entreprendre pour nous.

Nous vous saluons, ô Marie, pleine de grâce, en ce jour où vous jouissez du sublime honneur qui vous était destiné. Par votre incomparable pureté, vous avez fixé les regards du souverain Créateur de toutes choses, et par votre humilité vous l'avez attiré dans votre sein; sa présence en vous accroît encore la sainteté de votre âme et la pureté de votre corps. Avec quelles délices vous sentez le Fils de Dieu vivre de votre vie, emprunter à votre substance ce nouvel être qu'il vient prendre pour notre amour ! Déjà est formé entre vous et lui ce lien ineffable que vous seule avez connu : il est votre créateur, et vous êtes sa mère ; il est votre fils, et vous êtes sa créature. Tout genou fléchit devant lui, ô Marie! car il est le grand Dieu du ciel et de la terre; mais toute créature s'incline devant vous: car vous l'avez porté dans votre sein, vous l'avez allaité ; seule entre tous les êtres, vous pouvez, comme le Père céleste, lui dire: « Mon fils! » O femme incomparable, vous êtes le suprême effort de la puissance divine : recevez l'humble soumission de la race humaine qui se glorifie, en présence même des Anges, de ce que son sang est le vôtre, et votre nature la sienne. Nouvelle Eve, fille de l'ancienne, mais sans le péché ! par votre obéissance aux décrets divins, vous sauvez votre mère et toute sa race; vous rétablissez dans l'innocence primitive votre père et toute sa famille qui est la vôtre. Le Sauveur que vous portez nous assure tous ces biens; et c'est par vous qu'il vient à nous; sans lui, nous demeurerions dans la mort; sans vous, il ne pouvait nous racheter. Il puise dans votre sein virginal ce sang précieux qui sera notre rançon, ce sang dont sa puissance a protégé la pureté au moment de votre conception immaculée, et qui devient le sang d'un Dieu par l'union qui se consomme en vous de la nature divine avec la nature humaine.

Aujourd'hui s'accomplit, ô Marie, l'oracle du Seigneur qui annonça, après la faute, « qu'il établirait une inimitié entre la femme et le serpent ». Jusqu'ici le genre humain tremblait devant le dragon infernal ; dans son égarement, il lui dressait de toutes parts des autels; votre bras redoutable terrasse aujourd'hui cet affreux ennemi. Par l'humilité, par la chasteté, par l'obéissance, vous l'avez abattu pour jamais; il ne séduira plus les nations. Par vous, libératrice des hommes, nous sommes arrachés à son pouvoir; notre perversité, notre ingratitude pourraient seules nous rejeter sous son joug. Ne le souffrez pas, ô Marie ! venez-nous en aide; et si, dans ces jours de réparation, nous reconnaissons à vos pieds que nous avons abusé de la grâce céleste dont vous fûtes pour nous le sublime moyen, aujourd'hui, en cette fête de votre Annonciation, ô Mère des vivants, rendez-nous la vie, par votre toute-puissante intercession auprès de celui qui daigne aujourd'hui être votre fils pour l'éternité. Fille des hommes, ô notre sœur aimée, par la salutation que vous adressa Gabriel, par votre trouble virginal, par votre fidélité au Seigneur, par votre prudente humilité, par votre acquiescement qui nous sauva, nous vous en supplions, convertissez nos cœurs, rendez-nous sincèrement pénitents, préparez-nous aux grands mystères que nous allons célébrer. Qu'ils seront douloureux pour vous, ces mystères, ô Marie ! Que le passage va être rapide des joies de cette journée aux tristesses inénarrables qui vous attendent! Mais vous voulez qu'aujourd'hui notre âme se réjouisse en songeant à l'ineffable félicité qui inonda votre cœur, au moment où le divin Esprit vous couvrit de son ombre, et où le Fils de Dieu devint aussi le vôtre ; nous demeurons donc, toute cette journée, près de vous, dans votre modeste demeure de Nazareth. Neuf mois encore, et Bethléem nous verra prosternés, avec les bergers et les Mages, devant l'Enfant-Dieu qui naîtra pour votre joie et pour notre salut; et nous dirons alors avec les Anges : « Gloire à Dieu dans les hauteurs du ciel ; et sur la terre, paix aux hommes de bonne volonté ! »

 

Extraits de l'Année Liturgique de Dom Guéranger

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L'Annonciation de la Sainte Vierge

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Pour le 25 mars

Terre, qui dans ta douleur n’as jusqu'ici produit que des épines, tressaille maintenant et livre-toi à l'allégresse ; voici qu'il approche, l'immortel agriculteur qui doit te débarrasser des épines de la malédiction.

Vierge sans tache, prépare-toi, comme la toison sacrée, à recevoir la divinité qui s'apprête à descendre sur toi, semblable à la rosée, et qui doit mettre à sec le torrent de l'iniquité.

O livre d'une pureté divine, tiens-toi prêt : car la Sagesse de Dieu incarnée va écrire sur tes pages avec le doigt de l'Esprit-Saint, et va faire disparaître les prévarications de ma folie.

O chandelier d'or, reçois la flamme de la divinité ; que par toi elle luise sur le monde, et dissipe les ténèbres de nos crimes.

O Vierge, palais du grand Roi, ouvre ton oreille divine ; la Vérité même, le Christ, va entrer en toi, pour habiter au milieu de toi.

O brebis immaculée, l'Agneau de notre Dieu qui ôte nos péchés, s'apprête à pénétrer dans ton sein. La branche mystique va bientôt produire la fleur divine qui s'élève visiblement de l'arbre de Jessé, comme parle l'Ecriture.

O Marie, ô vigne fécondée par la parole de l'Ange, prépare-toi à donner la grappe vermeille de maturité et inaccessible à la corruption.

Salut, ô sainte montagne que Daniel a vue à l'avance dans l'Esprit divin, et de laquelle doit être détachée cette pierre spirituelle qui brisera les vaines idoles des démons.

O Arche raisonnable, que le véritable législateur aime d'un amour suprême, et qu'il a résolu d'habiter, sois remplie de joie : car il veut par toi renouveler son œuvre anéantie.

Le chœur des Prophètes, versé dans l'art des divins présages, s'écrie dans son pressentiment de l'entrée pacifique du Rédempteur en toi . Salut, ô Rédemption de tous ; honneur à toi, unique salut des hommes !

O nuée légère de la lumière divine , prépare-toi pour le soleil qui va se lever Ce soleil inaccessible répand sur toi ses feux du haut du ciel; en toi il cachera quelque temps ses rayons, pour luire bientôt sur le monde, et dissiper les ténèbres du mal.

Celui qui ne quitte jamais la droite de son Père, qui surpasse toute substance, arrive pour prendre en toi sa demeure ; il te placera à sa droite, comme une reine digne de lui, et douée d'une excellente beauté ; tu seras comme sa main droite étendue pour relever tous ceux qui sont tombés.

Le prince des Anges, ministre de Dieu, t'adresse sa parole joyeuse, pour annoncer que l'Ange du grand conseil va prendre chair en toi.

O Verbe divin, abaisse les cieux, et descends vers nous ; le sein de la Vierge est préparé comme un trône pour toi ; viens t'y asseoir, comme un roi glorieux, et sauve de la ruine l'œuvre de ta droite.

Et toi, ô Vierge, semblable à une terre où la main de l'homme n'a jamais semé, dispose-toi pour recevoir, à la parole de l'Ange, le Verbe céleste, semblable à un froment fécond qui, germant en ton sein, produira le pain qui donne l'intelligence.

 

Extraits de l'Année Liturgique de Dom Guéranger

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l'Annonciation de la Sainte Vierge

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Séquence

Dans son amour pour l’homme, Dieu députe à la Vierge, non un Ange ordinaire, mais l'Archange appelé Force de Dieu.

Qu'il se hâte d'envoyer pour nous le vaillant messager ; que la nature soit vaincue par l'enfantement d'une vierge.

Que le Roi de gloire, dans sa naissance, triomphe de la chair; qu'il règne et commande ; qu'il enlève des cœurs le levain et la rouille du péché.

Qu'il foule aux pieds le faste des fronts superbes; qu'il marche dans sa force sur les têtes altières. le Dieu puissant dans les combats.

Qu'il chasse dehors le prince du monde ; qu'il partage avec sa Mère le commandement qu'il exerce avec le Père.

Pars, Ange, annonce ces biens; et par ton puissant message, lève le voile de la lettre antique.

Approche d'elle, et parle ; dis-lui en face : Je vous salue. Dis-lui : O pleine de grâce. Dis: Le Seigneur est avec vous. Dis encore : Ne craignez point.

Recevez, ô Vierge ! le dépôt de Dieu , par lui vous consommerez votre chaste dessein, et votre vœu demeurera intact.

La Vierge entend, et accepte le message; elle croit, elle conçoit, elle enfante un fils, un fils admirable,

Le Conseiller de la race humaine, le Dieu-homme, le Père du siècle futur, l'immuable pacificateur.

Veuille ce Dieu immuable assurer notre stabilité, de peur que l'humaine faiblesse n'entraine dans l'abîme nos pas indécis.

Mais que l'auteur du pardon, qui est le pardon lui-même, que la grâce obtenue par la mère de grâce, daigne habiter en nous.

Qu'il nous octroie la remise de nos péchés : qu'il efface nos méfaits ; qu'il nous donne une patrie dans la cité du ciel. Amen.

 

Extraits de l'Année Liturgique de Dom Guéranger

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L'Annonciation de la Sainte Vierge

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Hymne

Celui que la terre, la mer et les cieux vénèrent, adorent et célèbrent ; celui qui gouverne les trois régions de cet univers, Marie le porte dans son sein.

Celui auquel obéissent le soleil, la lune et tous les astres, dans les révolutions qu'il leur a fixées, le sein d’une jeune fille rendue féconde par la grâce céleste le contient aujourd'hui.

Heureuse Mère, au sein de laquelle s'est renfermé, comme dans un sanctuaire, le suprême ouvrier qui tient le monde dans sa main.

Heureuse par le message céleste, féconde par l'opération de l'Esprit-Saint, c'est d'elle qu'est sorti le Désiré des nations.

A vous soit gloire, ô Jésus, fils de la Vierge ! gloire au Père, et à l'Esprit divin, dans les siècles éternels. Amen.

Extraits de l'Année Liturgique de Dom Guéranger

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l'Annonciation de la Sainte Vierge

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Trait

Ecoutez, ô ma fille ! voyez et  prêtez l'oreille :  car le Roi est épris d'amour pour votre beauté.

V/. Tous les puissants de la terre imploreront vos regards ; les filles des rois formeront votre cour d'honneur.

V/. A votre suite viendront des chœurs de vierges ; vos plus proches compagnes seront présentées au Roi.

V/. Elles seront amenées dans la joie et l'allégresse; elles seront introduites dans le temple du Roi.

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Extrait de l'Année Liturgique de Dom Guéranger

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L'Annonciation de la Sainte Vierge

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Évangile selon Saint Luc

En ce temps-là, l'Ange Gabriel fut envoyé de Dieu dans une ville de Galilée appelée Nazareth, à une vierge mariée à un homme de la maison de David, nommé Joseph ; et le nom de la Vierge était Marie Et l'Ange, étant entré où elle était, lui dit : Salut, ô pleine de grâce! le Seigneur est avec vous; vous êtes bénie entre les femmes. Elle, l'ayant entendu, fut troublée de ses paroles, et elle pensait en elle-même quelle pouvait être cette salutation. Et l'Ange lui dit: Ne craignez point, Marie : car vous avez trouve grâce devant Dieu : voici que vous concevrez dans votre sein, et vous enfanterez un  fils,  et vous lui donnerez le nom de Jésus. Il sera grand, et sera appelé le Fils du Très-Haut; et le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père; et il régnera éternellement sur la maison de Jacob ; et son règne n'aura point de fin. Alors Marie dit à l'Ange : Comment cela se fera-t-il : car je ne connais point d'homme. Et l'Ange lui répondit : L’Esprit-Saint surviendra en vous, et la vertu du Très-Haut vous couvrira de son ombre. C'est pourquoi le fruit saint qui naîtra de vous sera appelé le Fils de Dieu. Et voilà qu'Elisabeth votre parente a conçu, elle aussi, un fils dans sa vieillesse : et ce mois est le sixième de celle qui était appelée stérile : car rien n'est impossible à Dieu. Et Marie dit : Voici la servante du Seigneur : qu'il me soit fait selon votre parole.

Par ces dernières paroles, ô Marie, notre sort est fixé. Vous consentez au désir du Ciel : et votre acquiescement assure notre salut. O Vierge! ô Mère ! bénie entre les femmes, recevez avec les hommages des Ailles les actions de grâces du genre humain Par vous, notre ruine est réparée, en vous notre nature se relève, car vous êtes le trophée de la victoire de l'homme sur son ennemi. « Réjouis-toi, ô Adam, notre père, mais triomphe surtout, toi notre mère, ô Eve ! vous qui, ancêtres de nous tous, fûtes aussi envers nous tous des auteurs de mort : meurtriers de votre race avant d'en être les pères. Consolez-vous désormais en cette noble tille qui vous est donnée ; mais, toi surtout, ô Eve! sèche tes pleurs: toi de qui le mal sortit au commencement, toi qui jusqu'aujourd'hui avais communiqué ta disgrâce à ton sexe tout entier. Voici l'heure où cet opprobre va disparaître, où l'homme va cesser d'ace voir droit de se plaindre de la femme. Un jour, cherchant à excuser son propre crime, il fit tout aussitôt peser sur elle une accusation cruelle: « La femme que j'ai reçue de vous, dit-il à Dieu, cette femme m'a donné du fruit ; et j'en ai mangé. O Eve, cours donc à Marie; ù mère, réfugie-toi près de ta fille. C'est la fille qui va répondre pour la mère; c'est elle qui va a enlever la honte de sa mère, elle qui va satisfaire pour la mère auprès du père : car si c'est par la femme que l'homme est tombé, voici qu'il ne peut plus se relever que par la femme. Que disais-tu donc, ô Adam? La femme que j'ai reçue de vous m'a donné du fruit ; et j'en ai mangé. Ces paroles sont mauvaises ; elles augmentent ton péché; elles ne l'effacent pas. Mais la divine Sagesse a vaincu ta malice; elle a pris dans le trésor de son inépuisable bonté le moyen o de te procurer un pardon qu'elle avait essayé de te faire mériter, en te fournissant l'occasion de répondre dignement à la question qu'elle t'adressait. Tu recevras femme pour femme: une femme prudente pour une femme insensée ; une femme humble pour une femme orgueilleuse ; une femme qui, au lieu d'un fruit de mort, te présentera l'aliment de la vie ; qui, au lieu d'une nourriture empoisonnée, enfantera pour toi le  fruit des délices éternelles. Change donc en paroles d'actions de grâces ton injuste excuse, etdis maintenant: Seigneur, la femme que j'ai reçue de vous m'a donné du fruit de l'arbre de vie, et j'en ai mangé ; et ce fruit a été doux à ma bouche : car c'est en lui que vous m'avez rendu  la vie.  »

 

Extraits de l'Année Liturgique de Dom Guéranger

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L'Annonciation de la Sainte Vierge

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Le 25 mars, l'Annonciation de la Sainte Vierge

Extraits de l'Année Liturgique de Dom Guéranger

Cette journée est grande dans les annales de l’humanité ; elles est grande aux yeux même de Dieu : car elle est l'anniversaire du plus solennel événement qui se soit accompli dans le temps. Aujourd'hui, le Verbe divin, par lequel le Père a créé le monde, s'est fait chair au sein d'une Vierge, et il a habité parmi nous. Suspendons en ce jour nos saintes tristesses; et en adorant les grandeurs du Fils de Dieu qui s'abaisse, rendons grâces au Père qui a aimé le monde jusqu'à lui donner son Fils unique, et au Saint-Esprit dont la vertu toute-puissante opère un si profond mystère Au sein même de l'austère Quarantaine, voici que nous préludons aux joies ineffables de la fête de Noël; encore neuf mois, et notre Emmanuel conçu en ce jour naîtra dans Bethléem, et les concerts des Anges nous convieront à venir saluer sa naissance fortunée. Dans la semaine de la Septuagésime, nous avons contemplé avec terreur la chute de nos premiers parents; nous avons entendu la voix de Dieu dénonçant la triple sentence, contre le serpent, contre la femme, et enfin contre l'homme. Nos cœurs ont été glacés d'effroi au bruit de cette malédiction dont les effets sont arrives sur nous, et doivent se taire sentir jusqu'au dernier jour du monde. Cependant, une espérance s'est fait jour dans notre aine ; du milieu des anathèmes, une promesse divine a brille tout à coup comme une lueur de salut. Notre oreille a entendu le Seigneur irrite dire au serpent infernal qu'un jour sa tête altière serait brisée, et que le pied d'une femme lui porterait ce coup terrible. Le moment est venu où le Seigneur va remplir l'antique promesse. Durant quatre mille ans, le monde en attendit l'effet ; malgré ses ténèbres et ses crimes, cette espérance ne s'éteignit pas dans son sein. Dans le cours des siècles, la divine miséricorde a multiplié les miracles, les prophéties, les figures, pour rappeler l'engagement qu'elle daigna prendre avec l'homme. Le sang du Messie a passé d'Adam à Noé; de Sem à Abraham, Isaac et Jacob; de David et Salomon à Joachim; il coule maintenant dans les veines de Marie, tille de Joachim. Marie est cette femme par qui doit être levée la malédiction qui pèse sur notre race. Le Seigneur, en la décrétant immaculée, a constitué une irréconciliable inimitié entre elle et le serpent; et c'est aujourd'hui que cette tille d'Eve va réparer la chute de sa mère, relever son sexe de l'abaissement dans lequel il était plongé, et coopérer directement et efficacement à la victoire que le Fils de Dieu vient remporter en personne sur l'ennemi de sa gloire et du genre humain. La tradition apostolique a signalé à la sainte Eglise le vingt-cinq mars, comme le jour qui vit s'accomplir  l'auguste mystère1. Ce fut à l'heure de minuit que la très pure Marie, seule, et dans le recueillement de la prière, vit apparaître devant elle le radieux Archange descendu du ciel pour venir recevoir son consentement, au nom de la glorieuse Trinité. Assistons à l'entrevue de l'Ange et de la Vierge, et reportons en même temps notre pensée aux premiers jours du monde. Un saint Evêque martyr du II° siècle, fidèle écho de l'enseignement des Apôtres, saint Irenée, nous a appris à rapprocher cette grande scène de celle qui eut lieu sous les ombrages d'Eden. Dans le jardin des délices, c'est une vierge qui se trouve en présence d'un ange, et un colloque s'établit entre l'ange et la vierge. A Nazareth, une vierge est aussi interpellée par un ange, et un dialogue s'établit entre eux; mais l'ange du Paradis terrestre est un esprit de ténèbres, et celui de Nazareth est un esprit de lumière Dans les deux rencontres, c'est l'ange qui prend le premier la parole. « Pourquoi, dit l'esprit maudit à la première femme, pourquoi Dieu vous a-t-il commandé de ne pas manger du fruit de tous les arbres de ce jardin? » On sent déjà dans cette demande impatiente la provocation au mal, le mépris, la haine envers la faible créature dans laquelle Satan poursuit l'image de Dieu. Voyez au contraire l'ange de lumière avec quelle douceur, quelle paix, il approche de la nouvelle Eve ! avec quel respect il s'incline devant cette fille des hommes ! « Salut, ô pleine de grâce ! le Seigneur est avec vous; vous êtes bénie entre les femmes » Qui ne reconnaît l'accent céleste dans ces paroles où tout respire la dignité et la paix ! Mais continuons de suivre le mystérieux parallèle. La femme d'Eden, dans son imprudence, écoute la voix du séducteur; elle s'empresse de répondre. Sa curiosité l'engage dans une conversation avec celui qui l'invite à scruter les décrets de Dieu. Elle n'a pas de défiance à l'égard du serpent qui lui parle, tout à l'heure, elle se défiera de Dieu même. Marie a entendu les paroles de Gabriel ; mais cette Vierge très prudente, comme parle l'Eglise, demeure dans le silence. Elle se demande d'où peuvent venir ces éloges dont elle est l'objet. La plus pure, la plus humble des vierges craint la flatterie; et l'envoyé céleste n'obtiendra pas d'elle une parole qu'il n'ait éclairci sa mission par la suite de son discours. « Ne craignez pas, ô Marie, dit-il à la nouvelle Eve: car vous avez trouvé grâce devant le Seigneur. Voici que vous concevrez et enfanterez un fils, et vous l'appellerez Jésus. Il sera grand, et il sera appelé le Fils du Très-Haut ; et le Seigneur lui donnera le trône de David son père ; il régnera sur la maison de Jacob à jamais, et son règne n'aura pas de fin. » Quelles magnifiques promesses descendues du ciel, de la part de Dieu ! quel objet plus digne de la noble ambition d'une fille de Juda, qui sait de quelle gloire doit être entourée l'heureuse mère du Messie? Cependant, Marie n'est pas tentée par tant d'honneur. Elle a pour jamais consacré sa virginité au Seigneur, afin de lui être plus étroitement unie par l'amour; la destinée la plus glorieuse qu'elle ne pourrait obtenir qu'en violant ce pacte sacré, ne saurait émouvoir son âme. « Comment cela pourrait-il se faire, répond-elle à l'Ange, puisque je ne connais pas d'homme? » La première Eve ne montre pas ce calme, ce désintéressement. A peine l'ange pervers lui a-t-il assuré qu'elle peut violer, sans crainte de mourir, le commandement de son divin bienfaiteur, que le prix de sa désobéissance sera d'entrer par la science en participation delà divinité même: tout aussitôt, elle est subjuguée. L'amour d'elle-même lui a fait oublier en un instant le devoir et la reconnaissance; elle est heureuse de se voir affranchie au plus tôt de ce double lien qui lui pèse. Telle se montre cette femme qui nous a perdus; mais combien différente nous apparaît cette autre femme qui devait nous sauver ! La première, cruelle à sa postérité, se préoccupe uniquement d'elle-même; la seconde s'oublie, pour ne songer qu'aux droits de Dieu sur elle. L'Ange, ravi de cette sublime fidélité, achève de lui dévoiler le plan divin « L'Esprit-Saint, lui dit-il, surviendra en vous; la Vertu du Très-Haut vous couvrira de son ombre; et c'est pour cela que ce qui naîtra de vous sera appelé le Fils de Dieu. Elisabeth votre cousine a conçu un fils, malgré sa vieillesse ; celle qui fut stérile est arrivée déjà à son sixième mois: car rien n'est impossible à Dieu. » L'Ange arrête ici son discours, et il attend dans le silence la résolution de la vierge de Nazareth. Reportons nos regards sur la vierge d'Eden. A peine l'esprit infernal a-t-il cessé de parler, qu'elle jette un œil de convoitise sur le fruit défendu ; elle aspire à l'indépendance dont ce fruit si délectable va la mettre en possession. Sa main désobéissante s'avance pour le cueillir; elle le saisit, elle le porte avidement à sa bouche, et au même instant la mort prend possession d'elle : mort de l'âme par le péché qui éteint la lumière de vie; mort du corps qui séparé du principe d'immortalité, devient désormais un objet de honte  et de confusion, en attendant qu'il tombe en poussière. Mais détournons nos yeux de ce triste spectacle, et revenons a Nazareth. Marie a recueilli les dernières paroles de l'Ange ; la volonté du ciel est manifeste pour elle. Cette volonté lui est glorieuse et fortunée : elle l'assure que l'ineffable bonheur de se sentir Mère d'un Dieu lui est réservé, à elle humble tille de l'homme, et que la fleur de virginité lui sera conservée. En présence de cette volonté souveraine, Marie s'incline dans une parfaite obéissance, et dit au céleste envoyé: « Voici  la servante du Seigneur; qu'il me soit fait selon votre parole ». Ainsi, selon la remarque de notre grand saint Irenée, répétée par toute la tradition chrétienne, l'obéissance de la seconde femme répare la désobéissance de la première ; car la Vierge de Nazareth n'a pas plus tôt dit: Qu'il me soit fait, Fiat, que le Fils éternel de Dieu qui, selon le décret divin, attendait cette parole, se rend présent, par l'opération de l'Esprit-Saint, dans le chaste sein de Marie, et vient y commencer une vie humaine. Une Vierge devient Mère, et la Mère d'un Dieu; et c'est l'acquiescement de cette Vierge à la souveraine volonté qui la rend féconde, par l'ineffable vertu de l'Esprit-Saint. Mystère sublime qui établit des relations de fils et de mère entre le Verbe éternel et une simple femme; qui fournit au Tout-Puissant un moyen digne de lui d'assurer son triomphe contre L'esprit infernal, dont l'audace et la perfidie semblaient avoir prévalu jusqu'alors contre le plan divin ! Jamais défaite ne fut plus humiliante et plus complète que celle de Satan, en ce jour Le pied de la femme, de cette humble créature qui lui offrit une victoire si facile, ce pied vainqueur, il le sent maintenant peser de tout son poids sur sa tête orgueilleuse qui en est brisée. Eve se relève dans son heureuse fille pour écraser le serpent. Dieu n'a pas choisi l'homme pour cette vengeance : l'humiliation de Satan n'eût pas été assez profonde. C'est la première proie de l'enfer, sa victime la plus faible, la plus désarmée, que le Seigneur dirige contre cet ennemi. Pour prix d'un si haut triomphe, une femme dominera désormais non seulement sur les anges rebelles, mais sur toute la race humaine; bien plus, sur toutes les hiérarchies des Esprits célestes. Du haut de son trône sublime, Marie Mère de Dieu plane au-dessus de toute la création. Au fond des abîmes infernaux Satan rugira d'un désespoir éternel, en songeant au malheur qu'il eut de diriger ses premières attaques contre un être fragile et crédule que Dieu a si magnifiquement vengé; et dans les hauteurs du ciel, les Chérubins et les Séraphins lèveront timidement leurs regards éblouis vers Marie, ambitionneront son sourire, et se feront gloire d'exécuter les moindres désirs de cette femme, la Mère du grand Dieu et la sœur des hommes. C'est pourquoi nous, enfants de la race humaine, arrachés à la dent du serpent infernal par l'obéissance de Marie, nous saluons aujourd'hui l'aurore de notre délivrance. Empruntant les paroles du cantique de Debbora, où cette femme, type de Marie victorieuse, chante son triomphe sur les ennemis du peuple saint, nous disons: « La race des forts avait disparu d'Israël, jusqu'au jour où s'éleva Debbora, où parut celle qui est la mère dans Israël. Le Seigneur a inauguré un nouveau genre de combat; il a forcé les portes de son ennemi. » Prêtons l'oreille, et entendons encore, à travers les siècles, cette autre femme victorieuse, Judith. Elle chante à son tour: « Célébrez le Seigneur notre Dieu, qui n'abandonne pas ceux qui espèrent en lui. C'est en moi, sa servante, qu'il a accompli la miséricorde promise à la maison d'Israël ; c'est par ma main qu'il a immolé, cette nuit même, l'ennemi de son peuple. Le Seigneur tout-puissant a  frappé cet ennemi; il l'a livré aux mains d'une  femme, et il l'a percé de son glaive.

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L’Annonciation de Marie

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L’Annonciation de Marie

Extrait des révélations de la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich


« Je vis la sainte Vierge peu après son mariage dans la maison de Joseph à Nazareth, où me conduisit mon guide. […] Marie baissa son voile sur son visage et joignit les mains. […] Je la vis prier longtemps ainsi avec ardeur, le visage tourné vers le ciel ; elle invoquait la rédemption, la venue du Roi promis au peuple d'Israël. […] Elle resta longtemps à genoux, ravie en extase ; puis elle pencha la tête sur sa poitrine. Alors, du plafond de la chambre, descendit à sa droite, en ligne un peu oblique, une telle masse de lumière que je fus obligée de me retourner vers la cour où était la porte ; je vis dans cette lumière un jeune homme resplendissant avec des cheveux blonds flottants, descendre devant elle à travers les airs : c'était l'ange Gabriel. Il lui parla, et je vis les paroles sortir de sa bouche comme des lettres de feu ; je les lus et je les entendis. […] Marie tourna le visage de son côté, comme obéissant à un ordre, souleva un peu son voile, et répondit. L'ange parla encore ; Marie releva tout à fait son voile, regarda l'ange, et prononça les paroles sacrées : « Voici la servante du Seigneur, qu'il me soit fait selon votre parole ». La Sainte Vierge était dans un ravissement profond ; la chambre était pleine de lumière, je ne vis plus la lueur de la lampe qui brûlait ; je ne vis plus le plafond de la chambre. Le ciel parut ouvert ; mes regards suivirent au-dessus de l'ange une voie lumineuse ; je vis à l'extrémité de ce fleuve de lumière une figure de la Sainte Trinité : c'était comme un triangle lumineux dont les rayons se pénétraient réciproquement. J'y reconnus ce que l'on ne peut qu'adorer, mais jamais exprimer, Dieu tout-puissant, le Père, le Fils et le Saint Esprit, et cependant un seul Dieu tout-puissant. Quand la Sainte Vierge eut dit : « Qu'il me soit fait selon votre parole », je vis une apparition ailée du Saint Esprit, qui cependant ne ressemblait pas entièrement à la représentation ordinaire sous forme de colombe. La tête avait quelque chose du visage humain ; la lumière se répandait des deux côtés comme des ailes. […] Je vis après cela l'ange disparaître ; la voie lumineuse dont il était sorti se retira : c'était comme si le ciel aspirait et faisait rentrer en lui ce fleuve de lumière. Pendant que je voyais toutes ces choses dans la chambre de Marie, j'eus une impression personnelle d'une nature singulière J'étais dans une angoisse continuelle, comme si l'on m'eût dressé des embûches, et je vis un horrible serpent ramper à travers la maison et les degrés jusqu'à la porte près de laquelle j'étais quand la lumière pénétra la Sainte Vierge ; le monstre était arrivé à la troisième marche. Ce serpent était à peu près de la longueur d'un enfant ; sa tête était large et plate ; il avait à la hauteur de la poitrine deux courtes pattes membraneuses, armées de griffes semblables à des ailes de chauve-souris, sur lesquelles il se traînait. Il était tacheté de diverses couleurs d'un aspect repoussant, et rappelait le serpent du Paradis, mais avec quelque chose de plus difforme et de plus horrible. Quand l'ange disparut de la chambre de la Sainte Vierge, il marcha sur la tête de ce monstre devant la porte, et j'entendis un cri si affreux que j'en frissonnais. Je vis ensuite paraître trois esprits qui frappèrent ce hideux reptile et le chassèrent hors de la maison. Après la disparition de l'ange, je vis la sainte Vierge dans un profond ravissement et toute recueillie en elle-même ; je vis qu'elle connaissait et adorait l'incarnation du Sauveur en elle, où il était comme un petit corps humain lumineux, complètement formé et pourvu de tous ses membres. […] Si Marie devint Sa Mère et s'il ne vint pas plus tôt, c'est qu'elle seule était, ce que jamais créature ne fut avant elle ni après elle, le pur vase de grâce que Dieu avait promis aux hommes, et dans lequel il devait se faire homme, pour payer les dettes de l'humanité au moyen des mérites surabondants de sa Passion. La Sainte Vierge était la fleur parfaitement pure de la race humaine, éclose dans la plénitude des temps. Tous les enfants de Dieu parmi les hommes, tous ceux qui, depuis le commencement, avaient travaillé à l'œuvre de la sanctification, ont contribué à sa venue. Elle était le seul or pur de la terre ; elle seule était la portion pure et sans tache de la chair et du sang de l'humanité tout entière, qui, préparée, épurée, recueillie, consacrée à travers toutes les générations de ses ancêtres, conduite, protégée et fortifiée sous le régime de la loi de Moise, se produisait enfin comme la plénitude de la grâce. Elle était prédestinée dans l'éternité, et elle a paru dans le temps comme Mère de l'Eternel ».

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