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Le Lundi Saint

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 12, 2-8


On donna un repas en l'honneur de Jésus. Marthe faisait le service, Lazare était avec Jésus parmi les convives. Or, Marie avait pris une livre d'un parfum très pur et de très grande valeur ; elle versa le parfum sur les pieds de Jésus, qu'elle essuya avec ses cheveux ; la maison fut remplie par l'odeur du parfum. Judas Iscariote, l'un des disciples, celui qui allait le livrer, dit alors : « Pourquoi n'a-t-on pas vendu ce parfum pour trois cents pièces d'argent, que l'on aurait données à des pauvres ? » Il parla ainsi, non parce qu'il se préoccupait des pauvres, mais parce que c'était un voleur : comme il tenait la bourse commune, il prenait pour lui ce que l'on y mettait. Jésus lui dit : « Laisse-la ! Il fallait qu'elle garde ce parfum pour le jour de mon ensevelissement. Des pauvres, vous en aurez toujours avec vous, mais moi, vous ne m'aurez pas toujours. »


Méditation


Hier nous évoquions l’entrée triomphale du Christ à Jérusalem. Une foule de disciples et d’autres personnes l’ont acclamé comme Messie et Roi d’Israël. A la fin de la journée, fatigué, le Christ retourne à Béthanie, une bourgade proche de la capitale où il a l’habitude d’aller lorsqu’il se rend à Jérusalem. (…) Six jours avant la Pâque, raconte saint Jean, Jésus vint à Béthanie, où était Lazare, le mort qu'il avait ressuscité. Là, on lui fit un souper, et Marthe servait. Or, Lazare était de ceux qui se trouvaient à table avec lui. Marie, ayant pris une livre d'un parfum de nard très pur, très précieux, en oignit les pieds de Jésus, et les essuya avec ses cheveux. Et la maison fut remplie de l'odeur du parfum. Immédiatement, la générosité de cette femme saute aux yeux. Elle souhaite manifester sa reconnaissance envers le Maître, parce qu’il a rendu la vie à son frère et pour tant d’autres biens reçus, et elle ne regarde pas à la dépense. Judas, présent, calcule exactement le prix du parfum. (…) Pour être une véritable vertu, la charité doit être ordonnée. Et elle concerne Dieu en premier lieu : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit. Voilà quel est le plus grand et le premier commandement. Le second lui est semblable : tu aimeras ton prochain comme toi-même. » De ces deux commandement dépendent la loi et les prophètes. Pour cela, ceux qui se désintéressent des nécessités de l’Eglise et des ministres sacrés – avec l’excuse de soulager les nécessités matérielles des hommes – se trompent. Saint José Maria Escriva écrit : « Cette femme, qui répandit, chez Simon le lépreux, à Béthanie, un parfum coûteux sur la tête du Maître, nous rappelle au devoir d'être magnifiques dans le culte de Dieu. Tout le luxe, la majesté et la beauté du monde me semblent peu. Et contre ceux qui s'en prennent à la richesse des vases sacrés, des ornements, des retables..., s'élève la louange de Jésus: Opus enim bonum operata est in me — c'est une bonne oeuvre que cette femme a faite envers moi. (Chemin 527) Combien de personnes se comportent comme Judas ! Elles voient le bien que d’autres font, mais elles ne veulent pas le reconnaître : elles font tout ce qu’elles peuvent pour voir des intentions tordues, elles critiquent, elles médisent, elles font des jugements téméraires. Elles réduisent la charité à des actions strictement matérielles – donner quelques pièces à celui qui en a besoin, peut-être pour tranquilliser leur conscience – et elles oublient que, comme l’écrit saint José Maria, « la charité chrétienne ne se borne pas à secourir celui qui a besoin de biens matériels; elle vise avant tout à respecter et à comprendre chacun, pris individuellement, et à respecter sa dignité intrinsèque d'homme et d'enfant du Créateur ». (…)


Monseigneur Echavarria, Prélat de l'Opus Dei


Prière


Je garde un moment sous les yeux cette scène évangélique. Je regarde Marie verser le parfum, essuyer avec ses cheveux les pieds de Jésus, je devine son affection pour son Seigneur. Dans quel personnage de cette scène puis-je me retrouver : Marthe ? Marie ? Jésus ? Á quelle attitude d’amour, suis-je conduit ? L’odeur du parfum se répand dans la maison. Judas regarde, évalue le prix : il y aurait tant à faire avec cet argent ! Son regard est obscurci : Il ne voit pas comme Jésus. Jésus se laisse faire, il laisse faire, il accueille ce parfum que lui offre Marie. Il ne prend pas pour lui, ne l’accapare pas, il voit par anticipation l’heure de son ensevelissement. Je demande au Seigneur la grâce de porter un regard bon, généreux, désintéressé sur les personnes, les événements, les situations. Je demande au Seigneur la grâce d’avoir la spontanéité et l’audace de Marie.

onction