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Les 15 jeudis de Sainte Rita

Prière préparatoire


Au Nom du Père, du Fils et du Saint Esprit. Amen.


O Seigneur, dont la puissance remplit le Ciel et la terre, je crois que Vous êtes près de moi, en moi; et reconnaissant combien je suis petit devant vous, je Vous adore profondément et je Vous aime. Je Vous remercie des nombreuses grâces que Vous m'avez accordées, et de toutes celles que Vous préparez pour secourir ma faiblesse. Pardonnez les nombreuses faites que j'ai commises jusqu'ici. J'implore le secours de Votre Grâce pour rester fidèle aux promesses de mon Baptême que je renouvelle aujourd'hui. Vierge Marie, Saint du Ciel et spécialement vous, Sainte Rita, aidez-moi à accomplir cette démarche dans la Foi, afin d'obtenir Lumière et force pour atteindre mon Salut éternel. Amen.

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Dixième jeudi

Le stigmate de l'épine


Le Moyen Age a eu, à un point difficile à imaginer de nos jours, le culte de la Passion de Jésus. Dès le 13e siècle, cette dévotion était si vive chez un Saint comme François d'Assise, qu'il mérita d'en recevoir les stigmates sur son propre corps. Cela se passait à La Verna, non loin de Cascia. Au siècle suivant la même chose advint à une Dominicaine, la grande Catherine de Sienne; elle obtint de sentir la douleur des stigmates sans marques visibles pour autrui. Quand à Rita, elle fut aussi favorisée d'un phénomène mystique, environ 15 ans avant sa mort. Le Vendredi Saint de l'an 1442, elle s'était rendue comme de coutume avec ses Sœurs à la paroisse, pour l'office de la Passion de Notre Seigneur. La prédication vibrante du religieux chargé des exercices du Carême, frappa si vivment Soeur Rita qu'elle en revint toute bouleversée. Revenue en hâte au couvent, elle courut se prosterner devant le Christ faisant partie d'une fresque du 14e siècle, située dans le vieil oratoire attenant à la chapelle. Cette image existe toujours; elle représente le Crucifix. Le biographe Cavalluci raconte ainsi la scène: « Alors elle se mit à demander avec la plus extrême ardeur que le Christ lui fasse sentir au moins une de ces épines... dont son front avait été percé... Elle l'obtint. Elle sentit non seulement la blessure désirée, mais son front fut désormais affecté d'une plaie incurable qui devait lui rester jusqu'à la mort. C'était là un véritable stigmate et non pas seulement une cicatrice, mais une plaie ouverte et profonde qui la faisait atrocement souffrir. La blessure résista à tous les soins; elle ne se ferma jamais durant les 15 années que Rita vécut, excepté durant son pèlerinage à Rome ». Les pèlerins de Cascia sont émus en visitant la chapelle du Christ miraculeux, appelée aussi « Ermitage de l'Epine », ainsi que la cellule de Rita. Ce sont des lieux historiques où l'on sent passer la Foi. Rita avait créé dans cet ermitage ce qu'elle appelait ses « stations » de la Passion de Notre Seigneur. Un coin de la cellule représentait pour elle le Calvaire, un autre le Sépulcre, et ainsi de suite. Sur ce parcours spirituel elle était en prière continuelle, au point d'en ressentir souvent physiquement une souffrance qui allait jusqu'à des évanouissements.


Méditation

Jésus en Croix


Jésus est condamné à subir la mort en croix, supplice des esclaves et des criminels de droit commun. Supplice infamant, en même temps qu'atroce. Sur la croix, il prononce quelques paroles, rapportées par l'un ou l'autre des récits évangéliques, mais dont il faut tenir ensemble le sens. Ainsi les paroles de détresse, en particulier le « mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné? » (Mt 27,46; Mc 15,34). Ce grand cri, que la tradition juive applique au Juste souffrant, est l'expression de l'abîme où peut descendre l'homme qui se sent abandonné de Dieu, mais il est aussi une prière confiante, dans la mesure où Jésus reprend ici la première phrase du psaume 21, dont la seconde partie est une proclamation d'espérance au fond même du malheur, un abandon filial. La parole de Jésus en croix a été, à travers toute la Tradition de l'Église, la consolation de ceux qui souffrent de toutes les formes humaines de détresse et d'injustice, aux limites d'une espérance possible. Il n'y a pas de détresse, ni d'abandon humain que Jésus ne soit venu rejoindre sur la croix. En lui, Dieu est vraiment avec nous, partageant chacune des souffrances humaines. En lui, l'incessant cri de détresse de l'humanité monte vers Dieu. Cependant, la souffrance de Jésus est un abîme dont aucun être humain n'a sondé toute la profondeur: il est « l'Agneau de Dieu qui porte le péché du monde » (Jn 1,29). Le dernier souffle de Jésus s'accompagne à nouveau d'un grand cri, manifestant qu'il donne librement sa vie, qu'on ne la lui arrache pas (cf. Jn 10,18) et le centurion romain, qui sait comment meurent d'épuisement et d'étouffement les crucifiés, comprend et peut s'écrier: « Vraiment, cet homme était le Fils de Dieu! » (Mc 15,39).


(Catéchisme pour adultes des Évêques de France, § 197)


Prière

Reconnaître la Croix


Seigneur, je Vous demande ce qui le plus difficile: la grâce de reconnaître la Croix de Votre Fils dans toutes les peines de ma vie et de le suivre le long de son chemin de Croix aussi longtemps qu'il Vous plaira. Ne me laissez pas devenir amer dans la souffrance, mais que je mûrisse au contraire, avec patience, générosité, bonté et l'ardent désir d'être un jour là où la peine n'existe plus: alors vous essuierez toute larmes des yeux de ceux qui Vous auront aimé, et qui, dans leur douleur, auront cru à Votre Amour et, dans leur nuit, à Votre Lumière. Amen.


(Père Rahner)


Prière finale


Accablé sous le poids de la douleur et de l'angoisse, je viens à vous, ô glorieuse sainte Rita. On vous appelle la Sainte des causes impossibles ou désespérées. C'est pourquoi je vous supplie de me délivrer des maux et des peines qui m'accablent et de me rendre le calme et la joie. J'ai pleine confiance en votre puissante intercession auprès de Dieu. Si mes péchés sont un obstacle à l'accomplissement de mes désirs, obtenez-moi de Dieu la miséricorde et le pardon ainsi que les grâces nécessaires afin de ne plus retomber dans le mal. Daignez, ô Sainte très bonne et très compatissante, répondre à la confiance que j'ai en votre pouvoir et je ferai connaître partout votre bonté envers les affligés qui vous invoquent. Ô glorieuse sainte Rita, admirable épouse de Jésus crucifié, priez pour moi et venez à mon secours dans toutes mes nécessités. Amen.

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