863_001

Les 15 jeudis de Sainte Rita

Prière préparatoire


Au Nom du Père, du Fils et du Saint Esprit. Amen.


O Seigneur, dont la puissance remplit le Ciel et la terre, je crois que Vous êtes près de moi, en moi; et reconnaissant combien je suis petit devant vous, je Vous adore profondément et je Vous aime. Je Vous remercie des nombreuses grâces que Vous m'avez accordées, et de toutes celles que Vous préparez pour secourir ma faiblesse. Pardonnez les nombreuses faites que j'ai commises jusqu'ici. J'implore le secours de Votre Grâce pour rester fidèle aux promesses de mon Baptême que je renouvelle aujourd'hui. Vierge Marie, Saint du Ciel et spécialement vous, Sainte Rita, aidez-moi à accomplir cette démarche dans la Foi, afin d'obtenir Lumière et force pour atteindre mon Salut éternel. Amen.

26

Onzième jeudi

Le Jubilé Romain


L'institution du Jubilé existe depuis l'an 1300. C'était l'occasion autrefois tous les demis siècles, ensuite tous les 25 ans, d'un pèlerinage de pénitence à Rome. Celui-ci se terminait par la grande joie d'une indulgence plénière, la plus solennelle et la plus large de toutes. Le Jubilé de 1540 fut particulièrement important. L'Église n'avait retrouvé son unité et sa paix intérieure que depuis 3 ans seulement, après les désordres causés par le Concile de Bâle, puis par le Duc Amédée VIII, qui avait accepté de devenir l'antipape Félix V. Rome apparaissait comme le centre de l'unité retrouvée. On y venait de partout. Ces pèlerinages d'autrefois demandaient beaucoup de générosité et de courage. Il fallait voyager à pied, chercher les gués des rivières, subir les intempéries, coucher à la belle étoile. Et pourtant, la foule des « romieux et des romées » (on appelait ainsi les pèlerins, hommes et femmes, telle la mère de Jeanne d'Arc) était très dense. Les couvents ouvraient même leurs portes pour laisser partir leur religieux et religieuses qui voulaient gagner leur Jubilé. Rita éprouva, elle aussi, le désir d'aller à Rome; mais avec sa plaie suppurante et malodorante, il ne pouvait en être question. La Mère Abbesse de Cascia ne prenait guère de risque en lui disant qu'elle pourrait partir dès qu'elle serait guérie. Elle ignorait que cette religieuse de son couvent deviendrait un jour la « Sainte des impossibles ». Rita se mit à prier et la plaie sécha. Elle put partir et fut même nommée chef du groupe de ses compagnes, qui se mirent en route à travers les Apennins, par Riéti et la Via Flaminia. Le chemin était pittoresque, mais long et difficile. Les Sœurs se demandaient, à mesure qu'elles avançaient, si elles auraient assez d'argent pour les imprévus du voyage. Cette préoccupation parut à notre Sainte contraire à l'esprit évangélique. Et comme c'était elle qui portait la bourse, ne voilà-t-il pas qu'elle la jette avec insouciance dans le torrent que la petite troupe traversait: « Pensez mes Sœurs, à ce que l'on dirait en nous voyant munies d'argent! Si au contraire, on nous voit rester fidèles à la Pauvreté, dédaignant les richesses du monde, tout le monde saura que nous sommes de vraies religieuses dans l'esprit du Christ ». Ce geste peut, en ces circonstances, nous paraître bien imprudent. Mais c'est la réaction d'une religieuse tout à fait libre de cet argent pour lesquels d'autres se rendent esclaves. Les voilà arrivées à Rome. La Basilique Saint Pierre, telle que nous la connaissons, n'existait pas encore. Les pèlerins vont vénérer les restes des Apôtres dans la vieille église de Constantin. Elles vont au Colisée, où tant de martyrs furent la proie des bêtes. A Sainte Croix de Jérusalem, elles prient devant les reliques de la Passion. Quelle émotion pour elle qui reçut le stigmate de l'Epine d' voir pieusement conservées, deux des épines de la couronne de douleur! Elles voient surtout le Pape, le « doux Christ sur la terre », comme avait dit peu avant Sainte Catherine de Sienne. C'est en lui que s'incarne le mystère de l'Église, toujours une et toujours Sainte, malgré la faiblesse des hommes qui la composent. Ce pèlerinage Romain fut certainement un des sommets de la vie de Rita. Mais qui aurait pu penser, en côtoyant cette humble religieuse de Cascia, qu'elle serait une des plus actives ouvrières de ce renouveau de l'Église Romaine? Surtout, qui aurait pu penser que cette femme, vieillie avant l'âge, serait 450 ans plus tard canonisée solennellement dans la Basilique Saint Pierre de Rome?


Méditation

Le pèlerinage


Au cours de son histoire, l'institution du Jubilé s'est enrichie de signes qui attestent la foi et qui aident la piété du peuple chrétien. Parmi eux, il faut rappeler avant tout le pèlerinage. Celui-ci ramène à la condition de l'homme qui aime décrire sa propre existence comme un cheminement. De sa naissance à sa mort, chacun est dans la condition, toute particulière, d'homo viator. La Sainte Écriture, pour sa part, atteste à maintes reprises la valeur du fait de se mettre en route pour arriver aux lieux saints; c'était une tradition que l'Israélite se rende en pèlerinage à la ville où était conservée l'arche de l'alliance, ou qu'il visite le sanctuaire de Béthel (cf. Jg 20, 18), ou celui de Silo, où Anne, mère de Samuel, vit sa prière exaucée (cf. 1 S 1, 3). En se soumettant volontairement à la Loi, Jésus, lui aussi, avec Marie et Joseph, se fit pèlerin vers la ville sainte de Jérusalem (cf. Lc 2, 41). L'histoire de l'Église est le journal vivant d'un pèlerinage jamais terminé. En route vers la ville des saints Pierre et Paul, vers la Terre sainte ou vers les anciens ou nouveaux sanctuaires consacrés à la Vierge Marie et aux Saints: tel est le but d'innombrables fidèles qui alimentent ainsi leur piété. Le pèlerinage a toujours été un moment significatif dans la vie des croyants, tout en revêtant selon les époques des expressions culturelles différentes. Il évoque le cheminement personnel du croyant sur les pas du Rédempteur: c'est un exercice d'ascèse salutaire, de repentance pour les faiblesses humaines, de vigilance constante sur sa propre fragilité, de préparation intérieure à la réforme du cœur. Par la veille, par le jeûne, par la prière, le pèlerin avance sur la voie de la perfection chrétienne, s'efforçant d'atteindre, avec le soutien de la grâce de Dieu, « l'état d'Homme parfait, la plénitude de la stature du Christ » (Ep 4, 13).


(Jean Paul II, Bulle d'Indiction au Grand Jubilé de l'An 2000 « Incarnationis Mysterium », §7)


Prière

Prière du pèlerin


Seigneur mon Dieu je ne sais pas où je vais, je ne vois pas la route devant moi, je ne peux pas prévoir cette certitude où elle aboutira. Je ne me connais pas vraiment moi-même et, si je croix sincèrement suivre Votre Volonté, cela ne veut pas dire en fait que je n'y conforme. Je crois cependant que mon désir de Vous plaire, vous plaît. J'espère avoir ce désir au cœur en tout ce que je fais, et ne jamais rien faire à l'avenir sans ce désir. En agissant ainsi je sais que Vous me conduirez sur la bonne route, même si je ne la connais pas moi-même. Je Vous ferai donc toujours confiance, même quand j'aurai l'impression que je me suis perdu et que je marche à l'ombre de la mort. Je n'aura aucune crainte car Vous serez toujours avec moi et que Vous ne me laisserez jamais seul dans le péril. Amen.


(Thomas Merton)


Prière finale


Accablé sous le poids de la douleur et de l'angoisse, je viens à vous, ô glorieuse sainte Rita. On vous appelle la Sainte des causes impossibles ou désespérées. C'est pourquoi je vous supplie de me délivrer des maux et des peines qui m'accablent et de me rendre le calme et la joie. J'ai pleine confiance en votre puissante intercession auprès de Dieu. Si mes péchés sont un obstacle à l'accomplissement de mes désirs, obtenez-moi de Dieu la miséricorde et le pardon ainsi que les grâces nécessaires afin de ne plus retomber dans le mal. Daignez, ô Sainte très bonne et très compatissante, répondre à la confiance que j'ai en votre pouvoir et je ferai connaître partout votre bonté envers les affligés qui vous invoquent. Ô glorieuse sainte Rita, admirable épouse de Jésus crucifié, priez pour moi et venez à mon secours dans toutes mes nécessités. Amen.

021_001