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L'Ascension de Notre Seigneur Jésus-Christ

Extrait des révélations de la Vénérable Maria d'Agreda


Tandis que le Seigneur était dans le cénacle avec sa mère bien-aimée et les disciples, il s'y réunissait par la disposition de la divine providence, d'autres fidèles et d'autres pieuses femmes en outre de Madeleine et des Maries, jusqu'au nombre de cent-vingt. Le divin Maître les remplissait de ferveur, il instruisait ses disciples, et enrichissait son Église de saints mystères et de saints sacrements, L'heure heureuse et fortunée à laquelle il devait aller à son Père éternel, comme véritable héritier de la félicité éternelle arriva enfin, engendré dès l'éternité de la même substance que le Père, il devait amener avec lui la très-sainte humanité, pour accomplir toutes les prophéties sur sa venue dans ce monde, sa vie et sa rédemption, et parce qu'il voulait sceller tous les mystères par celui de son ascension, dans laquelle il laissait la promesse de l'Esprit-Saint, car l'Esprit consolateur ne devait pas venir, s'il ne montait d'abord au ciel, parce qu'il devait l'envoyer ensemble avec le Père à son Église bien-aimée. Pour célébrer ce jour joyeux et fortuné, le Seigneur choisit donc pour témoins les cent-vingt personnes; savoir, la très-Sainte Vierge, les onze apôtres, les soixante-douze disciples, Madeleine, Marthe avec Lazare leur frère, les autres Maries, avec quelques autres fidèles hommes et femmes. Avec ce petit troupeau qui représentait toute l'Église, Jésus le divin pasteur visible à leurs yeux, sortit du cénacle, marchant au-devant, à travers les rues de Jérusalem avec sa très-pure et tendre mère toujours à ses côtés. Rangés tous avec ordre, ils s'avancèrent vers Béthanie éloignée de moins de deux milles de Jérusalem, vers le Mont des Oliviers. La compagnie des anges et des saints qu'il avait tiré des limbes et du purgatoire, suivaient le Seigneur glorieux et triomphant avec des cantiques de louanges, mais la grande Reine jouissait seule de leur vue. La résurrection du Seigneur était déjà répandue dans toute la ville et dans la Palestine, quoique les princes des prêtres essayassent d'en arrêter par haine la nouvelle. La divine providence ne permît pas que personne remarquât cette sainte assemblée marchant ainsi en ordre, et personne ne vit le Seigneur excepté les cent-vingt personnes.

Ils arrivèrent avec cette assurance que le Seigneur leur donnait intérieurement, au sommet du mont des oliviers: là, ils se rangèrent en trois chœurs, l'un des anges, l'autre des saints, le troisième des apôtres et des fidèles, ceux-ci se partagèrent en deux et Jésus se plaça au milieu. La divine Mère se prosterna aux pieds de son divin fils et l'adora comme vrai Dieu et rédempteur du monde avec une profonde vénération et humilité, elle lui demanda sa dernière bénédiction et tous les fidèles l'imitèrent. Le Seigneur les bénit tous avec un air joyeux et plein de majesté, il joignit les mains et commença à s'élever de terre à leur vue y laissant empreinte la trace de ses pieds divins, il s'éleva par un mouvement insensible à travers la région de l'air, attirant à lui et les yeux et les cœurs ravis de ses enfants premier-nés, qui l'accompagnaient de leur amour, en versant de douces larmes et poussant de profonds soupirs. Et comme le mouvement du premier mobile fait aussi mouvoir les cieux inférieurs, ainsi Jésus triomphant attira après lui les chœurs des anges et les saints qui l'accompagnaient glorifiés. Mais le mystère nouveau et secret que le bras du tout-puissant opéra dans cette occasion, fut celui d'amener avec lui sa très sainte Mère, pour lui donner dans le ciel la possession de la gloire, et de la place qu'il lui avait préparée comme à sa mère véritable, et qu'elle avait acquise par ses mérites pour la posséder en son temps dans l'éternité. La toute-puissance divine voulut que dans ce temps la divine Mère fût au ciel, et ne quittât pas néanmoins la compagnie des fidèles sur le mont des oliviers. La bienheureuse Reine fut donc élevée avec son très-saint fils, et placée à sa droite, comme l'écrivait si longtemps auparavant David, psaume 44, et elle y resta pendant trois jours. Il fut très-convenable que ce mystère ne fût pas alors connu des fidèles ni des apôtres, car s'ils avaient vu monter avec Jésus-Christ leur mère et maîtresse, leur affliction aurait été bien plus grande. Leurs soupirs et leurs larmes éclatèrent lorsqu'ils virent leur divin maître bien-aimé s'éloigner toujours davantage, et lorsqu'une nuée lumineuse se mit entre eux et le Seigneur, les gémissements devinrent encore plus grands. Le Père éternel avec le Saint-Esprit et tous les esprits bienheureux vinrent sur une nuée au-devant du fils unique incarné et de la Vierge mère, et le divin Père et le Saint-Esprit, à notre manière d'entendre, les embrassa d'un embrassement pur et ineffable, ce qui causa une nouvelle joie à toute la cour céleste qui chanta: ouvrez, princes, vos portes éternelles, afin que le grand roi de la gloire et la reine des vertus puissent entrer; déjà sa miséricorde infiniment libérale a donné aux hommes le pouvoir d'acquérir avec justice, le droit qu'ils avaient perdu par le péché, de mériter par l'observance de sa loi, la vie éternelle bienheureuse, comme ses frères et ses cohéritiers. Pour augmenter notre joie, il amène avec lui à ses cotés la grande mère de la piété qui lui a donné l'être avec lequel il a vaincu le démon, et comme notre Reine est si pleine de grâce et de beauté, elle remplit de joie quiconque la contemple.

Cette nouvelle procession si bien rangée arriva au Paradis avec une joie incompréhensible. Les anges se placèrent d'un côté et les bienheureux de l'autre, et Jésus-Christ notre rédempteur et sa divine Mère passèrent au milieu, et tous rendirent au Christ l'adoration suprême, et pareillement la vénération qu'ils devaient à la co-rédemptrice, chantant de nouveaux cantiques de louanges à l'auteur de la grâce et de la vie. Le Père éternel plaça à sa droite le Verbe incarné sur le trône de la divinité. La grande Reine restait abaissée dans la profondeur de son néant, à cause de sa grande humilité et sagesse, se trouvant plus rapprochée du trône de la divinité, elle s'humiliait dans sa propre connaissance de pure créature. Ce fut pour les anges et les hommes un nouveau motif d'admiration et de joie de voir l'admirable humilité de leur Reine. On entendit aussitôt la voix du Père éternel qui dit: ma fille montez plus haut, son divin fils l'appela aussi en disant ma Mère, levez-vous et venez à la place que je dois vous donner. Le Saint-Esprit dit aussi : mon épouse et ma bien-aimée, venez recevoir mes embrassements éternels. Aussitôt la cour céleste reçut connaissance du décret de la très-sainte Trinité, qui donnait à la divine Mère la droite de son fils, et la sainte Vierge fut placée sur le trône de la très-sainte Trinité à la droite de son fils, et elle connut qu'on laissait à son choix de retourner dans le monde. Elle se leva de son trône et se prosterna devant la bienheureuse Trinité; pour imiter son divin fils, elle se montra prête à travailler pour l'Église et à renoncer à cette joie ineffable. Cet acte de charité fut, si agréable au Seigneur, que l'ayant purifiée et illuminée, elle fut élevée à la vision intuitive de la divinité et fut toute remplie de gloire. Et ainsi comme une abeille industrieuse, elle descendit de l'Église triomphante à la militante, chargée des fleurs de la pure charité, pour travailler le doux rayon de miel de l'amour de Dieu et du prochain, pour les jeunes enfants de la primitive Église, dont elle fit ensuite des hommes robustes, qui firent les fondements du grand édifice de l'Église.

Mais revenons au mont des oliviers. Les fidèles étaient là les yeux levés au ciel, soupirant et pleurant, parce qu'ils ne voyaient plus leur aimable rédempteur; la miséricordieuse mère jeta un regard de bonté vers eux, et pleine de compassion pour leur douleur, elle pria son fils de les consoler, il envoya donc deux anges, vêtus de blanc et tout resplendissants, pour leur donner quelque consolation. Ainsi consolés ils revinrent du mont des oliviers au cénacle de Jérusalem avec la sainte Vierge, où ils persévérèrent tous dans la prière, attendant avec un désir ardent la venue de l'Esprit- Saint, que le bien-aimé rédempteur leur avait promis. Après que la sainte Vierge eut joui pendant trois jours, en corps et en âme de la gloire du ciel, la divine Majesté ordonna à une multitude innombrable d'anges de tous les chœurs de l'accompagner sur la terre, et elle se dirigea sur une nuée éclatante de lumière vers le cénacle. L'esprit humain ne peut concevoir la beauté et l'éclat extérieur avec laquelle la divine reine vint du paradis, il fallut que le Très-Haut les cachât à ceux qui la contemplaient. Saint Jean seul eut le privilège de la voir dans cette splendeur. Descendue de cette nuée de lumière, elle se prosterna à terre et s'abaissa dans son cœur au-dessous de la poussière, elle s'humilia si profondément devant Dieu que la langue humaine ne peut pas l'exprimer. Elle resta toute absorbée dans son bien-aimé et si dégagée de toutes les choses créées, que c'était un sujet d'admiration pour les anges mêmes de voir, dans une pure créature si exaltée et si comblée de dons, un si grand fond de la belle vertu d'humilité. L'évangéliste saint Jean fut rendu digne de la voir descendre du paradis, aussi il en fut ravi d'étonnement, et saisi d'humilité, il resta un jour entier sans oser se présenter devant la reine des anges. Enfin poussé par l'amour et la dévotion, il se présenta devant la divine mère, et en la voyant incomparablement plus brillante que Moïse lorsqu'il descendit du Sinaï, il tomba à terre presque mort, mais la miséricordieuse mère accourut, et se mettant à genoux lui dit: « mon maître et mon fils, vous savez l'obéissance que je vous dois, et qu'elle doit me diriger dans toutes mes actions, et puisque vous êtes resté à la place de mon fils, pour m'ordonner tout ce que je dois faire, je vous prie de me commander, à cause de la consolation que je sens à obéir. En entendant ces humbles paroles, le saint apôtre fut étonné et confus, d'autant plus qu'il avait compris la grandeur de la divine mère et vu sa splendeur; néanmoins il promit de le faire à l'avenir, pour laisser à l'Église un exemple singulier d'humilité. Et si nous voulons être les fils et les vrais dévots de cette divine mère, nous devrons principalement l'imiter dans sa sainte humilité.

Texte extrait de la Vie Divine de la Très Sainte Vierge Marie

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Oraison

Dieu qui élevez le Christ au dessus de tout, ouvrez-nous à la joie et à l'action de grâce, car l'Ascension de Votre Fils est déjà notre victoire: nous sommes les membres de Son Corps, Il nous a  précédés dans la Gloire auprès de Vous, et c'est là que nous vivons en espérance. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.

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Le Seigneur monte au Ciel au milieu des chants de joie...

Il nous prépare une place auprès de Lui...

Alléluia!