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Les Douze Lundis de l'Enfant Jésus

Deuxième Lundi

En l'honneur de la Circoncision du Saint Enfant Jésus

« Huit jours étant accomplis, on circoncit l'Enfant et il fut appelé Jésus ». (Luc 2: 21.)

Prière d'ouverture

Au Nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit

I. — Père Eternel, je Vous offre pour Votre honneur, pour Votre gloire. Pour mon salut et pour celui de tout le monde, le mystère de la naissance de notre Divin Rédempteur.

Gloire au Père

II. — Père Eternel, je Vous offre pour Votre honneur, pour Votre gloire et pour mon salut éternel, les souffrances de la très Sainte Vierge Marie et de saint Joseph, dans le long et pénible voyage de Nazareth à Bethléem, et l’angoisse de leur Cœur de ne pas trouver où se mettre à couvert, alors qu’était sur le point de naître le Sauveur du monde.

Gloire au Père

III. — Père Eternel, je Vous offre pour Votre honneur, pour Votre gloire et pour mon salut éternel, la crèche où naquit Jésus, le foin qui lui servit de lit, le froid qu’il souffrit, les langes qui l’enveloppèrent, les larmes qu’Il versa et ses tendres vagissements.

Gloire au Père

IV. — Père Eternel, je Vous offre pour Votre honneur, pour Votre gloire et pour mon salut éternel, la douleur que ressentit le Divin Enfant dans son tendre Corps, quand Il le soumit au cruel couteau de la circoncision: je Vous offre le Sang Précieux qu’Il répandit alors une première fois pour le salut de tout le genre humain.

Gloire au Père

V. — Père Eternel, je vous offre pour Votre honneur, pour Votre gloire et pour mon salut éternel, l’humilité, la mortification, la patience, la charité, toutes les vertus de l’Enfant Jésus, et je Vous remercie, je Vous aime et je Vous bénis infiniment pour cet ineffable Mystère de l’Incarnation du Verbe.

Gloire au Père

V. Le Verbe s’est fait chair.

R. Et Il a habité parmi nous.

Prions

Ô Dieu, dont le Fils unique a paru en ce monde dans la substance de notre chair, faites, nous Vous en supplions, que L’ayant reconnu extérieurement semblable à nous, nous méritions d'être intérieurement réformés par Lui, qui vit et règne avec Vous dans les siècles des Siècles. Ainsi Soit Il.

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Considérations

Considérons que la Circoncision a été instituée pour les pécheurs, afin qu'ils reconnussent la malédiction qui pèse sur nous tous quand nous venons au monde, en punition du crime de nos premiers parents. Elle devenait pour l'homme un signe de confusion et d'opprobre, qui lui rappelait qu'il avait été conçu dans le péché, que sa chair était destinée à la mort, qu'il était ennemi de Dieu et déchu de tous les privilèges de la création. Le Fils de Dieu, la sainteté même, a voulu subir cette loi, et porter sur Lui cette ignominie, pour nous fournir un exemple de charité, d'humilité et d'obéissance; de Charité, en chargeant son innocence de nos fautes et de nos peines; d'humilité, en s'abaissant a une cérémonie si honteuse à la dignité et à la sainteté de sa personne; d'obéissance, en se soumettant à un commandement fait pour les seuls pécheurs, et en s'obligeant par là, comme dit saint Paul, « à l'observation de toute La loi de Moïse ». (Galates 5: 3.) Admirons ces vertus en ce Divin Enfant, et apprenons à les pratiquer à Son Imitation.

Considérons que cette rigoureuse cérémonie devait se faire le huitième jour; pour témoigner que, après cette Vie, dont la brièveté nous est figurée par ces quelques instants qui s'écoulaient entre la naissance et la circoncision, nous serons dépouillés de notre impure mortalité, et revêtus d'une nouvelle vie toute pure et toute céleste. Honorons les dispositions intérieures du Saint Enfant Jésus, qui, pendant qu'on faisait couler Son Sang, brûlait d'un ardent désir que les hommes fussent détachés des liens de leur premier père; qu'ils renonçassent aux inclinations de la nature coupable, et qu'ils aimassent la nouvelle génération, qu'Il avait dessein de leur donner par le Saint Esprit, et la vie céleste qu'Il leur préparait. Entrons dans ces désirs du divin Sauveur, travaillons à nous circoncire de tout ce qui vient de nous-mêmes, qui ne sommes que chair et péché, afin d'être en loi d'autres créatures, ne vivant que de son esprit.

Adorons le saint Nom de Jésus, qui Lui est imposé en sa Circoncision. Dans ce Nom, dit saint Pierre Chrysologue, « toute la Majesté de Dieu est adorée, parce que Celui qui est le Sauveur du monde est nécessairement une Personne Divine ». (Sermon 144.) Tous ceux qui demeurent dans les Cieux, tous ceux qui habitent sur la terre, tous ceux qui sont captifs dans les enfers, se prosternent a ce Saint Nom, le révèrent et l'adorent. Ecoutons l'Apôtre qui le témoigne, « afin qu'au Nom de Jésus, dit-il, tout genou fléchisse au ciel, sur la terre et dans les enfers ». (Philipiens. 2, 10.) C'est ce Nom qui a donné la vue aux aveugles, l'ouïe aux sourds, aux boiteux le libre exercice de leurs membres, qui a rendu la parole aux muets, la vie aux morts, et qui a banni des corps des possédés toute la puissance des démons. Chérissons ce Saint Nom, gravons-le dans notre cœur, et prononçons-Le amoureusement en toutes rencontres.

Prière

O Jésus, mon Sauveur et mon Dieu, qui, dans votre tendre enfance, avez voulu, quoique innocent, Vous condamner à tant de douleurs pour nos crimes, et qui, en faisant mourir le vieil homme en vous, nous retracer la vie nouvelle que nous avons à mener, pour nous élever des ténèbres de ce monde à la Lumière de Votre Gloire; faites-nous la grâce de nous dégager de la corruption d'Adam, et de renaître en esprit et en vérité devant Votre Père, par l'amour et l'imitation de Votre Sainte Enfance, marquée du signe douloureux de la Circoncision; ô Vous qui vivez et régnez pour les  siècles et les siècles. Amen.

II

Adorons le saint Enfant Jésus, qui, bien qu'il soit le Maître de la Loi de la Circoncision, comme Il est le Maître de celle du sabbat, s'y soumet avec une obéissante humilité. Elle est sévère et rigoureuse; n'importe. Il ne balance pas à l'accomplir, parce qu'Il veut que, sur ses traces, nous sachions renoncer généreusement toujours au penchant qui nous porte à nous dispenser des choses gênantes et difficiles.

Adorons Jésus souffrant les douleurs de cette Circoncision, non comme les autres, enfants sans les connaître, mais en état de Victime et d'Hostie volontaire, et avec une sensibilité d'autant plus vive que Ses organes ont été revêtus d'une divine perfection par le Saint Esprit. Jamais donc il n'y eut de Circoncision si cruelle, jamais il n'y en eut qui ait été supportée avec tant décourage que celle du Sauveur. Renonçons à nos coupables délicatesses et estimons-nous heureux, quand la souffrance nous visite surtout, de pouvoir nous renoncer et nous mortifier pour l'amour de ce divin Enfant.

Adorons le Doux Rédempteur qui se représentait en Sa Circoncision les âmes novices et chancelantes dans les voies de la piété, les cœurs trop peu façonnés encore à l'abnégation du cœur et des sens. Il prend sur Lui, en versant les premières gouttes de Son Sang, leurs infirmités, Il les soutient par Sa Puissance Divine, Il leur mérite la force et la générosité dont ils ont besoin au milieu de leurs appréhensions, de leurs doutes, de leurs faiblesses, et des secrets retours sur eux-mêmes, par lesquels ils contristent encore le Saint Esprit; prions-Le de daigner venir également à notre aide dans les petites croix qu'Il nous destine, et dans la pratique des pénitences que nous devons entreprendre pour Sa Gloire.

Adorons le Verbe Enfant plein de Grâce et de Vérité qui dans l'accomplissement extérieur de la Circoncision voyait tout ce que Dieu son Père avait voulu qu'elle signifiât à son peuple, et qui tenait son Cœur bien plus appliqué à l'esprit qu'au corps et à la lettre de ce sacrement. Il considérait avec tristesse qu'elle était la marque des pécheurs; et quoiqu'Il fût parfaitement pur, la pureté même par essence, Il a voulu porter sur Lui ce sceau de notre souillure originelle, à laquelle il faut que nous renoncions si nous voulons être agréés du Père. Et Il l'a pris à la connaissance de tout le peuple, ne voulant point paraître ici-bas ce qu'Il était, tandis que, nous autres, nous nous ingénions de toutes manières a paraître ce que nous né sommes point. Ah! corrigeons notre orgueil; voyons-nous tels que nous sommes, en réalité, devant Dieu, et ne désirons pas d'être tenus pour meilleurs devant les hommes, puisque nous n'avons à nous que le néant et le péché.

Adorons le Très Saint Enfant qui avait sous Son regard, pendant qu'Il était Circoncis, toute l'énormité de notre faute originelle, orgueilleuse révolte d'Adam, sa désobéissante ingratitude, Sa complaisante faiblesse pour Eve, Son volontaire mépris de la défense que Dieu lui avait faite uniquement, de toucher à l'arbre de la science du bien et du mal, quand Il pouvait user, en toute liberté, de tous les autres fruits du jardin de délices... Qu'est-ce à dire? hélas! ce péché qui obscurcit notre intelligence, qui nous tient, depuis six mille ans, courbés vers la terre, qui rend si souvent l'homme semblable aux démons; cette odieuse impiété que nous ne connaissons que par la Foi, ce crime des crimes dont le désordre de nos convoitises et l'excès de nos douleurs nous apportent tant de preuves déplorables, sans que nous puissions le comprendre, car Il est au-dessus de toute humaine conception en cette vie, et nous n'en trouverons l'explication que dans les clartés de la vision de Dieu même; Jésus en voyait, sous le couteau du sacrificateur, toute la laideur, toute l'impureté, toute la malice; Il en contemplait en frémissant, dans la Lumière de son éternelle Vérité, les prodigieux ravages, et l'immense étendue à travers les siècles; et Il consentait à laisser entrouvrir sa chair innocente pour se charger de ce venin mortel; et Il concevait au nom de tous les enfants des hommes une horreur infinie de cette abominable dégradation; et Il s'offrait à Son Père pour en recevoir le châtiment. Il en acceptait l'opprobre et la honte, et Lui-même se condamnait au supplice, que toutes les générations avaient encouru en Adam! En est-ce assez pour que nous prenions la ferme résolution de mourir a nos instincts mauvais, de nous dépouiller de l'homme de péché, de nous revêtir, selon le conseil de l'apôtre, de Jésus-Christ le Principe et la Source de la Grâce, l'Auteur et le Consommateur du Salut.

Adorons le Saint Enfant Jésus, s'obligeant par la Circoncision à l'observation de toute la loi de Moïse, ce qui ne mettait aucun terme à son obéissance et a son humilité devant son Père; car quelle n'était pas l'étendue de cette double vertu dans le Sauveur, qui voulait accomplir les prescriptions de Moïse non pas seulement dans leur forme extérieure, mais selon le divin esprit qui les avait dictées ! De cette sorte, il a offert à Dieu, dans sa Personne adorable, la véritable Circoncision et l'entier dépouillement d'Adam qu'elle renferme, le vrai sacrifice et le vrai sacerdoce selon l'ordre de Melchisédech, le vrai Temple d'où montaient vers le ciel les vraies adorations, à la faveur desquelles allaient être remplacés les rites grossiers et matériels de la loi. Appliquons-nous à faire pénétrer dans nos cœurs cette Circoncision spirituelle, qui n'est autre que notre baptême. Renouvelons-nous dans la grâce que nous avons reçue sur les fonts sacrés, en répétant que nous renonçons au monde et au démon, et que ce sont les œuvres et les œuvres seules de Jésus Christ que nous voulons pratiquer, jusqu'à notre dernier soupir.

Adorons le saint Enfant Jésus, qui a regardé sa Circoncision comme une image de la complète dissolution de notre chair frappée de malédiction par le Seigneur, comme une figure aussi de la mort qu'Il avait résolu de souffrir pour nous, comme Son initiation solennelle au supplice de la croix qu'Il devait endurer à cause de nos crimes. Disons-Lui du fond de nos âmes émues: ô Jésus, Divine Hostie, faites-nous la grâce de Vous consacrer et de Vous donner notre vie, comme Vous nous avez donné la Vôtre, Vous-même enseignez-nous à réaliser pieusement cette parole de votre apôtre saint Philippe: Allons et mourons avec Lui! Qu'en attendant le jour de notre mort naturelle, nous soyons mourants de cœur et d'affection à tout ce qui n'est pas Vous, mon Dieu!

Adorons le Divin Enfant dans l'état où Il est demeuré après sa Circoncision, lequel est comme une représentation pour nous de la vie nouvelle qu'Il nous a méritée par Sa mort et par Sa résurrection. Combien n'a-t-Il pas prié pour que tous les enfants de son Eglise participent à la pureté de cette vie renouvelée! Entrons dans les désirs de notre Maître: « Aspirons vers les choses qui sont en haut, comme dit saint Paul, et n'aimons plus rien de celles qui sont sur la terre », parce qu'il n'y a en elles que vanités, ténèbres et afflictions d'esprit.

Prière

Amour de Jésus subissant la marque du pécheur dans la Circoncision, embrasez mon cœur.

Bonté de Jésus Circoncis, attirez mon cœur.

Charité de Jésus Circoncis, répandez-vous dans mon cœur.

Force de Jésus Circoncis, soutenez mon cœur.

Miséricorde de Jésus Circoncis, pardonnez à mon cœur.

Patience de Jésus Circoncis, supportez mon cœur.

Humilité de Jésus Circoncis, régnez dans mon cœur.

Sainteté de Jésus Circoncis, purifiez mon cœur.

Volonté de Jésus Circoncis, disposez de mon cœur.

Providence de Jésus Circoncis, veillez sur mon cœur.

Zèle de Jésus Circoncis, dévorez mon cœur.

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Chapelet de l'Enfant Jésus

On baise la médaille en disant: "Saint Enfant Jésus, bénissez-nous!" (50 jour d'indulgence, Pie X, 1909). On récite ensuite le Pater sur chacun des trois gros grains et l'Ave Maria sur chacun des douze petits grains en faisant précéder chaque Pater et chaque Ave de ces paroles: "Et le Verbe s'est fait chair, et Il a habité parmi nous."

On peut énoncer les mystères avant chaque Ave Maria.

1. L'Annonciation

2. La Visitation.

3. La Naissance.

4. L'Adoration des Bergers.

5. La Circoncision.

6. L'Adoration des Mages.

7. La Présentation au Temple.

8. La Fuite en Égypte.

9. Le Séjour en Égypte.

10. Le Retour de l'Égypte.

11. La Vie cachée à Nazareth.

12. Jésus au milieu des Docteurs.

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