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Les Douze Lundis de l'Enfant Jésus

Quatrième Lundi

Le Mystère de l'Incarnation accompli dans le Sein de la Très Sainte Vierge

« Pour nous donner un Dieu Enfant, Dieu nous a donné une Vierge Mère ». (M. Olier)

Prière d'ouverture

Au Nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit

I. — Père Eternel, je Vous offre pour Votre honneur, pour Votre gloire. Pour mon salut et pour celui de tout le monde, le mystère de la naissance de notre Divin Rédempteur.

Gloire au Père

II. — Père Eternel, je Vous offre pour Votre honneur, pour Votre gloire et pour mon salut éternel, les souffrances de la très Sainte Vierge Marie et de saint Joseph, dans le long et pénible voyage de Nazareth à Bethléem, et l’angoisse de leur Cœur de ne pas trouver où se mettre à couvert, alors qu’était sur le point de naître le Sauveur du monde.

Gloire au Père

III. — Père Eternel, je Vous offre pour Votre honneur, pour Votre gloire et pour mon salut éternel, la crèche où naquit Jésus, le foin qui lui servit de lit, le froid qu’il souffrit, les langes qui l’enveloppèrent, les larmes qu’Il versa et ses tendres vagissements.

Gloire au Père

IV. — Père Eternel, je Vous offre pour Votre honneur, pour Votre gloire et pour mon salut éternel, la douleur que ressentit le Divin Enfant dans son tendre Corps, quand Il le soumit au cruel couteau de la circoncision: je Vous offre le Sang Précieux qu’Il répandit alors une première fois pour le salut de tout le genre humain.

Gloire au Père

V. — Père Eternel, je vous offre pour Votre honneur, pour Votre gloire et pour mon salut éternel, l’humilité, la mortification, la patience, la charité, toutes les vertus de l’Enfant Jésus, et je Vous remercie, je Vous aime et je Vous bénis infiniment pour cet ineffable Mystère de l’Incarnation du Verbe.

Gloire au Père

V. Le Verbe s’est fait chair.

R. Et Il a habité parmi nous.

Prions

Ô Dieu, dont le Fils unique a paru en ce monde dans la substance de notre chair, faites, nous Vous en supplions, que L’ayant reconnu extérieurement semblable à nous, nous méritions d'être intérieurement réformés par Lui, qui vit et règne avec Vous dans les siècles des Siècles. Ainsi Soit Il.

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Considérations

Adorons le Verbe éternel qui s'unit à notre humanité et qui naît dans le temps au sein de sa Mère, comme Il naît dans l'éternité au sein de son Père: en sorte que nous pouvons dire que sa génération temporelle est une image de Sa génération éternelle. Car Il naît parfait en un moment, et d'un seul principe humain, comme d'un seul principe divin; Il naît de la substance de Sa Sainte Mère, sans que la perfection et l'intégrité de celte Vierge privilégiée en éprouve nul dommage, comme le Père, qui le produit de Sa Divine Substance, n'en souffre aucune diminution. Bénissons Dieu qui laisse paraître sa suprême grandeur dans la plus extrême petitesse: qui, pour naître enfant, ne laisse pas de naître en Dieu, et qui, voulant avoir une mère, se l'est choisie d'une manière toute divine. Puis, considérons que, en cette naissance, Dieu ne donne pas seulement l'être et la vie à Son Fils comme Créateur et comme Dieu, ainsi qu'il arrive pour la production des autres hommes; mais qu'il les lui donne comme Père, première Personne de l'auguste Trinité, et principe sans fin de la Personne du Verbe. La sainte Vierge, dans cet adorable mystère, produit miraculeusement de son sang une humanité; mais c'est de Dieu le Père que vient à cette humanité l'union divine et hypostatique qui fait de l'Homme-Dieu une Personne infinie: si bien que, pendant le pèlerinage de ce monde, le Fils humilié de Marie conserve avec le Père, qui lui est égal dans les cieux, ses éternelles relations. Oh! que Dieu est bien plus admirable en cette divine production du Verbe fait chair, notre Sauveur, que nous ne sommes capables de le comprendre! Adorons toute la divinité coopérant à ce grand ouvrage de l'Incarnation. Le Père donne son Fils, lequel naît aussi de la sainte Vierge: les trois Personnes, comme un seul Dieu, unissent le Verbe avec l'humanité; le Verbe s'incarne, sort du Père, vient au monde, s'anéantit et prend la forme de serviteur; le Saint-Esprit, comme Sanctificateur et comme Amour substantiel, prépare l'âme et le corps de la sainte Vierge, la remplit de grâce et de pureté, lui communique les dons les plus merveilleux pour former en elle la chair adorable de l'Homme-Dieu, et rend sa fécondité aussi chaste et aussi sainte que celle des autres mères est profane et terrestre. Bénissons le Divin Enfant de ce qu'Il a de si augustes principes: concevons une haute et incomparable estime de sa grandeur, en considérant la majesté du Très-Haut qui couvre de Son ombre sa sainte Mère, le Fils de Dieu qui devient Fils de l'homme, le Saint-Esprit qui se répand avec sa vertu immense dans l'âme et le sein de la Vierge immaculée, et qui fait ainsi de Marie le chef-d'œuvre de la bonté de Dieu, de sa puissance et de sa sainteté. Apprenons que ce Divin Enfant veut être formé en nous par les mêmes principes. C'est la Bonté et la Miséricorde infinie du Père qui nous rend des hommes nouveaux: c'est ce même Père qui nous transfère de la racine d'Adam en celle de son Fils bien-aimé; c'est le Verbe divin qui nous entre en Lui-même et qui nous rend ses membres vivants; c'est le Saint-Esprit qui répand en nous la vie de ce Chef; et il faut que des âmes deviennent saintes et pures comme celle de Marie pour que cette divine Naissance s'accomplisse en nous.

Adorons le Verbe éternel tout formé et tout animé au moment de sa conception, se faisant non seulement homme, mais le plus petit des hommes. Adorons-le se rendant non-seulement petit, mais faible et mortel, et sujet à toutes nos douleurs: ce que l'Ecriture exprime en disant que le Verbe a été fait chair. Adorons-le privé, par conséquent, de la gloire de son corps et de la majesté de Fils de Dieu. « Adorons-Le enfin fait péché, comme dit saint Paul, et malédiction pour nous » (Galat, 3,13.), prenant sur lui, dès le premier moment de sa vie, la dette de tous les pécheurs, se rendant l'objet de la sévérité de Son Père, se destinant à la pénitence, à la persécution et au supplice. Admirons cette incompréhensible humilité et cet Amour infini; entrons par ce Divin Enfant dans la connaissance de notre bassesse; acceptons avec lui d'être traités comme nos péchés le méritent, et de vivre dans l'abjection à laquelle Il s'est résigné en acceptant notre place.

Adorons la plénitude de la Divinité qui réside en ce saint Enfant; de sorte qu'Il est aussi véritablement Dieu qu'Il est véritablement homme, et que non seulement Son Esprit, mais toute Son Humanité est unie avec Dieu plus étroitement que le corps n'est uni en nous avec l'âme. « En lui, dit saint Paul, habite la Divinité dans toute sa plénitude ». (Coloss., 2. 9). Mais, remarque l'apôtre, de cette plénitude de la Divinité découle toute autre plénitude; plénitude de gloire, de puissance, de lumière, de vertu, plénitude de toute grâce et de 'toute sanctification possible pour unir à Dieu toutes sortes de créatures: Oui, il a plu au Père, que toute plénitude habitât en lui. (Col. 1, 1 9.) Reconnaissons-le donc pour notre Dieu, notre Maître, notre Rédempteur, notre Exemplaire, notre Vie, notre Voie, notre Victime, notre Nourriture, notre Gloire, en un mot, pour notre Tout: Omnia et in omnibus Christus.

Prière

Verbe éternel, qui, dans Votre Personne adorable, avez réuni les deux extrémités de la grandeur et de la petitesse; qui non-seulement Vous êtes fait homme, mais le plus petit de tous les hommes; qui êtes immense dans le sein du Père et comme réduit au néant dans celui de votre Mère: donnez a notre cœur, où l'orgueil est infini, le sentiment de Votre petitesse et de Votre humilité; et pour nous élever à la gloire de vos grandeurs divines, faites-nous descendre avec vous jusqu'à la vraie bassesse de notre qualité de pécheurs ô Vous, qui vivez et régnez aux siècles des siècles. Ainsi soit-il.

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Chapelet de l'Enfant Jésus

On baise la médaille en disant: "Saint Enfant Jésus, bénissez-nous!" (50 jour d'indulgence, Pie X, 1909). On récite ensuite le Pater sur chacun des trois gros grains et l'Ave Maria sur chacun des douze petits grains en faisant précéder chaque Pater et chaque Ave de ces paroles: "Et le Verbe s'est fait chair, et Il a habité parmi nous."

On peut énoncer les mystères avant chaque Ave Maria.

1. L'Annonciation

2. La Visitation.

3. La Naissance.

4. L'Adoration des Bergers.

5. La Circoncision.

6. L'Adoration des Mages.

7. La Présentation au Temple.

8. La Fuite en Égypte.

9. Le Séjour en Égypte.

10. Le Retour de l'Égypte.

11. La Vie cachée à Nazareth.

12. Jésus au milieu des Docteurs.

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