31 juillet 2010

Le Mois du Cœur de Marie

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Le Mois du Cœur de Marie

Abrégé historique et pratique sur la Dévotion au Sacré Cœur de Marie

La Dévotion au Cœur de Marie est une suite naturelle et une conséquence naturelle de la Dévotion au Cœur de Jésus. Comme Marie est intimement unie à Jésus, soit dans l'ordre de la grâce soit dans l'ordre de la nature, les fidèles qui sont dévots au Cœur de Jésus doivent l'être aussi au Cœur de Marie. C'est ce qui semble nous être insinué et recommandé par la conduite merveilleuse de la Providence envers Marie, et par l'ordre que suit l'Église dans le culte qu'elle lui rend. Sans entrer dans le détail de ce que Dieu a fait pour Marie, de toute éternité, remarquons l'union très-intime de Marie avec Jésus, dans les Mystères de la Vie, de la Mort et de la Résurrection de son divin Fils. Dans l'Incarnation, le Verbe éternel, renfermé pendant neuf mois dans lé sein de Marie, ne fut-il pas comme une seule et même chose avec elle? A sa naissance il fut reçu dans ses bras; et pendant son enfance, reposant sur son sein virginal, il en suça le lait, de sorte que la substance de la Mère devint la substance même du Fils. C'est avec elle qu'il vécut, jusqu'à l'âge de trente ans, dans la même maison, à la même table. Tout leur fut commun, les biens, la fortune, les occupations, les inclinations, les sentiments. Quelle union plus intime et plus continue! Les Bergers et les Mages vont à la crèche, ils y trouvent Jésus avec Marie. Jésus est présenté au Temple, et les cérémonies de la Loi se rapportent à Marie comme à Jésus. L'ordre que reçoit Joseph, pour la fuite en Égypte concerne Jésus et Marie. Et ce n'est pas seulement dans la vie privée que Marie et Jésus furent unis; dans la vie publique ils ne furent pas séparés. Marie fut avec lui aux noces de Cana; elle fut avec lui à Capharnaüm; et il résulte du texte de l'Évangile, que Marie suivait Jésus partout où il exerçait son ministère apostolique. Elle fut enfin sa compagne inséparable dans tout le cours de sa vie; elle participa à toutes ses fatigues, à toutes ses douleurs, à tous ses travaux, à tous ses opprobres. Elle fut à Jérusalem dans le temps de sa Passion, et ne se sépara pas de lui sur le Calvaire; au contraire, au pied de la Croix, elle y souffrit avec son Fils d'immenses douleurs, dans le même esprit et pour la même fin qu'il souffrait lui-même. La sainte Église, que l'Esprit-Saint assiste et instruit, donne à Marie les titres qui sont propres de son divin Fils. Jésus est notre Roi, Marie est notre Reine. Jésus  est notre Avocat et notre Médiateur, Marie est aussi notre Avocate et notre Médiatrice. Jésus est notre Espérance, notre Secours , notre Refuge, notre Consolation; il en est de même de Marie. Jésus  est la Voie pour aller au Ciel, Marie est la Porte du Ciel. Dans cette Voie, Jésus est notre Guide et notre Lumière, et Marie est l'Étoile qui nous guide et nous dirige au port du salut. Jésus est l'Auteur de la grâce, Marie est la Mère de la grâce. En un mot, Marie participe par grâce à tous ces titres glorieux que Jésus possède par nature. Mais ce qui est encore plus décisif, l'Église unit Jésus et Marie dans les honneurs qu'elle leur rend aux jours de leurs solennités. Lorsqu'il s'est introduit une Fête, une cérémonie, une pratique de dévotion à la gloire de Jésus-Christ, aussitôt il s'en est établi une semblable à l'honneur de Marie; et l'Église, qui célèbre par des fêtes particulières les Mystères du Fils depuis l'Incarnation jusqu'à l'Ascension, solennise également les Mystères de la Mère depuis sa Conception jusqu'à son Assomption dans le Ciel. La Dévotion au Cœur de Marie est donc naturellement liée à la Dévotion au Cœur de Jésus, Cette dévotion au Cœur de Jésus étant établie dans l'Église, celle au Cœur de Marie ne pouvait manquer de s'y établir. Et de fait, les dévots à ces divins Cœurs ont la douce satisfaction de voir maintenant introduits dans l'Église la Fête, l'Office, la Dévotion, les Congrégations du Cœur de Marie, comme du Cœur de Jésus. Mais ce qui est bien remarquable, la divine Providence a voulu que la première Église dédiée au Cœur de Jésus (celle du Séminaire de Coutances en Normandie), fût aussi et en même temps consacrée au Cœur de Marie. En 1688, on y célébra la Fête des sacrés Cœurs solennellement et avec Octave; et on y érigea sous leurs titres une Confrérie à laquelle le Pape Clément X accorda un Bref d'indulgence, en 167, l'an 5 de son Pontificat. Le Souverain Pontife Pie VII daigna accorder la grâce de l'extension de la Fête, de l'Office, et de la Messe, par le Décret ci-dessous indiqué, émané de la sacrée Congrégation des Rites. Le même Souverain Pontife, par son Bref du 5 Septembre 1807, a accordé un grand nombre d'Indulgences aux fidèles Associés à la Pieuse Union du Sacré Cœur de Marie canoniquement érigée à Rome dans l'insigne Église collégiale et paroissiale de Saint-Eustache. Cette Congrégation a le pouvoir de recevoir dans la Dévotion du très-saint Cœur de Marie, de s'agréger toutes les autres Congrégations canoniquement érigées, et de les rendre participantes des indulgences qui lui ont été accordées. On se fait recevoir dans cette Pieuse Union, et l'on y agrège les autres Congrégations, comme dans celle du Sacré Cœur de Jésus; on s'adresse pour cela au Secrétaire de l'Union du Sacré Cœur de Marie, à l'Église de Saint-Eustache, à Rome. Il y a plusieurs manières de mettre. en pratique la Dévotion au Sacré Cœur de Marie: 1° Se faire recevoir de la Pieuse Union du Sacré Cœur de Marie, et tâcher de gagner les Indulgences qui ont été accordées par le Souverain Pontife, aux fidèles Associés à cette Pieuse Union. Le Précis de ces Indulgences se trouve à la fin de ce Volume. 2° Prier sans cesse la très-sainte Vierge de charger son Cœur si chaste et si pur de nous diriger et nous animer dans la sincère imitation des vertus de son divin Fils. 3° Invoquer fréquemment cette divine Mère, la saluer, la visiter dans ses Images, la glorifier dans ses Fêtes , prendre part à ses douleurs, et réciter l'Oraison: O Cœur de Marie, Mère de Dieu, etc. que l'on trouvera à la suite de cette Introduction, avec l'indication des Indulgences que le Souverain Pontife Pie VII a accordées, à ceux qui réciteront cette Oraison. 4° Faire des Neuvaines ferventes aux approches des Fêtes de la Sainte Vierge. 5° Enfin, et conformément à ce qui se pratique dans l'Église de Saint Eustache, à Rome, consacrer tout le mois d'Août au Sacré Cœur de Marie, en faisant chaque jour une Méditation à son honneur, afin de se préparer à célébrer dignement sa Fête, qui est fixée au dernier jour de ce mois. On pourrait faire en même temps la Neuvaine pour la Fête de l'Assomption , laquelle Neuvaine commence le 6 Août. En conséquence on a réuni dans ce livre, et les Méditations pour tous les jours du mois d'Août, en l'honneur du Sacré Cœur de Marie; et les Méditations pour la Neuvaine de la Fête de l'Assomption. Ces dernières Méditations, qui peuvent servir pour toutes les Neuvaines des principales Fêtes de Marie, sont de Saint Alphonse de Liguori. Il en a tiré le sujet des Litanies de la Sainte Vierge, qu'il a paraphrasées dans le cours des neuf Méditations.

Oraison au Très Saint Cœur de Marie

O Cœur de Marie, Mère de Dieu, et notre Mère; Cœur très-aimable, objet des complaisances de l'adorable Trinité, digne de toute la vénération et de l'amour des Anges et des hommes; Cœur le plus ressemblant à celui de Jésus, dont vous êtes la plus parfaite image; Cœur plein de bonté, et si compatissant à nos misères, ah! daignez fondre la glace de nos cœurs, et faites qu'ils se convertissent entièrement à celui de notre divin Sauveur. Remplissez-les de l'amour de vos vertus, enflammez-les de ce feu céleste dont vous brûlez sans cesse. O divin Cœur, prenez la sainte Église sous votre protection; ou plutôt recevez-la, renfermez-la en vous-même; soyez ainsi toujours son doux asile, et sa forteresse inexpugnable à toutes les tentations, à tous les assauts de ses ennemis. Soyez notre voie pour aller à Jésus, et le canal qui nous transmette toutes les grâces nécessaires à notre salut. Soyez notre aide dans nos besoins, notre soulagement dans nos afflictions, notre force dans les tentations, notre refuge dans les persécutions, notre secours dans tous les périls, mais surtout dans les derniers combats que nous aurons à soutenir à la fin de la vie, aux approches de la mort. quand tout l'enfer se déchaînera contre nous pour ravir nos âmes, dans ce moment formidable, dans cet instant terrible dont notre éternité dépend. Ah! Vierge tendre, miséricordieuse et secourable, c'est alors qu'il faut nous faire goûter la douceur de votre Cœur maternel, et nous faire connaître combien il est grand le pouvoir que vous avez sur le Cœur de votre divin Fils, en nous ouvrant à la source même de la miséricorde un refuge assuré d'où nous puissions parvenir à le bénir avec vous dans le Paradis, pendant tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

Louange aux Sacrés Cœur de Jésus et de Marie

Que le très-divin Cœur de Jésus et le très-immaculé Cœur de Marie soient connus, loués et bénis, aimés, servis et glorifiés, toujours et en tout lieu. Ainsi soit-il.

Indulgences accordées a ceux qui réciteront l'Oraison et la Louange précédentes

A la sollicitation de plusieurs Évêques et Prêtres dévots au saint Cœur de Marie, Sa Sainteté Pie VII, par son Rescrit du 18 Août 1807, a accordé l.° a quiconque récitera dévotement chaque jour l'Oraison et la Louange précédentes, une Indulgence de soixante jours; à ceux qui la réciteront journellement et pendant le cours d'une année entière, une Indulgence plénière aux trois Fêtes de la Nativité, de l'Assomption, et du Très Saint Cœur de Marie, pourvu qu'outre les conditions ordinaires des Sacrements de Pénitence et de la Sainte Eucharistie, ils visitent une Église quelconque dédiée à la Bienheureuse Vierge Marie, et qu'ils y prient suivant les intentions de Sa Sainteté; 3.° à qui n'aura pas manqué de pratiquer ce pieux exercice tous les jours de sa vie, Indulgence Plénière au moment de la mort. Toutes ces Indulgences sont applicables par voie du suffrage aux saintes Âmes du Purgatoire.

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Premier jour

Création du Cœur de Marie

Considérez l'Œuvre du Très haut, cette Œuvre sublime, ce Vase admirable, créé pour recevoir le dépôt des trésors célestes qui devaient être ensuite répandus sur l'univers; considérez le Cœur de la Vierge Marie, élue de toute éternité pour être un jour Mère de Dieu. Cette Œuvre surpassa toutes les autres œuvres du Tout-Puissant. Les cieux et ses astres brillants, la mer et ses innombrables habitants, la terre et toutes ses productions et tout ce qu'elle renferme sont appelés, dans les saintes Écritures, « les Œuvres des doigts de Dieu »; mais la formation du Cœur de Marie fut l'œuvre de ses mains et de son bras, ainsi qu'elle le dira elle-même un jour: « Dieu a manifeste la puissance de son bras; c'est en moi que le Tout Puissant a fait de grandes choses ». Dans la formation de ce grand Cœur, la très-sainte Trinité employa toute sa vertu. Le Père éternel y concourut, par sa Puissance: il y forma un Cœur de Fille, qui devait être à jamais rempli de l'amour filial envers son Créateur, à l'exclusion de tout autre amour contraire, et qui devait toujours surpasser en docilité, en soumission, en obéissance, tous les cœurs des plus pures créatures. Le Fils y concourut, par sa divine Sagesse ; il s'y forma un Cœur de Mère, auquel il serait soumis, et par lequel il serait dirigé dans les actions de son Humanité. Le Saint-Esprit y concourut, par ses ineffables Ardeurs: il s'y forma un Cœur d'Épouse si enflammé d'amour et si fécond, que d'un seul Fiat émané de ce Cœur, serait produite une Œuvre infiniment plus étonnante que la Création de l'univers opérée immédiatement par un Fiat de cette même très-auguste Trinité. Quelle Œuvre admirable! Quelle Œuvre sublime! Et qui peut la comprendre ?

Répétons nous-mêmes, d'après cette Fille, Épouse et Mère de Dieu, et disons-lui: « C'est en Vous que le Tout Puissant a fait de grandes choses, et qu'il a manifesté la puissance de son bras ». Voilà l'œuvre préparée pour remporter la victoire sur les ennemis de Dieu, et pour disperser les superbes.  Gardons-nous bien d'être de ce nombre, et tâchons, pendant ce mois, de réformer notre propre cœur, en le faisant ressembler autant que nous pourrons au divin Cœur de Marie.

Fleur: Réciter le Cantique Magnificat et le Salve Regina.

Fruit: S'humilier à la vue des souillures de notre propre cœur, et s'empresser de le purifier par une confession exacte et un sincère repentir.

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