05__Virgen_Maria_25x30_w

Le Mois de la Vierge des Douleurs

Sixième jour

Excès des souffrances de Marie en voyant naître si douloureusement l'Enfant Jésus

Le Sauveur du monde naquit enfin dans un vil réduit, pendant le silence de la nuit; cette heureuse naissance semblait présager à Marie une joie ineffable: son cœur ne pouvait suffire au bonheur. de voir son Fils tant désire, de toucher ses divins membres, et de l'avoir mis au monde sans douleurs. De plus, à la douceur céleste qu'il lui avait procurée pendant qu'il fut renfermé dans son sein, succédèrent les tendres regards de son divin Fils, dont la beauté ravissait les cœurs des hommes; le gracieux sourire de ses lèvres empourprées, qui répandait la douceur du paradis; la perfection de son corps adorable. Combien Marie fut heureuse de le nourrir de son lait virginal, de lui prodiguer les plus tendres caresses, et de le voir honoré si sincèrement et avec tant d'ardeur par les bergers. Mais, d'un autre côté, quelle douleur pour elle de voir ce Dieu que le ciel et la terre ne peuvent contenir, couché dans une crèche, sur la paille, et la tête sur une pierre mal couverte de haillons? Quel spectacle pour son cœur maternel, de considérer ce divin enfant renfermé-dans de pauvres langes, au milieu de deux brutes, dans une grotte froide, à demi-ouverte, exposée aux injures de l'air, et dans la nuit de l'hiver le plus rigoureux! A cette vue et aux pleurs du divin nouveau-né, cette mère désolée ne devait-elle pas s'écrier comme elle le révéla à Sainte Brigitte: « Hélas! ô mon Fils! vous souffrez plutôt de mes peines que des vôtres! » Une autre source d'affliction pour la très Sainte Vierge, ce fut tout ce qu'une lumière prophétique lui fit prévoir dans l'avenir, touchant son divin Fils. Ces vues affligeantes répandirent l'amertume sur les délices qu'elle goûtait en pressant le divin enfant sur son cœur. Souvent, au rapport de Sainte Brigitte, la très Sainte Vierge faisait entendre cette douce plainte: « Ah! mon cher Fils, maintenant vous reposez dans les bras de ma tendresse et de mon amour, mais le temps viendra où vous serez cloué sur les bras durs d'une ignominieuse croix. Maintenant je vous donne des baisers sincères, et un jour à venir vous recevrez le baiser sacrilège du traître Judas. A présent je vous nourris de mon lait, et à votre mort on vous désaltérera avec un breuvage amer. Maintenant je vous couvre de langes pauvres mais blancs, et je vous entoure de douces bandelettes, un jour, hélas! on vous revêtira d'un haillon de pourpre, et on vous liera cruellement avec des cordes et des chaînes! O mon Dieu! si je vous vois dormir doucement dans mes bras, je pense aussitôt à ce cruel moment où du haut de la croix je recevrai de nouveau votre corps mort tout déchiré et couvert de plaies! » Et en parlant ainsi, Marie donne un libre cours à ses soupirs et à ses larmes; et l'Enfant Jésus, dans les bras de sa tendre Mère, loin de la placer dans un paradis terrestre de joie, devient au contraire pour elle un faisceau de myrrhe et d'amertume.

Colloque

O Vierge sainte! comment n'avez-vous pas cessé de souffrir à cet heureux moment auquel vous mîtes au monde le Fils de Dieu? En cet instant vous fûtes au faîte des grandeurs humaines et célestes; vous reçûtes, à juste titre, les félicitations des bergers accourus à la crèche; les Anges descendus dans l'étable vous portèrent envie, et tout le Paradis vous admira et vous reconnut pour sa Souveraine et sa Reine bien-aimée. Mais hélas! dans une si grande élévation, ô Mère affligée! vous êtes réduite à soupirer et à beaucoup pleurer. Comment, en effet, auriez-vous pu retenir vos larmes, en voyant un enfant si beau en proie à tant de besoins; vêtu si pauvrement et sans avoir moyen de le soulager; en entendant ses cris et en considérant ses pleurs sans pouvoir les sécher? De quel glaive de douleur votre cœur maternel ne fut-il pas percé? O que je vous plains! Ah! si du moins je pouvais vous offrir mon cœur pour servir de berceau à votre divin Fils! Que je le ferais volontiers! Mais vous savez combien ce cœur est plein de vices, vous savez qu'il est encore plus souillé que l'étable de Bethléem. Obtenez-moi, ô très-sainte Mère! la grâce de le purifier auparavant par une vraie pénitence; ensuite prenez-le, servez-vous-en comme il vous plaira, et ne me le rendez-plus, puisqu'il est de mon plus grand intérêt de ne l'avoir pas, pourvu qu'il soit entre vos mains sacrées.

Soupir à Marie

L'Enfant Jésus étant sur le foin, je pleure de joie et de douleur tout ensemble; mon cœur est partagé entre l'allégresse et la peine.

Exemple

Le Bienheureux Jacques-Philippe de Faenza, de l'Ordre des Servites, reçut, dès son enfance, beaucoup de faveurs de Notre Dame des Douleurs. A l'âge de deux ans, il fut atteint du mal caduc, mais à peine son père l'eût-il consacré par, vœu à Notre Dame des Douleurs, qu'il recouvra la santé. Lorsqu'il eut atteint l'âge de neuf ans, il prit le saint habit; dans l'Ordre des Servites, et vécut dans la pratique des plus éclatantes vertus. Il eut une dévotion particulière à Notre Dame des Douleurs, et en son honneur, il passa sa vie toute entière dans les, soupirs et les larmes. Mais la très Sainte Vierge, qui rend toujours au centuple ce qu'on fait pour elle, lui obtint, en récompense, la grâce de jouir, quelques jours avant sa mort, des saintes joies du Paradis: il les passa dans une douce extase d'amour divin, au bout de laquelle il rendit paisiblement l'esprit entre les mains de sa grande Protectrice. (Arcang. Giani in Annal. Serv.)

Pratique: Réciter les Litanies des douleurs de Marie.

Mary_Cries_over_Abortion

Pour recevoir chaque jour dans votre boîte e-mail la méditation du Mois de la Vierge des Douleurs, pour être tenu au courant des nouvelles publications sur le blog et recevoir de temps en temps des prières par e-mail, abonnez-nous à la Newsletter d'Images Saintes.