13 septembre 2010

Sainte Thérèse Couderc

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Le Mois de la Vierge des Douleurs

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Le Mois de la Vierge des Douleurs


Quatorzième jour

Douleur de Marie à la mort de Saint Joseph


 

La sainte Famille vivait d'une manière toute céleste dans la maison solitaire de Nazareth. Mais, ô mon Dieu! une nouvelle affliction devait blesser le cœur innocent de Jésus et de Marie. Le bon Joseph avait veillé avec autant de fidélité que de constance et d'amour à la garde du Verbe Incarné, pendant les premières années de sa vie d'obéissance, lorsque la mort, ou plutôt un excès d'amour, l'enleva à sa pénible carrière. Sans doute il ne pouvait y avoir de mort plus heureuse, puisqu'il fut assisté par le Sauveur du monde en personne, et par la Mère de Dieu, son épouse. Mais qui pourrait exprimer la désolation de cette Vierge sans tache à cette séparation? O Marie! quels furent vos soupirs lorsque vous lui rendîtes les derniers devoirs dans la vallée de Josaphat, auprès du tombeau de Siraéon, de ce saint vieillard qui vous avait prédit dans le temple cette affliction avec tant d'autres? O combien votre cœur fut alors déchiré en vous rappelant son amour, son zèle infatigable, ses sages conseils, ses longues peines, ses craintes, ses appréhensions et ses souffrances pour vous et pour Jésus! Sa perte vous rend plus sensibles la grandeur et l'élévation d'âme que vous lui connaissiez; et cette séparation vous afflige extrêmement. Vous vous rappeliez avec douleur ses rares vertus qui vous le rendaient si cher pendant sa vie; et la privation d'un si doux spectacle ajoute à l'affliction de votre veuvage. Veuve infortunée, comment, loin d'un compagnon si utile, pourrez-vous vous garantir contre le nuage furieux qui vous menace de sa foudre meurtrière? Pour vous, bienheureux Joseph, vous êtes digne d'envie! Vous éprouvâtes, je le sais, une vive peine au sortir de ce monde, parce que vous auriez voulu assister la Mère et le Fils dans les jours funestes et sanglants que vous prévoyiez. Mais, saint Patriarche, il vaut mieux pour vous ne plus vivre. Vous auriez succombé, sans aucun doute, à la douleur de cette catastrophe; vous n'auriez pu survivre en voyant les supplices atroces des deux tendres objets de votre amour et de vos soins; l'impossibilité de les arracher au martyre, et même de leur donner le moindre soulagement, vous aurait fait mourir de douleur.


Colloque


Vierge sainte, le Ciel vous réservait tien d'autres douleurs et de différentes espèces, au moment même où vous fûtes privée d'abord de vos heureux parents et ensuite de votre saint époux! Si la perte des premiers vous coûta tant de larmes, combien n'en versâtes-vous pas à la mort de Joseph! quelle triste perspective se présentait à votre esprit! Vous voyiez approcher le temps de la Passion de votre Fils, et alors qu'un soutien vous devenait plus nécessaire, vous demeuriez seule et sans aucun secours humain. Ah! il ne fallait pas moins que votre fermeté inébranlable, pour résister à l'impression de tant de coups sensibles et de tant d'amertumes! O Mère de douleurs! je compatis à votre désolation, et j'admire à la fois la généreuse intrépidité de votre cœur magnanime, et votre admirable résignation à la volonté divine. Ah! que je suis loin de cet héroïsme! obtenez-moi un peu de votre force, et faites que je supporte désormais toutes les épreuves qu'il plaira à Dieu de m'envoyer sur cette terre d'exil.


Soupir à Marie


Marie, au plus fort de ses peines, demeure orpheline et veuve; pleurons, ô mon âme! pleurons l'excès de sa désolation.


Exemple


Un jeune homme, très dévot à Notre Dame des Douleurs, eût le malheur de succomber à une tentation du démon, et de pécher mortellement. Le lendemain, il vint réciter ses prières ordinaires devant l'image de Notre-Dame, et il y vit huit glaives sur le cœur au lieu de sept. Dans son extrême surprise, il ne se rassasiait pas de considérer un spectacle si nouveau; mais il entendit une voix qui lui déclara que son péché avait ajouté le huitième glaive au cœur de Marie. A l'instant, pénétré de confusion et de repentir, il alla se présenter au tribunal de la pénitence pour obtenir. le pardon de son péché, et ensuite il vit disparaître le huitième glaive de la sainte image. (Reviglion. p. 4.)


Pratique: Mortifier le goût, en se privant de quelque aliment par amour pour Notre Dame des Douleurs.

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