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Consécration à la Sainte Trinité par la Sainte Famille

Communion Marie Reine des Familles


Septième jour

Consécration de notre identité sponsale


Le Sacrement du mariage n'a pas d'équivalent dans le monde, nous n'avons d'autre point de repère que dans la Sainte Trinité et dans la Sainte Famille car il est participation au mystère de Dieu. Dès les origines le Créateur dit qu'il n'est pas bon pour l'homme d'être seul, littéralement que ce n'est pas un bonheur pour lui. Il va donc le faire homme et femme et de leur union naît l'amour qui est la tierce personnes comme de l'union du Père et du Fils naît le Saint Esprit. La relation de dualité n'existe pas. C'est poursuivre une chimère que d'aspirer à une unité des deux qui ne serait pas orientée vers le don des deux en une troisième personne. Chaque Sacrement n'existe que dans sa matière. Comme dans l'Eucharistie la matière est le pain et le vin, comme dans le baptême la matière est l'eau, dans le Sacrement du Mariage la matière est le corps tel que Dieu l'a voulu sans honte, sans culpabilité, sans peur, sans désir égoïste que la théologie appelle concupiscence. Nous voyons qu'une telle union charnelle est humainement impossible, le mariage n'est donc possible que dans le recours au secret (sacramentum, en latin) de la vie divine. De plus l'union charnelle ne doit pas être considérée uniquement sur le plan sexuel. Joseph et Marie n'ont pas connu ce genre d'union et pourtant ils formaient une seule chair, nous pourrions dire que Joseph vivait dans le corps et dans le Cœur de Marie et que Marie vivait dans le corps et dans le Cœur de Joseph, ils ne sont pas restés extérieurs l'un à l'autre. Dans le Judaïsme biblique, après la signature du contrat de mariage, les époux vivaient un temps de « fiançailles », d'un an. Ce qui explique que Marie n'habitait pas encore chez son époux lors de l'Annonciation. Ce temps était réservé à la consommation du mariage d'une manière intériorisée, on devenait une seule chair avant même que les corps s'unissent pour la procréation. C'est ce que firent Louis et Zélie Martin. Un mariage blanc est invalide dans le Christianisme. Nous ne sommes bien sûr pas à la hauteur d'une telle vocation, mais, c'est en célébrant quotidiennement le mystère des épousailles, comme le Prêtre célèbre tous les jours l'Eucharistie, que nous grandissons dans ce mystère qui nous fait entrer dans l'union de l'Eglise et du Christ et dans les noces éternelles de l'Agneau, dans la contemplation et dans la participation à l'amour trinitaire qui est notre vocation pour l'éternité.

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Antienne


L'Esprit et l'Epouse disent: « Viens! » Que vienne Ta Grâce, que ce monde passe et tu seras tout en tous. (Epître à Diognète).

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Parole de Dieu


Tobie 8: 5-8


Tu es béni Dieu de nos pères et Ton Nom est béni das tous les siècles des siècles! Que Te bénissent les cieux, et toutes Tes créatures dans tous les siècles! C'est toi qui as créé Adam, c'est Toi qui as créé Eve sa femme, pour être son secours et son appui, et la race humaine est née de ces deux-là. C'est Toi qui as dit: « Il ne faut pas que l'homme reste seul, faisons-lui une aide semblable à lui ». Et maintenant, ce n'est pas le plaisir que le cherche en prenant ma soeur, mais je le fais d'un cœur sincère. Daigne avoir pitié d'elle et de moi et nous mener ensemble à la vieillesse! Et ils dirent de concert: « Amen, Amen! Et ils se couchèrent pour la nuit.


Genèse 2: 21-25


Alors le Seigneur Dieu fit tomber un profond sommeil sur l'homme, qui s'endormit; il prit une de ses côtes, et referma la chair à sa place. Le Seigneur Dieu forma une femme de la côte qu'il avait prise de l'homme, et il l'amena vers l'homme. Et l'homme dit: Voici cette fois celle qui est os de mes os et chair de ma chair! on l'appellera femme, parce qu'elle a été prise de l'homme. C'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère, et s'attachera à sa femme, et ils deviendront une seule chair. L'homme et sa femme étaient tous deux nus, et ils n'en avaient point honte.


Matthieu 19: 3-6


Les pharisiens l'abordèrent, et dirent, pour l'éprouver: Est-il permis à un homme de répudier sa femme pour un motif quelconque? Il répondit: N'avez-vous pas lu que le créateur, au commencement, fit l'homme et la femme et qu'il dit: C'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère, et s'attachera à sa femme, et les deux deviendront une seule chair? Ainsi ils ne sont plus deux, mais ils sont une seule chair. Que l'homme donc ne sépare pas ce que Dieu a joint.


Ephésiens 5: 24-33


Or, de même que l'Église est soumise à Christ, les femmes aussi doivent l'être à leurs maris en toutes choses. Maris, aimez vos femmes, comme Christ a aimé l'Église, et s'est livré lui-même pour elle, afin de la sanctifier par la parole, après l'avoir purifiée par le baptême d'eau, afin de faire paraître devant lui cette Église glorieuse, sans tache, ni ride, ni rien de semblable, mais sainte et irrépréhensible. C'est ainsi que les maris doivent aimer leurs femmes comme leurs propres corps. Celui qui aime sa femme s'aime lui-même. Car jamais personne n'a haï sa propre chair; mais il la nourrit et en prend soin, comme Christ le fait pour l'Église, parce que nous sommes membres de son corps. C'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère, et s'attachera à sa femme, et les deux deviendront une seule chair. Ce mystère est grand; je dis cela par rapport à Christ et à l'Église. Du reste, que chacun de vous aime sa femme comme lui-même, et que la femme respecte son mari.


L'Esprit et l'Epouse disent: « Viens! » Que vienne Ta Grâce, que ce monde passe et tu seras tout en tous.

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L'enseignement de l'Eglise


« Le corps de l’homme participe à la dignité de l’" image de Dieu ": il est corps humain précisément parce qu’il est animé par l’âme spirituelle, et c’est la personne humaine toute entière qui est destinée à devenir, dans le Corps du Christ, le Temple de l’Esprit (cf. 1 Co 6, 19-20 ; 15, 44-45) :Corps et âme, mais vraiment un, l’homme, dans sa condition corporelle, rassemble en lui-même les éléments du monde matériel qui trouvent ainsi, en lui, leur sommet, et peuvent librement louer leur Créateur. Il est donc interdit à l’homme de dédaigner la vie corporelle. Mais au contraire il doit estimer et respecter son corps qui a été créé par Dieu et qui doit ressusciter au dernier jour ». (Catéchisme de l'Eglise Catholique, § 364).


« Créés ensemble, l’homme et la femme sont voulus par Dieu l’un pour l’autre. La Parole de Dieu nous le fait entendre par divers traits du texte sacré. « Il n’est pas bon que l’homme soit seul. Il faut que je lui fasse une aide qui lui soit assortie » (Gn 2, 18). Aucun des animaux ne peut être ce « vis-à-vis » de l’homme (Gn 2, 19-20). La femme que Dieu « façonne » de la côte tirée de l’homme et qu’il amène à l’homme, provoque de la part de l’homme un cri d’admiration, une exclamation d’amour et de communion: « C’est l’os de mes os et la chair de ma chair » (Gn 2, 23). L’homme découvre la femme comme un autre « moi », de la même humanité. L’homme et la femme sont faits « l’un pour l’autre »: non pas que Dieu ne les aurait faits qu’« à moitié » et « incomplets »; Il les a créés pour une communion de personnes, en laquelle chacun peut être « aide » pour l’autre parce qu’ils sont à la fois égaux en tant que personnes (« os de mes os... ») et complémentaires en tant que masculin et féminin (MD 7). Dans le mariage, Dieu les unit de manière que, en formant « une seule chair » (Gn 2, 24), ils puissent transmettre la vie humaine: « Soyez féconds, multipliez, emplissez la terre » (Gn 1, 28). En transmettant à leur descendants la vie humaine, l’homme et la femme comme époux et parents, coopèrent d’une façon unique à l’œuvre du Créateur. (Catéchisme de l'Eglise Catholique, § 371-372)


« Quand l'être humain, Adam, se réveille de sa torpeur, et qu'il voit l'être féminin tiré de lui, il découvre la signification sponsale du corps, c'est à dire qu'il saisit, à travers la « nudité » de l'autre, qu'il est fait pour la « communion des personnes » et la communion des personnes signifie exister l'un pour l'autre, dans une relation de don. Le don se révèle pour ainsi dire une caractéristique particulière de l'existence personnelle, ou mieux, de l'essence même de la personne. Et cette relation est précisément la conclusion de la solitude originelle de l'homme ». C'est précisément du fond de cette solitude originelle que l'homme émerge dans la dimension du don réciproque, dont l'expression est le corps humain, dans toute la vérité originelle de sa masculinité et féminité. Le corps, qui exprime la féminité pour la masculinité et vice-versa, la masculinité pour la féminité, manifeste la réciprocité et la communion des personnes. Il l'exprime dans le don comme caractéristique fondamentale de l'existence personnelle. Voici ce qu'est le corps: un témoin de la création en tant que don fondamental, un témoin d'amour comme source dont est né le fait même de donner. La masculinité-féminité est le signe originel d'une donation créatrice, d'une prise de conscience de la part de l'être humain, homme ou femme, d'un don vécu, pour ainsi dire, de la manière originelle. C'est avec cette signification-là que le sexe prend place dans la théologie du corps ». (Jean Paul II, Discours du 9 janvier 1980).


La fidélité exprime la constance dans le maintien de la parole donnée. Dieu est fidèle. Le sacrement du mariage fait entrer l’homme et la femme dans la fidélité du Christ pour son Église. Par la chasteté conjugale, ils rendent témoignage à ce mystère à la face du monde. Saint Jean Chrysostome suggère aux jeunes mariés de tenir ce discours à leur épouse: « Je t’ai prise dans mes bras, et je t’aime, et je te préfère à ma vie même. Car la vie présente n’est rien, et mon rêve le plus ardent est de la passer avec toi, de telle sorte que nous soyons assurés de n’être pas séparés dans celle qui nous est réservée ... Je mets ton amour au-dessus de tout, et rien ne me serait plus pénible que de n’avoir pas les mêmes pensées que les tiennes ». (Catéchisme de l'Eglise Catholique, § 2365).


L'Esprit et l'Epouse disent: « Viens! » Que vienne Ta Grâce, que ce monde passe et tu seras tout en tous.

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L'exemple de la Famille Martin


Ces croyants d'élite, qui ont commencé par s'interdire les relations conjugales, évoquent la fraicheur de tendresse qui unissait à la Reine Marguerite le Roi Chevalier, Louis de Poissy. Entre les deux conjoints, il y a un lien substantiel, le Christ. Leurs mains ne sont étreintes que soudées aux siennes. Ils savent que le mariage est un sacrement des vivants dont ils sont eux-mêmes les ministres, un sacrement permanent qui vivifiera de Sa Grâce le cours entier de leur existence. La communauté ainsi fondée se trouve spiritualisée dans son essence. Elle prend un style quasi sacerdotal. La Sainteté, loin de dessécher l'amour, en fait une création continue, un chef d'oeuvre de compréhension mutuelle, de dévouement désintéressé, de don totale dans l'oubli de soi. Leur vie à deux n'est pas un égoïsme dans le mariage – ce dont il avaient l'instinctive horreur – ni une évasion mystique hors du mariage – ce dont il eurent peut être la tentation subtile, – mais une ascension collective dans et par le mariage. Ainsi réalisèrent-ils en plénitude le plan du Créateur. L'amour que se vouèrent ces chrétiens n'est pas quitessencié, sublimé, raffiné au point d'en paraître désincarné. Il joint les ferveurs de fiancés à toutes les délicatesses de la Charité, aux confidences surnaturelles de l'amitié. L'épouse admire son époux. Après quatre ans et demi d'union, elle écrit à son sujet: « Je suis toujours très heureuse avec lui, il me rend la vie bien douce. C'est un saint homme que mon mari, j'en désire un pareil à toutes les femmes, voilà le souhait que je leur fais pour la nouvelle année ».


L'Esprit et l'Epouse disent: « Viens! » Que vienne Ta Grâce, que ce monde passe et tu seras tout en tous.

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Prière consécratoire


O Marie, épouse de Saint Joseph, épouse de Dieu et qui vivez dans la Trinité Sainte, nous Vous consacrons le moment de notre mariage, dévoilez-nous la profondeur du mystère sponsal. Vous qui avez connu la solitude du cœur et du corps, apprenez-nous à ne chercher que Dieu, à ne trouver qu'en Lui la solution à nos limites humaines. Vous qui êtes l'épouse parfaite, la vivante image de l'Eglise, apprenez-nous à célébrer chaque jour notre mariage dans tous les actes de notre vie. Apprenez-nous la Charité qui ne soupçonne pas le mal mais qui croit tout et espère tout.


L'Esprit et l'Epouse disent: « Viens! » Que vienne Ta Grâce, que ce monde passe et tu seras tout en tous.

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Exercice


L'union n'est pas fusion. Comme la Trinité ne peut se concevoir dans une distinction des personnes, le couple doit vivre dans le respect e l'autre en tant qu'autre, on ne peut unir que ce qui est distinct. Seuls deux adultes, c'est à dire des personnalités mûres, autonomes (mais non indépendantes) et responsables d'elles-mêmes peuvent vivre une communion, une commune union, une unité. L'amour du semblable est une idée chère aux philosophes Grecs mais elle n'est pas chrétienne. C'est Carl-Gustav Jung qui a montré que l'homme cherche son anima dans l'autre, c'est à dire une projection de l'image féminine qu'il porte en lui, image formée dans l'enfance et imprimée dans la mémoire, influencée par l'aspect physique et la personnalité maternelle, par les toutes premières impressions sensorielles, par les premières émotions érotiques. Là encore nous ne sommes pas dans le respect de l'autre mais dans la recherche de nous-mêmes. Pour que le Sacrement soit valide, nous devons être conscient de tout cela au moment du mariage. Heureusement, il n'est jamais trop tard pour revisiter le moment où nous avons fait alliance et nous ajuster au sacrement. Notons que le Sacrement est indissoluble, on ne l'annule pas. Ce que l'on appelle annulation du mariage est la reconnaissance par l'Eglise qu'il n'y a jamais eu Sacrement. Nous ne devons donc pas considérer cette procédure à la légère. Découvrons, au contraire, que nous avons vécu un mystère qui nous dépasse infiniment et rendons grâce. Dans  cet exercice, nous allons: relire les textes de la liturgie du mariage pour en redécouvrir la beauté et les exigence. Reprendre notre préparation au mariage en considérant notre maturité: comment aujourd'hui être plus mûr, plus adulte, plus autonome sur le plan physique, psychologique et spirituel, plus responsable. Considérer notre désir de nous livrer inconditionnellement à un autre, totalement autre avec ses besoins propres, sa vocation propre, ses donc et toutes ses différences. Voir que le conjoint n'est plus le même que celui que nous avons épousé, tant sur le plan physique, que psychologique et spirituel. Nous découvrons alors ce que nous cherchions en lui de semblable à nous ou de complémentaire, il nous faut refaire le choix et nous souvenir de nos engagements. Relire notre désir de donner la vie, de nous donner aux autres (en général le choix des textes de la Messe de mariage nous rappelle la générosité de notre cœur à  cette époque). Actualiser le Sacrement au cours d'une Messe.

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