02 janvier 2011

Le Mois de l'Enfant Jésus

Le Mois de l'Enfant Jésus

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Dixième jour

Jésus attire Saint Joseph aux vertus de son enfance


« Vous l'avez prévenu de vos plus douces bénédictions ». (Psaume 20) Le premier et le plus sage conseil que vous puissiez suivre, dit Salomon, c'est d'acquérir la sagesse, et, s'il le faut, de donner tous vos biens pour la posséder. Sa faveur vous élèvera jusqu'au ciel. Vous ne l'aurez pas plus tôt embrassée qu'elle vous comblera d'honneur. Faites donc une étroite alliance avec elle; elle versera sur votre tête une abondance de grâces, et vous couronnera d'un diadème de gloire. Voilà  l'image et le récit anticipé du bonheur incomparable auquel Saint Joseph a été prédestiné. Le Fils de Dieu, la sagesse du Père, ayant miséricordieusement résolu de prendre notre nature dans le sein d'une vierge, et de se choisir un père adoptif, l'a appelé à la plus intime participation de ses mystères. Saint Joseph non seulement l'a reçu, l'a possédé, mais il l'a gardé, il l'a nourri, il l'a sauvé, il a été le digne coopérateur de ses desseins miséricordieux sur les hommes: aussi parce que ce comble d'honneur auquel il était élevé demandait une fidèle correspondance, et que ses mérites devaient être en rapport avec sa dignité, l'enfant Jésus l'initie le premier aux sublimes vertus qu'il vient leur enseigner. 1° L'humilité; 2° la pauvreté; 3° l'abnégation.


L'humilité


Quel état glorieux que celui auquel Saint Joseph est élevé par l'Incarnation! Il est admis à la communication des ineffables secrets qui ont été cachés aux sages du monde. La Mère de Dieu, la Reine du ciel l'appela son seigneur, le Verbe fait chair l'appelle son père et lui obéit; que peut-on imaginer d'aussi grand, d'aussi beau, d'aussi excellent? Cependant au milieu de tant de grâces extraordinaires dont il est favorisé, il conserve l'humilité la plus profonde; il cache les privilèges ineffables dont il est honoré, il ne publie rien des mystères incompréhensibles qui viennent de s'accomplir, il ne cherche point à les pénétrer, et laisse à Dieu le soin de les manifester, dans le temps fixé par ses décrets; il ne pense qu'à correspondre aux vues de la providence sur lui, et se borne uniquement à ce qui le regarde. Quoique issu du sang des anciens rois de Juda il se plaît dans une condition vile aux yeux du monde, et n'a d'autre ambition que de fournir par le travail de ses mains aux besoins communs de la sainte famille. Que diras-tu de ces sentiments et de cette conduite, ô mon âme! toi qui es si prompte à t'élever et à t'enorgueillir du plus frivole avantage et à perdre de vue ta faiblesse, tes ténèbres et tes infidélités. La plus vaine louange, le plus léger souffle de la vanité t'exaltent et éteignent en toi la lumière de la grâce et la connaissance de toi-même; que de motifs semblaient autoriser Saint Joseph à sortir de l'obscurité de son humble condition! Royale origine, choix de sa personne pour les plus sublimes fonctions, hommages que lui rendent et le Fils du Très-Haut et sa divine Mère. Pourquoi ne pas quitter cet atelier? Pourquoi ce silence sur tout ce qu'il a vu et entendu? Lui à qui l'ange a dit de si grandes choses, qui a été témoin des merveilles de l'enfantement virginal, que ne pourrait-il pas publier? quelles sublimes révélations il pourrait faire! Ah! divin Jésus! quand vous attirez les âmes à vous, vous les attirez avant tout à vos vertus, à l'humilité, à la retraite, au silence, à une sainte obscurité, vous les cachez dans le secret de votre face, et elles cachent au fond d'elles-mêmes le trésor de vos dons; elles tiennent sous le sceau votre secret. Les avantages humains ne sont rien s'ils ne sont connus et si le monde ne les prise; mais les biens véritables, les opérations de votre grâce, ô mon Sauveur! on a besoin de les goûter seul à seul avec vous dans le silence. O mon âme ! n'aime donc plus à te répandre au dehors, à t'épancher dans les créatures, même sous prétexte de les édifier, elles gagneraient peu et tu perdrais trop à ces dangereuses communications.


La pauvreté


Vous savez, disait Saint Paul aux Corinthiens, quelle a été la charité de notre Seigneur Jésus Christ, qui étant riche s'est fait pauvre pour l'amour de vous, afin que vous devinssiez riches par sa pauvreté. A la vue de cet indigence totale à laquelle s'est réduit le Verbe fait chair, quels sentiments de détachement et de mépris des richesses Sain Joseph ne devait-il pas concevoir! quoi de plus propre à les faire naître dans son cœur que le spectacle qu'il avait sous les yeux depuis la naissance de Jésus! ce créateur, ce souverain maître du ciel et de la terre qui non seulement rejette loin de lui l'opulence, mais qui se refuse le nécessaire, qui naît sur la paille! qui n'a en naissant ni où se reposer, ni de quoi se couvrir, et qui ne fait donner du haut des cieux d'autres marques de sa venue dans ce monde que le témoignage d'une pauvreté qui n'eut jamais d'égale! Mais surtout, ô divin enfant! vous éleviez ces sentiments de votre père adoptif à un ordre supérieur, en lui découvrant les raisons de cette préférence, de votre prédilection pour la pauvreté; vous découvriez à son âme tous les trésors qu'elle renferme, tout ce que possède celui qui renonce à tout pour vous suivre, qui se détache de tout pour vous imiter. O mon aimable Sauveur! révélez-moi ce secret; dessillez mes yeux que trompe et qu'éblouit l'éclat des biens de la terre. O ciel! que je suis loin de votre esprit, de vos affections, de vos exemples, et que même je sens imparfaitement votre conduite sur vos serviteurs et vos amis! quoi que votre choix m'enseigne, quoi que me prêche votre Evangile, ô divin enfant! non je n'aime pas la pauvreté. Elle me répugne; elle me fait peur; je ne puis souffrir que rien me manque. J'ai des empressements déraisonnables pour amasser, pour accroître mon revenu, ma fortune, quelle qu'elle soit; la moindre perte m'attriste, me chagrine, me fait mal; je ne me contente pas du nécessaire; je recherche le superflu, le plus beau, le plus précieux; hélas même quelquefois ce qui est illicite et défendu... Et j'ose me dire votre disciple et vous appeler mon modèle, mon bien, mon trésor, ma richesse! O Jésus naissant! ô Dieu pauvre! ayez pitié de moi. Inclinez mon cœur vers vos préceptes et détournez-moi de la cupidité.


L'abnégation


Commencez-vous à comprendre que Jésus venant au monde ne s'est pas contenté de naître pauvre, dépouillé, manquant de tout, mais qu'il s'est comme quitté lui-même? Il se dépouille en effet de sa grandeur, de sa majesté, de sa puissance, et pratique divinement ce renoncement à soi-même, cette abnégation à laquelle il rappellera un jour tous ceux qui voudront marcher à sa suite et dont sa crèche est l'emblème, comme sa croix en sera le signal et l'étendard. O Saint Joseph! que vous avez admirablement profité à l'école du souverain maître ! En combien peu de temps vous avez acquis la science de l'abnégation! Contemplez en effet toute sa conduite depuis que l'ange lui a révélé le mystère du salut; quelle soumission aux ordres de la providence, quel calme, quel abandon entre ses mains, quel oubli de lui-même, quelle foi! il va, il revient, il entend, il se tait, il adore, il ne possède plus rien, il ne désire, il ne regrette rien, il ne s'inquiète d'aucun accident , ne craint aucun danger. Il ne vit que pour Jésus et pour Marie, pour les prévenir, les soigner, les servir et les aimer. Il n'est plus à lui, il est tout à l'enfant et à sa mère. O Sauveur du monde! voilà l'esprit que vous répandez dans vos saints! voilà comment vous revivez en eux, en leur faisant reproduire dans leur vie les vertus que vous avez apportées sur la terre; mais où les retrouver aujourd'hui dans le christianisme, même parmi ceux qui sont restés fidèles à la religion de leurs pères! on veut bien les admirer dans l'Evangile, dans la vie de vos serviteurs, mais non en faire la règle de sa conduite, les appliquer à son état et à sa situation, et par elles se sanctifier. Cependant, ô Jésus! vous n'avez pas deux Evangiles: l'un de rigueur, de crucifiement et de douleurs pour vous et pour vos saints, et un Evangile tout opposé pour nous. C'est à tous vos disciples sans distinction que vous dites: Si quelqu''un veut venir après moi, qu'il se renonce lui-même, qu'il porte sa croix tous les jours, et qu'il me suive. O divin enfant! que ces paroles me causent de confusion et d'alarmes! je n'ai donc pas encore été votre disciple; je ne porte pas vos marques, je n'ai jamais voulu me dépouiller de celles du monde, des recherches de la sensualité, de l'amour-propre, de la vanité. Je n'ai fait que les cacher aux yeux des autres et peut-être aux miens sous des dehors de christianisme et un extérieur de régularité dont vous discernez le vide et le néant; ayez pitié de moi, ô Jésus ! attirez-moi enfin à vos vertus.


Vertu à obtenir: L'esprit intérieur.


Réflexions et aspirations


Adorez souvent aujourd'hui l'enfant Jésus adoré par Marie et par Joseph; apprenez de ce grand saint la véritable manière d'honorer les mystères, qui est de s'humilier, de s'anéantir dans le sentiment d'une foi vive, humble et reconnaissante; n'aspirez ni à vous élever, ni à paraître: c'est par l'humilité que vous attirerez Jésus en vous. Ayez de la joie lorsqu'après une bonne action vous n'aurez eu que Dieu pour témoin, fermez votre cœur à la cupidité: ne désirez pas les richesses que le Sauveur a condamnées en les repoussant de sa crèche: recevez avec amour cet enfant pauvre, qui vient vous enrichir, comprenez que ce n'est pas la pauvreté qui est une vertu, mais l'amour de la pauvreté; privez-vous de quelque chose pour l'amour de Jésus, sinon du nécessaire, du moins du superflu, du commode, de l'agréable, et ainsi vous honorerez la pauvreté de Jésus.


Prière à Saint Joseph


O Chaste époux de la plus pure des vierges et de la Mère de mon Dieu, chef visible de la sainte famille, gardien fidèle du plus précieux de tous les trésors, dépositaire du plus profond de tous les mystères, je me réjouis de votre gloire, et je révère votre grandeur. Vous fûtes trouvé digne de présider aux actions d'un Homme-Dieu, de tenir lieu de père et de commander à Jésus Enfant. Vous fûtes le nourricier de cet adorable Sauveur; vos soins, vos travaux et vos sueurs ont concouru à soutenir son humanité sainte. Adopté par lui pour père vous avez reçu une abondance de grâces et de dons spirituels proportionnée à cette adoption glorieuse, et vous y avez admirablement correspondu. Daignez aussi m'adopter, ô grand Saint! me garder, me défendre contre mes ennemis extérieurs et intérieurs, m'obtenir une fidèle imitation de vos vertus, et la grâce de mourir comme vous entre les bras de Jésus et de Marie. Ainsi soit-il.

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