04 janvier 2011

Le Mois de l'Enfant Jésus

Le Mois de l'Enfant Jésus

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Douzième jour

Les effets du Nom de Jésus


Pour profiter de la contemplation des objets de la foi il faudrait s'y arrêter à loisir avec un esprit libre et dégagé des pensées vaines, dans le parfait silence de lame, les considérer sous toutes leurs faces, revenir sur les impressions qu'ils ont produites, pour les rendre plus profondes et plus durables, et ne jamais s'en détacher sans avoir pris quelque résolution efficace, et commencé à pratiquer quelque acte de la vertu qui en doit être le fruit. Autrement les bonnes pensées, les bons mouvements inspirés par l'Esprit saint demeurant sans effet, laissent les âmes qui les ont éprouvés dans les mêmes faiblesses et les mêmes ténèbres, et ne servent souvent qu'à nourrir en elles des illusions qui peuvent mettre leur salut en danger. Commencez donc aujourd'hui à revenir sur la considération du nom de Jésus; et en remerciant cet adorable Sauveur des sentiments et des vues que vous en avez recueillis, conjurez-le de vous apprendre par quels moyens vous pouvez rendre efficace et permanent en vous le souvenir de son divin nom, de manière à ce qu'il agisse constamment 1° sur vos pensées, 2° sur vos sentiments, 3° sur vos actions.


Sur vos pensées


Il faut avant tout graver profondément dans votre esprit le nom de Jésus, afin qu'il l'éclaire de de ses lumières divines, et en faire fréquemment le sujet de vos réflexions, pour découvrir ce qu'il signifie, et vous pénétrer de ce qu'il nous révèle; car entre tous les noms du Verbe incarné qui expriment ses miséricordes ou ses grandeurs c'est le nom de Jésus qui renferme plus parfaitement tous ses divins attributs, toutes ses qualités, toutes ses vertus, tous ses bienfaits, et qui par conséquent nous donne de, plus belles, de plus douces, de plus excellentes idées du Fils de Dieu. Jugez de là combien est sainte et utile la pensée du nom de Jésus puisqu'elle suffit pour vous représenter et vous faire admirer et chérir votre aimable Rédempteur; mais de plus ce nom de Jésus sanctifie la mémoire; il en efface les honteuses images du péché; à leur place il reproduit les chastes attraits de la vertu, les joies des bienheureux, les touchants souvenirs des mystères de sa naissance, de sa vie et de sa mort, et éveille tour à tour dans l'âme qui en nourrit la pensée, la joie, la crainte, la confiance, l'espérance et l'amour. Ainsi si votre intelligence conserve avec soin et fidélité l'empreinte du nom de Jésus, si vous rentrez de temps en temps en vous-même pour le contempler, vos vues habituelles seront plus pures, plus droites, plus élevées? les fantômes des plaisirs séducteurs moins attrayants, .les représentations tumultueuses du monde moins importunes; et les saintes vérités de la foi vous dégoûteront peu à peu de la vanité et du mensonge. Mais pour que ce nom béni produise en toi ces salutaires effets, ô mon âme! il faut que tu deviennes un vase d'élection pour le porter, comme le portait Saint Paul dont il était la lumière et le guide; que tu le portes comme les saints de la Jérusalem céleste, sur le front desquels il est un signe de gloire, c'est à dire avec courage pour n'en point rougir, et avec un saint respect pour ne pas le profaner; que tu le portes par proportion comme Jésus-Christ lui-même, par conséquent avec un esprit de foi, de piété, de sacrifice. Comprends bien que tu ne le peux honorer  qu'en t'unissant à toutes les saintes dispositions de l'esprit de Jésus-Christ, et en entretenant en toi le plus vif désir de ton salut, puisque ceux qui le négligent anéantissent à leur égard son titre de sauveur. O nom tout puissant et tout aimable! opérez en moi votre bienheureuse signification, sauvez-moi, brillez en moi de tout votre éclat, dissipez mes ténèbres, préservez-moi des erreurs et des illusions des enfants du siècle: que toutes mes pensées soient pour mon salut, qu'il soit toujours la fin de tous mes projets et de tous mes desseins, et que je sacrifie généreusement tous les avantages qui le mettraient en danger.


Sur vos sentiment


Il faut graver encore le nom de Jésus dans votre cœur, afin qu'il l'échauffe de ses divines flammes, car il n'est rien de plus puissant pour exciter en notre volonté toutes sortes d'affections saintes, et nous porter à glorifier toutes les perfections du Fils de Dieu, à lui rendre grâces de ses bienfaits, à imiter ses vertus, à fuir tout ce qui lui déplaît, et à faire avec amour tout ce qui peut plaire à ce tout aimable et tout désirable Sauveur. Ce nom divin sera aussi comme un sceau apposé sur vos affections pour que rien n'en altère la sainteté et n'en soit détourné au profit du monde et des passions; comment en effet pourriez-vous aimer ce nom, qui exprime l'abnégation, la pénitence, l'humilité, la pauvreté, la croix, l'obéissance jusqu'à la mort, et demeurer affectionné aux richesses, aux honneurs, aux plaisirs, aux faux biens et aux perfides délices de la terre? Non, nul ne peut servir deux maîtres qui se contredisent, se combattent et se repoussent. Le nom de Jésus et celui de Belial ne peuvent jamais s'accorder. Vous êtes en nous, Seigneur, et votre nom a été invoqué sur nous; ne nous abandonnez pas. Porte le donc avec respect, conserve-le avec amour, invoque-le avec confiance, ô mon âme! fais ton bonheur de le contempler, de le méditer, de le redire sans cesse; c'est le nom de ton ami: il doit être plus doux pour toi que le lait et le miel: c'est le nom de ton père, de ton frère, de ton sauveur; il porte avec lui la paix, la joie, l'espérance et tous les biens; il bannit toutes les craintes, il charme toutes les douleurs, il change en consolation les plus rudes épreuves, en douceur joutes les amertumes. Les apôtres battus de verges étaient pleins de joie de ce qu'ils avaient été jugés dignes de souffrir des opprobres pour le nom de Jésus. O mon Sauveur! que je suis éloigné de cette disposition! Ils étaient joyeux de souffrir, glorieux des opprobres, et moi je ne sais pas être patient, résigné, soumis dans l'épreuve, abandonné et confiant entre vos mains. O nom adorable de mon Sauveur! changez mon cœur en vous y imprimant en caractères d'amour! Votre nom, c'est le signe de votre puissance, de votre possession; je suis à vous comme votre conquête. Je veux vous appartenir par une donation libre et volontaire de tout mon être; acceptez-moi, ô miséricordieux Sauveur! et gardez-moi comme vôtre à tous les titres; sauvé par vous, racheté par votre sang, marqué de votre nom, et je ne craindrai plus que personne ose m'arracher à un si bon et si puissant maître.


Sur vos œuvres


Si le nom de Jésus est profondément gravé dans votre. esprit et votre cœur, ses effets divins se manifesteront nécessairement dans vos paroles, dans vos actions, dans toute votre conduite, puisque c'est de l'abondance du cœur que la bouche parle, et que les œuvres sont la preuve et comme la production de L'amour. Quelque chose que vous fassiez, soit en parlant ou en agissant, dit l'Apôtre, faites tout au nom de notre Seigneur Jésus-Christ. Fidèles à ce précepte, les premiers chrétiens sanctifiaient en y obéissant toutes leurs démarches; le travail, le repos, la prière, les repas, les visites, les voyages, les affaires les plus importantes comme les occupations les plus indifférentes, tout était consacré par ce nom divin. Eu sortant de leurs maisons et en y rentrant, lorsqu'ils se quittaient ou se retrouvaient, ils le prononçaient comme le signe auquel ils devaient se reconnaître, comme le symbole de leur mutuelle charité, comme le lien qui unissait tous leurs cœurs. Les lettres des apôtres peuvent vous faire juger quelle place le nom de Jésus occupait dans leurs correspondances, dans leurs entretiens, dans leurs agapes, dans leurs réunions religieuses, et même dans les relations et les devoirs de la vie civile; de là cette sainteté de leurs mœurs, cette angélique perfection de leur céleste société. Comment en effet parler et agir au nom de Jésus-Christ et blesser la vérité ou la charité? Comment lui offrir et lui consacrer en détail des discours ou des œuvres qui seraient contraires à sa morale et à son esprit? O ciel! que les temps sont changés! quelle prodigieuse différence entre les mœurs, les habitudes et le langage des premiers disciples de Jésus-Christ et nous, qui osons en prendre le titre et la qualité! Qui est-ce, ô mon Sauveur! qui met votre adorable nom à la tête de ses entreprises, qui place sous son invocation la conduite de ses affaires,  sa famille, ses desseins, ses espérances, ou ses craintes? Le pourrait-on d'ailleurs quand presque habituellement la terre occupe toutes les pensées, quand les sollicitudes du siècle remplissent l'âme, et que toutes les affections, tous les attachements sont pour les biens périssables? O mon âme! est-ce au nom de Jésus que tu agis, que tu parles, que tu t'occupes? Ne lui appartiens-tu donc pas? ne lui dois-tu pas tout ce que tu es, tout ce que tu possèdes? La terre ne doit-elle donc pas fructifier pour son maître! Il est vrai, ô mon Sauveur ! mais comment aurais-je pu vous offrir des pensées vaines, inutiles, trop souvent coupables, des désirs et des œuvres si indignes de votre grandeur et de votre sainteté? Secourez-nous, ô Dieu qui êtes notre salut! délivrez-nous pour votre gloire; faites grâce à nos péchés pour l'honneur de votre nom.


Vertu à demander: Invocation habituelle du nom de Jésus.


Résolution et aspirations


Commencez dès aujourd'hui à invoquer avant vos principales actions le nom adorable de Jésus; examinez-vous pendant un certain temps sur voire fidélité à cette pratique. Pour peu que vous y mettiez de persévérance elle vous deviendra habituelle et comme naturelle, et sera pour vous la source d'une infinité de grâces. Quand vous serez sur le point de faire quelque démarche un peu importante, dites-vous: Puis-je offrir à Jésus-Christ cette visite, cet entretien, cette occupation, ce plaisir? puis-je faire cette action au nom de Jésus? Ai-je agi, parlé, travaillé d'une manière utile ou préjudiciable à mon salut? ai-je glorifié ou déshonoré mon Sauveur? Que le nom de Jésus soit comme votre pierre de touche pour juger vos pensées, vos sentiments et vos œuvres.


Prière


O Saint Nom de Jésus, astre lumineux, étoile favorable, c'est de vous que dépend le bonheur de ma vie, de mes desseins, de ma mort et de tout ce qui me regarde! Quoi que je fasse, j'agirai désormais sous votre divine influence. Si je veille Jésus sera toujours devant mes yeux; si je repose Jésus occupera mes pensées; si je marche ce sera dans la compagnie de Jésus; si je suis assis Jésus sera à mes côtés; si j'étudie Jésus sera mon maître; si j'écris Jésus guidera ma main; si je prie Jésus formera et animera ma prière; si je suis fatigué Jésus sera mon délassement; si j'ai faim Jésus me nourrira; si j'ai soif Jésus me désaltérera; si je suis malade Jésus sera mon médecin; si je meurs je mourrai en Jésus, qui est ma vie. Jésus scellera mes lèvres mourantes, Jésus fermera mes yeux, Jésus sera mon tombeau. O Jésus! que mon salut vous a coûté cher! à quel prix et par combien de sang vous avez acheté le titre de mon Sauveur! Sauvez-moi donc du péché et de la mort éternelle, puisque c'est pour cela que vous avez reçu le nom de Jésus, et que je puisse répéter pendant toute l'éternité: Jésus, ma vie, mon bonheur, mon amour, mon tout! soyez loué, aimé et adoré pendant les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

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