05 janvier 2011

Le Mois de l'Enfant Jésus

Le Mois de l'Enfant Jésus

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Treizième jour

Jésus attire les Rois Mages


« Nous avons vu son étoile en Orient, et nous sommes venus l'adorer ». (Matthieu 2) Ce ne sont plus seulement des pauvres et des ignorants que l'enfant Jésus attire à sa crèche, ce sont des savants et des rois; ce n'est plus seulement ceux qui sont près qu'il appelle, mais ceux qui sont loin. Il a montré sa prédilection pour les petits en les invitant les premiers; il manifeste sa miséricorde sur les grands par l'astre miraculeux qu'il leur fait luire, et par l'attrait puissant qu'il met dans leurs cœurs. Ainsi annonce-t-il dès sa naissance qu'il veut que tous les hommes soient sauvés, et qu'ils viennent à la connaissance de la vérité, Mais quelle bonté de la part de Dieu à l'égard de ces Mages, qu'il va chercher et éclairer au milieu des ténèbres du paganisme! quelle condescendance dans le moyen choisi par la grâce pour leur révéler la naissance du Rédempteur! La contemplation des astres était leur étude et leur occupation habituelles; et c'est par l'apparition d'un astre inconnu qu'ils en sont instruits. Il est vrai qu'une étoile qui ne paraissait qu'aux yeux n'était pas capable de les attirer au Roi nouveau-né; il fallait que l'étoile de Jacob, que la lumière du Christ se fût levée dans leur cœur, qu'à la présence du signe que Dieu leur donnait au dehors il ajoutât au dedans le doux attrait et la puissance victorieuse de sa grâce. Entrez aujourd'hui dans l'esprit de ce mystère, et pour en recueillir le fruit considérez, 1° la force et la douceur de la grâce; 2° les obstacles à la grâce; 3° la fidélité à la grâce.


Force et douceur de la grâce


Les Mages, soit qu'ils fussent des rois, des princes ou des sages, aperçoivent dans le ciel une étoile extraordinaire, ou par sa forme, ou par son éclat ou par sa distance. Peut-être avaient-ils quelque connaissance de cette prophétie de Balaam, qui annonçait qu'une étoile se lèverait de Jacob Quoi qu'il en soit, en même temps que cet astre inconnu frappe leurs yeux, un rayon de grâce éclaire leurs cœurs, et ils se sentent excités à le suivre. Elle est si douce cette clarté qui luit à leur âme, et leur découvre comme un nouveau ciel et de nouveaux astres, que son attrait est comme irrésistible. O divin Enfant ! vous êtes aussi puissant dans l'étable que dans le ciel! Aussi ils ne questionnent point, ils n'hésitent point, ils ne calculent point: Nous avons vu son étoile, et nous sommes venus l'adorer. Ne l'as-tu donc pas vue aussi, ô mon âme! cette étoile du Roi des rois? le même Dieu qui a commandé que la lumière sortit des ténèbres n'a-t-il pas fait luire sa clarté dans nos cœurs? N'a-t-elle pas lui en toi cette clarté divine? la foi n'est-elle pas donnée de Dieu pour éclairer et guider ses enfants, et les conduire sûrement à lui, s'ils veulent s'attacher à son infaillible lumière? Depuis qu'elle s'est levée sur le monde, rien n'a pu ni l'affaiblir, ni l'obscurcir, ni l'éteindre. Elle a triomphé des efforts du monde et des enfers conjurés pour l'anéantir. Tous ceux dont elle a été le flambeau sont arrivés par les sentiers de la sagesse et de la vertu au vrai bonheur; ceux qui l'ont repoussée l'ont justifiée par leur folie, leurs désordres et leurs infortunes. Suis-la donc toujours, ô mon âme! ne la perds pas de vue un seul moment cette divine étoile! Mais combien de fois n'as-tu pas ressenti son influence salutaire? Quand en certains moments la vanité des plaisirs, le vide des affections périssables, le néant des biens de la terre se montraient à toi comme en plein jour, c'était l'étoile qui t'était envoyée; quand la vertu te dévoilait ses chastes attraits, la piété ses charmes, l'amour divin ses consolations et ses délices, c'était une apparition de l'étoile; quand enfin tu te sentais attirée à servir Dieu, à l'aimer, à désirer de le voir, de le posséder à jamais sans partage, c'était elle qui t'appelait; oui, tu l'as eue, ton étoile, comme l'ont eue les Mages, mais tu n'as pas encore commencé à la suivre. O divin Enfant! quand est-ce donc que j'obéirai à vos célestes inspirations? quand me laisserai-je conduire par le mouvement de votre esprit! Aujourd'hui, ô mon Sauveur! ô divine étoile! conduisez-moi à Jésus; s'il faut aller à l'étable de Bethléem ou à la croix du Calvaire, conduisez-moi partout où il vous plaira, pourvu que je le trouve.


Les obstacles à la grâce


Les Mages ont vu l'étoile et ils ont pris le parti de la suivre. Il leur faut donc quitter leurs demeures, leurs habitudes commodes, leurs affaires, leurs plaisirs, leurs amis, leurs parents. Il leur faut donc entreprendre un long voyage, à travers un pays qu'ils ne connaissent pas et des Etats dont les dispositions ne leur seront peut-être pas favorables, s'exposer h mille fatigues et à toutes sortes de dangers. Quelle route doivent-ils tenir? ils l'ignorent. Où doit aboutir leur voyage? ils ne le savent pas. Sont-ils donc les seuls que cette étoile ait éclairés de sa lumière? Pourquoi se hasarderaient-ils plutôt que les autres? Que dira-t-on d'une telle démarche entreprise sur la foi d'un astre incertain? Ne serait-il pas plus sage de s'informer, d'attendre, de différer? O mon Sauveur! voilà les raisons, la prudence, la fausse sagesse du monde. O Rois prévenus de la grâce! elle est perdue pour vous, si vous les écoutez. Ce commencement de foi qui est en vous ne se développera pas, vous ne rendrez pas gloire à Dieu, vous n'arriverez pas à Jésus-Christ. Ah! ne balancez pas. Vous avez vu son étoile; partez, suivez-la où elle doit vous guider. O mon âme ! ne reconnais-tu pas ici les obstacles qui t'ont depuis si longtemps arrêtée, les fatales barrières qui t'ont empêchée d'entrer généreusement dans la carrière et de répondre à la grâce? Tantôt c'était une injuste défiance de la bonté de Dieu, tantôt une trompeuse confiance en toi-même, toujours la pusillanimité, l'opposition au recueillement, à la mortification des sens, à la pénitence et à la croix. Qu'as-tu retiré de tes ménagements pour la chair, de tes complaisances pour le monde, de la satisfaction de tes désirs? Et toi aussi, quand tu entendais cette voix intérieure qui t'appelait si doucement, mais d'une manière si pressante, à la prière, à la fréquentation des sacrements, aux bonnes œuvres, à la perfection, tu disais comme Saint Augustin: Demain, demain; et le lendemain ressemblait toujours à la veille. O mon Dieu! si j'avais répondu à votre appel, si à la première, à la seconde et à la troisième fois, je vous avais dit comme Samuel: Seigneur, me voici. Parlez, Seigneur, car votre serviteur écoute; si à la lumière de votre grâce, j'avais marché dans la voie de vos commandements, la paix aurait habité dans mon âme. Je vous aurais trouvé, ô Jésus! mais j'ai recherché mon contentement,mes satisfactions et mes aises. Je me suis cherché moi-même, et je me suis trouvé, c'est-à-dire que j'ai trouvé les chagrins et les tribulations. Rendez-moi la lumière et le courage, ô mon Dieu! envoyez-moi votre lumière et votre vérité, et fortifiez mon cœur pour qu'il s'y attache.


La fidélité à la grâce


Que Dieu est bon envers Israël, envers ceux qui ont le cœur droit! car c'est par la droiture du cœur qu'on attire sa grâce et qu'on est conduit à lui. Il ne leur demande que pour les combler de ses biens; et chaque fois qu'il exige un sacrifice, il récompense l'obéissance par toutes les bénédictions de son amour. Dociles à l'impulsion de l'Esprit divin, les Mages ont fait taire toutes les vaines considérations qui pouvaient arrêter leur religieux dessein; ils disent joyeusement adieu à ceux qui les blâment ou les plaignent, comme à ceux qui en secret se rient de leur simplicité; ils quittent tout sans regret, parce que quelque chose dit confusément à leurs cœurs qu'ils trouveront tout: ils partent précédés de leur céleste conducteur, heureux de ce qu'ils ont fait déjà pour celui qui les appelle, portant les magnifiques présents, emblèmes de leur foi et de leur amour. Songez avec quelle consolation ils contemplent cette étoile que jamais ils ne perdent de vue, et avec quelle sainte ardeur ils la suivent. Qui pourrait exprimer leurs pieux entretiens, la ferveur de leurs prières, leurs brûlants soupirs, les transports de leur admiration et de leur reconnaissance pour la miséricorde qui les a appelés et qui daigne encore les protéger et les conduire avec une attention et des soins si prodigieux. O mon âme! voilà tes modèles, voilà l'exemple qu'il faut suivre. Novices dans la foi, ils sont déjà tes maîtres. Us n'ont vu que l'étoile du Messie, et ils quittent tout pour le voir et l'adorer; que feront-ils donc quand ils l'auront vu lui-même, et qu'en le contemplant ils seront inondés de lumière? O quel sujet de confusion pour moi! Après tant d'années passées à votre service, ô mon Sauveur! après tant de merveilles dont j'ai été le témoin et souvent l'objet, porter dans mon cœur une foi si languissante, une charité si stérile! Allons, allons, à Jésus, ô mon âme! allons à notre centre; et quelque difficulté qui se présente, fions-nous à sa bonté, abandonnons-nous à son amoureuse Providence. Désirs terrestres, vains discours des hommes, trompeuses joies, ne m'arrêtez plus, ne retardez plus ma course. Je vais à mon Dieu, je veux le voir, l'adorer, lui offrir tout ce que je suis, tout ce que j'ai. O Sauveur Jésus! donnez-moi la constance et la fidélité.


Vertu à obtenir: La fidélité à suivre l'attrait intérieur.


Résolutions et aspirations


Adorez aujourd'hui l'Enfant Jésus comme le divin Roi des cœurs. Remerciez-le souvent de la grâce qu'il a faite aux Mages, et de toutes les grâces qu'il vous a accordées pour vous attirer à lui. Demandez-lui son Esprit afin qu'il règle vos désirs et tous les mouvements de votre volonté. Dites avec simplicité et ferveur: Esprit de Jésus, guidez ma volonté, et faites qu'elle marche dans vos lumières. Seigneur, augmentez ma Foi et éclairez mes ténèbres. Père juste, le monde ne vous connaît pas. Oh! si les hommes vous connaissaient! Faites-vous connaître au monde.


Prière


Glorieuses prémices de la gentilité, premiers apôtres de l'Enfant Jésus, qui nous avez frayé le chemin de la crèche en foulant pus pieds la fausse sagesse pour arriver à lui, demandez-lui qu'il daigne conserver au milieu de nous le divin flambeau de la foi, et qu'il rende nos cœurs dociles aux impressions de sa grâce, afin qu'évitant les pièges et les erreurs du monde, et guidés par sa céleste doctrine, nous courions avec la même ardeur que vous, dans la voie de ses commandements, et que nous ayons comme vous le bonheur d'arriver à lui, de l'adorer et de le bénir pendant tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

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