07 janvier 2011

L'Homme des Douleurs

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Le Mois de l'Enfant Jésus

Le Mois de l'Enfant Jésus

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Quinzième jour

Les Mages quittent Jérusalem


« Après avoir entendu les paroles du Roi ils partirent ». (Matthieu 2) Au nom du Roi qui était venu, et à qui il croyait déjà voir occuper le trône, touché par l'endroit le plus sensible de son cœur, Hérode ne s'emporta ni contre les pontifes qui avaient annoncé ce Roi aux Juifs, ni contre les mages qui avaient fait la demande: en habile politique il va à la source, et conclut la mort de ce nouveau Roi. Allez, dit-il aux mages, informez-vous avec soin de cet enfant, et quand vous l'aurez trouvé faites-le-moi savoir, afin que faille aussi l'adorer. Le cruel il ne songeait qu'à lui plonger un poignard dans le sein; mais il feint une adoration pour couvrir son crime. Voyez. comme il les engage à une exacte recherche et à un fidèle rapport. Mais Dieu souffle sur les desseins des politiques et les renverse. Les mages ont rempli leur mission dans la capitale de la Judée; ils lui ont annoncé la naissance du roi Jésus; ils l'ont fait constater par les princes des prêtres et les docteurs de la loi; ils ne se sont point laissés arrêter par la crainte, ils ne se laisseront pas non plus retenir par de vains amusements et des plaisirs. Ils partent sans délai, et Dieu récompense bientôt leur fidélité: 1° l'étoile reparaît; 2° elle les comble de joie; 3° elle les conduit à Jésus.


L'étoile reparaît


Dieu veut-il nous faire comprendre que dans les villes, dans les cours, dans les tumultueuses réunions d'affaires d'intérêt, de plaisir, on le perd aisément de vue, que la sainte vérité s'y affaiblit, que les lumières s'y obscurcissent, et que loin de ce vain bruit, dans le silence et la paix, lame le goûte mieux et le découvre plus clairement? Ce qui est certain, c'est que l'étoile disparut au milieu de cette Jérusalem qui tue les prophètes, et qui n'a pas connu le jour où Dieu vint la visiter. Ce n'est que lorsqu'ils en sont sortis que les mages recouvrent sa lumière. Quelle consolation pour eux lorsque ce céleste flambeau qui les avait guidés si sûrement jusqu'à Jérusalem reparaît à leurs yeux, et reprend sa marche pour éclairer et diriger leurs pas ! quel bonheur de retrouver dans le retour de sa lumière un nouveau gage d'espérance et de sécurité, de reconnaître que leurs désirs ne les ont point trompés, que le ciel continue de les approuver et de protéger leur entreprise, et que jusqu'au terme de leur voyage il ne cessera pas de se déclarer pour eux! Sors donc, ô mon âme! pars promptement, âme chrétienne, non pas de la terre et de la prison du corps, ta jour-née n'est pas finie, tu n'as pas gagné ton salaire; mais sors de cette vie des sens, de ce fracas du monde qui t'étourdit et t'empêche d'entendre la voix de Dieu! Sors de cette société où on ne l'aime pas, où l'on s'efforce avec plus ou moins d'hypocrisie de le faire mourir dans les cœurs! Sors de cette habitude de dissipation qui ne permet pas à la divine lumière de se réfléchir en toi, qui ne te laisse pas le loisir de la contempler, d'étudier la marche qu'elle te trace, le sentier par lequel tu dois arriver à ton terme! Sors d'un monde où tout est piège et séduction pour toi: peut-être ne peux-tu trouver le salut que dans la solitude! sors du moins de cette routine de pratiques, de cette langueur de foi, de ces accommodements avec l'esprit du siècle, avec ses maximes et ses usages! la foi n'admet pas ces condescendances et ces partages! Tu ne reverras sa lumière et ne goûteras ses consolations que lorsque tu te seras franchement séparée de tout ce qui lui est contraire.


L'étoile comble de joie les mages


Les épreuves temporelles, la perte des parents, des amis, de la santé, des richesses ne sont jamais équivoques : elles portent comme un cachet de miséricorde et de grâce auquel on peut facilement reconnaître le dessein paternel de celui qui veut nous donner quelque participation à son calice. Il n'en est pas ainsi des épreuves spirituelles. Infidèles que nous sommes, nous avons toujours sujet de craindre qu'elles ne soient une punition et un châtiment; et lors même que Dieu ne veut qu'éprouver une âme en lui retirant son appui sensible il la laisse dans un état plus ou moins pénible d'incertitude, de crainte et d'obscurité, afin de l'épurer par le vif sentiment de sa faiblesse et de rendre méritoire sa résignation et sa patience. Ainsi les mages privés tout à coup de leur guide fidèle au milieu d'un peuple si étranger à un événement qui cependant le touche de si près, et de ces docteurs de la loi, qui répondent si clairement, mais avec une si scandaleuse indifférence à leurs questions, durent être comblés de joie en le voyant reparaître. L'évangéliste en effet pour nous en donner une idée nous les représente comme remplis d'un inexprimable bonheur, c'est qu'au moment où le signe céleste réjouissait leurs yeux, ce rayon de grâce, qui avait d'abord éclairé leurs coeurs, les remplissait d'une lumière plus vive encore et les inondait des plus pures délices. Les chrétiens ont donc aussi leurs joies. Dieu permet donc à l'âme fatiguée de ses combats, de ses agitations et de ses épreuves de se reposer à l'ombre de ses ailes. O quelle douceur comparable à celle que fait goûter la fidélité, la constance à son service! Dans cette région de ténèbres être guidé par une infaillible lumière. Au milieu des secousses qui ébranlent la terre, être en paix parce qu'on voit en tout l'action de cette miséricordieuse Providence qui gouverne tout, qui a tout préparé pour les élus, et qu'on s'appuie pour ainsi dire sur cette main puissante et souveraine, qui dirige et maîtrise tous les événements. Réjouis toi, ô mon âme! Dieu veut qu'on le serve avec joie, parce qu'en effet on est trop heureux de servir un si bon et un si puissant maître. Rends-lui grâce de ce qu'il t'a donné pour te conduire l'étoile par excellence, la foi. Conjure-le de ne pas permettre que sa lumière t'abandonne: Seigneur, dirigez-moi dans votre vérité, et instruisez-moi, parce que vous êtes le Dieu mon Sauveur.


L'étoile conduit les rois à Jésus


Elle allait devant eux ; mais combien ils la devançaient par les vifs désirs que Saint Augustin appelle les pas du cœur. Sans doute qu'à mesure qu'ils approchaient du terme de leur saint voyage la foi, la piété, la charité remplissaient leurs âmes des sentiments les plus doux. Mais quel bonheur pour eux d'avoir été dociles à l'impression de la grâce, d'avoir généreusement sacrifié tout ce qui pouvait arrêter leur obéissance, d'être restés fidèles dans l'épreuve! Que sont pour eux les sacrifices, les fatigues, les privations qu'ils se sont imposés, comparés à ce contentement pur, à la paix si douce qui en seraient déjà une récompense si abondante et qui ne sont pourtant encore que le prélude et l'avant-goût des célestes consolations qui vont bientôt couronner leur zèle, leur constance et leur amour. L'étoile en effet après les avoir constamment précédés depuis leur départ de Jérusalem s'arrêta tout à coup, et par une lumière plus abondante et plus vive sembla leur dire: Voici le lieu où est né le Roi que vous cherchez. Arrête-toi un moment, ô mon âme! et étudie dans la conduite des mages la règle et le modèle de la tienne. Et toi aussi tu as été appelée à la foi, à la grâce, à la sainteté du christianisme. Que de lumières! que de bons mouvements! que de salutaires inspirations! sous combien de formes diverses l'étoile divine ne s'est-elle pas offerte à tes regards. Tu l'as suivie,mais avec quelle lenteur, quelle inconstance! combien de fois ne l'as-tu pas perdue de vue par ta faute, par la négligence, par la dissipation, par ces éternels délais qui sont un outrage à la grâce! Tu l'as recouvrée par miséricorde; tu marches aujourd'hui à sa clarté: ne la perds donc plus. Oh! si comme les mages tu avais été obéissante, généreuse et fidèle! Que te reste-t-il, ô mon âme! de toutes ces vanités, ces illusions, tous ces faux plaisirs auxquels tu immolais tes vrais biens, l'innocence des désirs, le calme de la conscience, l'espérance chrétienne? Rends grâce à Dieu, bénis sa clémence infinie, qui daigne t'appeler et t'éclairer encore. Approche-toi de lui par l'humilité, la ferveur, un vrai désir d'être à lui. Dis-lui comme David: Oubliez, Seigneur mes infidélités, ne vous souvenez que de vos éternelles miséricordes: envoyez-moi votre lumière et  votre vérité, ce sont elles qui me conduiront votre montagne sainte et à vos tabernacles.


Vertu à obtenir: La fidélité à la grâce.


Résolutions et aspirations


Adorez souvent aujourd'hui Jésus-Christ comme la fin de votre vie et le centre de votre cœur. Offrez-lui votre imagination, afin qu'il y imprime son image et qu'il en efface toutes les images de la terre. Pressez souvent votre volonté par ces paroles: Marchez, pendant que vous avez la lumière, de peur que les ténèbres ne vous surprennent. N'éteignez pas par les péchés, par les inquiétudes de la vanité, par l'esprit du monde l'esprit de foi, de sainteté et de charité qui vous a été donné. Souvenez-vous que quels que soient votre âge, votre rang, votre situation, vous devez édifier le prochain et devenir pour lui par vos vertus ce que l'étoile fut pour les mages, l'attirer à la piété, ou l'affermir dans ses bons desseins. Quand vous sortez de votre maison pour aller à l'église, surtout lorsque vous y devez communier, demandez à Jésus-Christ quelque part aux saintes dispositions des mages. Du reste hâtez-vous de vous réformer et d'entrer dans la voie de la sainteté. Le temps est court, et le chemin qui vous reste à faire bien long: cherchez le Seigneur tandis que vous pouvez le trouver.


Prière


Divin Jésus, qui avez si miséricordieusement attiré les mages à votre crèche, qui les avez conduits si miraculeusement pendant leur voyage et les avez fait triompher par votre grâce de toutes les tentations et de tous les dangers, oubliez ma faiblesse, mon inconstance et mes infidélités. Vous m'avez aussi attire à vous, ô mon Dieu! vous m'avez appelé. Oh ! que j'ai tardé à répondre! que je me suis aisément lassé dans la voie! Par quelles vanités, par quelles bagatelles ne me suis-je pas laissé arrêter! Désormais je chercherai votre présence. Mais ne détournez pas de moi votre visage; que votre colère ne vous détourne pas de votre serviteur! Soyez mon aide et ne me délaissez pas, ô Dieu de mon salut! Donnez-moi de marcher avec fermeté et constance dans la voie qui conduit à vous et d'y persévérer jusqu'au terme. Ainsi soit-il.

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