Le Mois de l'Enfant Jésus

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Seizième jour

Jésus adoré par les Mages


« Etant entrés dans la maison, ils trouvèrent l'Enfant avec Marie sa mère, et, se prosternant, ils l'adorèrent ». (Matthieu 2) Fut-ce à l'étable ou à la crèche que l'étoile conduisit les Mages? Joseph et Marie y laissèrent-ils l'Enfant? Ne songèrent-ils pas à pourvoir à un logement plus commode, ou ne le purent-ils pas? Contentons-nous des paroles de l'Evangile: L'étoile s'arrêta où était l'Enfant, sans doute dans le lieu de sa naissance ou auprès, puisque c'était là qu'on les avait adressés, et on doit croire que ce fut à Bethléem même, afin que ces pieux adorateurs vissent l'accomplissement de la prophétie qui leur avait été enseignée. Quoi qu'il en soit, voyez combien leur foi est admirable! Qu'elle avait été prompte dans son obéissance, lorsque, avertis par le signe céleste de la naissance du Messie, et intérieurement pressés par la grâce d'aller le reconnaître, ils avaient sans balancer quitté leur pays! Sa constance avait éclaté d'une manière bien héroïque, lorsque, tout à coup privés de leur astre tutélaire, sans se décourager ni se refroidir, ils avaient généreusement persévéré dans leur religieuse entreprise. Elle s'élève à toute sa perfection au terme de leur voyage, lorsque, loin d'être déconcertée par l'aspect de l'étable et d'un pauvre enfant enveloppé dé langes, elle découvre et reconnaît en lui le monarque et le Dieu de l'univers. O divin Enfant! daignez m'envoyer un rayon de cette admirable lumière qui éclaire aujourd'hui l'âme des Mages, afin que je vous adore comme eux, et que dans ces présents qu'ils vous offrent je reconnaisse ce que vous êtes et ce que je vous dois: 1° comme Roi, 2° comme Dieu, 3° comme Homme.


Comme Roi


C'était sans doute en cette qualité que le Sauveur du monde leur avait été annoncé, puisque c'est comme roi des Juifs qu'ils le font connaître et publient sa naissance. Il est vrai qu'il n'est pas seulement roi du peuple juif, mais de tous les peuples, ni d'un seul royaume, mais de tous les royaumes de la terre et du ciel même. C'est l'univers entier que le Père a soumis à son sceptre. Demandez-moi, lui dit-il par la bouche de David, et je vous donnerai les nations pour votre héritage et la terre pour votre domaine. Il est roi par nature et par conquête, par la donation que le Père céleste lui a faite et par le salut qu'il a lui-même opéré au milieu de la terre, c'est-à-dire par tous les titres que peuvent donner la puissance et les bienfaits. C'était sans doute cet empire universel qu'ils voulaient déclarer par leurs présents; c'était comme à leur roi que ces rois venaient faire hommage par l'or qu'ils lui offraient. Mais avec quelle ardeur et quelle générosité, en lui payant ce tribut, ils mettaient à ses pieds leurs biens, leurs possessions, leurs personnes, leur amour, tout leur être, et se donnaient sans réserve à lui pour être ses vassaux, ses serviteurs et ses sujets! Voilà tes modèles, ô mon âme! voilà ce que t'enseigne ce mystère, voilà les obligations qu'il t'impose. Tu te dois tout entière à Jésus-Christ. Il t'a créée, il te conserve, il t'a rachetée par son sang précieux, il te réserve une félicité sans mesure. Oh! qu'il est vraiment ton Roi! qu'il est juste qu'il règne sur toi, qu'il te possède absolument sans réserve, sans partage, puisque c'est de lui que tu tiens l'être, et qu'il te l'a donné comme une seconde fois, en t'arrachant à la mort et à la damnation éternelle! Que lui rendras-tu donc pour reconnaître son souverain domaine? Les rois de la terre imposent des tribut à leurs peuples; les Mages ont offert leurs présents au roi Jésus. Il n'a pas besoin de ton or, mais il le réclame pour ses membres souffrants; verse-le dans le sein des pauvres. L'or qu'il te demande et qu'il se réserve, c'est ton amour c'est une charité sincère, c'est une prompte et constante obéissance non-seulement à ses commandements et aux préceptes de son Evangile, mais à ses inspirations, aux mouvements de sa grâce, à l'attrait de son divin Esprit. O mon Dieu! O mon Sauveur! qu'ai-je fait jusqu'à se jour ? que je vous ai peu traité en Roi. je n'ai été qu'un sujet ingrat, révolté, rebelle; je n'ai mis en votre divine main qu'un roseau, et sur votre tête qu'une couronne d'épines. Ne me brisez pas dans votre colère, ne me châtiez pas comme le méritent mon ingratitude et mon audace. Triomphez de moi d'une manière qui ne peut appartenir qu'au roi Sauveur, en mettant en moi votre crainte et votre amour.


Comme Dieu


L'encens ne s'offre qu'à la divinité: il est le symbole de l'adoration; aussi les saints docteurs ont-ils reconnu dans ce présent que les Mages font à Jésus l'emblème de leurs sentiments et un témoignage de leur toi au Verbe incarné. Ils crurent, dit l'un d'eux, que tout était divin, là où manquaient les apparences humaines. Cette pauvreté, cette humilité prodigieuses, loin d'affaiblir leur vénération, ne faisaient qu'ajouter à leur admiration et à leur reconnaissance; et leurs yeux étaient ravis de contempler ce faible Enfant, dit saint Chrysostôme, Parce que le Saint Esprit faisait éclater sa majesté souveraine au fond de leurs coeurs. Qu'ils sont heureux en effet de voir ce qu'ils voient, de jouir à leur aise de la vue de celui qui fait la joie et la félicité des anges; d'être les premiers à proclamer non-seulement sa royauté, mais sa divinité, à lui offrir l'hommage d'une adoration pure, de cette adoration en esprit si agréable au père, et sans laquelle le culte extérieur n'est ni glorieux à Dieu ni utile aux hommes. O mon âme, ne le vois-tu donc pas tous les jours sur l'autel, comme les Mages le virent dans la crèche, ce Verbe divin, couvert des voiles du Sacrement, comme il l'était alors des langes de l'enfance! mais le vois-tu des mêmes yeux qu'ils le virent, avec une foi aussi éclairée, avec le même respect, la même humilité, le même amour? Sais-tu comme eux traverser par ce regard éclaire du cœur, ces ombres qui le cachent, et dans ce mystère de foi reconnaître l'abrégé de ses merveilles? Ils ouvrent leurs trésors : ouvres-tu ton cœur? c'est de là que doit monter vers lui l'encens de ta prière, de ta charité, d'une dévotion tendre, d'une piété qui à toute heure, la nuit comme le jour, s'exhale en soupirs brûlants et en aspirations affectueuses. Mais surtout quand il daigne t'admettre à la participation de son divin corps, ô mon âme! c'est alors que tu dois lui offrir tout ce que tu es et tout ce que tu as, le prier de prendre dans ton âme tout ce qui lui plait, et s'il n'y a rien qui lui plaise, le prier d'y prendre tout ce qui lui déplaît. Avec quelle ferveur ne dois-tu pas t'écrier comme saint Thomas: Mon Seigneur et mon Dieu! vous êtes mon Dieu, et je vous rendrai gloire; vous êtes mon Dieu, et je célébrerai votre nom.


Comme Homme


C'est en tout point que la foi des Mages se montre éclairée. Ils ont reconnu Jésus comme Roi, et lui ont fait hommage de leur puissance; ils l'ont reconnu comme Dieu, et ils l'ont adoré; ils le reconnaissent comme homme passible et volontairement assujetti à la mort; et en lui offrant de la myrrhe, ils honorent d'avance sa sépulture et sa résurrection glorieuse. Dès lors aussi ils embrassent les douleurs et les humiliations de la pénitence, offrent à ce Dieu naissant que sa charité doit immoler un jour, leur propre vie en sacrifice. Les grandeurs du monde, les plaisirs de la terre, les biens périssables ne peuvent plus toucher ces cœurs dont l'unique besoin est désormais de vivre pour celui qui les a assez aimés pour s'assujettir à la mort, dont la seule passion est de mourir pour le faire connaître et vivre dans tous les cœurs. Quand est-ce donc enfin, ô mon âme! que tu offriras à Jésus-Christ la myrrhe de la pénitence, ces gémissements et ces soupirs, que le souvenir de tes infidélités devrait l'arracher sans cesse, ces larmes que le danger continuel auquel tu es exposée de perdre ton Dieu, de te perdre pour l'éternité, suffirait pour faire couler? N'est-il pas temps d'embrasser cette croix qui te poursuit, ce semble, à mesure que tu la fuis? Ah! tous les saints ont constamment porté dans leur corps la mortification de Jésus-Christ, afin, disaient-ils, que sa vie se fît voir dans leur chair mortelle! Et j'oserais espérer la gloire qu'ils ont achetée au prix d'une immolation perpétuelle et par le crucifiement de tous les désirs, je me flatterais de l'obtenir par là satisfaction dés miens! Non, non, ce serait folie de le penser, impiété de le croire. Mais, mon Dieu, l'amour de la pénitence est une grâce; ne me le refusez pas, mettez-le dans mon coeur; tranchez au vif dans ce cœur que je n'ai pas le courage d'immoler; brûlez, coupez, renouvelez-le par la plus douloureuse opération, pourvu que vous l'épargniez dans l'éternité.


Vertu à obtenir: La générosité envers Dieu.


Résolutions et aspirations


Adorez aujourd'hui le Fils de Dieu comme Dieu et homme tout ensemble, Fils de Dieu et de la Bienheureuse Vierge Marie. Offrez-lui tous les moments de votre vie, et tous les biens spirituels et temporels que vous avez reçus de lui; priez-le qu'il vous donne la grâce de les employer à sa gloire; souhaitez que tous les rois l'adorent, et que tous les peuples du monde le reconnaissent pour leur souverain Seigneur; offrez aujourd'hui à ces intentions, par les mains de Marie, quelque aumône, quelque prière, quelque pénitence. Songez que quoi que vous donniez à Jésus pour sa gloire et pour son amour, vous donnerez toujours bien peu, et que pour égaler autant qu'il est cri vous la reconnaissance aux bienfaits, vous ne lui pouvez donner rien moins que tout vous-même, comme il s'est donné tout entier pour tous.


Prière


Après mes adorations profondes, je n'ai point d'autres présents à vous faire, ô divin Enfant! que celui de mou cœur: il est à vous, puisque vous l'avez formé. S'il s'est injustement prêté à la créature, je vous le restitue, ô mon Sauveur! attirez-le, purifiez-le, embrasez-le, pour le rendre plus digne de vous être présenté. Je vous offre avec ce cœur tout ce que je possède et tout ce que je suis. Faites, ô divin Enfant! que votre attrait soit toujours victorieux en moi des faux attraits d'un monde imposteur qui ne s'efforce de m'attirer que pour me perdre, et ne me fait des promesses que pour me tromper. Que votre étable, votre crèche, votre amour soient désormais toute ma richesse, tout mon désir, tout mon empressement et tout mon attrait.

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