09 janvier 2011

Le Mois de l'Enfant Jésus

Le Mois de l'Enfant Jésus

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Dix-septième jour

Le retour des Mages dans leur pays


« Ayant été avertis en songe de ne point aller retrouver Hérode, ils s'en retournèrent dans leur pays par un autre chemin ». (Matthieu 2) Que l'Evangile est instructif! qu'il est consolant! que d'inquiétudes, que de douleurs nous nous épargnerions, si nous étions attentifs à méditer les leçons qu'il nous donne! Nous en trouverions pour toutes les circonstances, tous les événements et toutes les situations de la vie, parce qu'il est la lumière qui doit diriger nos pas. Partout nous y apprendrions que Dieu demande le sacrifice de notre volonté et le renoncement à notre trompeuse sagesse, et qu'en échange il nous envoie protection et lumière au milieu de toutes les épreuves, tandis qu'il se plaît à aveugler les superbes et à surprendre les sages par leurs propres artifices. De quoi sert à Hérode sa politique? à quoi plus tard aboutira sa cruauté? A travers les flots du sang de mille enfants il poursuivra l'Enfant Jésus, et c'est le seul qui échappera à ses coups. C'est qu'il n'y a contre Dieu ni sagesse, ni prudence, ni conseil. Apprenez donc aujourd'hui à obéir à sa voix, à vous abandonner à sa Providence, en considérant 1° l'avertissement donné aux Mages, 2° leur obéissance à suivre un autre chemin, 3° leur retour dans leur patrie.


L'avertissement qui leur est donné


Ce dut être pour les Mages une forte tentation que celle de s'établir, ou du moins de prolonger leur séjour à Bethléem, et de s'attacher irrévocablement à l'Enfant Jésus et à sa sainte Mère. Ils devaient trouver tant de douceurs dans cette céleste compagnie, de si hautes instructions dans le silence de ce Verbe incarné, de si pures consolations dans leurs entretiens avec Marie! que peuvent-ils souhaiter de voir après avoir vu Jésus? quels entretiens pourraient les charmer, après qu'ils ont conversé avec la Reine des anges? Il est vrai, mais ce n'est pas pour eux seuls qu'ils ont été appelés,éclairés, instruits delà venue du Rédempteur promis au monde. Il faut qu'ils reportent dans leur patrie une lumière plus vive que celle qui les en a tirés, qu'ils rendent témoignage à Jésus-Christ, et deviennent ses prédicateurs et ses apôtres. Le même mouvement de grâce qui les a portés vers la crèche les presse de la quitter; ils en reçoivent l'ordre pendant leur sommeil, et avec une humble docilité ils se disposent à l'instant même à l'accomplir. Admire, ô mon âme! les soins attentifs et miséricordieux de la Providence sur ceux qui sont fidèles à suivre la voie qu'elle leur trace, et qui mettent en elle leur confiance et leur appui. Elle les éprouve, et par intervalles semble les délaisser; et c'est alors qu'elle est, pour ainsi dire, plus près d'eux, et les guide d'une manière plus lumineuse et plus sûre. Ainsi, parce que les Mages se sont aveuglément abandonnés à Sa conduite, elle ne les perd pas un moment de vue et veille partout à leur sûreté. Quand est-ce donc qu'enfin tu imiteras ce généreux et Si sage abandon? Parce qu'ils ont été conduits par les désirs les plus purs et lés vues les plus saintes, ils remportent, de leur visite au Sauveur du monde, la joie, la lumière et la paix. Ah! si tu portais à l'oraison et à la communion, ô mon âme! cette vivacité de foi et cette ardeur de charité, tu en sortirais éclairée, disposée au sacrifice de toi-même, et tout enflammée. Car il est écrit: Approchez de Lui vous serez éclairés, et encore: Mon cœur s'est embrasé élans ta Méditation. Si lorsque tu possèdes ton Jésus, ou que tu te trouves à ses pieds, tu te reposais pleinement en lui comme dans ton centre; si tu écoutais attentivement ses leçons, ses reproches, ses instructions divines! Mais hélas! ô mon Dieu! que je suis éloigné de ces dispositions! que l'heure de là prière me dure! que le temps de la communion me parait long, surtout à certains jours! J'y viens avec froideur, j'y demeure sans respect, sans affection, sans profit, j'en sors avec empressement.


Leur obéissance à suivre un autre chemin pour leur retour


C'est presque toujours par la simplicité des moyens que la Sagesse éternelle se plaît à confondre les desseins les mieux concertés de la malice et de la perversité. Si nous nous attachions à étudier sa marche, nous reconnaîtrions combien sont vains les efforts de la puissance ou de la ruse. Pensez avec quelle tranquillité cruelle Hérode, se reposant sur sa dissimulation, attendait le retour des Mages; considérez d'ailleurs combien il lui eût été facile d'envoyer sur leur race quelqu'un de ces hommes toujours prêts à exécuter les ordres les plus barbares. Mais celui qui a dit à la mer: Tu viendras jusqu'ici et tu briseras contre ce sable l'orgueil de tes flots, arrête quand il lui plaît, aveugle et enchaîne la fureur du méchant, et, au grand étonnement des enfants du siècle, il ne fait plus alors tout le mal qu'il veut et qu'il peut faire. Ainsi, au lieu de revenir à Jérusalem, les Mages, d'après l'avertissement qu'ils reçoivent du ciel, prennent une autre roule, Hérode perd en conjectures le temps nécessaire à l'exécution de son crime, et quand il tentera de le consommer, l'Enfant Jésus sera en sûreté. Encore une fois, ô mon âme! docilité, confiance et abandon à la conduite paternelle et toute miséricordieuse de la Providence: voilà la sagesse, la sûreté et la paix du chrétien. Hors de là tout est faute, tout est danger, tout est alarme. Mais ce changement de chemin, qui sauve et l'Enfant divin et ses premiers adorateurs, vous offre une autre leçon qui n'est pas moins importante. Après des égarements plus ou moins longs, une infidélité ou une résistance plus ou moins coupable, avez-vous enfin été amené à Jésus, l'avez-vous trouvé, lui avez-vous fait vos présents, le don et la consécration de tout votre être? Examinez attentivement quel chemin désormais vous vous proposez de suivre; songez qu'il n'est plus question de marcher par celte voie large que vous avez suivie jusqu'à ce jour, et qui aboutit à la damnation et à la mort éternelles. Si vous y êtes engagé encore, il faut la quitter aujourd'hui et entrer dans la voie étroite, la seule qui mène à la vie et à la félicité. Prends garde, ô mon âme! te voilà avertie. Si tu retournes par ces routes où tu as été en danger de périr, tu périras, parce que tu auras toi-même cherché le péril, et que la grâce méprisée par toi ne fera pas un nouveau prodige en ta faveur. O grâce de Dieu! soyez ma lumière, mon guide, ma force et mon appui. Conduisez-moi par tel chemin qu'il vous plaira, pourvu que vous me rameniez dans ma patrie.


Leur retour dans leur Patrie


Les Mages avaient vu l'étoile du Messie dans l'Orient, et ils étaient venus pour l'adorer; ils l'ont trouvé, et ils l'ont vu lui-même, et ils retournent dans leur patrie pour le faire connaître, pour annoncer la venue de ce Roi pasteur si long-temps promis, attendu depuis tant de siècles. Mais qu'ont-ils donc à dire d'un pauvre enfant qu'ils ont aperçu environné de tout l'appareil de la pauvreté, de la faiblesse, de la misère même? Ah! la lumière qui les a éclairés à la crèche leur a révélé le secret de ces humbles apparences. Dans cet Enfant d'un jour si dénué, si faible, ils ont reconnu et adoré le Roi immortel des siècles, le Sauveur et le Rédempteur du genre humain, le Vainqueur du monde et du péché. Ils laissent à ses pieds leurs présents, ils déposent dans son cœur leur reconnaissance, leurs vœux et leur amour, et saintement impatients de le glorifier, ils s'arrachent généreusement à la consolation pure de le contempler, de baiser ses pieds sacrés, d'interroger ses regards, et d'entendre sa bienheureuse Mère, et ils quittent Bethléem. Nous avons comme les Mages à retourner dans notre patrie, ô mon âme! Notre patrie comme la leur est en Orient. C'est vers l'Orient que Dieu avait planté son paradis. Il nous faut y retourner. Dans quelle sainteté, dans quelle grâce, dans quelle simplicité l'homme avait-il été créé! Nous sommes malheureusement sortis du paradis par le péché, il faut y retourner par un autre chemin. Nous nous sommes égarés par les plaisirs du monde, il faut revenir par les pleurs et le» regrets de la pénitence. Rêveries, enfants d'Israël, à votre cœur, nous dit le Sauveur naissant, connaissez votre égarement, changea votre voie. Je vous entends, ô Enfant divin! Vous m'appelez à vous, vous qui êtes ma fin, mon centre, mon unique bien; vous voulez me conduire à votre royaume par le sentier étroit que vous avez suivi vous-même, par la croix, les larmes, les privations volontaires, le retranchement de mes aises, des vaines Satisfactions, des attachements qui peuvent partager mon cœur. Ah! souverain Maître! vous serez obéi, je reviens à vous, je m'abandonne à votre conduite. Ne me laissez pas à mes ténèbres et à ma faiblesse; et puisque vous m'avez rendu à votre joug aimable, dirigez-moi et soutenez-moi jusqu'au terme.


Vertu à obtenir: Le désir du ciel.


Résolutions et aspirations


Adorez souvent dans la journée Jésus-Christ comme le plus doux et le meilleur de tous les maîtres. Si jusqu'ici vous lui avez été infidèle, prenez et la résolution et les moyens de réparer vos infidélités. Si jusqu'ici vous avez aimé ce qu'on appelle les aises et les plaisirs, accoutumez-vous peu à peu à goûter dans les maladies, dans les contradictions, dans toutes sortes d'incommodités, l'amertume qui vient troubler en vous la joie des sens et y réveiller le goût de Dieu. Offrez à l'Enfant Jésus tous vos desseins, toutes vos entreprises, toutes vos démarches, toutes vos espérances et toute la conduite de votre vie. Dites avec David: Seigneur, conduisez-moi dans la route de la vie éternelle.


Prière


Divin Jésus, qui avez daigné m'attirer à Tous du fond de mes ténèbres et du sein de la corruption et du péché, veillez sur moi, et soutenez-moi dans la voie nouvelle où je suis entré par votre grâce, car ma faiblesse est extrême; et si vous détournez un moment de moi les regards de votre miséricorde, je retournerai à mes anciennes misères. Tantôt c'est une imagination déréglée qui m'en représente les honteux fantômes, tantôt c'est mon cœur qui les rappelle. Tout à coup je me sens défaillir, sans goût pour le bien, sans force contre le mal. Ayez pitié de moi parce que je suis faible, guérissez-moi parce que le trouble a pénétré mon âme, et confirmez en elle le bien que votre amour a commencé à y opérer. Ainsi soit-il.

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