10 janvier 2011

Le Mois de l'Enfant Jésus

Le Mois de l'Enfant Jésus

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Dix-huitième jour

L'Enfant Jésus fuit en Egypte


« Après que les Mages furent partis, l'ange du Seigneur apparut à Joseph pendant son sommeil et lui dit: « Levez-vous, prenez l'Enfant et sa mère, fuyez en Egypte, et demeurez-y jusqu'à ce que je vous dise d'en partir, car Hérode cherchera l'Enfant pour le faire mourir ». (Matthieu 2) Commencez par adorer l'Enfant Jésus qui à peine né est déjà en butte à la persécution, réduit à fuir dans une terre étrangère. Peu de mystères vous offriront un ensemble aussi frappant d'instructions, de consolations et de prodiges de charité, d'humilité, d'obéissance, d'abandon à la Providence. Si vous avez été ou si vous êtes obligé de fuir votre pays, votre famille, le monde, pour obéir à la voix de Dieu, pour mettre votre salut en assurance, pour échapper aux dangers qui menacent votre innocence, votre foi, votre vie ; si enfin vous êtes condamné à voir s'éloigner de vous un enfant, un ami, un père ou une mère, oh! que la fuite de l'Enfant Jésus vous offrira de touchantes leçons, de puissants motifs de vous résigner, de vous calmer, d'adorer la conduite de Dieu sur vous et d'y soumettre respectueusement et affectueusement voire cœur! Et quand même votre situation serait étrangère à toutes ces épreuves, souvenez-vous que vous êtes fugitif du ciel, et que c'est pour réparer, par une fuite innocente et méritoire, votre fuite criminelle, que Jésus-Christ se fait aujourd'hui fugitif avec vous, pour vous sauver et vous ramener à son Père. Entre tant d'enseignements vraiment divins recueillez aujourd'hui ceux que vous donnent 1° l'humiliation de la fuite de Jésus; 2° la précipitation de la fuite de Jésus; 3° le dénuement de la fuite de Jésus.


L'humiliation de la fuite de Jésus


N'y avait-il donc pas d'autre moyen de le sauver que la fuite? Qui le peut dire sans impiété ? Mais Dieu ne veut pas tout faire par miracle, et il est de sa Providence de suivre souvent le cours ordinaire qui est de lui, comme les voies extraordinaires. Le Fils de Dieu est venu en infirmité, dit l'Apôtre. Pour se conformer à cet état il s'assujettit volontairement aux rencontres communes de la vie humaine, et par la même dispensation qui a fait que durant le temps de son ministère il s'est retiré, il s'est caché pour prévenir les secrètes embûches de ses ennemis, il a été aussi obligé de chercher un asile dan» l'Égypte. Mais que cette disposition de la Sagesse éternelle est prodigieuse! Il faut donc que dans toutes les circonstances de sa vie incarnée le Dieu fait homme épuise la coupe des humiliations. Le Tout-Puissant réduit à fuir, et à fuir devant sa créature pour se soustraire à sa fureur, pour sauver sa vie, lui qui est l'auteur de la vie, qui la donne et la conserve à tout ce qui respire, pour se sauver de l'injuste haine d'un homme, lui qui est le Sauveur  de tous les hommes. O divin banni! miséricordieux exilé, ayez pitié de moi. C'est pour toi en effet, ô mon âme! C'est pour t'instruire, te consoler et te diriger dans ton exil qu'il fuit du milieu de son peuple. Tu oublies que la terre est un lien d'exil, et tu t'y plais, tu t'y attaches. Transfuge du ciel, tu ne pourrais jamais y retourner, ni même en retrouver le chemin, si Jésus ne se fut associé à ta fuite! O mon Sauveur, vous fuyez le monde, et je le cherche; vous me cherchez par un excès de miséricorde, et je vous fuis par un excès d'ingratitude. Vous ne craignez pas de ravaler votre grandeur par une fuite honteuse, parce qu'elle doit contribuer à mon salut; et moi je crains la confusion lorsqu'il s'agit de votre service. Une raillerie, un regard, un sourire suffisent pour ébranler ma fidélité. Malheureux que je suis, j'ai mieux aimé vous fuir avec le monde que de fuir le monde avec vous! Il faut changer et de sentiment et de conduite, ô mon âme! il faut prendre une forte résolution de chercher Jésus-Christ en toutes choses, et de fuir le monde avec lui. Fuis-le quand il te flatte, quand il te tente, quand il te persécute. Garde-toi de suivre ses lois, ses exemples, ses maximes; ils sont contraires à l'Évangile. Combats, veille et prie, quand tu ne peux éviter l'occasion ou le danger, et Jésus te donnera d'en triompher; mais si tu t'y exposes volontairement, tu seras vaincue. Il n'y a de salut que dans la fuite.


La précipitation de la fuite de Jésus


Est-il donc nécessaire de fuir en toute hâte, au milieu des ténèbres de la nuit; sans prendre le temps de pourvoir aux plus indispensables nécessités? Le Tout-Puissant, qui a enlacé l'ennemi cruel de son divin Fils dans les filets de son astucieuse politique, ne peut-il le rendre encore le jouet de ses propres précautions? Oui sans doute; mais comment alors s'accompliraient les prophéties? Comment sa vie nous donnerait-elle ces sublimes leçons que nous ne pouvions recevoir que de lui? C'est de lui que nous devions apprendre à obéir sans murmure, sans raisonnements, sans délai; et la précipitation de sa fuite devait nous présenter le modèle le plus accompli de cette prompte obéissance. Chacune des paroles de l'Ange est destinée, ce semble, à nous en faire sentir les difficultés et à en relever le mérite: c'est au milieu de la nuit qu'il s'adresse au chef de la Sainte Famille, parce qu'il faut en tout temps se tenir prêt; dans la paix de son sommeil, parce que le cœur fidèle doit toujours veiller: Levez-vous sur-le-champ, sans délibérer, la grâce ne connaît ni les délais ni les lenteurs. Prenez l'Enfant et sa Mère, chargez-vous de ce fardeau si léger, veillez sur ce précieux dépôt commis à votre garde: on ne possède pas Jésus-Christ sans qu'il en coûte, il faut prendre part à ses croix, le conserver dans son cœur à travers tous les dangers. Fuyez en Égypte; ne demandez pas pourquoi en ce pays infidèle. Ce que je fais maintenant vous ne le comprenez pas; mais vous le comprendrez dans la suite. Ne commences-tu pas à le comprendre, ô mon âme! le dessein miséricordieux du Père, dans l'ordre rigoureux qu'il donne à Joseph? Ne vois-tu pas qu'il veut faire éclater la profonde soumission de cet homme juste et de sa céleste épouse, qui, sans écouter ni les craintes, ni la délicatesse, ni la défiance, n'ont qu'une même pensée et un même sentiment, la volonté, le besoin, le bonheur d'obéir? Ne lis-tu pas dans le cœur de l'Enfant-Dieu, qui leur communique ces dispositions saintes, ces paroles sublimes qu'il devait faire entendre un jour: Ma nourriture est de faire la volonté de celui qui m'a envoyé. Mais que te sert-il de le comprendre, si tu contredis par tes révoltes secrètes ou par la lenteur et l'imperfection de ton obéissance les enseignements et la conduite du Sauveur? Lève-toi donc enfin, ô mon âme! renonce au repos, à la mollesse, à l'amour de tes aises, ne te laisse plus assoupir par les sens, subjuguer par les désirs de la chair; attache-toi enfin à Jésus et à Marie. Sauve-toi, fuis avec eux aujourd'hui, à l'heure même; demain peut-être il ne sera plus temps; renonce à celte société, à ces amusements, à cette secrète affection, à cet attachement qui n'est connu que de Dieu et de toi. Le temps presse, l'heure est venue de nous réveiller de notre assoupissement.

 

Le dénuement de la fuite de Jésus


N'est-il donc pas question d'un long voyage? L'Ange n'a-t-il pas annoncé un séjour en Egypte dont il n'a point assigné le terme? La prudence ne demande-t-elle pas que Joseph cherche à se pourvoir de quelques ressources qui puissent, sinon suffire, du moins aider aux premiers besoins? O prudence! ô prévision! ô précautions toujours si fautives, vous révélez notre défiance de la Providence et notre attachement aux biens sensibles, beaucoup plus qu'une véritable sagesse! Vous ne pouviez occuper un seul moment la Sainte Famille; vous n'étiez pas capable d'arrêter un instant la promptitude de son obéissance. Elle part à l'heure même où la volonté de Dieu lui est manifestée; elle quitte le pays  de ses pères pour aller dans une terre étrangère et idolâtre, pendant la nuit; mais Marie et Joseph ne portent-ils pas tour à tour entre leurs bras la vraie lumière? Ils sont sans escorte; mais n'ont-ils pas les anges pour défenseurs, puisqu'ils ont avec eux le Roi des anges? Ils sont dépourvus de tout ce qui est nécessaire pour un grand voyage; mais n'ont-ils pas en Jésus la source de tous les trésors? Songent-ils même à s'inquiéter des provisions qui leur manquent quand ils possèdent celui qui donne la nourriture aux petits oiseaux, celui qui est le pain vivant descendu du ciel, la source d'eau qui jaillit jusqu'à la vie éternelle. Voilà les vues de foi qui dirigent la Sainte Famille. Ne doivent-elles donc pas te diriger aussi, ô mon âme! La Providence n'a-t-elle pas pourvu à la vie et à la conservation de tous les hommes? N'a-t-elle pas dans tous les temps fait éclater sa miséricorde sur ceux qui se confiaient en elle? À quoi aboutissent les défiances, les précautions, les inquiétudes de la plupart des chrétiens eux-mêmes? A les rendre aussi malheureux que coupables. Avec toutes leurs combinaisons peuvent-ils changer la couleur d'un seul des cheveux de leur tête? Pourquoi, dans les épreuves et les moments pénibles de cette triste vie, prendre l'alarme? pourquoi m'inquiéter, puisque Dieu et ses anges veillent à ma garde? C'est au milieu de la nuit que Joseph reçoit l'avertissement céleste; n'est-ce pas nous rappeler que Dieu veille sur nous en tout temps, et que celui qu'il garde doit dormir en assurance? O la bonne parole que celle qu'il entend! Prenez l'Enfant et sa Mère. Qui a Jésus et Marie peut-il manquer de quelque chose? O mon Sauveur! que puis-je désirer après vous, et qu'est-ce qui peut me suffire sans vous? Si je puis obtenir votre grâce et votre amour, je suis riche, je n'ai plus rien à souhaiter.


Vertu à obtenir: La fuite du monde.


Résolutions et aspirations


Adorez souvent, pendant la journée, l'Enfant Jésus fuyant pendant la nuit, se réduisant à cette humiliation pour expier votre fuite criminelle de la maison paternelle. Voyez quels moyens vous avez à prendre pour fuir les occasions du péché, ce qui vous porte an relâchement, à la tiédeur, au dégoût des pratiques de la piété. Dites avec David: Qui me donnera des ailes comme à la colombe? et je m'envolerai, et je me reposerai. Faites si vous le pouvez une retraite de quelques jours; si vous ne le pouvez pas, vivez pendant quelques jours plus recueilli, plus vigilant sur votre cœur. Promettez à Dieu de ne plus résister à sa grâce; levez-vous, commencez à marcher avec Jésus et Marie. Dans la souffrance, dans les privations, abandonnez-vous à la Providence, confiez-vous en son secours; et quoi qu'il vous arrive, cherchez premièrement le royaume de Dieu et sa justice, assuré que le reste vous sera donné comme par surcroît.


Prière


Dieu tout-puissant et faible tout ensemble pour mon amour, Enfant redoutable et humilié, qui faites trembler les plus grands rois de la terre sans sortir de votre crèche, j'admire votre grandeur infinie, et à travers votre faiblesse et votre enfance je révère votre force invincible, et j'adore votre souveraine majesté. Vous fuyez un prince cruel qui veut vous donner la mort, quoique vous soyez venu pour lui donner la vie; hélas! combien de fois ne vous ai-je pas contraint de vous éloigner de moi ! Je vous ai exilé, je vous ai chassé honteusement de mon cœur pour mettre la créature à votre place. Voilà, ô divin Enfant! les outrages cruels que je vous ai faits, voilà les humiliations que je vous ai causées par mes désordres, et que j'ai ajoutées à celles que vous avez endurées pour mon amour. Je veux désormais les haïr, les pleurer et les réparer, en vous obéissant, en vous aimant, en vous adorant, et en souffrant pour mes péchés, pour votre gloire et pour votre amour tous les mépris, toutes les humiliations, toutes les peines qu'il vous plaira de m'envoyer dans cette vie passagère pour m'assurer la vie éternelle. Ainsi soit-il.

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