11 janvier 2011

Le Mois de l'Enfant Jésus

Le Mois de l'Enfant Jésus

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Dix-neuvième jour

Voyage de l'Enfant Jésus en Egypte


« Joseph s étant levé prit cette nuit- là même l'enfant et la mère, et se retira en Egypte ». (Matthieu 2) Adam pécheur avait été banni, honteusement chassé du séjour délicieux où il avait reçu avec l'être et la vie la possession de tous les biens. Il lui avait fallu fuir le paradis avec celle qui lui avait été donnée pour aide et pour société, mais qui n'était plus que la complice de sa révolte et la compagne de son infortune. Avec quelle douleur amère ils devaient s'éloigner de ce lieu de félicité que leur miséricordieux Créateur s'était plu à embellir! Ils pouvaient y mener une vie si douce! Le commandement qui leur était fait était si facile à accomplir! Ils pouvaient si aisément rester fidèles! Ils ont tout perdu par leur faute! Ah! le nouvel Adam qui vient la réparer est obligé aussi de fuir sa terre natale. Mais sa fuite volontaire n'est pas un effet de la crainte, dit un père, c'est un mystère. Ce n'est pas un danger pour le Créateur, c'est sa délivrance; ce n'est pas une marque de la faiblesse humaine, mais de la vertu divine; il ne fuit pas pour éviter la mort, mais pour nous donner la vie.  Aussi quelle différence dans cette fuite de la sainte famille et au milieu d'une si rigoureuse épreuve! Considérez donc 1° la paix, 2° la consolation, 3° la puissance de cette fuite.


La paix


Voyez-vous l'enfant Jésus s'éloigner du pays qu'il a daigné choisir pour patrie? Songez que ce n'est pas un voyage ordinaire qu'il entreprend; non, c'est une fuite à laquelle il se condamne, c'est un bannissement, c'est un exil, c'est à dire ce qui après la mort est regardé comme la plus grande peine et la plus douloureuse épreuve. Aussi pour l'ordinaire que de trouble! quels déchirements! que d'angoisses pour ceux qui y sont soumis! Les dispositions du saint enfant Jésus sont bien différentes: heureux de sacrifier son repos et sa volonté à l'obéissance, il sait que sa fuite glorifie son Père, expie le crime des hommes, les ramène à leur Créateur et leur rend, la patrie immortelle qu'ils avaient perdue. Il goûte cette paix profonde qui est le fruit d'une soumission sans réserve et d'une conformité si parfaite à tous les desseins et à toutes les vues de la souveraine sagesse que les plus grandes amertumes sont toujours mêlées d'une inexprimable consolation. Celui qui aime son pays et qui s'y plaît, dit Hugues de Saint-Victor, est encore tendre et délicat; celui qui regarde tout le monde comme son propre pays est déjà fort et généreux: mais celui-là est parfait à qui tout le monde est un exil. Le premier a attaché son affection au monde; le second l'a répandue et dégagée; le troisième l'a tout à fait éteinte. A quel rang puis-je me placer, ô mon âme! ne tiens-tu pas encore à la terre? ne soupires-tu qu'après le ciel, qui est la terre des saints? t'accoutumes-tu à trouver Dieu partout? es-tu assez pénétrée du véritable esprit du christianisme pour que tout le monde soit ton pays ou que tout le monde te soit un lieu d'exil! Oh! non; je le sens, ô mon Dieu! elle m'attache encore cette terre qui dévore ses habitants: ses innombrables misères m'arrachent souvent de profonds soupirs, et je l'appelle alors de son vrai nom, une vallée de larmes. Mais pour peu que quelques futiles satisfactions viennent en suspendre le cours, j'oublie les joies pures, l'inaltérable félicité de cette patrie céleste où l'on n'entendra plus ni gémissements ni soupirs. O Dieu! retirez-moi de la fange afin que je n'y demeure pas enfoncé.


La consolation de la fuite de Jésus


A ne regarder la fuite du Sauveur que des yeux de la chair et avec un sentiment tout naturel, quel triste spectacle! Deux pauvres époux qui cheminent à pied, dépourvus de tout ce qui est commode, peut-être du nécessaire, chargés d'un petit enfant qui partage leurs périls et leur détresse: voilà la croix que voient les hommes, mais ils ne voient pas l'onction qui l'adoucit. Cet enfant si dénué et si faible c'est le Fils bien-aimé du Très-Haut, le cher objet de ses complaisances, qui bénit son Père de toutes les dispositions de sa Providence: Oui, dit-il au fond de son cœur, oui, mon Père, car il vous a plu que cela fut ainsi. Mais avec quel contentement et quelle douceur Marie et Joseph ne contemplent-ils pas Jésus-Christ! quelle source de joie que sa présence visible! qu'elle supplée abondamment au défaut de tout ce qui pourrait leur manquer! Lorsque Jésus est présent tout nous semble bon, rien ne nous paraît difficile; dès qu'il est absent tout est dur et fâcheux. Etre sans Jésus c'est un enfer, être avec Jésus c'est un paradis. Sont-ce là tes dispositions, ô mon âme! Hélas! tu n'es pas dans cette sainte société des bienheureux au milieu de laquelle Jésus règne, et dont sa divine présence fait la félicité! N'es-tu pas en danger de n'y être jamais admise? Mais est-ce là le sujet habituel de tes soupirs et de tes alarmes? Tu n'es pas avec Jésus, parce que infidèle à la grâce, négligente à la nourrir et à la faire valoir, tu le forces trop souvent à s'éloigner et à te priver du sentiment de sa présence et de son amour. Sens-tu toujours aussi vivement que tu le devrais ce que cette privation a de douloureux et de funeste, quand elle est un effet de notre négligence et de notre infidélité? Cet état te paraît-il un rigoureux martyre? Ah! tandis que la perte ou seulement l'absence prolongée d'une personne chère te préoccupe, te bouleverse et t'empêche de goûter aucune satisfaction, l'affaiblissement de la grâce en toi, le danger continuel où tu es de perdre ici bas Jésus par le péché et d'être à jamais séparée de lui ne te causent guère qu'une frayeur passagère, mais ne te pénètre jamais profondément. Cependant, ô Jésus! être avec vous, être uni à vous, vous posséder par la pureté des désirs, par la sainteté des affections, par l'amour qui seul peut vous attirer et vous fixer dans mon .âme, c'est là le seul bien, l'unique bonheur; c'est le seul aussi que je vous demande. O mon Sauveur ne me le refusez pas.


La puissance de cette fuite

Admirez ici un grand mystère, et accoutumez-vous à reconnaître la conduite de Dieu dans tous les évènements, leur enchaînement et leurs rapports dans l'ordre de sa sagesse. Moïse avait autrefois frappé de plaies et couvert de ténèbres la terre d'Egypte; Jésus-Christ vient la guérir et lui rendre la lumière. Moïse avait tiré les enfants d'Israël de la servitude d'Egypte pour les conduire dans la terre sainte; Jésus vient pour tirer ses élus de la captivité du Démon et les conduire dans le ciel. Enfin Moïse avait noyé les Egyptiens dans la mer Rouge; Jésus vient pour noyer leurs crimes dans son sang, et du plus superstitieux de tous les peuples faire le plus religieux, le plus fidèle et le plus saint. Un jour il sentira l'effet de la présence et du séjour du Sauveur. Dès à présent, à son arrivée, les idoles sont ébranlées, les démons tremblent et s'enfuient. O Jésus! si vous êtes si puissant et si redoutable dans la faiblesse de votre fuite, qui pourra soutenir votre présence quand vous viendrez pour juger la terre? Ne te scandalise donc plus, ô mon âme! de la faiblesse à laquelle Jésus a daigné se réduire pour ton amour; ne te trouble donc plus des épreuves de son Eglise, des triomphes passagers de l'impiété. Tout a été prévu, tout est réglé dans les conseils éternels de la divine Providence sur les particuliers comme sur les peuples, sur les familles comme sur les empires. Malheur à ceux qui mettent Jésus en fuite, qui le forcent à se cacher, à se bannir et à s'exiler. Prie pour eux, conjure le Sauveur de ne les pas abandonner sans retour. Mais que cet abandon te rende plus fidèle; car il est toujours l'effet d'une suite plus ou moins longue d'infidélités, et le dernier châtiment de l'abus des grâces, puisque Dieu n'abandonne jamais une âme qu'il n'en ait été le premier abandonné. Ah! mon Sauveur! ne me punissez pas de mes longues résistances, et de mes coupables négligences, en vous retirant de moi. Que deviendrais-je loin de vous? qui me soutiendra, si votre main me délaisse et me livre à ma faiblesse et à ma misère? O divin Enfant qui fuyez dans les ténèbres pour échapper à la mort, vous n'en êtes pas moins la force, la lumière et la vie, et partout où vous passez, vous répandez des semences de bénédictions, de salut et de grâce, qui germeront au temps marqué par votre sagesse et votre amour.


Vertu à obtenir: L'union habituelle avec Jésus.


Résolutions et aspirations


Adorez souvent pendant ce jour l'enfant Jésus quittant la Judée et entrant dans l'Egypte. Contemplez la paix profonde qu'il conserve dans cette fuite précipitée et parmi tant de sujets d'alarmes. Bénissez-le mille fois de ce qu'il la fait régner si pleine et si abondante dans le cœur de Marie et de Joseph. Entendez-le vous dire en ce moment: Que votre cœur ne se trouble point. Vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi. Répondez-lui: J'ai espéré en vous, Seigneur: je ne serai jamais confondu.  Pourquoi es-tu triste, ô mon âme! soutiens cette épreuve, la consolation viendra en son temps. Jésus est aussi puissant quand il se cache que quand il se découvre, quand il fuit en Egypte que quand il s'élève triomphant dans le ciel. Seigneur, vous êtes mon Dieu, et mon sort est entre vos mains.


Prière


O divin Sauveur! qui avez banni l'idolâtrie de l'Egypte, quand bannirez-vous de mon cœur toutes les affections déréglées qui y dominent et en sont comme la divinité. Venez, Seigneur, venez briser ces faux dieux, faites-les tomber par terre, afin de rétablir en moi l'empire de votre amour. Vierge sainte, nuée divine, qui avez porté cet Enfant dans une terre étrangère, pour qu'il la sanctifiât par sa présence, hâtez-vous de nous visiter et de le porter avec vous, afin qu'il règne dans nos cœurs, qu'il en fasse sortir tous les vices, et que toutes les vertus prennent leur place. Ainsi soit-il.

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