Le Mois de l'Enfant Jésus

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Vingt-troisième jour

Jésus suit ses parents à Jérusalem

 

« Lorsqu'il fut âgé de douze ans, ils y allèrent, selon la coutume qui s'observait à cette fête ». (Luc 3) Jésus-Christ, en venant au monde, sans se mettre en peine de naître dans une maison opulente, ni de se choisir des parents illustres par leurs richesses ou par leur savoir, se contente de leur piété pour nous apprendre, non à nous réjouir de l'éclat de notre famille, ni non plus à nous attrister de son obscurité, mais à nous féliciter d'y avoir trouvé l'édification et les bons exemples, d'y avoir été formé par de saintes habitudes à servir Dieu et à vivre dans sa crainte. Joseph et Marie, selon le précepte de la loi, ne manquaient pas tous les ans d'aller célébrer la Pâque dans le temple de Jérusalem; ils y menaient leur cher Fils. Efforcez-vous aujourd'hui de pénétrer les dispositions adorables dans lesquelles il y vient, et qui doivent être le modèle des vôtres, quand vous venez dans l'église. Il y vient 1° pour obéir à la loi, 2° pour édifier le prochain, 3° pour s'offrir à son Père.

 

Pour obéir à la Loi

 

Elle prescrivait à tous les enfants d'Israël de se rendre tous les ans à Jérusalem afin d'y célébrer la Pâque. Jésus se laissa mener comme un enfant ordinaire, peut être même instruire par ses parents des motifs de cette observance et du mystère de cette fête. Ce n'était pas sans doute la première fois qu'on l'y conduisait; mais c'était l'époque à laquelle il devait se manifester, entrer dans sa carrière évangélique, et, comme il le dira lui-même, s'employer à ce qui regarde le service de son Père. Il a passé dans le plus profond silence tout le temps de son enfance; mais au terme de ce premier âge, quand il a atteint sa douzième année, il se révèle. Il est divinement impatient de s'employer à ce service de son Père, de le faire connaître aux hommes, et de répandre dans leurs cœurs son saint amour. Toutefois il ne précipite rien, pour ne point paraître vouloir forcer la nature, mais plutôt en suivre le cours et le progrès; il attend qu'il ait atteint cet âge de douze ans, où l'on commence à être capable de raisonnements et de réflexions plus solides, consacrant sa démarche par la triple obéissance qu'il y rend à son Père céleste, à la loi et à ses parents. Quelle admirable perfection dans toute votre conduite, ô mon Sauveur! mais surtout quelle entière, quelle ponctuelle obéissance! Vous n'êtes pas moins admirable quand vous captivez votre science et votre zèle que quand vous les manifestez. Vous montrez que vous agisse en toutes choses avec nombre, poids et mesure. Hélas! ô mon âme! est-ce avec cette ponctualité que tu obéis aux divins commandements? est-ce une pieuse coutume, est-ce une véritable obéissance à la loi qui te conduit dans le saint temple, ou une misérable routine? En t'y rendant, t'occupes-tu de ce qui regarde le service de ton Père, la gloire de ton Dieu, le salut éternel? est-ce dans la compagnie de Marie et de Joseph, de ton Ange gardien, des Saints tes protecteurs, que lu marches? est-ce l'Esprit de Jésus-Christ qui t'amène à la maison de prière, près de l'autel du sacrifice. O divin Enfant! que la comparaison de mes démarches avec les vôtres est propre à m'humilier et à me faire trembler! que j'ai sujet de craindre même pour ce que j'appelle mes bonnes œuvres! que dirai-je donc, ou plutôt que direz-vous, quel terrible jugement porterez-vous des inutilités et des désordres de ma vie?

 

Pour édifier

 

La première pensée de l'Enfant Jésus dans toutes ses démarches était la gloire de son Père, la seconde le salut des hommes. Il vient donc au temple pour y adorer Dieu, comme le prescrit la loi, mais aussi pour y sanctifier par ses vœux et ses hommages les prières, les oblations et les sacrifices du peuple. Mais quelle ardeur! quelle sublimité d'oraison ! quelle intime effusion de cœur entre Jésus Enfant et son Père céleste! Entrez en esprit dans ce temple de Jérusalem, qui renferme le temple vivant où le vrai Dieu réside; formez-vous l'idée de ce divin Enfant en posture de suppliant et d'adorateur. Quelle humilité, quelle modestie! quel respect! quel recueillement! Faites y attention, gravez-en le portrait dans votre cœur; et si vous priez par Jésus-Christ parce qu'il est votre médiateur,priez comme lui parce qu'il est votre modèle. L'est-il véritablement, ô mon âme! Songes-tu sérieusement à l'imiter, lorsque les solennités t'appellent dans le temple saint qu'il daigne habiter? t'appliques-tu à retracer son humilité, son recueillement,sa ferveur? Que d'évagations! quels airs mondains, vaniteux, superbes aux pieds mêmes du Dieu si profondément anéanti dans le mystère de son amour! Est-ce bien lui qui occupe tes pensées? sont-ce ses grandeurs, ses bienfaits son immense miséricorde que tu médites? ou plutôt ne laisses-tu pas errer tes souvenirs sur mille vains objets indignes de son adorable présence? Ah! Seigneur! j'ai mérité mille fois ce reproche du prophète: Ce peuple m'honore des lèvres, mais leur cœur est éloigné de moi, et au lieu d'inspirer par la vivacité de ma foi et par la profondeur de mes adorations l'amour et la crainte de votre suprême majesté, que j'ai sujet de redouter d'en avoir affaibli le sentiment par ma froideur et ma dissipation! Je sais cependant que vous êtes présent dans nos divins tabernacles, ô Dieu des vertus! je le crois même fermement; mais la légèreté m'entraîne et en présence de vos autels mon extérieur dément ma foi. Pardonnez à ma misère; convertissez-moi, ô Jésus! mon modèle, et donnez-moi cette religieuse frayeur que vous m'ordonnez de porter aux pieds de votre sanctuaire.

 

Pour s'immoler

 

Marie et Joseph ne manquaient pas tons les ans d'aller célébrer la Pâque dans le temple de Jérusalem. Ils y menaient leur cher Fils; il y était avant que d'y être, il en faisait le fond, puisqu'il était le vrai Agneau qui devait être immolé et mangé en mémoire de notre passage à la vie future. » Il veut d'avance s'offrir à son Père, s'immoler spirituellement dans le temple et préluder à l'immolation sanglante du Calvaire. Pensez dans quel esprit de sacrifice il s'appliquait toutes les cérémonies figuratives de l'ancienne loi, avec quelle générosité il s'étendait sur l'autel de la croix, embrassait par anticipation toutes les ignominies et toutes les douleurs de cette vraie Pâque dans laquelle il devait passer du monde à son Père. Mais pourriez-vous oublier le sacrifice non sanglant et perpétuel que préparait sa charité, son immolation mystique dans son Église et la manducation de sa chair sacrée par les fidèles? Ah! tous ces prodiges de sa sagesse, toutes ces admirables inventions de son amour sont présents à sa pensée, remplissent tout son cœur. En es-tu occupée, pénétrée, transportée de reconnaissance, ô mon âme! C'est cependant pour toi que Jésus a fait cet abrégé de ses merveilles; c'est toi qui recueilles le fruit de tous ces mystères qu'il a accomplis pendant tout le cours de sa vie mortelle. Ah! si ce précieux souvenir t'accompagnait du moins pendant le redoutable sacrifice! si ta foi, à travers ces voiles obscurs dont il se couvre par miséricorde, reconnaissait l'Agneau immolé depuis le commencement du monde, et qui tous les jours veut renaître entre les mains du prêtre et mourir dans le cœur de ses fidèles, avec quelle piété, quel attendrissement, quelles larmes ne t'approcherais-tu pas du sanctuaire où s'opèrent sans interruption tant de prodiges, et avec quelle avidité ne courrais-tu pas à la table eucharistique pour manger la victime du passage du Seigneur, te couvrir de son sang et échapper aux coups de la divine colère! O mon Dieu! donnez-moi donc ce regard éclairé du cœur sans lequel avant des yeux on ne voit pas, et ayant un cœur on ne sent rien. Apprenez-moi tout ce que vous avez fait, tout ce que vous êtes, tout ce que vous voulez être pour moi : que je vous connaisse pour vous aimer, et que je me connaisse pour me haïr évangéliquement et me mépriser pardessus tout.

 

Vertu à obtenir: Le respect de la maison de Dieu.

 

Résolutions et aspirations

 

Adorez souvent pendant la journée l'Enfant Jésus se rendant au temple de Jérusalem; admirez la modestie, l'humilité de sa démarche, le profond recueillement de son esprit, l'occupation divine de son cœur. Bénissez-le de la charité incomparable qui l'a porté à vous donner des leçons et à vous offrir un parfait modèle pour toute la conduite et toutes les circonstances de votre vie. Comprenez que les motifs surnaturels qui animent l'Enfant-Dieu et les fins sublimes qu'il se propose en venant dans le saint temple doivent par proportion être les vôtres. Dites-vous donc souvent avec le patriarche Jacob: Que ce lieu est donc terrible! c'est vraiment ici la maison de Dieu et la porte du ciel. Le Seigneur est vraiment dans ce lieu, et je ne le savais pas. C'est l'ignorer en effet que de l'oublier.

 

Prière

 

Que vos tabernacles me sont chers, ô Dieu, des vertus! Mon âme est consumée du désir ardent de voir les parvis du Seigneur, mon coeur et ma chair ont tressailli de joie en pensant au Dieu vivant. Le passereau trouve sa demeure, et la tourterelle se fait un nid pour y déposer ses petits. Vos autels, Dieu des vertus! vos autels, ô mon Roi et mon Dieu! c'est l'asile que je vous demande. Heureux ceux qui habitent dans votre maison, ils vous loueront dans tous les siècles.

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