Le Mois de l'Enfant Jésus

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Vingt-cinquième jour

Jésus cherché par Marie et Joseph


« Ils le cherchaient parmi leurs parents et ceux de leur connaissance, et ne layant point trouvé ils retournèrent à Jérusalem pour le chercher ». (Luc 2) Combien de fois, s'il est permis de conjecturer, combien de fois le saint vieillard se reprocha-t-il lui-même le peu de soin qu'il avait eu du dépôt céleste. Cependant il est nécessaire de le rappeler: rien dans l'Evangile ne donne lieu au plus léger soupçon sur sa vigilance, et on ne pourrait sans impiété former un doute sur celle de Marie. Néanmoins quelque irréprochable qu'ait été leur conduite, c'est à elle qu'ils imputent leur malheur. Mais tout immense qu'il est, il ne les abat pas, il ne les décourage pas. Ils s'humilient, ils affligent leurs âmes, ils prient, ils implorent, et joignant l'action et le travail au sentiment douloureux dont ils sont pénétrés, ils se mettent à la recherche du divin Enfant avec un zèle égal à leur affliction et avec une constance qui leur mérita le bonheur de le retrouver. Jésus en leur échappant voulait nous montrer comment on peut le perdre. Marie et Joseph nous apprennent parleur conduite qu'on doit, quand on a eu le malheur de le perdre, le chercher 1° avec affliction, 2° avec ardeur, 3° avec persévérance.


Avec affliction


Lorsque le retard du jeune Tobie causait de si vives alarmes à ses parents, malgré les sages précautions qu'ils avaient prises pour la sûreté de son voyage: Hélas! s'écriait sa mère, en versant un torrent de pleurs, hélas! mon fils, pourquoi avons-nous consenti à vous laisser partir pour ce pays lointain, vous qui êtes la lumière de nos yeux, le bâton de notre vieillesse, le soutien de notre vie, l'espérance de notre postérité. Vous nous teniez lieu de toutes choses: devions-nous ainsi vous éloigner de nous Imparfaite image de l'affliction de Marie et de Joseph! Mais si la mère de Tobie, dans l'agitation de sa douleur, se portait successivement à l'entrée des divers chemins par lesquels elle présumait que son cher fils devait revenir, les parents de Jésus parcourent sans se reposer les maisons de leurs connaissances et de leurs proches, et désolés de ne l'y point trouver, ils se hâtent de retourner à Jérusalem. La perte de Jésus est-elle ainsi le sujet de ton affliction , ô mon âme ! lorsque pour obéir à tes caprices, aux aveugles désirs de la nature corrompue, tu as étouffé les inspirations de la grâce et les reproches de son amour, et que par une longue suite de secrètes résistances, tu l'as forcé à s'éloigner? Hélas! loin de t'en effrayer ne t'es-tu pas quelquefois applaudie d'avoir rompu avec toutes ces gênes et ces terreurs qui contrariaient tes penchants, et t'empêchaient de t'y livrer en liberté ? Afflige-toi du moins de tes infidélités passées; car quand on a eu le malheur de perdre Jésus par le péché on ne peut le chercher comme il faut que par la pénitence et les larmes: larmes précieuses qui purifient le cœur de l'homme, éteignent la colère de Dieu, nourrissent la componction et rappellent Jésus-Christ. O mon Sauveur! que de larmes inutiles j'ai versées sur ce que j'appelais des pertes et des malheurs! Pardonnez-les-moi dans votre miséricorde, et donnez-m'en de salutaires pour déplorer mes innombrables offenses.


Avec zèle


Une affliction profonde ne permet pas le repos, et une véritable charité n'est point oisive. Accablé d'un poids qu'aucune consolation humaine ne pouvait alléger Marie et Joseph vont de maison en maison chez les personnes de leur parenté et de leur connaissance demander leur trésor, leur bonheur et leur vie. N'avez-vous point rencontré celui que chérit mon âme? s'écria la mère de douleur. La nuit ne fait qu'ajouter à son tourment; le sommeil a fui ses paupières. Je me lèverai, et je parcourrai la ville; je chercherai mon bien-aimé à travers les rues et les places publiques... Hélas! je l'ai cherché, et je ne n'ai pas trouvé. Quoique épuisés de chagrin et de fatigue les deux époux reprennent la route de Jérusalem, et avec une ardeur qu'aucune expression ne saurait rendre, ils franchissent rapidement le chemin. Quel feu sacré les brûle! quel saint transport les anime! que ne donneraient-ils pas? quel sacrifice leur paraîtrait pénible pour retrouver leur saint enfant Jésus? O honte! ô douleur! ô aveuglement fatal! ô prodigieuse insensibilité du cœur humain! Je vous ai perdu mille fois, ô mon adorable Sauveur! par le péché, par mes négligences, par mes infidélités sans nombre! Hélas! vous ai-je retrouvé, m'avez-vous été rendu, qu'ai-je fait pour obtenir cette faveur? quand ai-je marché par les voies laborieuses de la pénitence? quels travaux, quelles fatigues ai-je endurés pour rappeler en moi l'esprit de ferveur et de piété, l'onction de la grâce, le sentiment de la charité? Aussi je ne l'éprouve que trop sensiblement, ô mon Dieu! le regret de mes fautes, les désirs du salut, l'espérance d'une félicité sans lin, en un mot les vues et les affections de la foi languissent dans mon âme, n'y produisent jamais cette vivacité de lumière, cette générosité d'action qui détachent de la terre, qui ravissent le cœur et qui font les saints. O vous qui êtes un feu consumant, mon Créateur et mon Sauveur! dilatez mon cœur afin que je coure sans cesse après vous.


Avec persévérance


Marie et Joseph n'en ont-ils donc pas fait assez pour retrouver l'Enfant-Jésus, en le cherchant parmi leurs amis et leurs proches? Et quand leurs démarches ont été si infructueuses dans le pays où ils ont leurs liaisons et leurs habitudes, que peuvent-ils raisonnablement espérer de nouvelles recherches? D'ailleurs d'après la prudence et la sagesse surnaturelles de cet incomparable enfant ne leur est-il pas permis de penser que son retour en sera l'effet, comme l'a certainement été sa fuite? Non, non, ce n'est pas ainsi que raisonne, surtout ce n'est pas ainsi qu'agit l'amour: la perte de l'objet aimé est le plus grand de tous les maux, son absence, un insupportable supplice; le chercher sans repos, sans relâche est un besoin pour le cœur, parce que le retrouver c'est la vie. O mon âme! est-ce ainsi que tu cherches Jésus quand tu as perdu sa présence et sa faveur? Que tu te laisses aisément abattre! que ta constance est promptement à bout! Tu abandonnes tes pieuses pratiques, tu abrèges tes prières, tu te refroidis pour la communion, tu t'éloignes du tribunal de la miséricorde, et tu te flattes qu'en attendant dans une inaction produite par le découragement et le dépit le retour de la grâce, la grâce reviendra d'elle-même à toi? Hélas! cette triste illusion ne t'a-t-elle pas déjà occasionné assez de pertes? Ah! Que l'éloignement de Jésus soit une punition ou une épreuve, qu'il soit le fruit amer de ton infidélité ou l'effet d'une miséricorde qui veut exercer ton humilité, ta patience et ton amour, ta conduite est toujours tracée dans ces paroles du psaume: Cherchez le Seigneur et fortifiez-vous; cherchez toujours sa présence. Eh bien, ô Jésus! c'est celle aussi que je veux suivre désormais. Mon cœur vous le dit, mes yeux vous ont cherché; je ne me lasserai pas de chercher et de rappeler votre présence.


Vertu à obtenir: Le désir de voir Jésus-Christ.


Résolutions et aspirations


Adorez souvent dans la journée l'enfant Jésus cherché par Marie et par Joseph; unissez-vous à leur affliction, à leur zèle et à leur persévérance à le chercher. Conjurez-les de lui offrir les vertus admirables qu'ils pratiquèrent dans cette circonstance, en réparation de votre insensibilité, de vos négligences et de vos découragements quand vous avez eu le malheur de perdre Jésus. Souvenez-vous que les bienheureux dans le ciel ne peuvent plus perdre Dieu, que les réprouvés dans l'enfer ne peuvent plus le trouver, que tant que vous serez sur la terre vous êtes malheureusement exposé à le perdre, mais aussi que vous le pouvez trouver. Cherchez-le donc dès aujourd'hui, demain peut-être il sera trop tard. Vous me chercherez, vous dit-il, et vous me trouverez lorsque vous me chercherez de tout votre cœur.


Prière


C'est de tout mon cœur, ô mon Dieu! que dès ce moment je veux avec le secours de votre grâce commencera vous chercher, c'est à dire avec un cœur tout embrasé d'amour, avec un cœur qui ne sera plus partagé, qui ne désirera plus que vous. C'est vous, ô divin enfant Jésus! qui m'inspirez cette résolution; donnez-moi la force d'y demeurer fidèle. Tant de fois je vous ai fui pour suivre la vanité et le mensonge que je crains d'être encore entraîné par ma faiblesse. Attirez-moi donc à vous, ô mon Sauveur! fixez-moi dans votre service par des liens que nulle puissance ne soit capable de briser! Que je vous cherche partout et en toutes choses, et que je ne cesse de vous chercher que lorsque je vous aurai trouvé sans crainte de vous perdre. Ainsi soit-il.

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