Le Mois de l'Enfant Jésus

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Vingt-sixième jour

Jésus retrouvé dans le Temple

« Trois jours après ils le trouvèrent dans le temple ». (Luc 2) Retournez à Jérusalem, ce n'est pas dans la parenté ni parmi les hommes que Marie et Joseph doivent trouver Jésus-Christ: c'est dans la sainte cité, c'est dans le temple qu'on le trouvera occupé des affaires de son Père. En effet, après trois jours de recherches laborieuses, quand il eut été assez pleuré, assez recherché, le saint Enfant se laissa enfin trouver dans le temple. Que fîtes-vous donc, ô divin Enfant! pendant ces trois jours et ces trois nuits que vous demeurâtes à Jérusalem? Est-ce avec les hommes que vous daignâtes converser ou bien avec les anges? Qui est-ce qui prit soin de vous nourrir? Est-ce par un jeûne et une prière non interrompus que vous commençâtes l'oeuvre de votre Père, ou bien, pour pratiquer la pauvreté, voulûtes-vous recourir à la charité des fidèles? O mon âme! quelle abondante matière de réflexions! quelles considérations touchantes se présentent à toi? Appliques-y toutes tes facultés, si un rayon de lumière t'est envoyé d'en haut. Mais avant, recueille l'importante instruction que te donne ce mystère, et apprends que pour trouver Jésus, il faut s'éloigner 1° des attachements du monde, 2° des engagements du monde, 3° des divertissements du monde.

Des attachements du monde

On cherche l'Enfant Jésus parmi ses parents et ses voisins, et on ne le trouve pas. Tout se tient, tout est parfaitement d'accord dans sa morale et dans sa conduite. Il commence par montrer dans ses œuvres ce qu'il enseignera un jour dans sa prédication. Son Evangile annoncera cette crucifiante maxime: Si quelqu'un vient à moi, et ne hait point son père et sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, ses sœurs et même sa propre vie, il ne peut être mon disciple. Et pour mettre d'abord en action ces sévères enseignements, il s'éloigne de son père et de sa mère, il se cache à leurs amis et à leurs proches; plus tard il semblera les méconnaître : Votre mère et vos frères sont là dehors qui vous demandent, lui dit la foule à qui il adressait ses instructions divines. Qui est ma mère et qui sont mes frères? leur répondit-il; et regardant ceux qui étaient assis autour de lui, Voici, dit-il, ma mère et mes frères: car quiconque fait la volonté de Dieu, celui-là est mon frère, ma sœur et ma mère. Cette parole est bien dure, es-tu tentée de t'écrier, ô mon âme! et qui peut l'écouter? Il faut l'écouter pourtant, si tu veux te sauver; car celui qui l'a proférée a les paroles de la vie éternelle, et ce n'est même pas assez de l'écouter, il faut la conserver avec respect, et dans l'occasion la mettre en pratique. Tu n'es pas libre de faire un choix dans l'Evangile de Jésus Christ, d'adopter ce qui te plaît et de rejeter ce qui te blesse. Tout ce qu'il renferme est saint, vénérable, divin; c'est la Sagesse éternelle révélée aux hommes; ainsi, quelque pénible que te paraisse ce langage, il faut commencer par l'adorer; et quelque rigueur que tu trouves dans ce commandement, t'y soumettre; comprends donc que haïr ses proches n'est pas leur vouloir du mal, mais détester leurs maximes et leur conduite, quand elles sont opposées à l'Evangile, mais être dans la disposition de perdre leur amitié plutôt que celle de Dieu, mais les fuir comme des ennemis qui veulent nous ôter la vie de l'âme par leurs discours séduisants et leurs pernicieux exemples. O mon Sauveur! qui ne consent pas h haïr ainsi ses proches n'a pas même un commencement d'amour pour vous, et ne mérite pas de vous trouver.

Des engagements du monde

C'est dans la foule que Jésus disparait et qu'on le perd de vue. Il est aisé de comprendre qu'il s'éloignait avec soin du voisinage et de la conversation de ceux que l'usage, la bienséance et un respect tout extérieur pour la loi amenaient à Jérusalem pour la solennité de Pâques, mais qui, n'en ayant point l'esprit, y cherchaient avant tout une occasion favorable à leurs intérêts et à leurs affaires. Et si plus tard il s'armait d'une indignation si vive contre ceux qui profanaient le lieu saint par un indigne trafic, et faisaient de la maison de prière une caverne de voleurs, il est bien naturel de croire que dans la grande solennité où ces désordres devaient être plus scandaleux qu'aux jours ordinaires, il s'était dérobé à ce spectacle si déchirant pour son cœur, et avait été offrir à son divin Père, dans le lieu le plus secret du temple, ses adorations, ses expiations et ses larmes. C'est là, ô mon âme! c'est là qu'il faut chercher, là seulement que tu peux trouver Jésus, dans le temple et dans le lieu le plus secret, le plus retiré, le plus silencieux du temple; et ne l'oublie pas: c'est toi-même qui es ce temple. C'est là que Jésus veut habiter, se faire entendre, répandre ses lumières; c'est là que tu peux le trouver. Le règne de Dieu est au dedans de vous-même. Mais la tourmente de l'ambition, la soif des richesses, les désirs de la vanité, l'attachement à la terre ne permettent pas à cette bienheureuse domination de s'affermir dans une âme que quelqu'une de ces passions agite, et parce qu'il en est peu qui en soient exemptes, il en est aussi bien peu qui trouvent Jésus Christ. Mais faut-il donc pour vous trouver, ô mon Sauveur! que je m'arrache à mon état, à ma famille, que j'aille m'ensevelir dans la solitude? Non, me dites-vous, le règne de Dieu est au dedans de vous-même. Je vous entends, ô Maître adorable! ce n'est pas une sage et nécessaire application aux affaires que vous condamnez, mais les soucis et les inquiétudes; ce n'est pas l'accomplissement des devoirs, mais la satisfaction des vains désirs; ce n'est pas la distraction inséparable du commerce des créatures qui vous éloigne d'une âme, mais la dissipation qu'y entretiennent la cupidité et les affections trompeuses. Vous êtes un Dieu de paix, et vous ne pouvez habiter au milieu de cette foule tumultueuse de désirs, de regrets, d'espérances qui si souvent me bouleversent. O mon Sauveur! parlez; et cette tempête, qui est presque continuelle dans mon âme, s'apaisera; et votre règne s'établira en moi, ce règne bienheureux qui est paix et joie dans l'Esprit saint.

 

Des divertissements du monde

Ce n'est pas pour se soustraire à la pauvreté et à la vie sérieuse de Nazareth, que l'Enfant Jésus prolonge son séjour à Jérusalem. Ce n'est pas pour y goûter les douceurs et l'aisance de quelque maison opulente qui eût été trop heureuse de le recevoir. Non, non: La sagesse ne se trouve pas dans la demeure de ceux qui passent leur vie dans les plaisirs et les délices. Jérusalem est la ville sainte, voilà ce qui la lui rend chère; le temple reçoit les vœux et les adorations des hommes, voilà ce qui l'y attire; on y offre sans cesse des sacrifices, voilà pourquoi il s'y plaît; il s'unit à toutes ces offrandes impuissantes, sanctifie par l'oblation de sa propre personne et l'immolation anticipée de sa vie, ces figures de son immortel sacrifice. Les veilles, les jeûnes, la prière, les larmes, voilà son occupation et sa nourriture, ses plaisirs et ses délices. Puis-je dire, ô mon Dieu! que cette vie est le modèle de la mienne, et que je ne chéris les lieux que j'habite que parce qu'ils me rappellent le souvenir de vos grandeurs ou de vos miséricordes? Hélas! lors même que les jours saints m'appellent au pied de vos autels, est-ce toujours la foi qui m'y accompagne et la piété qui m'y anime? La foule qui m'environne m'est-elle étrangère? n'occupe-t-elle pas mes pensées, mon attention et mes yeux? Hélas! des affections indignes de la sainteté de votre présence n'y ont-elles jamais profané mon cœur? Je me plaignais que la vue de votre tabernacle ne lui disait rien; j'étais presque tenté d'accuser d'illusion et de crédulité l'émotion et l'attendrissement des vrais fidèles. Je le confesse humblement devant vous, ô mon Sauveur! je ne puis accuser que moi-même. Mon insensibilité pour vous est le triste mais inévitable effet de ma sensibilité pour les créatures. Quand fatigué de l'agitation du monde, et l'âme toute troublée encore des images de la vanité, j'ose me présenter devant vous, comment votre image divine pourrait-elle s'y réfléchir? Et après avoir usé sur les objets périssables tout ce qui est en moi capable de sentir et d'aimer, quel goût, quel amour pouvais-je conserver pour les objets de la foi et la félicité de la vie future? O bon Jésus! si votre Mère eut peine à vous trouver, quoiqu'elle fût abimée dans la douleur; comment pourrais-je vous trouver au milieu des joies et des plaisirs de la terre? Consolation, plaisirs, sécurité, repos, je vous renonce, je ne veux point de vous, si le pardon de mes péchés ne vous ramène.

Vertu à demander: Le désir de posséder Jésus-Christ.

Résolutions et aspirations

Adorez souvent dans la journée l'Enfant Jésus retrouvé enfin par Marie et Joseph. Rendez-lui grâce pour le bonheur qu'il a procuré à sa tendre Mère en reparaissant à ses yeux. Conjurez la enfin, en la félicitant de la joie qu'elle goûta en ce bienheureux moment, de vous obtenir la même faveur à l'heure de votre mort. Appliquez-vous à vous pénétrer de la nécessité de conserver soigneusement Jésus-Christ, puisqu'il est si difficile de le retrouver quand on a eu le malheur de le perdre. N'aimez ni le monde, ni ce qui est dans le monde; si quelqu'un aime le monde, l'amour du Père n'est pas en lui1. Laissez-le donc ce misérable monde, son esprit, ses maximes, ses œuvres, et vous trouverez Jésus-Christ et avec lui tous les biens.

Prière

Mon Seigneur Jésus-Christ, Fils du Dieu vivant, qui avez été cherché par votre Mère pendant trois jours, et qui avez enfin été trouvé dans le temple, faites-moi la grâce de vous désirer ardemment, de vous chercher en vous désirant, de vous trouver en vous cherchant, de vous aimer en vous trouvant, de racheter mes péchés en vous aimant, et de ne les plus commettre après les avoir rachetés. Ah! Seigneur, qui donnez à ceux qui demandent, qui vous laissez trouver à ceux qui vous cherchent, et qui ouvrez à celui qui frappe, ne me refusez pas ce que vous promettez à tous. Que je vous trouve, que je vous possède, que je vous sois si intimement, si indissolublement uni, que rien ne puisse m'arracher à votre amour. Ainsi soit-il.

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