Le Mois de l'Enfant Jésus

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Vingt-septième jour

Jésus parmi les Docteurs


« Jésus était assis au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant, et tous ceux qui l'écoutaient étaient étonnés de sa prudence et de ses réponses ». (Luc 2) Le voilà donc d'un côté assis avec les docteurs comme étant docteur lui-même, et né pour les enseigner, et de l'autre nous ne voyons pas qu'il fasse comme dans la suite des leçons expresses. Il écoutait, il interrogeait ceux qui étaient reconnus pour maîtres en Israël; il interrogeait, si on osait le dire, en enfant, et comme s'il eût voulu être instruit. C'est pour cela qu'il est dit: Qu'il écoutait et répondait à son tour aux docteurs qui l'interrogeaient, et on admirait ses réponses, comme d'un enfant modeste, doux et bien instruit, en ressentant pourtant, comme il était juste, quelque chose de supérieur, en sorte qu'on lui laissait prendre sa place parmi les maîtres. Admirez comme Jésus par une sage économie sait ménager toutes choses, comme il laisse éclater quelque chose de ce qu'il était, sans vouloir perdre entièrement le caractère de l'enfance. Admirez aussi avec les autres la prudence de Jésus, une prudence non seulement au-dessus de son âge, mais encore tout à fait au-dessus de l'homme, et pour entrer dans l'esprit de ce mystère, considérez attentivement 1° la discrétion de son silence, 2° la modestie de ses questions, 3° la sagesse de ses réponses.


La discrétion de son silence


Jésus se met au rang des disciples, lui qui était le maître des docteurs, lui en qui sont renfermés tous les trésors de la sagesse et de la science '. Il écoute avec un respect religieux les interprètes de la loi, lui à qui Moïse et Elie viendront bientôt rendre hommage, lui qui du haut du ciel sera proclamé l'unique maître, le seul docteur qui tienne de lui-même le droit d'enseigner aux hommes la vérité, et de commander l'obéissance à ses divins enseignements avec une souveraine autorité: Ecoutez-le! Que peut-il donc apprendre en écoulant?Que diront-ils ces docteurs de la loi qu'il ne sache avant eux et bien plus parfaitement qu'eux? Rien sans doute pour lui qui est la vraie lumière qui éclaire tout homme venant en ce monde Mais son silence et son attention à les écouter nous disent beaucoup, et nous donnent une bien importante leçon. Maintenant donc, ô mon âme! t'en coûtera-t-il, te trouveras-tu humiliée d'être enseignée, dirigée, redressée surtout dans ce qui a rapport à la foi et au salut? Rougiras-tu de te placer au rang des disciples et d'écouter avec docilité? Que sont donc tes lumières? où est la sagesse? Et quand même ta sagesse et tes lumières effaceraient celles des docteurs à qui ont été confiées les clefs de la science, la conduite de Jésus te rappelle à ce grand principe trop souvent méconnu, que dans l'Eglise ce n'est pas l'habileté de celui qui enseigne qui détermine la soumission, mais l'autorité dont il est revêtu. Et maintenant oserai-je m'élever contre les enseignements des pasteurs et les décisions de leurs saintes assemblées? Ah! mon Sauveur! je n'ai jamais senti aussi vivement qu'à cette heure la force de celte parole: Qui vous écoute m'écoute, qui vous méprise me méprise, et qui vous méprise méprise celui qui m'a envoyé.


La modestie de ses questions


Ce n'est pas assez pour l'Enfant divin d'écouter dans un humble et respectueux silence, il interroge non avec autorité ni de cette manière authentique dont il usa lorsqu'il disait: De qui est cette image et cette inscription? ou: De qui était le baptême de Jean? ou: Si David est le père du Christ, comment s'appelle-t-il son Seigneur? Non, ce n'est point en cette manière qu'il interroge, c'est avec l'accent de la simplicité et le ton modeste d'un enfant qui veut être instruit. Il demande ce qu'il n'ignore pas, afin de nous apprendre ce que nous ne saurons jamais assez, à nous humilier, à placer dans notre estime notre jugement au-dessous de celui des autres, et par l'abnégation et la charité à attirer et gagner nos frères à la vérité. Et en effet, cette réserve avec laquelle il faisait ses questions, relevée par la grâce qui était en lui, disposait favorablement ceux à qui il les adressait à écouter ses réponses, et par conséquent à en profiter. Est-ce ainsi, ô mon âme! que l'intérêt delà gloire de Dieu ou l'utilité spirituelle du prochain te fait oublier dans l'occasion tes droits et tes propres avantages? Sais-tu à propos sacrifier à la charité un triomphe de vanité? Ecouter avec bienveillance ceux qui nous entretiennent d'objets peu intéressants pour nous, est quelquefois un moyen si facile de leur faire entendre d'utiles vérités; adresser à un inférieur une question obligeante, fournir à une personne timide on peu appréciée l'occasion de faire tomber d'injustes préventions, pieux artifices qui peuvent préparer pour une circonstance décisive des ressources de salut et de grâce. Mais, mon Dieu! que je suis éloigné, dans l'habitude de ma vie, d'une conduite si chrétienne! Hélas! je ne sais pas même demander ce que j'ignore; et quoique souvent ma conscience m'avertisse des dangers d'une détermination ou d'une démarche, je n'ai pas la sagesse de consulter et d'exposer mes doutes. La présomption, une mauvaise honte m'arrêtent; et malgré cet oracle de l'Esprit saint: Ne vous appuyez pas sur votre prudence je me livre entre les mains de mon conseil, et je marche sans guide. O mon Dieu! donnez-moi l'humilité, la docilité, la simplicité du cœur.


La sagesse de ses réponses


La ravissante modestie du saint Enfant avait disposé les cœurs à l'entendre; les questions importantes qu'avec une si étonnante discrétion il avait adressées aux docteurs de la loi avaient attiré l'attention et fixé sur lui tous les regards. Sans s'éloigner de la réserve qu'il s'est imposée, et pour ainsi dire, de ce demi-jour sous lequel il se cache et se révèle, il commence cette haute fonction de docteur de la justice, qui devait être un des caractères du Messie; et comme dans les questions qu'il a faites, sans parler en maître, il annonçait quelque chose de plus qu'un enfant ordinaire, ses réponses sont dans la même mesure, et tellement remarquables par un mélange de candeur et de sublimité, de simplicité et de profondeur, que ses auditeurs ne peuvent se défendre de je ne sais quelle impression qu'ils ne savent pas s'expliquer: Et ils étaient étonnés de la sagesse de ses questions et de ses réponses. O adorable Enfant! que votre conduite eu effet est digne d'admiration, soit que vous cachiez, dans le silence de l'humilité, l'excellence et la dignité de voire personne, soit que le zèle de la gloire de votre Père vous oblige à répandre au dehors votre céleste doctrine! Ah! si je n'étais trop habituellement aveugle et sourd, tout m'éclairerait dans la sainte obscurité de vos mystères, tout parlerait à mon cœur dans votre divin temple, le tabernacle où vous demeurez nuit et jour en silence, la chaire de vérité où vous nous enseignez par vos ministres, les fonts sacrés où vous nous donnez la vie, les tribunaux de miséricorde où vous nous la rendez, quand nous avons eu le malheur de la perdre, et l'autel où vous vous immolez pour nos crimes, et la table où vous daignez nous nourrir du pain des anges. Oh! que tous ces objets précieux ont un langage touchant pour une âme vraiment chrétienne! qu'ils lui révèlent de douces et consolantes vérités! mais pour cela il faut écouter en silence, interroger avec humilité, prier avec persévérance. O Jésus! éclairez mes ténèbres!


Vertu à obtenir: La docilité de l'esprit et du cœur.


Résolutions et aspirations


Adorez souvent pendant la journée l'Enfant Jésus au milieu des docteurs: admirez son humilité, se modestie, sa prudence et sa sagesse. Priez-le de venir dans votre cœur pour y répandre sa lumière divine. Pour cela, faites régner un profond silence dans votre intérieur. J'écouterai ce que le Seigneur mon Dieu dira en moi, parce qu'il me fera entendre des paroles de paix. Prenez la résolution de parler peu et avec une grande circonspection au milieu du monde, et d'épancher plus fréquemment votre âme aux pieds de votre Crucifix et en présence du tabernacle. Dans les circonstances difficiles consultez les personnes de piété, le père de votre âme; et si vous êtes consulté vous-même, élevez votre cœur vers Dieu, et répondez avec droiture et simplicité.


Prière


Parlez, Seigneur, parce que votre serviteur écoute. Je suis votre serviteur. Donnez-moi l'intelligence, afin que je sache vos témoignages: inclinez mon cœur aux paroles de votre bouche, afin qu'elles tombent sur moi comme une douce rosée. Seigneur mon Dieu, éternelle vérité, parlez-moi, de peur que je ne meure, et que je n'écoute sans fruit, si averti seulement au dehors je ne suis point intérieurement embrasé, de peur que je ne trouve ma condamnation dans votre parole entendue sans être accomplie, connue sans être aimée, crue sans être observée; parlez-moi, pour consoler un peu mon âme, pour m'apprendre à réformer ma vie; parlez-moi pour la louange, la gloire, l'honneur éternel de votre nom. Ainsi soit-il.

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