Le Mois de l'Enfant Jésus

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Vingt-huitième jour

Jésus occupé du service de son Père


« Pourquoi me cherchiez-vous? ne saviez-vous pas qu'il faut que je sois occupé des affaires de mon Père ? » ( Luc 2) Jésus préparait la voie dans l'esprit des Juifs à la sagesse dont il devait être le docteur; il posait de loin les fondements de ce qu'il devait prêcher; et il accoutumait le monde à lui entendre dire qu'il avait un Père dont les ordres le réglaient, et dont les affaires étaient son emploi. Quelles étaient en particulier ces affaires? il ne le dit pas, et il nous le faut ignorer, jusqu'à ce qu'il nous le révèle selon la dispensation dont il use, dans la distribution des vérités éternelles et des secrets du ciel. Toutefois, en adorant humblement ce que nous ignorons, il nous est permis de penser que cette œuvre qu'il fit alors était l'œuvre du salut des hommes. N'est-ce pas aussi la vôtre? ne faut-il pas aussi que vous travailliez à l'œuvre que Dieu votre Père vous a confiée? C'est donc votre salut qui doit partout et en tout temps vous occuper; mais c'est surtout dans le temple saint que vous en avancerez l'œuvre, 1° par votre assiduité, 2° par votre ferveur, 3° par votre recueillement.


Par votre assiduité


Jésus, après avoir rempli dans le temple de Jérusalem le devoir de religion qui l'y avait amené, et célébré la Pâque avec ses parents, avait satisfait au précepte de la loi, et pouvait immédiatement revenir à Nazareth, soit avec Marie et Joseph, soit avec leurs amis ou leurs proches. Mais chacune de ses actions et de ses démarches devait nous offrir une instruction profonde; et il fallait que nous apprissions de lui que, pour avoir part aux bénédictions et aux grâces attachées à la sainte maison de Dieu, ce n'est pas assez d'y apparaître avec la foule aux grandes solennités, par bienséance, par coutume, pour satisfaire à la rigueur du précepte, mais qu'il faut s'y arrêter, s'y complaire, comme des enfants dans la maison de leur père. C'est lui en effet qui devait nous révéler que les vrais adorateurs adorent Dieu en esprit et en vérité; et son séjour prolongé dans le temple commençait par en montrer le plus parfait modèle. Est-ce le copier fidèlement, ô mon âme! que de te conduire à l'égard du lieu saint comme tu le fais? Est-ce l'amour de Dieu qui t'y amène ? Est-ce le bonheur de l'y adorer qui t'y retient? n'y trouves-tu pas habituellement les heures bien longues, bien dépourvu d'intérêt le spectacle qu'il te présente? et n'es-tu pas bien plus disposée à abréger qu'à y prolonger tout séjour? Cependant, ô mon âme! ce temple matériel, l'assemblée visible des fidèles est la figure de leur invisible réunion avec Dieu dans l'éternité. C'est là vraiment la maison de Dieu et la porte du ciel,. Et si celui de Jérusalem était si cher à l'Enfant Jésus, s'il y était si puissamment attiré, parce que c'était là que son divin Père était honoré par les hommages de son peuple et par les sacrifices, que dirons-nous de nos saintes Eglises dans lesquelles Jésus-Christ réside nuit et jour en état de victime, pour glorifier son Père et le fléchir, où il renouvelle incessamment son immortel sacrifice? Comment toutes nos pensées, toutes nos affections, tout notre être n'habitent-ils pas, ne sont-ils pas enfermés dans nos divins tabernacles? Comment peuvent-ils s'arracher à ce 1ieu de délices, à ce véritable paradis de la terre?


Par votre ferveur


Figurez-vous les ardeurs séraphiques de sainte Thérèse, de sainte Claire, de sainte Madeleine de Pazzi, au pied du saint-sacrement; élevez-vous jusqu'au pied du trône de Dieu, et contemplez les Chérubins embrasés d'une ardeur qui ne languit jamais, célébrant à l'envi les louanges du Très-Haut, et s'excitant mutuellement à l'aimer, vous n'aurez encore qu'une idée imparfaite de ce qui se passait dans le cœur du Verbe incarné, de cet Adorateur suprême prosterné devant la Majesté divine et baignant de ses larmes brûlantes le pavé du saint temple. Il voit dans la lumière même de ce glorieux Père tout ce qu'il mérite d'adoration, de reconnaissance et d'amour de la part des hommes, et au milieu de cette multitude qui environne l'autel, avec un cœur glacé et un esprit occupé de pensées profanes, à peine découvre-t-il quelques grâces de ce culte intérieur qui peut seul l'honorer. A cette vue, un feu dévorant s'allume dans son âme: pressé d'un immense désir d'expier, de réparer, de satisfaire: O Père! s'écrie-t-il, les sacrifices et les offrandes ne sauraient plus vous plaire; mais vous m'avez formé un corps; alors j'ai dit: Voici que je viens. Est-ce avec cette vivacité de foi, ô mon Dieu! que j'accours à vos autels? Qu'ai-je dit! suis-je même capable de comprendre quelque chose à ces saints transports que réveillait dans vos saints la seule présence de vos tabernacles et dans le Saint des saints le lieu où les enfants d'Israël s'assemblaient pour vous honorer? Un regard jeté sur l'arche d'alliance faisait tressaillir de joie l'âme de David: il lui semblait voir le Dieu vivant; et l'aspect des plus attendrissants mystères ne peut même légèrement émouvoir mon cœur. Tous les objets créés me trouvent sensible; je ne suis de bronze et de marbre que pour vous, ô mon Dieu! et la source de mes larmes si abondantes, quand la perte de quelque bien frivole les fait couler, tarit et se dessèche au souvenir de mes ingratitudes et de vos bienfaits sans nombre! Seigneur, n'entrez pas en jugement avec votre serviteur; car nul homme vivant ne sera justifié devant vous ne détournez pas de moi votre visage, ayez pitié de moi, parce que je suis faible: guérissez-moi, parce que le trouble a pénétré mon âme.


Par votre recueillement


Est-ce donc que Marie et Joseph pouvaient être un obstacle au recueillement de l'Enfant divin, qu'il se soustrait à leur compagnie, qu'il les laisse partir et demeure seul dans Jérusalem? S'il leur eût communiqué son pieux dessein, n'eût-il pas trouvé en eux une fidèle correspondance? oui, sans doute. Mais il fallait qu'il s'occupât du service de son Père! De plus, il voulait nous apprendre qu'il faut se séparer de la chair et du sang et de toute attache sensible, quelque innocente qu'elle soit, quand on veut s'unir étroitement à Dieu, se soustraire avec prudence, mais aussi sans respect humain, aux empressements de ses amis et de ses proches, et même de temps en temps aux occupations extérieures et aux affaires, quand on veut connaître, prier, adorer et goûter Dieu avec un cœur plus libre et plus pur. Jugez de là quelle sublimité d'oraison et quelle intime effusion de cœur entre Jésus Enfant et son Père céleste! Adorez humblement ces communications ineffables du Père des lumières et du Fils qu'il engendre de toute éternité dans la splendeur des saints. O mon âme! tu gémis souvent de la stérilité de tes prières, des images importunes qui viennent t'assaillir dès que tu essaies de t'appliquer à Dieu. Tu ne cesses de te plaindre de tes distractions au milieu des plus saintes pratiques, tu t'en accuses même. Mais que fais-tu pour en tarir la source? C'est la mortification du cœur, c'est le retranchement des affections déréglées qui établit la paix intérieure, attire l'Esprit de Dieu, nourrit et entretient la dévotion. Mais la vanité des désirs, l'attachement aux biens de la terre, le goût du monde, en un mot, une vie toute naturelle et toute terrestre ne laissent ni l'esprit assez libre, ni le cœur assez pur pour demeurer habituellement uni au souverain bien; et alors même qu'on s'approche du sanctuaire et du trône de la grâce, afin d'y recevoir miséricorde on y porte nécessairement des sentiments et des souvenirs dont on est constamment préoccupé, et qui ne manquent jamais de troubler le recueillement et de refroidir la piété. O mon Sauveur! que ma misère est grande! Quelle ressource peut donc me rester, si je ne sais pas même vous exposer mes besoins, et si j'ai lieu de craindre de vous irriter, lors même que j'ose vous invoquer?


Vertu à obtenir: L'assiduité aux offices publics.


Résolutions et aspirations


Adorez souvent pendant la journée l'Enfant Jésus se dérobant à tous les regards, pour ne chercher que les regards de Dieu dans son temple. Gémissez d'y avoir si souvent porté la froideur et la dissipation. Ne désirez plus désormais ni d'y rien voir ni d'y être vu. Prenez les moyens que vous indiquent vos fautes passées pour vous préserver, du moins autant qu'il pourra dépendre de vous, des distractions. Dans l'habitude de votre vie, ce sera par une grande pureté de cœur. Bienheureux ceux qui ont le cœur pur, parce qu'ils verront Dieu. Quand vous vous disposerez à prier, recueillez-vous, bannissez les pensées étrangères, implorez les lumières du Saint Esprit, puisque c'est lui qui aide à notre faiblesse et qui prie pour nous par des gémissements ineffables. Quand vous venez à l'église, gardez, autant que possible, le silence à l'intérieur comme à l'extérieur: regardez-vous comme un pauvre qui manque de tout, et qui est admis auprès d'un riche généreux et bienfaisant qui veut subvenir à toutes ses nécessités. Ne vous occupez que de l'objet qui vous amène dans le lieu saint; veillez attentivement sur tous vos sens pour ne point perdre le recueillement.


Prière


Je vous rendrai, Seigneur, mes actions de grâces dans toute la plénitude de mon cœur, parce que vous avez daigné entendre les paroles de ma bouche. Je vous adresserai mes cantiques en présence des anges; je vous adorerai dans votre saint temple; je rendrai témoignage à votre nom, à votre miséricorde, à votre vérité, parce que vous avez fait éclater au-dessus de tout la sainteté de votre nom. Dans quelque moment que je vous invoque, exaucez-moi, Seigneur: c'est ainsi que vous multiplierez les forces de mon âme. Si je marche au milieu des tribulations vous me donnerez la vie. Seigneur, votre miséricorde est éternelle, n'abandonnez pas l'ouvrage de vos mains. Ainsi soit-il.

jesusnio

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