Le Mois du Saint Esprit

 

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Septième jour

 

Les opération du Saint Esprit dans l'âme fidèle


Jésus Christ disait à ses Apôtres: « Quand le Saint Esprit viendra, il prendra de ce qui est de moi, et il vous le communiquera ». Sans doute, il faut entendre par là que le Saint Esprit prendra de la lumière, de la science, de la sagesse qui est en Jésus Christ, de la grâce, de la vérité, de la sainteté qui est en lui, pour communiquer aux disciples ces trésors que le Maître possède dans toute leur plénitude. Mais ne me sera-t-il pas permis,en méditant cette belle parole, d'aller droit à ce que j'aime le plus dans Jésus Christ, je veux dire son Cœur, et de me demander ensuite à moi-même, ce que j'ambitionnerais le plus de tout ce que renferme d'admirable le Cœur de mon divin Maître, ce que je voudrais que le Saint Esprit pût prendre dans ce tabernacle pour l'apporter dans moi, pour me le communiquer? Je sais qu'avec mon Jésus tout m'est permis, eu fait d'ambition. Ne m'a-t-il pas dit: « toi dans moi, et moi dans toi »? n'a-t-il pas ajouté: « tout ce qui est à moi est à toi »? Pourquoi serais-je si timide, après de semblables témoignages d'une tendresse qui ne saurait rencontrer son égale? D'ailleurs, saint Paul ne m'exhorte-t-il pas à venir avec une confiance sans bornes, au trône de la grâce, et ce trône n'est-il pas évidemment le Cœur de mon Jésus? Je vais donc à ce Cœur; mais je n'y vais pas seul. Il m'a été dit que le Saint Esprit prendra de ce Cœur pour me le communiquer.


C'est au Saint Esprit que je demande de me rapprocher de ce même Cœur, d'y prendre tout pour me donner tout. Mais que trouve-t-on dans un cœur? Quelles sont les qualités de l'âme qu'on attribue au cœur, et qui lui sont particulières? Je le dis sans hésiter, ce sont les inclinations, les penchants, les goûts. On connaît un cœur, on le distingue des autres par là. Je n'ai pas ici à me-mettre en peine, comme s'il s'agissait d'un homme ordinaire. Les sympathies, les inclinations, les goûts de Jésus Christ, les penchants de son Cœur, tout est infiniment bon, beau, saint et aimable. Eh bien, voilà ce que le Saint Esprit, sans lequel je ne puis pas voir, encore moins aimer et prendre pour moi ces sympathies, ces inclinations et ces goûts, voilà, dis-je, ce que le Saint Esprit prendra de Jésus pour me le communiquer. C'est le Sauveur lui-même qui l'assure: O anoblissement, ô divinisation du cœur humain! O transformation incompréhensible! quoi! je puis avoir un cœur qui sente, qui aime comme le cœur d'un Dieu ! un cœur dont les inclinations, les penchants et les goûts se confondent avec ceux d'un Dieu! O richesses incomparables! ô amour infini de mon Dieu pour un être aussi vil, aussi abject que je le suis! Eh bien! je veux contempler cette vérité consolante, et pour m'en pénétrer vivement, je désire répondre d'abord à cette grande question: qu'a aimé et qu'aime encore Jésus Christ? Je ne dis pas assez; quels ont été, quels sont encore les inclinations, les penchants, les sympathies et les goûts du Cœur de mon Jésus? O Saint Esprit, répondez pour moi; et puis allez prendre tout ce qui est le propre du Cœur de Jésus et donnez-le, communiquez-le à mon propre cœur! Ce désir me brûle; pourrais-je en avoir un autre?

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L'Eglise a toutes les sympathies du Cœur de Jésus


L'Eglise c'est l'épouse de Jésus-christ. Cette épouse qui a coûté beaucoup; il l'a acquise au prix de son sang. S'il faut juger l'amour que le Sauveur a pour elle par les sacrifices qu'il a faits afin de la posséder éternellement, qui essaiera de dire cet amour? Le sacrement de Mariage n'est qu'un symbole, une image très imparfaite de l'union que Jésus Christ a contractée avec son Église. En l'épousant, après l'avoir choisie et formée de ses mains divines, il lui a donné son Cœur. Ce don est irrévocable; ici le divorce, la simple séparation sont impossibles; non, point de séparation, ni d'esprit, ni de corps, ni de biens, ni de sentiments. Les caresses de Jésus Christ à son Église se traduisent par les paroles les plus enflammées d'amour, par les actes les plus généreux. S'il parle d'elle, c'est toujours pour lui prodiguer les plus tendres discours. Il l'appelle son unique, sa belle, son immaculée, sa sœur, sa colombe, son lis, sa rose. Il nous déclare qu'un seul de ses cheveux fait à son cœur une blessure d'amour. On voit qu'il est jaloux d'elle. Non, il ne permettra pas qu'on la lui ravisse. C'est son bien, sa richesse, sa consolation, sa douceur. Il en est fier! Entendez-vous ces déclarations: « Tu es dans moi, et moi dans toi; habite dans mon cœur. Ne crains rien; comme mon Père m'a aimé d'un amour infini dans l'éternité, moi à mon tour, je t'aime! » Mais si des paroles je veux passer aux actes, quelle idée n'aurai-je pas de l'amour de Jésus Christ pour son Église? Que lui a-t-il refusé? que pouvait-il lui donner qu'il ne lui ait donné? quand on se livre tout entier à l'objet aimé, celui-ci peut-il exiger davantage? Corps adorable, sang précieux de mon Jésus, vous êtes la propriété de l'Eglise. Certes, il faut que le divin Époux ait eu pour son Église, un bien violent amour! Eh bien, qui refusera de croire que les penchants les plus doux et les plus irrésistibles de Jésus Christ sont pour l'Église? qui doutera que son inclination la plus forte ait pour objet l'Église? qui ne consentira à dire que les plus vives sympathies, les goûts les plus prononcés du Cœur de Jésus Christ sont acquis à l'Église?


Mais s'il en est ainsi, il faudra dire que le Saint Esprit ayant pour mission de prendre de Jésus Christ pour nous le communiquer, le signe auquel un chrétien pourra connaître que le Saint-Esprit a rempli sa mission en sa faveur, devra être ce goût, ce penchant, cette inclination pour l'Eglise. Si je n'avais pas ce goût de l'Eglise, cette inclination pour l'Église; si l'Église n'avait pas mes sympathies et qu'on voulût me persuader que je suis de Jésus-christ, que le Saint-Esprit a fait de moi son temple, qu'il est mon Directeur et mon Maître, je dirais tout simplement qu'on se moque de moi. Mais alors, il faudra que je dise: l'âme chez laquelle le Saint Esprit a apporté ce qui est de Jésus Christ, c'est celle qui souffre de toutes les douleurs de l'Église, celle dont les plus ardentes sollicitudes sont pour l'Église; l'âme qui bondit de joie quand l'Église triomphe, quand elle étend ses conquêtes; c'est l'âme qui est profondément triste quand les ennemis de l'Église triomphent; enfin c'est L'âme qui confond ses joies et ses tristesses, ses craintes et ses espérances, tous ses intérêts avec les craintes, les joies et les intérêts de l'Église. Pour ce qui est des âmes étrangères aux sentiments qu'éprouve l'Église, indifférentes en présence de ses douleurs ou de ses joies, qui sont presque étonnées de voir un chrétien qui s'anime en parlant de l'Église, que voulez-vous que je pense de leur état? Le Saint Esprit n'est pas venu dans elles; car là où il vient, il apporte, il donne ce qui est de Jésus-christ, donc l'amour et le goût de Jésus-christ pour son Église. O mon Dieu, combien de pauvres âmes qui s'abusent! Elles croient vivre par le Saint Esprit, et c'est leur propre esprit qui est toute leur vie.

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Les inclinations du Cœur de Jésus pour la Croix


C'est une vérité qu'il suffit d'énoncer et qui se passe de preuves; tous les goûts, toutes les sympathies de Jésus-christ, les penchants de son âme, les inclinations de son Cœur sont pour la croix. C'est bien d'elle qu'il voulait parler, quand il poussait ce cri sublime: « Combien je me sens pressé d'arriver au baptême de sang qui m'est réservé! » Et ailleurs: « Oh! qu'il a été grand mon désir d'arriver à cette divine Pâque après laquelle je mourrai! » Quand le Sauveur apparaît brillant de lumière sur le Tabor, de quoi parle-t-il avec Moïse et Elie? demandez-le à l'historien sacré, il vous répondra: De la mort qu'il devait bientôt endurer à Jérusalem. Avec ses douze apôtres, de quoi s'entretient Jésus-christ? De sa Passion, de la croix sur laquelle il sera immolé. Certes, si la bouche parle de l'abondance du cœur, il faut bien convenir d'une chose, c'est que le Cœur de Jésus Christ fut constamment porté vers la croix. Jésus-christ a pour son Eglise un amour immense; mais quel était l'arbre qui devait produire ce fruit d'éternelle bénédiction? En d'autres termes, où devait naître l'Eglise? Le nouvel Adam,quand devait-il recevoir son Epouse? La croix, la croix, voilà l'arbre qui a produit ce fruit admirable. La croix, voilà le berceau de l'Eglise, voilà le lit nuptial où a été consommé le divin Mariage qui unit à jamais Jésus Christ, l'Epoux céleste, à l'Eglise qu'il avait choisie de toute éternité pour en faire son Epouse. Jésus-christ pouvait-il donc n'avoir pas pour la croix cet amour qu'il réservait à son Eglise? Non, la croix qui a donné à Jésus son Epouse, possédera toujours son cœur. Ses penchants, ses inclinations, ses sympathies sont pour elle; ses goûts lui sont irrévocablement acquis.


Aussi voyez-vous comme il l'exalte aux yeux du monde entier? elle est son signe, son étendard, son drapeau; sans elle vous ne rencontrerez jamais la victoire; par elle, le monde et l'enfer sont soumis. L'Eglise a si bien compris ce goût de Jésus-christ pour la croix, qu'elle emploie à chaque instant ce signe sacré pour attirer sur la terre toutes les bénédictions du ciel. Point de sacrifice, de sacrement, de supplications, de prière sans la croix; on dirait que le regard de Jésus Christ ne peut pas être attiré sur la création, à moins que pour arriver à elle, ce regard ne rencontre la croix. Mais je me trompe, ce n'est pas une supposition que j'exprime, c'est bien une réalité dont l'évidence ne sera contestée par personne. Eh bien, que fait le Saint Esprit pour sanctifier une âme? Il prend dans le Cœur de Jésus Christ cet amour de la croix, cette inclination, ce penchant, ces sympathies, ce goût pour la croix, et il les communique à l'âme qui doit être l'amie de Jésus. Sans cette communication, la sainteté serait impossible. Voyez les apôtres lorsqu'ils sortent du Cénacle; consultez saint Paul converti; qu'apercevez-vous en eux? qu'exprime leur langage? que nous dit toute leur conduite? Ils sont fous d'amour pour la croix; c'est de la croix qu'ils parlent; c'est la croix qu'ils prêchent partout, et avec une force étonnante qui atteste le goût et l'amour de la croix, mais un amour qui va jusqu'à une sorte do délire dont les peuples païens commencent par se scandaliser, en attendant que ce délire s'empare de leur âme. O chrétien, quand tu fus baptisé, le Saint-Esprit s'empara de toi. Mais auparavant, la croix fut empreinte sur ton front et sur ta poitrine. Comprends-tu ce mystère, cette liaison nécessaire, indispensable, entre le règne de l'Esprit Saint dans ton âme, et la pensée constante, et l'amour vrai, fort, persévérant de la croix? Oh! les justes, ceux que le Saint Esprit fait des hommes spirituels, comme leurs goûts, leurs sympathies, toutes leurs inclinations sont pour la croix! Que de baisers brûlants d'amour! Avec quelle tendresse ils la font reposer sur leur cœur! ou le voit bien; le Saint-Esprit est allé prendre ce goût de la croix dans le Cœur de Jésus, et il l'a communiqué à leur âme.

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Les inclinations du Cœur de Jésus pour la divine Eucharistie


Je cherche avec une sainte avidité les signes manifestes de la présence du Saint Esprit dans une âme. Saint Paul m'a dit que les justes avaient reçu le sceau du Saint Esprit; pourquoi ne voudrais-je pas connaître ce sceau qui marque les âmes justifiées et les sépare des hommes de la terre? J'ai vu très clairement une chose, c'est que le signe, le sceau divin des enfants de Dieu se trouve dans leur cœur, et qu'il consiste dans la conformité des goûts, des penchants, des inclinations de ce cœur avec les goûts et les penchants du Cœur de Jésus Christ. L'Eglise et la Croix ont toutes les sympathies de Jésus-christ, parce que l'Eglise et la Croix sont inséparables comme la cause est inséparable de son effet. Mais que dirai-je maintenant de la divine Eucharistie? Les sympathies de Jésus Christ, ses goûts sont-ils pour ce Sacrement adorable ? Les penchants, les inclinations de son Cœur ont-ils pour objet la divine hostie? Pour première réponse à cette question, je demanderai à mon tour si la sainte Eucharistie n'est pas le trésor incomparable de Jésus Christ. Quand je nomme ce Sacrement auguste, puis-je y voir autre chose que la chair sacrée dont le Fils de Dieu s'est revêtu dans le sein de la Vierge, autre chose que le sang infiniment adorable qui, après avoir été répandu pour le salut du monde, continuera à couler éternellement dans les veines d'un Dieu? N'est-ce pas par cette chair divinisée, par ce sang d'un prix infini, que Jésus Christ a glorifié son Père, et a racheté le genre humain? Mais s'il en est ainsi, comment Jésus Christ considère-t-il lui-même sa chair et son sang? Quelle estime en a-t-il? Cette estime a-t-elle des limites, des bornes? Et si cette estime est sans bornes, peut-elle ne pas produire un amour infini? Dans l'âme parfaite du Fils de Dieu, l'estime et l'amour peuvent-ils avoir un caractère différent, n'être pas au même degré?


Mais voyons les faits. Il est certain que la conduite de Jésus Christ à l'égard de sa chair adorable et de son sang précieux doit nous dire la mesure de son amour, de son goût, de ses sympathies pour cette même chair et pour ce sang adorable. Eh bien! je dis que cet amour de son corps sacré a porté Jésus Christ à lui faire, à lui accorder un honneur infini, une gloire divine. Cet honneur et cette gloire, je les trouve dans l'Eucharistie. Voyez ce trône élevé dans l'Eglise! Là tous les hommages, tous les honneurs dus à la divinité sont rendus perpétuellement au corps de Jésus Christ. Toute la terre est remplie de cette gloire, tous les peuples la chantent; c'est un triomphe de chaque instant. Mais voulez-vous un honneur plus grand encore que celui d'une adoration universelle? Regardez bien la divine hostie; Jésus Christ en a fait le pain de nos âmes, et c'est ici que je trouve pour la chair et le sang du Sauveur une gloire qui dépasse toute conception humaine. Quoi! la chair et le sang de Jésus nourriront mon âme qui est une substance spirituelle? Le corps nourrira l'esprit, la matière donnera la vie à l'intelligence! ô mystère incompréhensible! or ce mystère, c'est la glorification la plus sublime que je puisse concevoir de la sainte humanité de Jésus Christ. Cette glorification si élevée, si sublime, que suppose-t-elle, sinon de la part de celui qui l'a voulue, un amour immense pour ce même corps, pour ce sang précieux que je trouve dans le divin Sacrement de l'autel. Dites maintenant si Jésus-christ n'aura pas pour ce Sacrement, une prédilection, une sympathie, un goût, un amour au-dessus de tout ce qu'il est possible d'imaginer. Non, jamais les inclinations du Cœur de Jésus, ses penchants, ses sympathies, ses goûts ne rencontreront un objet plus digne de les attirer et de les rendre infinis! Mais s'il en était ainsi, une âme en faveur de laquelle le Saint Esprit fait ce qu'a prédit Jésus Christ, aura nécessairement un goût très-vif pour la sainte Eucharistie.


Toutes ses inclinations iront là; tous ses penchants la porteront vers cet objet, toutes ses sympathies lui seront acquises. Il n'y a pas de milieu possible; ou il faut admettre cette vérité, ou bien il faut accepter l'accusation d'idiotisme. Lors donc que je rencontrerai cette ligne dans l'Evangile: Le Saint-Esprit prendra de moi pour vous le communiquer, je devrai me souvenir de l'amour, du goût de Jésus-christ pour le divin Sacrement de l'autel, et examiner où en est mon cœur par rapport à ce goût, à cet amour. Ce sera le moyen de connaître le degré d'action du Saint-Esprit dans moi. Je ne dois pas finir cette méditation sans résumer tout ce qui vient d'être dit; les vérités que je viens d'étudier sont trop importantes pour qu'il me soit permis de les oublier. Qui a lés inclinations et les goûts de Jésus-christ? Un petit nombre de chrétiens, parmi ceux qui vivent dans le tumulte du monde. La plupart des hommes, s'ils connaissaient bien les sympathies et les penchants de Jésus-christ, n'hésiteraient pas à les condamner. Cependant les vrais fidèles, ceux qui ont l'esprit de Dieu, admirent, aiment tout ce que Jésus-christ a aimé, et ils s'efforcent de croître dans cet amour qui seul peut les sauver. De quel côté suis-je en ce moment? ai-je le goût de Jésus-christ? car enfin, être dégoûté de tout ce qu'il aime, c'est être dégoûté de lui. Mais qu'est-ce qu'un chrétien qui est sans goût pour Jésus-christ? Cet infortuné ne saurait avoir le goût de Dieu et de ce qui vient de lui; que dois-je penser de son état? Ames fidèles, laissez dire le monde; laissez-le à sa folie, s'il refuse de devenir sage. Pour vous, n'oubliez rien pour augmenter dans votre âme ce goût divin, tout céleste, ces sympathies surnaturelles que le Saint Esprit vous a communiquées, et vous pourrez dire avec saint Paul: « Moi je n'ai pas reçu l'esprit de ce siècle, mais l'Esprit qui vient de Dieu ».

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