Le Mois du Saint Esprit

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Neuvième jour

Le règne du Saint Esprit sur une âme


Dieu a tout fait pour sa gloire. Il ne pouvait pas se proposer une autre fin; elle eût été indigne de lui. Par la création, Dieu a voulu manifester ses attributs, et par là même se glorifier. En lisant dans ce livre admirable, l'homme, était appelé à contempler son auteur, et à lui payer un tribut de louanges. Le péché a obscurci l'intelligence des malheureux enfants d'Eve; la plupart ont cessé de voir Dieu dans ses œuvres, et ont refusé de se soumettre à son empire. On eût dit que le magnifique spectacle de la création ne servait plus à la glorification de son auteur. Alors le Fils éternel du Très-Haut reçut de son Père une mission. Il le dit lui-même: « Mon Père m'a envoyé ». Quelle était la fin de cette mission? encore la glorification de Dieu: « Je cherche la gloire de celui qui m'a envoyé ». En réparant, par un prodige bien plus admirable que celui de la création , la pauvre humanité déchue et dégradée, Jésus-christ rendait le fils d'Adam capable de s'élever jusqu'à Dieu, par la pensée et par l'amour. Par là même, l'homme pouvait glorifier Dieu. Or, cette œuvre divine, la mission du Fils de Dieu, fut consommée après trente-trois ans. Alors Jésus Christ, sur le point de quitter le monde pour retourner à son Père, put faire monter vers le Ciel cette prière sublime: « Mon Père, je vous ai glorifié sur la terre; j'ai manifesté votre nom aux hommes; J'ai achevé l'ouvrage dont vous m'aviez chargé ». Bientôt après, du sommet du Calvaire, le Sauveur s'écriera d'une voix forte qui doit être entendue par toutes les générations qui peuplent la terre: « Tout est consommé! » La mission du Fils de Dieu était finie. L'œuvre de la création avait duré six jours, et Dieu s'était reposé le septième, comme le dit l'Ecrivain sacré.


L'œuvre de la rédemption a duré trente-trois ans, après lesquels le Fils de Dieu est monté au ciel pour être éternellement glorifié, assis à la droite de la Majesté divine. C'est alors que commence la mission du Saint Esprit. Elle consiste à répandre dans les âmes la vie surnaturelle, en leur communiquant la connaissance et l'amour de Dieu et de Jésus-christ, puisque c'est en cela que consiste précisément la vie éternelle, suivant la parole du Sauveur lui-même. La mission du Saint-Esprit est pour la glorification de Jésus-christ: « Lui-même me glorifiera!... » et cette glorification du Fils de Dieu par le Saint Esprit consistera dans une œuvre admirable. Le Saint Esprit formera des images vivantes de Jésus Christ, en faisant passer dans l'âme des prédestinés, les pensées, les sentiments de Jésus-christ, en leur faisant pratiquer les vertus que Jésus Christ a pratiquées le premier, en les rendant dignes de devenir avec Jésus Christ l'objet des complaisances de Dieu le Père. Telle est la gloire que doit procurer à Dieu la mission du Saint Esprit. Le Saint Esprit vient donc visiter les hommes pour leur faire connaître Jésus Christ, pour le manifester, pour établir son règne sur les cœurs; il vient découvrir toutes les richesses renfermées dans la personne adorable de Jésus-christ, dans ses mystères, dans sa doctrine. Il vient, en quelque sorte, remplir en faveur de Jésus Christ, la mission que le divin Sauveur a remplie à l'égard de Dieu le Père. Cette mission durera autant que le monde, l'œuvre du Saint Esprit ne sera consommée qu'au jour du dernier jugement. Alors le Saint Esprit dira, comme Jésus Christ: « J'ai manifesté votre nom aux hommes, j'ai achevé l'œuvre dont vous m'aviez chargé, je vous ai glorifié sur la terre. Tout est consommé! Le repos de l'éternité commencera! » L'œuvre toute divine de la sanctification des âmes est donc l'œuvre particulière du Saint Esprit, et cette œuvre consiste à faire vivre les Élus de la vie même de Jésus Christ. Je dois maintenant examiner comment je pourrai parvenir à cette vie toute surnaturelle qui doit me rendre une image vivante de Jésus-christ, modèle parfait de tous les prédestinés.

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Aspirer le Saint-Esprit


Il y a dans l'homme deux sortes de vie: celle de l'âme et celle du corps, la vie matérielle et la vie spirituelle. Le principe de la vie propre à notre corps, c'est l'air au milieu duquel nous vivons, l'air qui nous environne et qui pénètre dans nos organes. Sans l'air, condition nécessaire de notre vie, nous mourrions. Un animal expire dès qu'il est totalement privé d'air. Plus de mouvement, plus d'action, si l'air ne pénètre plus dans notre corps. Cela est vrai pour l'homme, et pour tous les êtres dont l'existence est soumise aux mêmes lois qui régissent notre propre existence. Or, il y a pour notre vie spirituelle, un air tout spirituel qu'il nous faut nécessairement aspirer, si nous voulons conserver cette vie précieuse. Cet air, c'est le Saint Esprit. Il est à remarquer que dans l'Écriture sainte, la même expression est souvent employée pour désigner l'air matériel qui fait vivre le corps, et le Saint Esprit qui donne la vie à notre âme. Le même mot renferme les deux sens ou les deux-idées. Eh bien ! depuis la Pentecôte, le Saint-Esprit qui a donné la vie à l'Eglise, continue de vivifier cette Église en l'animant toujours de son souffle divin. C'est par l'opération du Saint-Esprit que l'Eglise vit, qu'elle parle, qu'elle agit; c'est par lui qu'elle combat et qu'elle triomphe; le jour où le Saint-Esprit se retirerait, l'Eglise ne serait plus qu'un cadavre. Il en est de même de notre âme. Quand Saint Paul a dit: « En Dieu nous avons la vie, le mouvement et l'existence », il a parlé sans doute de l'immensité de Dieu dans laquelle nous sommes plongés, comme dans un océan qui n'a pas de rivages; mais pour l'homme spirituel, il y a quelque chose de bien précieux dans ces admirables paroles. La vie surnaturelle, la vie du juste, c'est le mouvement, l'existence dans le Saint Esprit, ou plutôt par le Saint Esprit; si une âme quittait cette atmosphère divine, si elle sortait du Saint Esprit, si elle en était séparée, elle serait privée de la vie, du mouvement, de l'existence même, c'est-à-dire de la vie de la grâce, du mouvement surnaturel, de l'existence qui est particulière aux enfants de Dieu. Une âme qui n'a pas dans elle le Saint Esprit, qui n'est plus en communication avec lui, peut faire des actes qui ont l'apparence du bien; mais il y manque le principe de vie que le Saint Esprit seul peut leur donner; ce sont les mouvements d'un mort qui ont pour principe une cause toute différente de la vie. Qui ne connaît ces êtres tout matériels qui imitent l'homme, et que l'on fait mouvoir par des ressorts cachés?


Il y a des chrétiens qui ne sont pas autre chose. On touche une corde invisible qui s'appelle caprice, humeur, goût, caractère, amour-propre, sensualité, et on les fait mouvoir. Ils tombent à genoux, ils se jettent dans un confessionnal, ils s'assoient à la table sainte, ils courent vers la demeure du pauvre; vous les diriez pleins de vie. C'est une erreur; la vie, c'est précisément ce qui leur manque. Ces âmes vivent en dehors de l'atmosphère divine qui est le Saint-Esprit; si vous leur en parliez, elles vous répondraient peut-être comme certains disciples d'Ephèse: « Nous n'avons pas même entendu dire qu'il y eût un Saint Esprit ».  Dieu fait cette distinction importante parmi les chrétiens, et de même que nous distinguons facilement un automate d'un homme plein de vie, Dieu distingue l'âme pieuse que le Saint Esprit anime et dirige, de l'âme mondaine qui n'offre à son regard pénétrant qu'un simulacre de christianisme et de vertu. Ces principes sont aussi clairs, aussi évidents que les vérités les plus simples et dont personne ne doute. Mais alors quelle doit être ma conduite relativement au Saint Esprit? David va me répondre: « J'ai ouvert ma bouche, et j'ai aspiré l'Esprit ». Ces paroles renferment une grande instruction. Et d'abord l'expression employée par le Roi-Prophète n'est autre chose que l'explication de la doctrine qui vient d'être exposée. Aspirer l'air, c'est attirer l'air extérieur dans sa poitrine. Celui qui n'aspire plus, a cessé de vivre; l'air extérieur n'est plus reçu au dedans ni renvoyé au dehors; la vie organique a fini. David voulait autre chose que cette vie toute matérielle; ce qu'il désirait avant tout, c'était la vie surnaturelle, la vie du cœur. Dans la ferveur de sa prière il s'écrie: « J'ai ouvert la bouche, et j'ai attiré l'Esprit, je l'ai aspiré ». Rien n'est capable de nous faire comprendre la vivacité des saints désirs comme ce langage figuré. Mais laissons parler saint Augustin. « Que désirait le Prophète, s'écrie cet illustre Docteur, si ce n'est l'observation de la loi divine? Mais il ne trouvait rien dans son infirmité et dans sa bassesse qui fût propre aux choses grandes et fortes. Alors, il ouvre la bouche pour attirer dans lui ce qui est indispensable à l'accomplissement de la volonté divine; dévoré par une soif ardente, il aspire l'Esprit qui est bon, afin de pouvoir par cet Esprit ce qu'il ne pouvait pas par lui-même, c'est-à-dire, observer une loi juste, bonne et sainte ».


Voilà mon modèle. Si je veux ce que David et après lui tous les saints ont voulu, l'accomplissement de la volonté de Dieu en moi, il faut que mon âme aspire sans cesse le Saint-Esprit comme ma poitrine aspire l'air extérieur. Toute la vie spirituelle est dans la connaissance et l'amour de la vérité. La lumière surnaturelle et la charité nous sont indispensables. Or, comme il est certain que le Saint Esprit a reçu la mission de communiquer aux âmes cette lumière et cet amour; attirer en soi le Saint-Esprit, l'aspirer continuellement, par de saints désirs, par tous les élans du cœur, c'est le moyen assuré pour ne le perdre jamais, pour vivre dans lui, pour être pénétré de sa substance, comme notre corps vit dans l'air et en est tout pénétré. Malheur à moi si je ne comprends pas ces vérités importantes! je vivrai, c'est vrai, mais de quelle vie! de la vie toute naturelle, toute sensuelle des mondains; je ne vivrai plus de la vie de Dieu!...

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Vivre dans le Saint Esprit


Peut-on concevoir un état plus heureux que celui d'une âme qui ne vit que de la vie de Dieu, parce qu'elle est toute plongée dans cette atmosphère divine qu'on appelle le Saint Esprit, parce que cet Air céleste qui sort de la bouche de Dieu, inonde son intelligence et son cœur? Pour en avoir quelque idée, il faut revenir à la comparaison qui est fondée sur le langage du Saint Esprit lui-même. Quels effets produit l'air que nous respirons, et dans lequel nous sommes plongés comme les poissons dans la mer? Le premier de ces effets, c'est la jouissance du spectacle admirable que présente à nos regards la nature, avec ses innombrables variétés de formes et de couleurs. Retranchez l'air que les rayons du soleil pénètrent, et vous serez à l'instant même privé de la beauté de ce spectacle. Tous les effets de lumière qui nous ravissent, lorsque nous contemplons le monde matériel, sont dus à l'atmosphère qui environne notre planète. Eh bien! il en est de même dans l'ordre surnaturel; tout ce qu'il y a de beau et de ravissant dans Dieu, dans Jésus Christ, dans les mystères augustes de la religion chrétienne, ne peut être aperçu que par une âme que le Saint Esprit environne et pénètre; c'est ce qui explique la différence qui existe entre les âmes sensuelles, mondaines, et les âmes vraiment spirituelles. Celles-ci n'ont qu'à regarder Jésus-christ dans quelqu'un de ses mystères, elles n'ont qu'à regarder une ligne de son Evangile, pour entrer dans de saints transports, et goûter d'ineffables délices. Les autres n'ont rien vu; elles ne commenceront à jouir des magnificences du monde spirituel qu'après avoir aspiré le Saint Esprit et s'être plongées dans sa lumière. Si l'air est nécessaire à nos yeux, il ne l'est pas moins à tous les autres sens de notre corps. Sans lui, il n'y a plus de son pour récréer nos oreilles, ou pour entendre la parole de l'homme. Privé de la jouissance de l'air, l'odorat n'existe plus, et le suave parfum que répandent les fleurs nous devient tout à fait inconnu.


Enfin, chacun de nos organes perd à l'instant même ses facultés, s'il cesse d'être en rapport avec l'air qui l'environne. Notre corps tout entier se trouve paralysé et sans mouvement, si on le prive de cette condition essentielle à la vie. C'est l'image fidèle de ce qui arrive à notre âme, lorsque le Saint-Esprit s'éloigne d'elle et qu'elle ne vit plus de la vie de Dieu; les sons harmonieux et divins de la parole éternelle qui viennent réjouir le juste dans cette triste vallée de larmes, le doux parfum qu'exhale la vie du Sauveur et de sa sainte Mère, les tressaillements de l'espérance et de l'amour qu'excite le Saint Esprit, tout disparaît, et vous ne voyez plus rien de la vie surnaturelle, de la vie si pure et si douce que les élus mènent sur cette terre; le goût du ciel et des choses de Dieu n'existe plus. Tous les sens intérieurs sont paralysés; vous n'avez plus devant vous„qu'un cadavre. Oh! combien j'en connais de ces âmes infortunées! Mais aussi combien d'autres qui ne cessèrent jamais de s'enivrer des joies pures que procure la parole de Jésus Christ, et les exemples qu'il a laissés aux hommes ! combien de justes qui savourent délicieusement les divins parfums que répand dans l'Eglise le souvenir de Jésus et de sa sainte Mère! Il en est encore de ces justes pleins de vie, rayonnants d'une jeunesse éternelle, et dont la céleste vigueur semble croître avec les années! qu'on demande à ces âmes ce qui les soutient, ce qui les anime, ce qui les rend capables de tous les genres de bien; elles répondront avec David: « J'ouvre la bouche de mon cœur, et j'aspire continuellement le Saint-Esprit ». On peut, sans être privé d'air, voir très-mal les objets; on peut être dans un état fâcheux qui s'oppose à toutes les jouissances que l'air procure à nos sens. Si l'air est corrompu, c'est un grand mal; la corruption de l'air engendre toutes les maladies. Eh bien! il y a beaucoup de chrétiens qui respirent un air corrompu. Dans le monde, on s'occupe de Dieu, de la religion, de certaines bonnes œuvres. Mais le monde gâte tout ce qu'il touche; aussi les principes qu'on reçoit de lui en matière de piété et de vertu, produisent sur l'âme le même effet que produit sur le corps un air vicié, corrompu. Cet effet est déplorable : il consiste à empoisonner le cœur qui est la source de la vie. Pour éviter un pareil danger, il faut chercher sincèrement Dieu et sa justice, il faut avoir faim et soif de la vérité. Or, le Saint Esprit seul communique Dieu et sa justice; le Saint Esprit seul donne la connaissance de la vérité, et nous apprend à la discerner de l'erreur. Oh ! quel grand zèle je vais avoir pour demander le Saint Esprit, pour l'attirer dans moi par tous les moyens que Dieu a mis en mon pouvoir! Mon Dieu! ne permettez pas que j'oublie jamais cette résolution.

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Respirer le Saint-Esprit


Notre poitrine respire, quand elle pousse au dehors l'air qu'elle avait aspiré. Ce mouvement est continuel dans nous; c'est une double action qui prouve la présence de la vie, et dont la cessation complète est la mort. On conçoit aisément ce qu'il faut entendre par ces mots: Respirer le Saint Esprit. Une âme pleine de Dieu, que peut-elle produire au dehors? évidemment des actes surnaturels qui tiennent de Dieu, qui ont, en quelque sorte, sa nature. Nous lisons dans le livre de la Genèse, que Dieu, après avoir formé l'homme du limon de la terre, répandit sur son visage un Souffle de vie, et l'homme devint une âme vivante, et saint Jean rapporte que Jésus Christ, après sa résurrection, souffla sur ses Apôtres, et leur dit: « Recevez le Saint-Esprit »; il respira sur eux le Saint Esprit qui était en lui. L'Eglise imite cette action du Sauveur dans les cérémonies qui accompagnent le baptême: le prêtre souffle sur la personne qu'il baptise, en disant: « Sors de cet enfant, esprit mauvais, et laisse la place au Saint Esprit ». Le Saint-Esprit nous est donc communiqué par le sacrement de baptême, nous recevons par lui une vie nouvelle, la vie de Jésus-christ. Dès lors il est facile de comprendre que toutes nos pensées, tous nos sentiments, et par là même notre langage rappelleront à nos frères les pensées, les sentiments et le langage de Jésus-christ; nous respirerons sur eux l'Esprit de Jésus Christ lui-même. Saint Paul ne disait-il pas: « Nous sommes la bonne odeur de Jésus-christ »? or, que veut dire le grand Apôtre, sinon que nous répandons autour de nous un parfum spirituel qui réjouit les âmes et qui les pénètre?


L'âme respire Dieu par son langage qui est tout céleste, par les divers mouvements qu'elle imprime à son corps, par la modestie qu'elle communique au front, par le feu divin dont elle embellit les yeux, par un ensemble de choses que tout le monde sent et qu'il est très difficile de définir. L'Ecriture sainte répète souvent ces expressions: « Dieu reçut ce sacrifice en odeur de suavité; la fumée de l'encens s'éleva vers Dieu comme une odeur suave ». Sans doute, ce langage est figuré. Mais il est très propre à me faire comprendre ce qu'est une âme qui respire le Saint Esprit. Saint Paul dit que les uns répandent une odeur de mort, et les autres une odeur de vie. Il est certain que l'homme qui n'aspire que l'odeur corrompue et infecte du monde et des plaisirs grossiers de la chair, ne peut répandre sur ses frères qu'une odeur pestilentielle, une odeur de mort. Quand certaines personnes sortent d'une maison, il faudrait appeler les Anges et les prier de venir avec leurs encensoirs d'or, brûler dans ce lieu où l'air est corrompu, quelques grains de l'encens qu'ils prennent au ciel, pour ramener les doux parfums de la pureté dans ces lieux; Mais à la place de cette femme légère et dissipée qui ne répand autour d'elle que l'odeur forte et désagréable de la mort, supposons la femme chrétienne et pieuse, la vierge dont le front est pur et le langage tout céleste; n'est-il pas vrai qu'on a respiré autour d'elle un doux parfum? La bonne odeur de Jésus Christ dont parle l'Apôtre s'est répandue comme le parfum que Madeleine répandit sur les pieds du Sauveur, et dont toute la maison du pharisien fut remplie. Il y a des âmes dont la respiration est funeste, elle corrompt l'air. Il y en a d'autres dont la respiration répand l'odeur de Dieu, de Jésus Christ, l'odeur du ciel. Respirer le Saint Esprit, c'est donc communiquer ce que l'on a au-dedans de soi de bon, de doux, de pur, de céleste. Marie, Mère de Jésus, respirait le Saint Esprit; ceux qui l'avaient vue et entendue étaient pleins de Dieu. Les Apôtres respiraient le Saint-Esprit. La première fois qu'on les vit et qu'on entendit leur parole, on fut rempli de l'Esprit de Dieu. En lisant encore aujourd'hui ce qu'ils ont écrit, il y a dix-huit siècles, on sent Dieu, Jésus Christ, le Saint-Esprit; on en est tout pénétré.


Eh bien! respirer le Saint Esprit, c'est le communiquer à ses frères par un souffle, une respiration toute surnaturelle. C'est répandre autour de soi une odeur de vie, c'est embaumer l'air, c'est-à-dire l'âme, le cœur auquel on s'adresse, avec lequel on entre en communication. Puis-je dire que je produis cet effet? Toutes les personnes avec lesquelles j'entretiens des rapports d'affaires ou d'amitié, peuvent-elles rendre ce témoignage, et quand je les quitte, disent-elles avec bonheur: Dieu a passé par là? Le feu de la charité, l'amour de l'innocence, l'esprit de l'Evangile a été soufflé, respiré sur nous; nous en sommes pénétrés, et nous sentons en nous quelque chose qui vient de nous être donné. O Saint Esprit, vous seul pouvez m'apprendre cet art divin de vous introduire dans les âmes; hélas! le plus souvent, c'est un esprit de vanité, de colère et de jalousie que je respire sur mes frères; est-ce donc là ce qu'ils doivent attendre de moi, après toutes les grâces dont vous m'avez favorisé? Non, mon Dieu, non, je ne veux plus porter l'odeur de la mort parmi vos enfants, mais je laisserai toujours au milieu d'eux une odeur de vie qui les rendra meilleurs, et ce sera en soufflant sur eux comme Jésus Christ, pour leur communiquer l'Esprit de grâce et de sainteté!...

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