30 avril 2011

Mois de Notre Dame de la Salette

 

Mois de Notre Dame de la Salette

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Premier jour

Les apparition en général et leur opportunité

 

Les apparitions surnaturelles, les manifestations divines ne sont, ni inventées par une superstition aveugle, ni nouvelles dans l’Église catholique: l'histoire est pleine des récits authentiques et touchants de ce divin commerce du ciel avec la terre: Dieu se promène avec le premier homme, sous une forme sensible, au paradis terrestre; il est assis à côté d'Abraham, sous la tente et les chênes du désert; il apparaît à Jacob dans un songe mystérieux; Moïse entend sa voix dans un buisson en feu ou sur le Sinaï: et dans les autres âges, lorsqu'il ne se montre pas lui-même, Il se révèle par les patriarches, par les prophètes; et sous la loi nouvelle par les anges, par les élus, par sa divine Mère. Aux esprits orgueilleux que pourraient étonner ces communications surnaturelles, il faut montrer une apparition bien autrement surprenante: celle qui a ouvert le ciel pour faire place au Fils de Dieu qui est descendu au milieu de nous: « Il a paru sur la terre, dit l'Apôtre, et il a conversé avec les hommes ». Or, après cette grande apparition, visible à tous les yeux, d'une durée de trente-trois ans, pendant lesquels le Fils de Dieu a vécu, agi, parlé au milieu de nous, se faisant l'ami de l'homme, le compagnon exilé de sa vie; quel esprit sincère peut se donner le droit injurieux, la prétention orgueilleuse de nier le divin commerce de Dieu avec l'homme, à travers les divers âges religieux de ce monde? Au reste, ces communications surnaturelles ont trois principaux motifs: Le premier est au cœur même de Dieu qui nous recherche toujours parce qu'il nous aime; n'a-t-il pas dit que ses délices étaient de vivre et d'habiter au milieu des enfants des hommes? 2° Les apparitions sont une sorte de chaîne mystérieuse entre l’Église du ciel et l’Église de la terre, unissant les membres d'une même famille; et enfin, Père des élus et des hommes, Dieu ne veut pas le silence entre ses enfants, mais il les envoie quelquefois se visiter et converser ensemble des douleurs de l'exil et des gloires de la patrie, pour les amener tous à la conquête du ciel. Mais, de toutes les apparitions, celles de la Sainte Vierge sont les plus fréquentes: établie au Calvaire Mère des hommes, elle ne saurait les délaisser, et son Assomption dans le ciel place sous nos yeux une image aussi douce que merveilleuse: c'est Marie assise sur un trône resplendissant, à côté de son fils; mais Elle y apparaît si occupée des hommes, qu'Elle semble oublier sa propre gloire: comme si le ciel était trop au-dessus de la terre, Elle descend ici-bas pour converser avec ses enfants: et que de fois Elle s'est montrée à eux, aux vierges dans les cloîtres, aux enfants au fond des vallons obscurs, aux bergers sur de hautes montagnes; et cette condescendance de la Sainte Vierge nous touche, mais elle ne nous étonne pas: Elle est notre Mère, et une mère peut-elle n'être pas partout où sont ses enfants pour les consoler ou les instruire?

 

Réflexions

 

Nous ne cherchons pas ici à soulever indiscrètement les voiles de l'avenir: cependant, l'illusion n'est plus possible: aveugle et sourde en son orgueil, notre société avance toujours sur la pente des abîmes; vaine de sa science trompeuse, fière de son progrès matériel, confiante en sa force apparente, elle s'en va, insultant le ciel, humiliant l’Église, foulant dédaigneusement aux pieds toutes les lois de Dieu... Encore quelques nouveaux crimes peut-être, et la mesure débordera de toutes parts... Le ciel semble prêt à venger les iniquités sans nombre, dont le flot monte sans cesse; les signes avant-coureurs éclatent en divers lieux... il n'est pas jusqu'à ce calme apparent dont nous jouissons qui ne soit un indice que les nuages se forment dans les régions cachées des tempêtes!... En un mot, dans cet oubli passé et présent des choses de Dieu, nous allions toucher à un moment solennel, à une heure terrible. Le bras du Seigneur depuis longtemps alourdi et lassé par nos crimes, allait enfin frapper; et, dans l'attente du coup suprême de la justice, il se faisait au ciel un grand silence. Alors, notre divine Mère, descendant de son trône de gloire, se prosterne devant Dieu pleine de douleurs mystérieuses: « Grâce, ô mon Fils Jésus, s'écrie-t-elle, grâce pour des coupables qui sont aussi mes enfants! » « O ma mère bien-aimée, répond le Verbe incarné... eh quoi! le Martyre du Golgotha sera-t-il donc toujours renouvelé en votre cœur?... C'est assez, ma Mère, c'est assez d'inépuisable amour!... Laissez-moi venger vos douleurs méprisées! » « Non, mon Fils, non, vous ne frapperez pas encore; vous êtes né de moi, le doux Sauveur des hommes ». Et Jésus, résistant doucement à Marie: « Faites place à ma justice, ne retenez plus mon bras, ô ma Mère; il faut frapper des ingrats qui me méprisent et qui vous font gémir! » Mais, Marie, intercédant toujours: « Encore, encore la miséricorde, répétait-elle... j'irai visiter les coupables, mon fils, je leur parlerai; ils écouteront la voix de leur Mère, et ils se convertiront... » Et sans attendre le dernier mot de la justice, Marie est partie du ciel, hâtant ses pas!... et le visage voilé de ses mains virginales, la voilà; la voilà tristement assise sur les rochers des montagnes de la Salette, versant d'abondantes larmes, nous conjurant d'apaiser la colère de son Fils et de consoler ses douleurs. En face de ce message divin et des larmes de Marie devant les abîmes ouverts de nos temps si malheureux, qui ne déclarera merveilleusement opportune, cette grande apparition de la Sainte Vierge, et bien miséricordieusement providentielle, la dévotion à Notre Dame de la Salette, qui nous avertit de tous nos maux et nous en offre les remèdes salutaires ?

 

Pratique : Professer un respect religieux pour tous événements merveilleux et suffisamment authentiques de l'ordre surnaturel; s'abstenir tout au moins de toute critique, souvent aussi injuste qu'elle est peu éclairée.

 

Guérison d'un jeune Séminariste

 

Un vénérable chanoine du chapitre cathédral de V.... et ancien supérieur du petit séminaire de cette ville, a rapporté le fait suivant; la rédaction est de la plus rigoureuse exactitude. Au mois de mai 1847, moins d'un an après l'apparition, je fis le pèlerinage de la sainte Montagne, et j'emportai alors comme souvenir, un flacon d'eau de la source miraculeuse. Le mois suivant, un de nos enfants fut atteint d'une douleur très-vive à l'index de la main gauche. Le mal était des plus douloureux. Un matin, il entre dans ma chambre et me dit : « Monsieur le supérieur, je n'y tiens plus; si cela continue, j'en perds la tête; je suis fou de douleur ». A son état d'exaltation, je voyais bien que la souffrance était bien grande: j'essayais de le consoler; mais c'est un remède qu'il venait me demander, et où le prendre? lorsque tout à coup, le flacon d'eau de La Salette me vint à la pensée. Ce fut pour moi comme un trait de lumière. Je m'adressai alors à l'enfant, et lui dis: « Mon ami, croyez-vous à l'apparition de la Sainte Vierge à la Salette? » « Ah! Monsieur, si j'y crois! il me semble que j'y crois comme vous ». J'avais en effet raconté mon pèlerinage à nos enfants, et mon récit les avait vivement impressionnés. « Eh bien! lui dis-je, puisque vous croyez à l'apparition, nous allons essayer d'un remède ». Je lui recommandai avant, de se mettre à genoux sur mon prie-Dieu et de réciter de tout son cœur un acte de Contrition, trois Ave Maria suivis de l'invocation que nous récitâmes ensemble. Il fit sa prière avec tant de ferveur que je sentis ma confiance redoubler. J'enlevai de son doigt l'enveloppe qui le couvrait. C'était vraiment hideux à voir. L'enflure, la couleur de la chair, la pourriture qui en sortait, tout cela expliquait son état d'exaltation et la violence de son mal. Je trempai dans cette eau une simple compresse que j'appliquai sur ce membre malade, et je l'envoyai à l'infirmerie, lui recommandant bien de revenir le soir et le lendemain matin aussi, et ainsi de suite deux fois par jour, jusqu'à complète guérison. Le soir, à l'heure désignée, je l'attendais dans ma chambre, mais l'enfant ne parut pas; je le fis appeler, il était au dortoir, dans son alcôve, et sur le point de se coucher. Il vint bientôt. « Excusez-moi, M. le Supérieur, me dit-il en entrant, je ne l'avais pas oublié; mais, comme je ne souffrais pas, je n'ai pas voulu vous déranger ce soir ». « Et depuis quand ne sentez-vous plus votre mal, lui dis-je? » Après un moment de réflexion, il me répondit: « J'ai accepté aujourd'hui même une partie de balle qu'on m'avait proposée; j'ai même remarqué que la balle a plusieurs fois frappé sur mon doigt, et je n'ai ressenti aucune douleur ». Ces détails me firent la plus vive impression, et je ne doutai pas un instant que la confiance de ce cher enfant avait été récompensée par un trait particulier de la protection de Notre-Dame de la Salette. Je le fis passer à l'infirmerie pour examiner ce doigt. Quelle ne fut pas alors ma surprise! Non seulement il n'y avait plus d'enflure ni de plaie, mais le doigt était dans l'état le plus sain sans porter la plus légère trace du mal. Je conduisis alors l'enfant auprès de nos Messieurs (les professeurs) qui prenaient ensemble un moment de récréation, et comme moi, ils admirèrent ce trait prodigieux de la bonté de Notre Dame de la Salette. Je voulus alors, pour l'exciter à une grande reconnaissance, lui faire quelques réflexions sur la bonté que la Sainte Vierge lui avait témoignée. Mais, à mesure que je parlais, il se mit à pleurer et avec une telle abondance de larmes, que j'en fus vraiment peiné un instant. « Qu'avez-vous donc, mon enfant, lui dis-je, et d'où vient que vous pleurez de la sorte ? » II me fit cette touchante réponse: « Ah! Monsieur le Supérieur, je ne puis vous dire combien je suis touché. Si je m'étais trouvé bien malade, je comprendrais que la Sainte Vierge eût pensé à me guérir; mais qu'Elle ait eu la pensée de s'occuper d'un doigt! de si peu de chose! quelle condescendance! » Et le pauvre enfant n'en pouvait plus d'émotion. Quelques années après, ayant terminé ses études, il quitta le séminaire, et par un sentiment de reconnaissance que j'aimais en lui, il m'écrivait quelquefois. Dans une de mes réponses à ses lettres, j'eus la pensée de lui demander le récit de sa guérison qu'il me donna tel que je viens de le rapporter, et il ajouta ce détail: « Non seulement le mal n'a jamais reparu, mais encore, bien que je sois sujet, à l'entrée de l'hiver, à avoir des mains difformes, sous l'action du froid, le doigt de la Sainte Vierge (c'est ainsi qu'il appelait le doigt guéri) est le seul qui ne subisse en aucune manière l'influence du froid, et il semble jouir d'un printemps perpétuel ».

 

Prière

 

O Marie, on a écrit de votre Fils: « Il est venu du ciel pour sauver les pécheurs ». Elle est venue du ciel pour sauver les pécheurs, pouvons-nous dire aussi en parlant de vos apparitions sur nos montagnes. O Mère de tous les hommes! du haut de votre trône où vous dominez sur nous, bien autrement encore que des hauteurs de la Salette, voyez toujours le monde du même regard, aimez-le toujours du même amour; il est chrétien encore, malgré l'affaiblissement de sa foi. Regardez tous les peuples infortunés qui vous invoquent; éclairez les idolâtres, ramenez les hérétiques, touchez les indifférents, convertissez les pécheurs; rendez à la religion toute la vigueur de sa jeunesse, pacifiez le monde, et bénissez-nous tous; car vous êtes, ô bonne Mère, la tige principale, nous sommes les rejetons; et comme les Fils de l'Olivier nous viendrons, pendant ce mois, enlacer en quelque sorte nos âmes aux fleurs et aux couronnes de vos autels: vous ne trouverez en nous ni des anges, ni des saints, mais vous verrez à vos pieds des pécheurs repentants qui vous veulent encore pour Mère, et qui vous proclameront toujours leur Reine sur la terre et dans le ciel. Ainsi soit-il.

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