07 mai 2011

Mois de Notre Dame de la Salette

Mois de Notre Dame de la Salette

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Huitième jour

Les bergers de la Salette

 

Les apparitions se produisent d'ordinaire au sommet des montagnes, ou au fond des déserts; sans doute parce que ces terres sont encore les plus vierges de la création. Les bergers sont souvent les témoins privilégiés de ces manifestations célestes; sans doute aussi, à cause de l'innocence de la vie des champs, et parce qu'ils sont généralement les plus simples d'entre les hommes. Ce fait est constant dans l'histoire. Dès la loi antique, Dieu parlait à Abraham dans les solitudes de Mambré; Moïse gardait les troupeaux au désert, et entendait sortir d'un buisson, la voix qui lui ordonnait d'aller délivrer le peuple de Dieu; David était dans les champs avec ses agneaux, quand Dieu voulut en faire un prophète et un roi. A l'origine de la loi nouvelle, Jésus-Christ se choisit pour précurseur, Jean-Baptiste au désert; pour mère, une humble fille de Juda; pour apôtres, des bateliers; et pour résumer tous ces faits dans un seul, le plus éclatant de tous, Jésus a envoyé des anges aux bergers des montagnes de la Judée, pour en faire les premiers adorateurs de son berceau, dans l'étable de Bethléem. Or, depuis cette inclination connue du cœur de Dieu pour les petits et les faibles, la préférence de Marie ne fut jamais démentie. Tous les sanctuaires où la Mère de Dieu est spécialement honorée, ont d'ordinaire pour principe, une apparition de la Sainte Vierge à des enfants, à des bergers, à des pauvres; telle est l'origine de Notre Dame du Laus, de l'Osier, de Lourdes et de tant d'autres, au milieu desquelles brille Notre Dame de la Salette, qui donne un éclat nouveau aux préférences divines pour les petits et les humbles. Elle appelle sur la chaîne des Alpes, deux bergers inconnus, ignorants et grossiers; ils ont l'insigne faveur de voir couler ses larmes et d'entendre son discours; et Elle les admet encore à ses côtés, dans les représentations publiques de son apparition, sur les montagnes et dans nos églises. Aussi bien, la vocation des enfants de la Salette a-t-elle quelque chose d'étrange, d'unique: elle rappelle à certains égards, celle des apôtres. C'est au bord du lac de Genésareth, ou sur les rivages des mers que sont appelés les apôtres, soignant leurs barques et raccommodant leurs filets; et leur grossièreté native demeure trente ans, sans intelligence aucune des enseignements de leur divin Maître. Les bergers de la Salette sont trouvés sur la montagne, veillant à la garde de leurs troupeaux; leur âge est sans culture, leur esprit sans instruction; et pour faire comprendre son message, Marie dut condescendre à parler le langage grossier de ces pâtres et de leurs montagnes... Sous le souffle de l'Esprit Saint, toutes choses divines sont révélées aux apôtres, et la fermeté de leur témoignage éclaire le monde, autant qu'elle déconcerte l'erreur et la tyrannie. Il semble que Marie ait répandu, elle aussi, sa vertu céleste sur l'esprit de ses deux petits apôtres, rendus capables en un instant de retenir tout un long discours, et répondant avec une noble simplicité aux contradicteurs de l'apparition: « Nous avons reçu mission de la Sainte Vierge, de vous dire ce que nous avons vu et entendu, et non pas de vous le faire croire!... » L'œuvre de ces humbles bergers, la dévotion à Notre-Dame de la Salette, a déjà pris un des caractères de l'œuvre des apôtres, qui est l’Église, l'universalité; elle compte six cents sanctuaires, élevés en divers points du globe, sur les cinq parties du monde. Enfin, il fut commandé aux apôtres de partir et d'aller enseigner toutes les nations. Il a été dit aux enfants de la Salette: « Eh bien, mes enfants,allez, vous le ferez passer à tout mon peuple ». Et des pâtres des Alpes, comme des apôtres, il semble encore que l'on puisse dire: Leur voix a retenti par toute la terre et jusqu'aux extrémités du monde.

 

Réflexions

 

Une montagne isolée, deux enfants ignorants, une apparition et un discours tout vulgaire ; quel besoin avaient Dieu et la Sainte Vierge de choisir un tel mode et de tels personnages, pour une révélation de cette nature? Dieu sans doute n'a besoin de rien ni de personne, pour atteindre le but de sa providence; mais ici, la prédilection accordée aux bergers sur les autres hommes, est merveilleusement conforme aux secrets de l'action divine, et très-opportune contre l'orgueil de notre siècle. 1° Secrets de faction divine. Dieu ne recherche pas ce qui est célèbre et grand; il semble même s'étudier à laisser à l'écart le renom et la gloire; mais son action publique incline toujours son cœur à ce qui est humble et petit ; il a fait, de cette prédilection, une sorte de profession invariable à travers les siècles: David enfant instruisait le roi de Babylone; le jeune Samuel portait les menaces de Dieu au grand prêtre Élie. Cela a été son bon plaisir en ce monde, sa loi providentielle dans la conduite de toutes choses; cela a été, dit Bossuet, sa marche éternelle; il est toujours demeuré le même, choisissant ce qui est infirme, pour confondre et détruire ce qui est. D'ailleurs, de marche, Dieu n'en pouvait pas avoir d'autre; procéder à la façon des hommes, c'eût été oublier qu'il était Dieu, et l'action divine eût perdu son caractère divin, à travers les moyens naturels et les éléments humains; l'inclination de son cœur à tout ce qui est humble et petit, convient donc merveilleusement à sa nature divine et à l'éclat de son action publique. L'apparition de la Salette, confiée à des bergers, en est une manifestation glorieuse; qui pourrait en effet nier l'intervention et l'action divine en la personne de ces pauvres pâtres des Alpes, oubliés de tous dans leurs montagnes, connus aujourd'hui du monde entier, et qui ont ajouté au culte de Marie, le vocable d'une dévotion nouvelle, sur la seule affirmation de leur simple témoignage, accepté par l'épiscopat, et confirmé par les faveurs spirituelles de l’Église 2° Le choix des bergers, confond l'orgueil de notre siècle: Le fait de la Salette a d'innombrables pareils dans les annales religieuses; il n'en est pas qui donnent une confirmation plus éclatante à cet oracle évangélique: « Seigneur, vous avez caché vos secrets aux sages et vous les avez révélés aux petits enfants ». Si Dieu nous eût envoyé ses avertissements par l'intermédiaire des philosophes, des savants de notre siècle, on les eût acceptés sans peine; mais que ce message céleste nous arrive de bergers dépourvus des connaissances les plus vulgaires, la raison hésite à croire, et la science orgueilleuse ne se peut résigner. Or, Marie ne sait que suivre les plans de son divin Fils; et, à son exemple, Elle choisit toujours pour agir, ce qu'il y a de plus vil, de plus méprisable selon le monde. Non, les savants, les riches, les puissants, ne seront pas les élus de la Reine du Ciel : ceux qui sont les témoins de son apparition, les confidents de ses secrets, les apôtres de son discours sur la montagne, ce seront des enfants, c'est à dire, ce qu'il y a de plus faible, de moins estimé parmi les hommes; ce seront des bergers, pauvres, dénués de tout!... Et en vérité, il appartenait à un siècle raisonneur et philosophe d'être éclairé, pour sa confusion, par des enfants ignorants et grossiers. On le voit, Dieu est toujours conforme à lui-même; il dédaigne partout l'orgueil, et se révèle à la simplicité; et cela, dit l'apôtre saint Paul, afin que nulle créature ne se glorifie devant Lui.

 

Pratique : A l'exemple de Marie, n'affectons pas de préférer le rang, la distinction, les choses élevées; et suivons le conseil de l'Apôtre, disant aux chrétiens: « Ne vous élevez pas à des pensées trop hautes; mais abaissez-vous jusqu'aux personnes les plus humbles ».

 

Guérison de sœur Marcelline, religieuse de la communauté d'Evion, à Bais

(Lettre de M. le curé de Bais à M. le Supérieur)

 

Mon Révérend Père, Je vous prie de vouloir bien excuser le retard que j'ai mis à vous répondre, mais j'avais besoin de l'avis de Monseigneur avant de le faire. Voici donc, dans toute sa simplicité, le fait merveilleux dont vous me demandez le rapport : Une des sœurs de notre établissement, qui relève de la communauté d'Evron, s'en allait mourante depuis six mois et plus; elle crachait et vomissait le sang. Depuis quatre mois, elle avait entièrement perdu l'usage de la voix; le médecin, qui la visitait avait déclaré que le larynx était en suppuration. Divers emplâtres lui furent successivement appliqués, mais sans obtenir à la malade le moindre soulagement. Déjà six semaines s'étaient écoulées depuis qu'elle s'était vue contrainte à garder son lit sans pouvoir plus le quitter. Je ne supposais même pas qu'elle dût aller loin. Le 25 novembre dernier (1865), après avoir entendu la lecture d'une guérison miraculeuse, publiée à cette époque par le journal le Monde, elle commença, sur mon invitation et avec l'e concours de ses compagnes et de quelques personnes pieuses, une neuvaine à Notre-Dame de la Salette. Pendant cette neuvaine, l'état de la pauvre sœur empira au lieu de s'améliorer. Le premier dimanche de l'Avent, dernier jour de la neuvaine, je lui portai la sainte communion avant la première messe que j'allais dire immédiatement après pour elle. La messe est à peine achevée que tout à coup la bonne sœur recouvre la voix et se trouve parfaitement guérie. Les emplâtres s'étaient desséchés sans laisser aucune trace de cicatrices. J'étais au confessionnal, quand la supérieure, pleurant de joie, vint me dire: « Sœur Marcelline est guérie, elle veut se lever et venir à la messe ». « Laissez-la venir remercier le bon Dieu, lui dis-je: elle ne pourra jamais assez le bénir, ni nous non plus ». Elle vint donc à la messe d'actions de grâces que dit pour elle un prêtre de la paroisse. Le soir, elle assista à vêpres. Depuis lors elle a assisté à tous les exercices de la communauté, et sa santé s'est parfaitement maintenue. Il ne m'appartient pas de qualifier cette guérison; mais nous croyons que nous ne pourrons assez remercier Dieu et bénir Marie, notre bonne Mère. Je ne songeais pas à vous envoyer encore ce rapport, et j'ai même différé de l'envoyer à Monseigneur l’évêque. Mais les journaux s'étant occupés de ces faits, je me suis décidé à vous en donner communication, avec l'assentiment de l'autorité compétente. Puissent-ils contribuer à la gloire de Dieu et à l'honneur de Noire-Dame de la Salette. (Annales de Notre-Dame de la Salette).

 

 

Prière

 

O Marie, que de grâces faites à la simplicité! Que de bonheur accordé au cœur humble et modeste! Vous choisissez de pauvres enfants pour les témoins du miracle de votre apparition; et ils sont seuls admis à entendre votre voix maternelle et à connaître vos desseins de miséricorde; toutefois, ô Mère, ces préférences de votre cœur ne nous étonnent pas: venant demander au monde une naissance nouvelle à votre loi, vous deviez, comme votre Fils naissant en son étable, être saluée tout d'abord par les bergers des montagnes! Et nous aussi, ô Marie, nous viendrons dans ce sanctuaire, image de votre montagne, entendre votre voix et méditer votre apparition. Comme aux bergers, donnez-nous de vous porter toujours un esprit simple et docile, et un cœur plein d'un zèle ardent et inconfusible, à répandre les enseignements salutaires de Notre Dame de la Salette. Ainsi soit-il.

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