09 mai 2011

Mois de Notre Dame de la Salette

Mois de Notre Dame de la Salette

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Dixième jour

La pierre de la fontaine

 

Dans nos saints livres, il est souvent fait mention du mot « petra », pierre... Plusieurs sont restées particulièrement célèbres: par exemple, celles qui servirent aux patriarches à dresser les premiers autels des sacrifices; la pierre qui reçut la tète de Jacob, pendant son sommeil mystérieux au désert: mais voici sous la loi nouvelle, une pierre, à laquelle ne sont pas moins acquis désormais, le souvenir et le respect religieux de l'histoire; c'est la pierre sur laquelle s'est assise la Vierge de la Salette. La pierre des sacrifices ne fut touchée que par les seules mains des patriarches; la pierre de la Salette a reçu le corps très-pur de Marie; celles du désert n'ont porté que les victimes immolées; celle de la Salette a porté la vraie Mère du vrai Dieu!... Les unes n'ont été arrosées que du sang impur des holocaustes; l'autre a été arrosée par les larmes virginales de cette même Mère!... Et pour la pierre de Jacob, elle fut déposée là, dit une pieuse tradition, par les anges! Il me semble aussi que les anges, à la première nouvelle de l'apparition, durent descendre du ciel, et venir préparer sur la montagne, le siège de leur Reine... Aussi, la gloire particulière de la pierre de la Salette a-t-elle été comprise; et elle n'a pas été laissée, confondue au milieu des autres rochers de la montagne: elle dut subir naturellement, au début du pèlerinage, les mutilations de la piété publique, qui emporta les fragments détachés comme autant de reliques; après peu de jours, elle fut respectueusement recueillie par Monsieur le curé de la Salette: plus tard, l'évêché de Grenoble l'a déposée dans une sorte de châsse provisoire, revêtue de tous sceaux d'authenticité; et les pèlerins de la sainte Montagne la contemplent aujourd'hui avec une sorte de vénération, sous un chalet de cristal, dans les trésors de la sacristie. Elle n'a plus les dimensions qu'elle avait à l'époque de l'apparition: il a bien fallu satisfaire les instances des pèlerins, et détacher en leur faveur des parcelles nombreuses, qui ont servi à opérer bien des merveilles, comme l'eau miraculeuse de la fontaine; mais depuis plusieurs années, on ne touche plus à la précieuse relique, et les visiteurs sont réduits à jeter sur elle des regards de pieuse convoitise.

 

Réflexions

 

Tout paraît merveilleusement prévu, et providentiellement préparé, à la Salette; tout, jusqu'au symbolisme et à la vertu de la pierre choisie pour la scène de l'apparition: 1° Symbolisme: En établissant son Eglise, Jésus-Christ voulut lui donner en héritage, la stabilité et la durée; et, comme gage de cette durée, comme figure de cette stabilité, il l'a assise sur la pierre: C'est sur la pierre que je bâtirai mon Eglise, et à cette pierre viendra se briser la fureur des flots de l'enfer impuissant. Voici Marie, venant établir son œuvre sur la montagne; Elle veut, Elle aussi, pour son œuvre, la durée en héritage: or, ayant appris de son divin Fils, le secret et la science des œuvres solides, Elle va, Elle, fondatrice, s'asseoir sur une pierre, comme si Elle voulait, par cette figure, donner à sa dévotion nouvelle, un gage de stabilité; Elle reproduit quelques caractères de l'Eglise: le martyre, par l'opposition vaincue à l'origine; le miracle, par les faveurs merveilleuses obtenues sous ce vocable; l'universalité, comptant déjà des sanctuaires sous tous les soleils et sur toutes les terres... 2° Vertu communiquée à la pierre de la Salette: « Saint Germain, patriarche de Constantinople, prêchant dans une Eglise où l'on a vénérait la ceinture de la Mère de Dieu, s'adressait à cette précieuse relique, comme si elle eût été animée et pleine d'intelligence: « O ceinture admirable, s'écriait-il, vous qui avez ceint le corps qui a lui-même ceint le corps du Dieu fait homme... quelle a sainteté, quelle vertu n'avez-vous pas dû acquérir, au contact d'un corps si pur et si saint!... O ceinture sans pareille, fortifiez nous contre les faiblesses de la chair... ceignez-nous de force, de justice et de mansuétude... préservez-nous de tout danger!... » Après cela, ne nous est-il pas permis de nous adresser, nous aussi, à Marie assise sur la Montagne?... Ne nous est-il pas permis de lui demander de toucher nos âmes, de les convertir?... Ce miracle s'est produit à l'attouchement des chaînes des apôtres, des vêtements des martyrs; ne peut-il sortir d'une pierre qu'a touchée la Mère de Dieu?... Prenant donc l'accent du patriarche de Constantinople, nous nous écrierons comme lui: O pierre sanctifiée et comme ramollie par une vertu divine! de quels parfums célestes a dû vous embaumer le contact du corps très-pur de Marie! Ah! ne les retenez pas tous, ces parfums: laissez-les s'épancher sur mon âme, pour l'embaumer tout entière de l'odeur des vertus de Celle qui est venue du ciel vous demander un instant, pour le soulagement de ses douleurs, force, asile-et repos!...

 

Pratique : Se représenter par la pensée qu'on est assis à côté de Marie, sur la pierre de la Salette; écouter humblement les reproches de conduite que sa voix nous adresse, accepter sans retard les pratiques de piété que son cœur nous demande, et qu'il faut bien déterminer à la fin de cet exercice.

 

Deux conversions obtenues par l'intercession de Notre-Dame de la Salette

 

Un vieillard, issu d'une illustre famille, avait été pendant longtemps le scandale du pays qu'il habitait. Dieu permit un jour qu'il trouvât chez un libraire un ouvrage sur l'apparition de la Sainte Vierge à la Salette. M. de N. acheta ce livre et le lut avec un vif intérêt. A partir de ce moment, le vieillard crut à la merveilleuse apparition, et quelque temps après, il fut amené par des circonstances providentielles, à faire ériger un calvaire dans sa propriété, située sur le bord d'une route très-fréquentée. Le calvaire béni, M. de N. était content; mais dès la nuit suivante, il se trouva tout à coup réveillé, et entendit distinctement une voix qui lui disait: « Tu as fait ériger un calvaire en l'honneur de mon Fils, il faut que tu fasses quelque chose pour moi ». Cet ordre mystérieux lui fut renouvelé plusieurs nuits. M. de N., comprenant que c'était la Sainte Vierge qui lui parlait, résolut de se convertir et de faire bâtir une chapelle en l'honneur de Celle qui lui témoignait tant d'amour. Bientôt la chapelle fut élevée, et M. de N. demanda avec instance qu'on y établit la dévotion à Notre Dame de la Salette. La bénédiction du petit sanctuaire se fit en présence d'un grand nombre de fidèles; et, le 19 septembre suivant, plus de deux mille étrangers et un nombreux clergé vinrent y célébrer l'anniversaire de l'apparition de la Sainte Vierge à la Salette. Quelque temps après, M. de N. mourut dans les meilleurs sentiments, et fut inhumé dans sa chapelle, comme il l'avait demandé pendant sa vie. Ce sanctuaire est visité chaque jour par de nombreux pèlerins. Je dois dire ici que, malgré ses désordres, M. de N. récitait chaque jour, en l'honneur de la Sainte Vierge, une petite prière que sa mère lui avait apprise dans sa jeunesse. Cette prière était enfermée dans un petit sac en cuir, qu'il portait sans cesse suspendue à son cou avec le plus religieux respect. L'auteur de ce récit le tient tout entier de la bouche du vieillard lui-même et de celle de son digne curé.

 

Nous empruntons au même auteur le trait suivant: Un homme très intelligent avait, comme tant d'autres, contracté la triste habitude de ne point approcher des sacrements. Sa femme, qui l'aimait beaucoup et qui craignait de le voir mourir dans cet état, avait fait déjà plusieurs pèlerinages aux sanctuaires les plus vénérés des alentours, pour obtenir la conversion de son mari. Le moment de la grâce n'était pas encore venu, et ce triomphe était réservé à la Vierge réconciliatrice de la Salette. Cette pieuse femme ayant appris les bienfaits de tout genre obtenus par l'intercession de la Vierge des Alpes, commença, en son honneur, une neuvaine pour son mari. Ses prières furent bientôt exaucées, et celui dont elle craignait d'être séparée pour l'éternité, lui dit un jour: « Je veux me confesser ». Comme il était dans ces dispositions, le démon glissa dans son esprit des doutes sur les vérités de la foi, et en particulier sur l'institution divine de la confession. Mais ce chrétien, désormais fidèle à la grâce, se jette à genoux et demande à Dieu la victoire sur son ennemi. Le soir même de ce jour, il était aux pieds d'un prêtre, lui faisant humblement l'aveu de ses fautes, tandis que son épouse, heureuse de sa conversion, était prosternée elle-même devant une image de Notre Dame de la Salette, dans un sanctuaire qui lui est consacré, et remerciait cette Mère des miséricordes, avec des larmes plus douces et plus délicieuses que tous les plaisirs du monde. (Annales de Notre-Dame de la Salette).

 

Prière

 

O Notre Dame de la Salette, lorsque votre divin Fils veut ici-bas se bâtir un temple, il envoie ses évêques, les pontifes de son Eglise, lever les mains sur les pierres qui le doivent composer, et consacrer ses murs par l'effusion de l'huile sainte: je crois comprendre que, dès longtemps, vous vous prépariez un temple, au milieu des montagnes des Alpes; mais vous n'avez laissé à nul pontife de la terre, l'honneur de le consacrer; vous êtes venue du ciel en poser vous-même la première pierre, et en faire par votre présence, la dédicace solennelle, assise sur un des rochers de la montagne : et quelle vertu céleste, quelle huile sainte vous avez dû répandre sur cette pierre! Mais voici, ô Marie, voici, sous l'enveloppe mortelle de ma poitrine, une pierre, qui ne doit pas vous être moins chère, mon cœur!... Mon cœur, pierre dure à votre amour, indifférente à vos douleurs, insensible à vos larmes! ô Mère, venez, venez vous asseoir quelquefois sur la pierre de mon cœur; votre contact devra la ramollir, et dure tout d'abord, elle finira par s'attendrir, et pourra enfin offrir à votre propre cœur, un doux repos, c'est-à-dire, le repos des consolations d'un fils, aux amertumes et aux douleurs de sa Mère. Ainsi soit-il.

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