10 mai 2011

Mois de Notre Dame de la Salette

Mois de Notre Dame de la Salette

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Onzième jour

La Sainte Vierge seule, sur la Chaîne des Alpes

 

L'apparition de la Salette, la bonté si touchante avec laquelle Marie daigne entrer en communication avec deux pauvres bergers, les admettre à contempler de si près les rayons éblouissants de sa gloire, à entendre sa voix céleste, rappelle l'événement le plus considérable, le plus divin de la religion: c'est cette condescendance adorable, par laquelle, jadis, Dieu nous a parlé par son propre Fils qui, inclinant les cieux, est descendu jusqu'aux hommes; qui a habité parmi nous, plein de grâce et de vérité, et s'est rendu, selon la belle pensée de saint Augustin, merveilleusement populaire. Oui, l'événement de la Salette rend aussi Marie merveilleusement populaire, ou plutôt, merveilleusement humble et digne d'une sorte de compassion: au ciel, Marie est assise sur le trône de sa gloire, et la cour céleste l'environne, dans l'attitude de la vénération : dans les églises de la terre, Elle règne sur tous les autels, et les peuples sont à ses pieds: regardez-la sur la montagne; le monde ignore sa venue; les anges ne lui font pas cortège; les vierges ne l'ont pas suivie; tout est silencieux, vide, isolement autour d'Elle; il n'y a, pour recevoir sa visite, que ce qu'il y avait à la crèche, de pauvres bergers, et quelques vils animaux. Eh quoi! la Mère de Dieu, seule, abandonnée, errante et perdue en quelque sorte sur cette haute montagne, dans un désert, au milieu de rochers inaccessibles; quelle situation étrange pour la Reine du ciel; quel touchant et douloureux spectacle pour ses enfants de la terre!... Ne nous semble-t-il pas entendre les échos émus de cette montagne étonnée, répéter ce cri plaintif du cœur de Jésus au Calvaire : « mon fils, mon fils, pourquoi m'abandonnez-vous ici?... » Il y a dans nos saints livres, une figure des amertumes de ce délaissement et de cette solitude: c'est Noémie, l'illustre veuve de Bethléem, condamnée à un long exil dans les montagnes de la Judée; à la nouvelle de son retour, les femmes allèrent au-devant d'elle, et disaient, en la voyant passer: « C'est Noémie!... » Et elle répondait: « Ah! ne m'appelez pas Noémi, c'est-à-dire, belle! mais Mara, c'est-à-dire, amère, parce que le Tout-Puissant m'a remplie d'amertumes; je suis sortie riche, et le Seigneur me ramène pauvre!... Non, pas Noémie, moi, humiliée, affligée par le Seigneur!... » Voici, sur les montagnes de la Salette, la Noémie nouvelle; c'est Marie. Ah! Marie était belle autrefois; entendez les chants de l'Eglise: « Vous êtes toute belle, ô Marie, et il n'y a pas de tache en vous!... » « Quelle est celle qui monte du désert, belle comme la lune, brillante comme le soleil?... » Mais ici, Elle n'est plus tout cela ; seule et délaissée au sommet des Alpes, Elle semble crier au monde: « Ah! ne m'appelez pas belle aujourd'hui; voyez, voyez plutôt, je suis toute couverte de tous les instruments de la passion de mon Fils; entendez les chants de l'Eglise, c'est la fête de mes douleurs, comparées aux flots de la mer; voyez donc combien je suis affligée! Mon cœur est troublé en moi-même; je suis pleine d'amertumes, parce que mon peuple ne me laisse pour nourriture que l'absinthe et mes larmes, et pour breuvage, une eau mêlée de fiel...Les nations m'appellent bienheureuse. Ah! je ne sens en ce moment mon bonheur, que par la grandeur de mes maux; oui, le Tout-Puissant m'a élevée, exaltée; mais me voici bien humiliée, bien abandonnée, dans cette solitude immense ».

 

Réflexions

 

Deux considérations remplissent ici nos pensées, l'importance de ce message, les amertumes dont il est la source pour Marie: 1° Il est écrit, dans la parabole des vignerons, que le père de famille après leur avoir envoyé successivement plusieurs de ses serviteurs, qui furent maltraités, leur envoya enfin son propre fils, en disant: Ils auront quelque respect pour mon fils... Jésus-Christ a sans doute dit aussi, en nous envoyant sa divine Mère à la Salette: « Ils auront quelque respect pour ma Mère; son isolement, sa solitude leur feront compassion; ils ne la verront pas pleurer sur eux, sans ressentir quelque salutaire émotion; ils n'entendront pas sa voix émue, sans prêter une oreille attentive; ils ne pourront contempler sur sa poitrine, les chaînes merveilleuses de mon amour, l'image encore inondée du sang de ma passion et de ma mort, sans consentir à y répondre, et à se laisser enfin gagner au Fils par la Mère!... » Il est bien manifeste qu'il aurait dû du moins en être ainsi pour tous les cœurs qui ont conservé la foi, et qui ont quelque souci de leur salut! sommes-nous au nombre de ces chrétiens fidèles, ou parmi ceux qui résistent encore aux prévenances maternelles de Marie sur la montagne, et aux instances ineffables de l'amour de son Fils?... 2° Noémie nouvelle, Marie ne veut pas qu'on l'appelle belle, mais arrière! Cependant, on voit sur son visage les marques éclatantes d'une grande beauté, une brillante lumière l'environne, un riche diadème rayonne sur son front... Quelle amertume y a-t-il donc dans le cœur de Marie?... Le cœur de Marie est une image, un reflet du cœur de Jésus; c'est-à-dire, un océan de bonté, où s'agitent sans cesse les flots amers du péché; et ses amertumes, ce sont les crimes des hommes, leurs impiétés, leurs blasphèmes; en un mot, ce torrent d'iniquités, qui, se répandant sur la terre, est passé à travers son âme: et voilà ce qui la fait s'écrier sur la montagne de la Salette: « Ne m'appelez pas ici Noémie, parce que je me sens aujourd'hui toute remplie d'amertumes!... » Or, Celle qui fait entendre ces accents douloureux, c'est notre Mère; et on ne laisse pas une mère gémir seule, et sans consolation!... que ferons-nous donc, pour adoucir les amertumes de notre Mère? Aimer Dieu, observer ses commandements, répandre autour de soi les parfums de la vertu, de la charité chrétienne, voilà le doux breuvage que nous demande Notre Dame de la Salette.

 

Pratique : Se recueillir un instant, avant de quitter l'église; représenter vivement à son âme ce grand spectacle de la Sainte Vierge, abandonnée sur la montagne; compatir à l'amertume de son cœur, par des sentiments de componction, et quelques aspirations affectueuses à la douleur de cet isolement.

 

Guérison miraculeuse

(Lettre de Monsieur le curé de Verpel (Ardennes) à Monsieur le Supérieur de la Salette, 12 novembre 1866)

 

Mon Révérend Père, Il y a quelques mois, me rendant aux désirs de mes bons paroissiens, j'érigeais une statue de Notre Dame de la Salette dans l'église de mon annexe. Il semble, mon Révérend Père, que cette douce Mère du ciel avait hâte de faire son entrée solennelle dans notre diocèse, et d'y opérer son premier prodige... J'hésitais à vous en donner connaissance, lorsqu'en recevant le dernier numéro de vos annales, je fus frappé par la date de la guérison de Mlle Eugénie Chauvet. C'est en effet le même jour, 16 septembre 1866, et probablement à la même heure, que s'est opérée la guérison de Mlle Zélie Frisch, ma paroissienne. Cette jeune fille, âgée de 22 ans, n'était pas sortie de son lit depuis trois mois. Pendant ce laps de temps, elle n'avait pris ni boisson, ni aucune nourriture; elle rejetait tout aliment et vomissait le sang fréquemment et abondamment; c'est au point qu'un savant docteur qui l'a visitée pendant deux mois environ, l'a traitée pour une phthisie pulmonaire, arrivée à sa dernière période. Selon l'avis du même docteur, la malade était encore atteinte d'un rhumatisme articulaire. Ses souffrances étaient très vives, et il était impossible de la transporter d'un lit à un autre sans lui faire éprouver des spasmes et des étouffements qui duraient quelquefois plusieurs heures. Or, la malade et tous les membres de sa pieuse famille, commencent une neuvaine à Notre Dame de la Salette. Le 16 septembre, on était au sixième jour de la neuvaine. Pendant la messe paroissiale, vers neuf heures et demie, la malade prend avec beaucoup de peine un flacon placé près de son lit et contenant de l'eau de la source miraculeuse; elle en boit quelques gouttes, et,au même instant, elle se sent comme soulevée par une force extraordinaire, descend de son lit sans se rendre compte de cette action, fait trois ou quatre pas dans sa chambre et va s'appuyer sur une commode. Là, seulement, elle s'aperçoit qu'elle a marché. « Maman, je suis guérie », s'écrie-t-elle. Et à ces mots, elle s'agenouille devant une statue de Notre-Dame de la Salette, qu'elle tenait entre les mains, fait une courte prière, s'habille sans peine, demande à manger, et se dirige vers l'église avec autant d'assurance que si jamais elle n'avait éprouvé le moindre malaise. Depuis ce moment, elle mange toute espèce de nourriture avec un appétit dévorant; rien ne lui fait mal. Elle a entrepris déjà plusieurs voyages à pied, en voiture, et quand on lui dit qu'elle abuse de ses forces, elle répond que celle qui l'a guérie la soutiendra. Un homme honorable sous tout rapport, très estimé dans le pays, et du reste éminemment habile en médecine, a visité plusieurs fois la malade, et en apprenant sa guérison instantanée, a dit formellement: « C'est un miracle! » Il s'est passé déjà bien des faits extraordinaires dans cette paroisse, obtenus par l'intercession de Notre-Dame de la Salette, qui seront donnés plus tard à la connaissance des serviteurs dévoués au culte de cette bonne Mère. Puisse-t-elle étendre de plus en plus son doux empire et protéger d'une manière toute spéciale les cités trop heureuses qui l'ont choisie pour patronne et pour gardienne. (Annales de Notre-Dame de la Salette).

 

Prière

 

O Marie, ô Mère des hommes, c'est surtout en vous considérant à la Salette, que j'aime à vous entendre nommer, Mère affligée, Vierge très douloureuse!... que de fois, depuis le jour de votre apparition sur cette bénie montagne, j'ai médité sur la grande part que j'avais à vos douleurs!... il me semble, ô ma Mère, que je le comprends aujourd'hui; faites qu'il ne soit pas trop tard!... Et si Dieu est spécialement irrité contre moi, Vierge apparue à la Salette, daignez m'en avertir!... Si mes violations personnelles sont la cause des amertumes profondes dont je vous vois abreuvée, Vierge de la Salette, inspirez-moi le désir d'une conversion sincère!... Surtout, si j'étais du nombre des infortunés sur lesquels le bras de votre Fils menace de s'appesantir, Vierge de la Salette, soutenez-le encore, comme vous l'avez fait sur le plateau sanctifié de la montagne... et soyez toujours pour votre enfant, ô Marie, sur la terre et dans le ciel, Mère de grâce et de miséricorde. Ainsi soit-il.

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