Mois de Notre Dame de la Salette

 

Deuxième partie

Le Discours de la Sainte Vierge aux bergers

ou les enseignements de la Salette

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Vingtième jour

Discours de la Sainte Vierge aux bergers de la Salette

 

Nous touchons ici au cœur même du mystère de la Salette, c'est-à-dire, aux enseignements salutaires de cette grande apparition : ces enseignements sont contenus dans le discours de la Sainte Vierge aux bergers, et qu'il nous tant maintenant méditer et bien comprendre. Et d'abord, les enfants furent tout à coup comme enveloppés d'un manteau de lumière... Ce ne fut cependant que graduellement que la Sainte Vierge se découvrit à leurs yeux: ils virent les mains, puis la tête, puis distinctement toute la personne qui leur apparaissait. Le globe lumineux avait environ six à huit mètres de diamètre. La Sainte Vierge était environnée de-deux lumières différentes; une première, immédiatement autour de son corps glorieux, qui scintillait; une seconde lumière immobile; c'est dans celle-ci que se trouvaient les deux enfants, pendant le discours. « Nous étions, disent-ils, si près de la belle Dame, qu'une personne n'aurait pas pu passer entre Elle et nous!... » La Sainte Vierge était d'une belle et très-haute taille : sa voix ressemblait à une douce harmonie: ses paroles arrivaient à l'intelligence des enfants d'une manière en quelque sorte mystérieuse. Maximin a dit ce mot remarquable: « Pendant « que la belle Dame nous parlait, il semblait que nous mangions ses paroles... » Il était ébloui par l'éclat extraordinaire de ses traits célestes; il n'a pu apercevoir que le brillant diadème qu'elle portait, et la partie inférieure du visage: Mélanie, au contraire, regardait la Sainte Vierge en face. En général, Mélanie a été plus impressionnée: il semblerait même qu'elle ait été plus favorisée que le petit garçon, qui paraissait moins attentif; et cette différence ne doit pas étonner; Dieu et sa Mère ont toujours eu des faveurs, des révélations plus intimes pour la simplicité, la candeur, l'innocence des natures plus pures!... « Or, disent les bergers, la grande Dame s'est levée, a croisé ses bras, et nous a dit : Avancez, mes enfants, n'ayez pas peur; je suis ici pour vous conter une grande nouvelle!... Et nous n'avons plus eu peur... puis, nous nous sommes avancés, et nous avons passé le ruisseau; et la Dame s'est avancée vers nous autres, à quelques pas de la pierre sur laquelle Elle était assise, à l'endroit où nous étions endormis... Elle était entre nous deux, et nous a dit son discours, en pleurant tout le temps qu'Elle nous a parlé... »

 

Réflexions

 

Voici aujourd'hui, sous nos regards, un grand spectacle sur la montagne: c'est la Sainte Vierge, prononçant un discours! Méditons ce discours, tout contribue à le rendre remarquable: 1° La qualité de Celle qui parle: D'institution et dans l'histoire, les prophètes sont les organes des volontés divines: aujourd'hui, c'est la Mère de Dieu! Dieu, donnant la parole à sa Mère!... Dieu, se faisant de sa Mère un prophète des temps nouveaux; ce choix est étrange, et le signe de temps mauvais. 2° La rareté des discours de la Sainte Vierge: Les pieuses annales de l'Eglise parlent des apparitions particulières et publiques de Marie; l'éloge de ses vertus, de ses prérogatives a épuisé l'éloquence des Pères et des Docteurs... Nulle histoire, nul Docteur ne nous cite le plus petit fragment d'un de ses discours!... Ce n'est pourtant pas ignorance de l'art de la parole, à Celle qui a vécu trente ans à l'école de l'oracle divin, et s'était fait en son cœur un trésor de toutes ses paroles. Quelle gloire donc, quelle auréole d'exceptionnelle grandeur pour l'œuvre de la Salette de recevoir, d'entendre et de posséder le discours complet, unique, de la Mère de Dieu!... 3° Les circonstances qui accompagnent ce discours, les larmes: Le calme, la possession de soi-même, sont des conditions favorables à la parole: or, voici un orateur qui pleure avant, pendant et après son discours!... Ce discours doit être grave, solennel; et Celle qui le prononce, douloureusement pénétrée de son importance!... Ecoutons cette grande parole!... Et si être éloquent, c'est dire son âme, quelle éloquence touchante va nous venir de la Vierge qui vient nous dire, au milieu des larmes, son cœur de Mère de Dieu, et de Mère des hommes. 4° Le lieu où ce discours se prononcé: C'est une montagne... Il semble qu'à l'exemple de son Fils, Marie ait voulu, Elle aussi, avoir son discours sur la montagne... Discours d'autant plus admirable, qu'il arrive à la terre, tout préparé dans le ciel, en conseil de Jésus et de Marie!... C'est une montagne élevée: son message s'adressant à tous les hommes, la Sainte Vierge veut en quelque sorte être aperçue, être entendue du monde entier: Elle veut que, de ces deux bergers, ses apôtres à Elle, comme des apôtres de son Fils, l'on pût dire: « Toute terre a entendu leur voix ; et leurs paroles ont retenti, jusqu'aux extrémités de la terre... »

 

Pratique : Lire aujourd'hui, avec une attention d'estime et de respect, le discours de la Sainte Vierge... l'appliquer demain au détail de sa vie personnelle, dans une méditation pratique; et dans la mesure possible de son action, répandre et propager autour de soi les enseignements qu'il renferme...

 

Conversion de deux juifs, par la protection de Notre Dame de la Salette

(Première partie)

 

Nous allons mettre sous les yeux de nos lecteurs, le texte même de cette intéressante relation, avec toutes les circonstances remarquables de la conversion de ces deux jeunes israélites à la foi catholique, signée par les deux convertis, et écrite par l'un d'eux. « Mon très-Révérend Père, Puisqu'il est d'usage que ceux qui ont obtenu quelque grâce par l'intercession de Notre Dame de la Salette, déposent à ses pieds un gage de leur amour, nous ne croyons pas pouvoir témoigner d'une manière plus efficace notre reconnaissance à notre Mère, qu'en obéissant à votre saint désir. Je vous écris toutes les grâces que cette bonne Mère nous a obtenues, depuis que nous avons eu le bonheur de la connaître et de l'aimer. Je vous donne ces faibles détails de son amour immense pour la glorification de son saint nom et pour l'édification des âmes pieuses. Je les écris tout simplement et tels qu'ils nous sont arrivés: ils sont la copie fidèle des sentiments qui nous animent. Après que Dieu m'eut envoyé l'heureuse maladie qui nous dessilla les yeux, nous résolûmes, d'un commun accord, de suivre cette voie de la vérité que son amour nous traçait; et, dès lors, nous nous mîmes avec ardeur à étudier l'ancienne et la nouvelle loi. La lumière ne tarda pas à se lever devant nous vive et radieuse; et, alors, déposant tout sentiment d'amour-propre ou de crainte, nous jurâmes un éternel amour à Jésus et à Marie. Nous avions entendu parler du miracle de la Salette; et touchés, nous demandâmes à une personne de notre connaissance de nous prêter l'ouvrage qui nous donnerait des détails sur la miraculeuse apparition de la Sainte Vierge. Nous le lûmes, non-seulement avec intérêt, mais aussi avec foi et avec piété; et bientôt, obéissant à la voix de notre cœur, nous nous procurâmes un petit flacon d'eau de la Salette. Nous étions alors au lycée de Lyon, où nous terminions notre cours de philosophie; nous ne pouvions, sans être bientôt découverts, nous occuper de notre instruction religieuse; nous nous mimes alors sous la protection de Notre Dame de la Salette, et presque tous les jours, en entrant à l'étude, nous faisions le signe de la croix avec une goutte d'eau de la source miraculeuse. Nous ne fûmes pas trompés dans notre espérance: pendant un an, nous travaillâmes sur les Evangiles et sur la Bible, et, quoique exposés aux regards d'une trentaine de condisciples, jamais aucun ne nous surprit. Nous espérions recevoir le baptême pendant les vacances; mais notre famille nous envoya à Mulhouse, en Alsace, passer quelques jours chez notre grand père. Comme nous ne pouvions rester deux mois sans voir un prêtre, notre bon père spirituel nous donna une lettre pour le curé de Mulhouse. Mais la difficulté était de se rendre chez lui sans être aperçus par quelque juif. Il n'y a à Mulhouse, au sein d'une population de trente mille âmes, qu'une église catholique; et connus par les trois mille juifs qui l'entourent, nous courions grand risque d'être surpris. Mais notre petit flacon nous suivait toujours; nous invoquâmes Marie, et presque tous les jours, nous pûmes sans crainte d'être remarqués, nous rendre auprès du vénérable curé. Nous revînmes encore six mois au lycée, puis arriva le moment de nos examens du baccalauréat. Nous nous mimes encore sous la protection de Notre Dame de la Salette; nos succès dépassèrent nos espérances, nous fûmes reçus bacheliers. Libres de toute inquiétude, et assez instruits en matière de religion, nous nous disposâmes alors à recevoir le saint baptême, et ce fut avec un sentiment d'ineffable bonheur que nous sentîmes l'eau régénératrice couler sur nos fronts. Nous nous relevâmes enfants de l'Eglise; une seule pensée nous serrait le cœur: il fallait rentrer au milieu du peuple juif et cacher notre amour pour Jésus jusqu'à notre majorité. Nous nous recommandâmes de nouveau à Notre Dame de la Salette; tous les jours, nous allions à Fourvières ou à Saint Nizier; tous les jours, nous faisions nos prières dans notre chambre; nous faisions la sainte Communion tous les dimanches, et jamais on ne le remarqua. Six mois se passèrent ainsi; notre famille parut cependant s'inquiéter à cause du changement qui s'était opéré en nous. Nous n'allions plus au théâtre, ni dans les assemblées publiques; on s'en étonnait. Un jour, ayant surpris notre petit flacon, on nous demanda ce qu'il renfermait; nous répondîmes que c'était un collyre destiné à fortifier nos yeux; en effet, elle avait bien contribué à fortifier en nous les yeux de la foi. Au bout de six mois, il plut à Dieu de découvrir notre bonheur. Notre famille apprit un jour que nous étions chrétiens: les explications eurent lieu, et bientôt une scène violente s'éleva entre nos parents et nous. L'autorité vint nous arracher des mains furieuses qui menaçaient notre vie ; nous espérions être émancipés, mais la synagogue nous réclama à grands cris; tout le conseil de famille était contre nous, et nous dûmes rentrer au sein de notre famille, qu'animait une haine sourde et concentrée. Comme l'autorité veillait sur nous, et qu'on ne pouvait renouveler les scènes précédentes, on s'y prit d'une autre manière et on résolut de nous attaquer dans notre foi. (Journal de Muret.)

 

Prière

 

Heureuse montagne de la Salette, à vous je puis aujourd'hui appliquer les paroles du prophète, disant : Montagnes, collines d'Israël, vous avez, à la voix du Seigneur, bondi comme les brebis et les agneaux du désert! Oui! il me semble qu'au jour de l'apparition, au son de la voix de la Mère de Dieu, aux premières paroles de son discours, vous avez tressailli jusqu'en vos fondements, d'une allégresse ineffable!... Mont béni, collines privilégiées, prêtez-moi aujourd'hui tous les échos de vos profonds abîmes, et qu'ils aillent de montagne en montagne, comme autant d'apôtres, porter à tous les peuples le message de la Mère de Dieu, étendre jusqu'aux extrémités de la terre le royaume de Notre-Dame de la Salette; Marie a quelque droit de vous demander cet office de propagation, car, quand Dieu préparait vos abîmes, Elle était là, disposant avec Lui toutes choses. Et vous, ô ma Mère, du haut du ciel commandez aux anges qui faisaient cortège à votre apparition, de prendre sur leurs ailes votre divin message, de porter partout la grande nouvelle que vous venez nous conter; et fécondant d'une rosée céleste, dans tous les cœurs, la semence de votre discours, donnez pour nos âmes à chacune des paroles qui le composent, une vertu de bénédiction, de grâce, de miséricorde, de salut. Ainsi soit-il.

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