Mois de Notre Dame de la Salette

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Vingt-sixième jour

Le respect du lieu Saint

« Et puis, ils vont l'hiver à la messe, rien que pour rire et se moquer de la religion »

 

L'apparition de Notre-Dame de la Salette semble destinée à révéler une à une toutes les douleurs présentes de l'Eglise: Elle se plaint aujourd'hui de nos irrévérences dans le lieu saint, en un langage simple et abandonné, mais où respirent une grande tristesse et une amertume profonde: On travaille le Dimanche tout l'été; et puis on va, l'hiver, à la messe, mais rien que pour rire et se moquer de la religion! Le défaut de respect dans le lieu saint, l'irrévérence dans nos églises, sont particulièrement injurieux à Dieu; efforçons-nous de comprendre la malice spéciale de ce reproche de notre Mère sur la montagne. Dieu est immense; c'est-à-dire que, par sa nature, il est substantiellement présent en tous lieux; le ciel est le trône principal de sa gloire, l'œil de sa justice éclaire les enfers, sa puissance et sa majesté infinies remplissent les vastes espaces de la terre et des mers. L'univers entier est donc le temple de Dieu, étant, dit saint Cyprien, répandu tout entier dans tous les lieux: qui pourrait donc, s'écrie Salomon, se croire capable de bâtir à notre Dieu une maison digne de sa majesté?... Cependant, nous savons par l'enseignement de l'Eglise que Dieu habite d'une manière particulière les temples que nous lui avons consacrés: oui, depuis que le Verbe divin, l'adorable Jésus a daigné paraître sur la terre revêtu de notre nature, nous laisser dans l'auguste Eucharistie son corps et son sang, réellement contenus sous les espèces sacrées du sacrement, l'autel de nos églises n'a pas moins d'avantages que l'autel du ciel. La victime que nous immolons est l'Agneau de Dieu même: le pain reçu à la table sainte est la nourriture immortelle des anges et des bienheureux: le vin que nous y buvons est ce breuvage nouveau dont on s'enivre dans le royaume du Père céleste: le cantique sacré que nous chantons dans nos temples est celui que l'harmonie céleste fait sans cesse retentir autour du trône de l'Agneau: nos églises enfin sont ces nouveaux cieux que le Prophète promettait aux hommes: Jésus-Christ les habite corporellement, voilé sous les espèces sacrées de la divine Eucharistie: et saint Jean Chrysostome n'hésiste pas à les appeler un ciel en raccourci, un vrai paradis... Il nous faudrait donc répéter dans nos églises, les paroles que prononça le patriarche Jacob. Au sortir du sommeil mystérieux du désert, durant lequel le Seigneur se manifesta clairement à lui, il s'écria, dans un moment d'admiration et de frayeur: « Le Seigneur est vraiment ici, et je ne le savais pas ». Le Seigneur est vraiment dans nos temples; c'est un dogme que sa divine parole et ses prodiges ineffables attestent également! Mais que de chrétiens l'ignorent ou semblent ne le pas croire! Les irrévérences que l'on y voit commettre, les dissipations et quelquefois les scandales dont on y est le témoin affligé ne semblent-ils pas le démontrer? Vit-on jamais les chrétiens se comporter avec moins de respect dans le temple du Seigneur, que dans ces temps irréligieux auxquels nous sommes réservés? On n'ose rappeler ici les malheureux infidèles des déserts, honteusement courbés dans leurs temples devant des idoles de bois ou de pierre, pour des hommages qui n'appartiennent qu'au vrai Dieu! Cependant, au récit des voyageurs et de nos missionnaires, leurs adorations superstitieuses, leur maintien respectueux durant des sacrifices coupables, pourraient faire honte et servir de leçon à bon nombre de catholiques, dans nos églises et nos cérémonies religieuses?... C'est ce désordre scandaleux que veut réprimer Notre Dame de la Salette, par ces paroles: On vient à l'église pour rire et se moquer! Qui ne voudra reconnaître aujourd'hui la justice de ce reproche, et réparer les humiliations, soulager la douleur qu'il cause au cœur de Dieu?...

 

Réflexions

 

Les dispositions nécessaires pour plaire à Dieu dans son temple, sont: 1° Un saint respect, une attention soutenue par l'idée de sa divine présence. Le roi Salomon nous déclare de la part de Dieu, qu'en entrant dans le temple du Seigneur, nous devons considérer la sainteté du lieu où nous posons le pied. Et Dieu lui-même ordonne de ne paraître dans son temple qu'avec une religieuse terreur; et tout cela, dit-il, parce que je suis le Seigneur. Le saint roi nous affirme en outre qu'après la consécration du temple, le Seigneur en prit aussitôt possession, et que sa majesté le remplit à un tel degré, que les prêtres eux-mêmes n'y pouvaient plus entrer. Noble et fidèle image de nos églises: les ombres et les figures ont passé, pour faire place à la vérité; le Seigneur est vraiment ici; il remplit ce lieu de l'éclat de sa majesté; les Puissances célestes environnent l'autel qui lui sert de trône, et le tabernacle qui est son sanctuaire; et confondues toutes dans un saint respect, Elles l'adorent en tremblant: écrions-nous donc, avec le Prophète, en entrant dans nos temples: « Que ce lieu est terrible et vénérable! c'est bien vraiment ici la maison de Dieu et la porte du ciel »... 2° La seconde disposition à apporter dans nos temples, est une disposition de prière et d'adoration. Le Fils de Dieu a pris soin de nous l'apprendre lui-même; Ma maison, dit-il, est une maison de prière. Du fond de cette retraite sainte, que son amour pour nous lui a fait choisir, Jésus consulte nos besoins, écoute nos prières, et porte nos vœux au pied du trône de son Père: là! il faut parler incessamment ses plaies sacrées, ce sang répandu pour nos péchés, cet état d'abaissement où sa tendresse pour des ingrats a réduit sa majesté... Mais nous, apportons-nous avec confiance nos vœux au pied de l'autel? venons-nous à l'église y confesser humblement nos misères, et y exposer nos besoins? Ah! nous craignons trop d'être rebutés, et nous avons oublié ces pensées consolantes du Prophète: « Que les yeux du Seigneur sont toujours ouverts, et ses oreilles toujours attentives dans son temple ». Mais, ces adorateurs sincères de la majesté de Dieu, qui nous donnera de les distinguer dans cette foule qui remplit nos églises? Sont-ce ces hommes que nous voyons à peine fléchir un genou au moment où Dieu descend sur l'autel; ces hommes couverts de péchés, et qui semblent vouloir refuser à Dieu le moindre des hommages, tandis que les esprits célestes descendent et lui font cortège?... Et ces autres chrétiens que la coutume, le respect humain, ou le désœuvrement seul rassemblent à l'église, ou n'y paraissent que pour y étaler le faste et les vanités du siècle? Comme si le Dieu qui réside ici n'était pas un Dieu dépouillé, couronné d'épines et crucifié pour nos péchés!... Et enfin, ils n'adorent pas mieux le Seigneur, ceux qui ne cherchent dans l'église que des sujets de distraction; ceux dont les conversations et les rires troublent la célébration des saints mystères et la prédication de la parole divine! La place de ces pécheurs n'est point à l'église, dit l'apôtre saint Jean. Loin, loin de ces murs sacrés ces sectateurs des démons, ces adorateurs des idoles, ces fils du mensonge et de la vanité (Apocalypse 22 : 15).

 

Pratique: Examiner aujourd'hui, sans illusions, quelles dispositions habituelles nous accompagnent à l'Eglise; y venir et nous y comporter désormais en tous sentiments de respect, de prière, de maintien religieux, qui pourront servir à notre bien et à l'édification du prochain.

 

Relation d'une guérison adressée à Mgr le cardinal Gousset, à sa demande, le 29 mai 1854

 

Monseigneur, Nous nous trouvons singulièrement honorées de la demande que vous voulez bien nous adresser. Votre Emiuence désire que nous lui donnions des détails circonstanciés sur la guérison instantanée de notre sœur Alix. Il est d'autant plus juste de satisfaire Votre Eminence que, plus que personne, elle a contribué à cette guérison. C'est vous, Monseigneur, qui avez inspiré à notre sœur malade de faire une neuvaine à Notre Dame de la Salette, et votre bienveillante parole a été regardée comme une expression de la volonté de Dieu, en même temps que l'accent paternel de votre voix a mis dans son âme une confiance telle, qu'à dater de ce moment, elle a cru fermement à une prochaine guérison. La neuvaine fut donc commencée le samedi 6 mai, deux jours, Monseigneur, après votre bienfaisante visite. Cependant le mal ne paraissait rien perdre de son intensité, la fièvre était aussi forte que précédemment; les sueurs abondantes qui, depuis vingt-et-un mois épuisaient ses forces, étaient toujours les mêmes; les douleurs qu'elle éprouvait au côté, à la poitrine, n'avaient rien perdu de leur force. Malgré la violence du mal, notre malade ne perdait rien de sa confiance. Souvent elle disait: « C'est Monseigneur qui m'a dit de prier et d'espérer; c'est Dieu qui a inspiré Son Eminence: oui, je serai guérie ». Une circonstance qu'il nous est permis de regarder comme providentielle vint encore fortifier ce sentiment de foi et d'espérance. Une de nos sœurs, que nous envoyions à Versailles, pour aider à nos mères du Grand-Champ, fut assez heureuse pour voyager depuis Epernay jusqu'à Paris, en la compagnie du Révérend Père Sibillat, missionnaire de Notre-Dame de la Salette. Chemin faisant, il lui rapporta la relation d'une guérison qui venait d'être opérée par la confiance en Marie. A son retour, la sœur s'empressa de nous la communiquer ainsi qu'à la malade, ce qui lui inspira un nouveau degré de confiance. La nuit du samedi au dimanche fut semblable à toutes celles qui l'avaient précédée depuis six ans, c'est-à-dire depuis qu'elle ne quittait plus son lit; mêmes douleurs, même insomnie, fièvre aussi forte; mais la neuvaine n'était pas finie, elle ne devait se terminer que le lendemain. Le dimanche de grand matin, M. l'aumônier lui porta la sainte communion; elle ressentait encore une douleur au côté gauche. Cela néanmoins ne l'empêcha pas de se dire intérieurement qu'elle était guérie. Elle récita le Memorare, suivi d'une invocation; ensuite elle prit une cuillerée de l'eau miraculeuse, après quoi elle éprouva un frémissement intérieur dont elle ne sut pas se rendre compte. A l'instant même toute douleur disparut. Elle se leva, s'habilla, prit un potage et sortit de sa chambre pour venir nous dire elle-même qu'elle était guérie. Ne nous trouvant pas, elle nous attendit une demi-heure dans le jardin, accompagnée de plusieurs de nos sœurs, à qui déjà elle avait fait part de sa joie... A peine pouvions-nous croire à ce que nous voyions, le fait était cependant sous nos yeux, nous dûmes le croire. Huit jours après, elle partait pour la campagne; c'est de là qu'elle nous écrit qu'elle va parfaitement bien. Si vous le permettez, Monseigneur, notre sœur à son retour, aura l'honneur d'aller réclamer de Votre Eminence une nouvelle bénédiction. Cette bénédiction, Monseigneur, je la demande moi-même pour notre petite communauté, et en particulier pour celle qui a l'honneur d'être... (Journal de Muret).

 

 

Prière

 

O divine Marie, si bien identifiée autrefois au Calvaire avec l'adorable Victime de la Croix! Vous, qui êtes demeurée en sa présence, immobile de foi, de compassion et d'amour! faites que, pendant les saints mystères, nous soyons pénétrés à l'église, de la foi la plus vive, et de la piété la plus tendre! Ah! s'il nous était donné de voir et de sentir la présence de notre Jésus sous les adorables espèces, comme vous avez senti vous-même la présence divine sous le poids de ses ignominies et de ses douleurs! Oh! qu'une messe, une seule messe, nous serait bien et bonheur à notre cœur, et qu'amère serait à notre âme la pensée des irrévérences commises dans le saint lieu! Daignez, ô Mère de Jésus, et notre Mère aussi, daignez nous obtenir cette grâce! donnez à nos yeux, selon l'expression du Prophète, une fontaine de larmes, pour faire amende honorable à Jésus hostie, et assister désormais au sacrifice des autels, pleins de respectueuse tendresse, et comme tout imprégnés du souvenir du Calvaire et du ciel. Ainsi soit-il.

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