26 mai 2011

Mois de Notre Dame de la Salette

Mois de Notre Dame de la Salette

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Vingt-septième jour

Le blasphème du Saint Nom de Dieu

« Ceux qui mènent les chars ne savent plus jurer, sans mettre le Nom de mon Fils!... »

 

Un autre reproche que la Très Sainte Vierge nous a adressé dans son discours à la Salette, est relatif au blasphème du saint Nom de Dieu. Prenant un langage simple, pour être mieux comprise par les deux petits bergers, elle leur dit: « Ceux qui mènent les charrettes ne savent plus jurer sans mettre le Nom de mon Fils au milieu, ce sont là les deux choses [le blasphème et la profanation du Dimanche), qui appesantissent tant le bras de mon Fils!.. » 1° Quelles sont donc, et la nature du Nom de Dieu, et la malice du blasphème? Le Nom de Dieu est un nom grand, un nom saint, un nom redoutable: au ciel, le Nom de Dieu est l'objet incessant des cantiques des anges et des séraphins: dans l'enfer, il est le désespoir des réprouvés: sur la terre, il fait la consolation et l'espérance des justes; il est aussi l'épouvante et la terreur du pécheur: enfin, pour rendre à ce Nom adorable un culte perpétuel, l'Eglise le place incessamment sur les lèvres de ses enfants et de ses ministres, par ces paroles du saint roi David, devenues pour nous une formule de prières: « Que le saint Nom du Seigneur soit béni, maintenant, et dans tous les siècles des siècles ». Ajoutons avec Origène que le Nom de Dieu n'est pas moins cher à Dieu que son être propre; d'où il suit qu'autant il a d'intérêt à défendre sa gloire, autant doit-il en avoir pour faire respecter son saint Nom. Et si nous en cherchons la raison, Tertullien nous la donne en ces termes: « C'est que, dit-il, le Nom de Dieu comprend tout son être, toute sa nature, toutes ses perfections: dans le Nom de Dieu sont renfermées, la Justice par essence, la Sagesse incréée, la toute-puissance, la toute-science, la vérité, la miséricorde, la bonté!.. » blasphémer donc ce Nom ineffable, c'est attaquer Dieu à la fois dans toutes ses perfections, dans tout son être ; c'est enfin, suivant la parole de nos saints livres, lever une main sacrilège contre son Seigneur et son Maître, déclarer la guerre au Tout-Puissant, et l'anéantir, autant qu'il est en nous de le faire. (Enseignements de la Reine du ciel.) 2° Le saint Nom de Dieu est blasphémé par la généralité des hommes. Remarquons bien que le blasphème ne consiste pas seulement dans ces imprécations auxquelles on mêle le Nom de Dieu: à cette prévarication appartiennent encore les attaques contre les mystères de la religion, les sarcasmes, les plaisanteries graves, les facéties sacrilèges dirigées contre lès sacrements, les cérémonies, les ministres de l'Eglise; en un mot, blasphémer, c'est parler d'une manière injurieuse, non-seulement de Dieu, mais encore des choses qui lui sont dévouées: or, cette iniquité est devenue de nos jours presque générale; la voix des blasphémateurs couvre celle des adorateurs; et il ne monte presque plus de la terre que des clameurs impies: ouvrons la plupart des livres qui se publient, lisez les journaux les plus répandus; vous n'entendez que négation des dogmes chrétiens, que mépris de nos croyances, qu'attaques contre la divinité de Jésus-Christ, l'Eglise ou ses ministres. La société moderne se trouve donc, il faut bien le reconnaître avec douleur, comme inondée de blasphèmes contre Dieu: on dirait que le démon met tout en œuvre pour entraîner le peuple chrétien à répéter le cri sacrilège des juifs, au moment où Pilate leur montra le Christ: « Tolle, tolle; qu'il disparaisse, qu'il meure, ce Dieu qui nous importune, nous, nos intérêts, nos opinions et nos plaisirs: nous ne voulons plus qu'il règne sur nous!.. » Notre Dame de la Salette avait donc grandement raison de se plaindre sur la montagne des blasphèmes si multiplié; dans le monde, et qui, comme une lèpre honteuse, défigurent tout le corps social; voilà bien ce qui rend le bras de Dieu si pesant, que la Vierge, toute puissante par ses prières, ne peut plus le retenir. Pleurons, gémissons avec Elle sur un désordre devenu si général, conjurons-la d'écarter par son intercession les malheurs et les fléaux dont nous menace un Dieu justement irrité de tant de crimes; ou si sa justice frappe le blasphémateur impénitent, ne nous étonnons pas de ses rigueurs, car Dieu ne peut avoir, après tout, une majesté vaine, méprisée et impuissante.

 

Réflexions

 

1° Ingratitude du blasphémateur. Nous lisons au chapitre 10 de l'Evangile selon saint Jean, qu'un jour des Juifs méchants et endurcis prirent des pierres pour lapider Notre Seigneur. Ce divin Maître leur dit: « Je vous ai instruits de la doctrine du salut, j'ai guéri vos malades, j'ai délivré vos possédés, j'ai multiplié les miracles au milieu de vous: pour laquelle de ces bonnes œuvres voulez-vous me lapider?.. » Empruntant ce langage de Jésus Christ, n'aurions-nous pas le droit de dire aux malheureux blasphémateurs: « Enfants ingrats et dénaturés, pourquoi maudissez-vous le Nom de votre Dieu? est-ce parce qu'il vous a créés? est-ce parce qu'il vous a élevés au-dessus de tous les êtres de la création, et qu'il vous a placés ici comme le roi de l'univers? maudissez-vous son Nom, parce qu'il vous donne la pluie, la chaleur, la rosée qui font germer, croître et mûrir la moisson? maudissez-vous son Nom, parce qu'il vous a rachetés sur la croix, et établis les héritiers de sa gloire? est-ce parce que dans la sainte communion, il vous a nourris de sa chair et de son sang adorables? est-ce parce que dans le ciel, il vous a préparé une couronne éclatante, un trône glorieux, un bonheur immense et éternel? Répondez, malheureux blasphémateurs, répondez à cette voix de votre Dieu! pour lequel est-ce de tous ces bienfaits innombrables que vous maudissez son saint Nom? » « O insensés, s'écrie saint Jean Chrysostome, votre bouche ingrate blasphème celui qui veille sur vous? devez-vous donc être le seul, ô notre Dieu, vous, notre premier et meilleur ami, pour qui l'amour et les bienfaits multipliés ne recueilleront de notre part qu'indifférence, mépris, insultes et malédictions!.. » 2° Zèle des enfants de Notre Dame de la Salette à réparer le blasphème et à louer le saint Nom de Dieu: Les blasphémateurs sont les échos volontaires de l'enfer, et ils ont perdu la foi, les enfants ingrats qui traitent de la sorte leur divin Père; et ce qui ajoute à la tristesse des âmes chrétiennes, c'est qu'après les reproches amers de la Sainte Vierge sur la montagne, il reste encore dans notre malheureuse patrie tant de blasphémateurs! Pour nous, enfants privilégiés de la Salette, devenons aujourd'hui ses apôtres: montrons par notre zèle contre le blasphème, par notre respect profond de ce Nom sacré, qu'à nos yeux, ce Nom rappelle tout ce qui peut exciter l'amour le plus tendre; montrons un cœur ému, devant des blasphèmes proférés en notre présence; demandons pardon pour nos frères coupables, et écrions-nous aussitôt en réparation: « Mon Dieu, mon Dieu... »

 

Pratique : Mettons tout en œuvre autour de nous, conseils, bonté, prières, pour prévenir où diminuer le blasphème auprès de nos parents, amis ou serviteurs. Ne mêlons jamais nous-mêmes ce nom trois fois saint à nos discours, inutilement et sans piété...

 

Guérison obtenue par l'intercession de Notre Dame de la Salette, en faveur d'un brigadier eu garnison à Metz

 

Jean Lacoume, brigadier et cantinier en garnison à Metz, était malade depuis dix mois, d'une fièvre qui lui arrivait régulièrement tous les trois jours, et qu'aucun des remèdes usités en pareil cas n'avaient jamais réussi ni à diminuer, ni à couper; au contraire, sous leur action, le mal augmentait, et le pauvre militaire languissait, miné par la maladie; tout le côté gauche du corps était horriblement douloureux au moindre mouvement; de ce même côté, une grosseur et une plaie étaient apparues sur la poitrine. Dernièrement, se trouvant chez un honorable commerçant de la ville, celui-ci fut touché de sa triste situation, et lui dit: « Mon ami, croyez-vous en Dieu? et savez-vous que la Sainte Vierge est toute-puissante auprès de son divin Fils! » « J'ai la foi, affirme le brave brigadier ». « Eh bien alors, faites un pèlerinage au sanctuaire du hameau de Villers-l'Orme; depuis déjà deux ans, les pieux malades y vont en foule implorer Notre-Dame de la Salette... allez-y aussi, vous guérirez ». Le bon militaire accepte avec joie ce conseil, il fait vœu de se traîner pendant neuf jours à cette chapelle; et vendredi, 8 juin 1860, il se met en route: sa faiblesse est effrayante, un camarade le soutient; sa poitrine est haletante. Arrivé à Saint Julien, ses douleurs sont si vives qu'il croit y succomber; mais sa confiance en Marie le ranime, et à force de luttes, de temps et de courage, le pèlerin arrive aux pieds de la statue bénie de Notre Dame de la Salette. Il y prie avec ferveur, implore sa guérison, et revient à Metz avec les mêmes souffrances; le lendemain, il recommence; c'était le jour où devait se faire sentir cette fièvre si rebelle depuis dix mois et quelques jours; mais, ô bonheur! malgré les nouvelles fatigues et les nouvelles tortures éprouvées pendant le second et pénible voyage, l'accès ne se produit pas, et depuis ce jour mémorable la fièvre disparut sans retour. Il lui est resté pendant les neufs jours de ses pèlerinages, faits par la pluie et la tempête, toutes ses souffrances du côté malade, ses insomnies, ses maux extérieurs de la poitrine; mais à la neuvième station, il en était parfaitement guéri et n'avait plus aucune trace de mal ni de faiblesse. Il faisait deux lieues pour se rendre au sanctuaire en une heure moins dix minutes, et en revenait avec la même promptitude. Le dimanche 17 juin, voulant rendre un hommage public à la Sainte Vierge, il est allé de nouveau au sanctuaire, et y a suspendu, en présence des habitants émus et joyeux, un bel ex voto signé de sa main. Puissent tous les infirmes de corps et d'âme avoir Une pareille confiance en la Vierge de la Salette, l'auguste Reine des cieux, et connaître le chemin de son sanctuaire qu'elle bénit chaque jour par de nombreux bienfaits. (Journal de Muret).

 

Prière

 

O bonne Vierge de la Salette, que votre apparition miraculeuse deviendrait pour nous une grâce précieuse, si elle nous laissait profondément gravés dans le cœur, un respect profond et un amour ardent pour le Nom de Dieu, et le Nom de votre divin Fils! que nous serions heureux, si l'horreur du blasphème nous inspirait pour Jésus, cette dévotion vive et tendre qui s'attache à son doux souvenir, comme à la beauté parfaite, au bien suprême! Et pourquoi n'en serait-il pas ainsi, ô Mère si affectueuse et si bonne, quand vos enfants vous le demandent de tout cœur, par votre protection maternelle, et par les entrailles de la charité de Jésus-Christ? Ah! laissez-nous donc emporter d'ici la douce confiance que vous exaucerez ce pieux désir, pour la plus grande gloire de notre Dieu, et celle de notre céleste Mère. Ainsi soit-il.

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