28 mai 2011

Mois de Notre Dame de la Salette

 

Mois de Notre Dame de la Salette

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Vingt-neuvième jour

Le devoir de la prière

« Faites-vous bien votre prière, mes enfants? » « Ah! pas guère, Madame! »

 

La Sainte Vierge semble vouloir couronner ses reproches et ses avertissements à la Salette, par la recommandation de prier, et de bien prier... Ecoutons tout d'abord cette douce voix, ces accents maternels, au milieu de ces âpres montagnes: « Faites-vous bien votre prière, mes enfants ? » « Oh! non, madame, pas guère! » « Ah ! mes enfants, il faut bien la faire, soir et matin; quand vous n'aurez pas le temps, dites seulement un Pater et un Ave, Maria... et quand vous aurez le temps,vous en direz davantage !... » La piété ne sait ici qu'admirer davantage, ou de la demande de la Mère de Dieu, qui parle avec une condescendance si maternelle à de pauvres petits bergers, ou de la réponse de deux enfants ignorants et grossiers, et où respirent une naïveté et une simplicité si touchantes: « Notre prière, ah ! nous ne la faisons pas guère, madame ». Humbles pâtres des Alpes, c'est sans doute la première fois que votre bouche s'ouvre à la langue de la France; et vos premières paroles ne sont pas éloquentes... Mais, rassurez-vous; si votre langue a été barbare, votre cœur innocent a exprimé des sentiments qui remplissent nos âmes d'émotions et de piété!... Nous venons aujourd'hui, pieux fidèles, vous tenir le langage de Notre-Dame de la Salette. touchant la prière: ou plutôt, ce n'est pas nous, c'est la Mère de Dieu qui vous le dit, parce qu'Elle sait combien est funeste la négligence de ce devoir: Oui, il faut prier : Notre-Seigneur dans l'Evangile, et les apôtres dans leurs Épîtres répètent sans cesse: « Veillez et priez... » « priez en tout temps... » « il faut toujours prier, et ne jamais cesser... » « soyez assidus à la prière, et le jour et la nuit ». Voici, en outre, les similitudes et les comparaisons touchantes dont se servait saint Jean Chrysostome, pour expliquer cette vérité au peuple d'Antioche: « Vous n'ignorez pas, disait-il, l'usage des nerfs de notre corps; ils servent à unir les différentes parties, à les lier ensemble, à donner au corps le mouvement et la force pour agir; que l'on coupe ces nerfs, cette a belle harmonie est rompue, et le corps s'affaisse sur lui-même! Voilà les effets de la a prière à l'égard de l'âme; elle la soutient, lui conserve la vie et la fait marcher dans les vertus; mais, cessez-la, et l'âme perd ses forces, sa vigueur et sa vie!... Voyez encore un arbre, dit-il, qui vient à manquer d'eau; ses racines ne peuvent plus tirer de la terre le suc nécessaire; il languit, ses fruits tombent, ses feuilles se dessèchent, il meurt!... Ainsi en est-il de l'âme qui abandonne la prière; elle devient cet arbre stérile que Jésus-Christ a maudit, et a qui doit être arraché et jeté au feu! » Il faut remarquer que Notre Dame de la Salette demande particulièrement la prière du matin et du soir: nous comprenons cette recommandation spéciale. Il y a dans chacune de nos journées un instant du jour où nous renaissons à la vie: c'est celui du réveil; à ce moment, Dieu nous rend à nous-mêmes, à nos devoirs, à nos pensées; eh bien! là se représente dans toute sa vérité, dans toute sa force, le devoir de chercher le Seigneur, de lui rendre le culte qui lui est dû à tant de titres: d'autant mieux que le cœur élevé à Dieu par la prière, à ce premier instant du jour, est comme une horloge bien réglée; c'est une impulsion donnée, un mouvement qui continue de soi-même, c'est une route ouverte, à suivre fidèlement; mais si, le matin, l'aiguille ne marque pas l'heure de Dieu, que seront et que peuvent être les autres heures du jour, dans les tristesses de la vie, et les luttes de la vertu?... Et le soir, quand le combat est passé, et que les ennemis sont en fuite, ne faut-il pas remercier Dieu, qui donne la victoire? chaque jour n'est-il pas un don du ciel? il faut rendre grâces pour les bienfaits reçus, et en demander d'autres. Le repos de la nuit nous est nécessaire, car le lendemain le combat recommence: demandons à Dieu ce repos; et puisque notre ennemi ne dort pas, prions le ciel de veiller sur nous.

 

Réflexions

 

1° En nous recommandant le pieux devoir de la prière quotidienne, en signalant à notre attention le prix d'un Pater et d'un Ave, Notre Dame de la Salette a voulu nous pénétrer vivement d'un sentiment profond de respect et de confiance pour la prière, cette grande ressource du chrétien: cependant, on se fait dans le monde des illusions étranges: chacun croit avoir des raisons suffisantes de manquer à ses prières: l'un allègue une excuse, et l'autre, de vains prétextes: mais si nous cherchons un peu au fond de toutes ces excuses, savez-vous ce qu'on y trouve? la paresse spirituelle , l'indifférence pour Dieu, une négligence complète de son salut... Du temps, on en a pour toutes créatures, et pour toutes choses humaines, mais on ne trouve pas quelques minutes à donner à Dieu, notre Père et notre Sauveur!... que d'ingratitude! que d'humiliations, que de mépris nous imposons au cœur de Dieu!... Sommes-nous de ces chrétiens ingrats, lâches et aveugles? 2° La prière doit suivre immédiatement noire lever, avant même de quitter nos appartements: une prière remise à plus tard est souvent une prière manquée. Il importe grandement de la faire avec convenance et piété, c'est-à-dire, à genoux, devant une image ou un crucifix, et non en allant et venant d'un lieu à un autre lieu et à une autre affaire: la posture doit être toujours respectueuse; la prière étant une conversation de l'âme avec Dieu, ce n'est point le moment de chercher ses aises et commodités. Efforçons-nous surtout de comprendre, dans nos prières, les paroles que nous prononçons: Oh! que de chrétiens méritent ici le reproche que Notre-Seigneur adressait aux juifs: « Ce peuple m'honore du bout des lèvres, mais son cœur est loin de moi!... » Enfin ce n'est pas assez de s'acquitter soi-même de la prière du matin et du soir; il faut encore veiller à ce que les personnes qui dépendent de nous remplissent ce devoir: c'est là une obligation grave pour les pères et les mères, et les maîtres: être négligent à cet égard, c'est abdiquer son titre de mère chrétienne, et assumer une grande responsabilité devant Dieu. 3° A un époque où la foi était plus vive, dans le bon vieux temps de nos pères, existait un usage bien touchant, bien religieux, semence féconde de bénédictions: les familles se réunissaient pour faire en commun la prière du soir: pourquoi ne pas revenir à cette ancienne et pieuse coutume? on transforme aisément la plus modeste chambre en une sorte d'oratoire, en y plaçant quelques objets bénits, une statue de la Sainte Vierge,l'image de la première communion d'un enfant, la croix embrassée par un père vénéré, à son heure dernière: devant ces précieux symboles, l'enfant, le serviteur regardent Dieu lui-même dans la personne de leurs parents et de leurs maîtres; on se sent plus respectueux et plus soumis ; le souvenir de nos chers défunts revient chaque jour à la prière; et en les préservant du triste oubli, la prière perpétue tout à la fois dans la famille leur mémoire et leurs exemples. Tous donc, vivants et morts, ont leur part, dans la pieuse coutume de la prière en commun; puisse une heureuse expérience l'apprendre à un grand nombre de familles chrétiennes; aussi bien Notre-Seigneur semble avoir voulu encourager cette sainte pratique, en nous disant: « Lorsque deux ou trois personnes se réuniront en mon nom pour prier, je me trouverai au milieu d'elles ».

 

Guérison miraculeuse de H. Evelin

 

La relation suivante renferme, non-seulement un fait miraculeux, une grâce des plus touchantes, mais elle confirme, de la manière la plus explicite, les preuves de l'apparition elle-même. On remarquera, en effet, dans quels termes et pour quel objet fut sollicité le prodige à la suite duquel s'est opérée la guérison inespérée de M. Evelin. Tombé malade le 18 octobre 1857, au séminaire de Paris, M. l'abbé Evelin revint à Nantes le 30 du même mois au sein de sa famille pour y être soigné. Une bronchite jointe à un mal d'estomac, parut d'abord être la cause de son mal; mais bientôt apparurent les symptômes d'une fièvre dangereuse qui au bout de quelques jours le conduisit aux portes du tombeau. Tous les secours humains furent successivement employés mais sans aucun résultat. La situation du malade paraissant s'aggraver de jour en jour, on le prépara à recevoir les derniers sacrements qu'il reçut avec tous les sentiments de la foi la plus vive, de la piété la plus tendre et la plus affectueuse. Peu après la cérémonie, le délire un instant suspendu recommença et devint permanent, il paraissait assiégé des plus désespérantes imaginations, que la vue de son père et de sa mère ne pouvait désormais calmer. La pensée de la mort lui causait de plus en plus de nouvelles terreurs; chaque fois que la religieuse assise à son chevet lui présentait le crucifix ou la vraie croix, la connaissance revenait aussitôt, et le malade faisait à Dieu le sacrifice entier de sa vie avec la plus parfaite soumission. Puis, dès qu'on cessait de l'occuper par de pieuses pensées, le délire revenait avec de cruelles angoisses qui épouvantaient le mourant. Dans un de ces moments lucides qui accompagnaient toujours ses pieuses méditations, la vie du malade se porta avec inquiétude sur sa tendre mère assise à son chevet. « Maman, lui dit-il, nous allons nous séparer; hélas! ma pauvre mère, en éprouveras-tu trop de peine? » « Oh! mon enfant, lui répondit cette mère courageuse; tu sais que nous sommes tous de bons chrétiens; eh bien! nous ne voulons tous que la volonté de Dieu ». « O mon Dieu! que je suis soulagé! murmura le jeune homme; c'était celle pensée qui me préoccupait; maintenant je suis tranquille ». Le lendemain matin, une crise affreuse annonçait sa fin prochaine. Sur le soir, le bruit des cloches se fit entendre; elles annonçaient le retour de Monseigneur l'évêque qui arrivait de Rennes. La pensée de la pauvre mère se tourna aussitôt vers le prélat, et par un mouvement précipité, elle se lève pour aller prier Sa Grandeur devenir prier auprès de ce cher fils et le bénir. « Oh! vous voilà, Monseigneur, s'écria-t-il, que je suis content ». Le prélat lui parle avec la plus touchante affection; le jeune homme reconnaît les ecclésiastiques qui l'accompagnent; il reçoit avec la plus vive reconnaissance, les bénédictions du premier pasteur, puis le délire revint plus terrible encore. « Monseigneur, mon fils vivra-t-il, demande à Sa Grandeur la pauvre mère! » « Madame, votre enfant est bien mal, je crois que Dieu veut vous en demander le sacrifice ». Elle ne put qu'incliner la tête; pour cette digne mère, tout était dit. Voyant cet état désespéré, un ecclésiastique de la famille demanda au père du malade, s'il ne pensait pas faire un vœu à Notre Dame de la Salette et à promettre un voyage sur la sainte Montagne. Celui-ci accueillit cette pensée comme venant du ciel. Il fit part aussitôt de ce pieux des sein à sa femme en présence du confesseur de son fils. « Tout secours humain étant impuissant, je demande à la Sainte Vierge la guérison de mon enfant, et si Dieu écoute ma prière, nous irons tous les trois la remercier sur la sainte Montagne, et je ferai une offrande à ce sanctuaire ». On rentra dans la chambre du malade où le vœu fut prononcé à genoux, au pied du lit. Vers le soir, veille de la fête de la Présentation, on s'aperçut avec effroi que le malade entrait en agonie. Le médecin et le confesseur furent appelés. Interrogé par la famille, le docteur répondit que tout espoir était désormais inutile; il avait constaté un épanchement au cerveau; le mourant était livré aux angoisses d'une cruelle agonie. Le pauvre père accablé de douleur, ne pouvait se résigner à abandonner tout espoir, il voulut renouveler, de concert avec son épouse, le vœu prononcé déjà la veille, et demanda la guérison de son fils en témoignage du fait de l'apparition de la Sainte Vierge sur la montagne de la Salette. Effectivement, reprit le confesseur du malade qui ne le quittait pas, vous demandez un miracle en ce moment, et vous le demandez avec soumission à la volonté de Dieu, pour sa gloire et comme attestation du fait miraculeux de la Salette. Le vœu fut renouvelé à ces conditions avec beaucoup de foi et de confiance. Quelques instants après, on l'entendit s'écrier: « Ah, le ciel! qu'il est beau! j'y serai donc bientôt! quel bonheur d'aller au ciel! » Puis il renouvelait le sacrifice de tout ce qu'il avait de plus cher; « c'est bien peu, disait-il, pourquoi ne puis-je pas donner davantage ». Dans cette matinée, il n'eut point de délire, et la vie le soutint jusqu'à une heure et demie. Ce moment était attendu avec une grande anxiété; c'était l'heure du redoublement de la fièvre. Effectivement il baissa d'une manière sensible; ses yeux perdirent la vie, ses traits fortement tirés et contractés annonçaient l'agonie, et le râle recommençait; son pouls et sa respiration s'arrêtaient par moments. On se mit à genoux pour réciter les prières; arrivé à l'oraison: « Partez, âme chrétienne », on s'arrêta un moment; le pouls ne se faisait plus sentir, il ne donnait plus signe de vie. On commença dès lors les litanies de la Sainte Vierge. Peu après, comme sortant d'un profond sommeil, le malade ouvrit les yeux et regarda autour de lui les personnes qui l'environnaient; le délire avait cessé; la vie semblait ranimer ce corps épuisé; on avait du reste espoir que le lendemain, jour de la fête de la Présentation, il serait sauvé. Le sommeil vint enfin au malade. Son père n'eut plus de doute sur sa guérison; la protection de Marie apparaissait d'une manière trop visible. En s'éveillant, il dit à son père en lui tendant les bras: « O mon bon père! comme je suis content de vous voir! Oh! comme je sens que de grandes choses se sont passées en moi! Je ne sais d'où je viens! que d'actions de grâces à rendre! Je suis guéri ». L'émotion du malade était extrême et ses larmes coulaient en abondance. Ce jour-là, les messes furent dites en actions de grâces dans les séminaires. L'eau de la Salette à qui il devait sa conservation avait pour lui un goût inexprimable; il la savourait avec délices, et en demandait souvent. Ces premiers jours furent, de la part du malade, une hymne continuelle d'actions de grâces. La guérison fut complète; la Sainte Vierge ne permit pas qu'il lui restât la plus légère trace de maladie. Il put bientôt après reprendre ses études et poursuivre sa carrière avec une santé parfaitement rétablie. (Journal de Muret.)

 

Prière

 

O Marie, vous dont toute la vie sur la terre ne fut qu'une admirable et continuelle prière; vous qui, dans le ciel, comme vous nous l'apprenez à la Salette, vous êtes chargée de prier sans cesse pour nous; enseignez-nous à prier, à prier sans cesse, à prier en union avec vous; pourrions-nous ne pas unir notre voix suppliante à la voix de la céleste Mère qui se fait, dans l'éternelle gloire, notre avocate auprès de son divin Fils: Vous, notre avocate! l'Eglise nous le disait, et nous le croyions, et nous étions touchés ; mais voilà que vous êtes venue nous l'apprendre vous-même sur la sainte Montagne. Oh! bonne Mère, nous en sommes tout émus, tout attendris de reconnaissance: et unis à vous, nous voulons prier, prier sans cesse, prier pour nous, pour nos familles, pour l'Eglise, pour la France et pour les pauvres pécheurs. Ainsi soit-il.

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