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2011-2012

8e Centenaire de la fondation de l’Ordre de Sainte-Claire

 

Sur terre elle fut claire, au ciel elle est lumière; toute sa vie chanta jusqu’au dernier moment: « Sois béni, Seigneur, éternellement béni de m’avoir créée ».

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Qui est Sainte Claire d'Assise ?


« Claire par son nom, plus claire encore par sa vie, très claire par son amour »: tels furent les premiers mots du pape Alexandre IV quand il canonisa Claire, deux ans après sa mort. Née à Assise en 1193 d’une famille noble, Claire réalise la prédiction faite avant sa naissance: « Cette enfant sera une lumière plus resplendissante que le jour ». Adolescente, elle est séduite par la vie de pauvreté et la prédication de François qui l’encourage dans son projet de se consacrer à Dieu. La nuit des Rameaux 1212, laissant derrière elle sa maison et sa famille, elle se rend à la petite église de la Portioncule où François lui coupe les cheveux. L’Ordre des clarisses est né. Claire a 18 ans. Non seulement les gens du peuple et les frères mineurs, mais aussi les papes et les cardinaux viennent prendre conseil auprès de soeur Claire et solliciter ses prières. Elle sera la première femme à rédiger une Règle, qu’elle appelle Forme de vie. Elle osera même solliciter du Pape le privilège de pauvreté qui lui permet de refuser toute possession. Après 42 ans d’une vie de prière, de travail et de joyeuse pauvreté, Claire meurt en remerciant Dieu de l’avoir créée. C’était le 11 août 1253. Aujourd’hui, c’est encore comme femme de lumière que Claire reste présente à notre monde. Femme réussie, sa vie jette une clarté d’Évangile sur notre génération en quête de sens. Car toute la Forme de vie que sainte Claire a écrite tient en ces trois mots: observer le saint Évangile.

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Clarté de Claire aujourd'hui


Pour toute l’Église : Lumière de sa prière contemplative: long regard d’émerveillement sur Dieu. Pour les âmes consacrées : Lumière d’une sainte liberté, dans une vie désencombrée qui chante et fait chanter la création. Pour les personnes en autorité : Lumière du sage discernement de Claire, miroir et modèle de ses soeurs durant plus de 40 années. Pour les jeunes : Lumière d’un amour qui donne tout, à 18 ans! et qui joue le grand risque d’ouvrir un chemin neuf. Pour tous les âges de la vie : Lumière de l’émerveillement de Claire qui chante au soir de sa vie: “Sois béni, Seigneur, de m’avoir créée!” Pour les malades : Lumière de la tendresse de Claire qui a tant de fois tracé la croix pour guérir. Pour les peuples en guerre : Lumière de la foi intrépide de Claire qui prend appui sur l’Eucharistie pour terrasser l’ennemi envahissant Assise. Pour le monde des médias : Lumière prophétique de Claire: au XIIIe siècle, elle voit déjà à distance une liturgie célébrée en l’église Saint-François; et elle devient, au XXe siècle, patronne de la télévision.

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Récit de la vocation de Claire

 

« Aimons tous le Seigneur Dieu de tout notre coeur, de toute notre âme, de tout notre esprit, de tout notre pouvoir et courage, de toute notre intelligence, de toutes nos forces, de tout notre effort, de toute notre affection, de toutes nos entrailles, de tous nos désirs, de toute notre volonté... » Devant ces paroles de feu que François, le nouveau converti, prêchait dans la cathédrale d’Assise, Claire n’y tint plus. Elle alla, en compagnie de sa chère Bona, exposer son dilemme à François. Ses parents voulaient la marier, or depuis son enfance, elle désirait se donner tout entière à Jésus Christ. Ce qu’elle voulait, ce n’était pas un couvent bien nanti, bien organisé, c’était simplement tout quitter pour vivre l’Évangile. François écoutait très attentivement. Chaque parole de Claire résonnait comme un écho dans son propre coeur. Il y retrouvait l’appel que lui avait adressé le Seigneur. Oui, ce qu’il avait voulu, ce qu’il voulait, c’était simplement suivre la vie et la pauvreté de notre Seigneur Jésus Christ. Claire se sentit comprise et encouragée dans son propos. Or, Claire était belle de visage, elle avait la réputation d’être intelligente. Sa famille était noble et riche. Elle avait reçu une éducation soignée. Les beaux partis ne manquaient pas. Et la famille de Claire commençait à s’inquiéter, car la jeune fille refusait obstinément le mariage. Jusque-là, elle était douce et docile. Très pieuse, elle avait le souci des pauvres. Alors que les jeunes filles de son âge étaient souvent à la fenêtre, à l’affut de tout ce qui advenait dans la rue, promptes à parler et à rire très fort lorsque passaient des jeunes gens, Claire, elle, ne se montrait jamais, ce qui, d’ailleurs, était tout à son honneur. Pourquoi, alors, ce refus catégorique du mariage? Que faire pour la convaincre? Un voisin et ami de la famille, messire Ranieri di Bernardo, fut envoyé en ambassade. Mais Claire refusa de l’écouter, pire encore, elle lui prêcha le peu de valeur de tous les biens terrestres. Claire le savait, il lui fallait prendre une décision. Jamais sa famille ne la laisserait partir. Avec Bona, elle alla à nouveau trouver François qui vint, accompagné de Frère Philippe. « Désormais que rien ne vous encombre, plus d’obstacle, plus de barrière, plus d’écran », proclamait François. La fête des Rameaux était tout proche. François, qui avait déjà prévenu l’évêque Guido de la détermination de la jeune fille, prescrivit à Claire de revêtir ses plus beaux atours et d’aller, avec tout le peuple, à la bénédiction des Palmes, puis, la nuit suivante, de sortir de la ville pour s’unir à la Passion du Christ.

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Lorsque Claire d’Assise rencontre François, elle fait preuve d’une audace inouïe : fille de la noblesse, femme encore jeune (elle n’a pas 18 ans), destinée au mariage par ses parents, il est tout à fait scandaleux qu’elle désire et, plus encore, arrive à avoir des entretiens avec François.

Pour son milieu, c’est un homme qui appartient à cette classe des bourgeois, ces nouveaux riches avides de supplanter la noblesse qu’ils ont forcée à l’exil et dont ils ont brûlé les châteaux. Claire elle-même, dans son enfance, a dû s’exiler à Pérouse avec sa famille. Maintenant qu’un accord a été trouvé et que tous ont pu revenir à Assise, François défraye la chronique et, même si le fils du drapier Bernadone intéresse bien peu les proches de Claire, dans cette petite ville où chacun se connaît, ils ne peuvent ignorer les frasques de François ; après avoir été le roi de la jeunesse, un vaniteux ne songeant qu’à s’amuser et à dépenser l’argent paternel à pleines poignées, il mène désormais une vie encore plus extravagante : il s’est brouillé avec son père, mendie sa nourriture, court les routes en clamant l’amour de Dieu. Pire encore, son exemple a séduit quelques jeunes d’Assise, dont Rufin, le cousin de Claire.

La jeune fille sait que François a le soutien de l’évêque, elle l’a entendu prêcher dans les églises d’Assise et a été bouleversée par sa parole simple et enflammée. Elle a été émue par son amour pour Jésus et par sa pauvreté. Elle a reconnu en lui ce que, depuis son enfance, elle désire du plus profond de son coeur : se donner totalement à Dieu dans une vie simple, pauvre, évangélique.

Après s’en être entretenu discrètement avec François, elle quitte en secret la demeure familiale le soir des Rameaux 1212 et vient rejoindre les frères à la Portioncule. Après lui avoir tondu les cheveux en signe d’appartenance à Dieu, François la revêt de la robe de bure et du voile des paysannes, puis il la conduit chez les bénédictines avant d’aménager un petit couvent à côté de Saint-Damien, la première église qu’il a restaurée. Malgré la fureur de la tribu familiale qui tente en vain de reprendre de force Claire et sa soeur venue la rejoindre, les jeunes femmes restent fermes dans leur propos et une petite communauté se forme rapidement autour d’elles.

Claire vécut quarante années avec ses soeurs dans le petit enclos de Saint-Damien. François leur a donné l’Évangile comme forme de vie. Leurs journées sont rythmées par l’office, souvent prolongé par la prière silencieuse. Elles partagent les travaux ménagers et la confection de linges d’autel pour les églises d’alentour. Leur pauvreté est grande : comme François et avec ses encouragements, elles ne veulent avoir aucune propriété. Des soeurs vont mendier leur subsistance, quelques frères les secondent pour la quête et leur assurent les secours spirituels. Claire est la mère mais aussi la soeur et la servante de ses compagnes. Elle veut qu’il en soit ainsi pour celles qui auront le service de l’autorité. Malgré une santé délabrée par les privations, elle partage autant qu’elle le peut les besognes les plus humbles, entre autres le soin des soeurs malades. La vie pauvre, joyeuse, fraternelle de Saint-Damien rayonne et des monastères de Soeurs Pauvres voient le jour dans toute l’Europe. Tout, cependant, n’est pas facile. Après la mort de François, Claire se trouve seule pour défendre sa forme de vie évangélique. Les papes veulent lui faire accepter des propriétés pour assurer la subsistance des soeurs, mais Claire refuse fermement et devra lutter toute sa vie pour n’avoir d’autre « privilège » que celui de suivre le Christ pauvre.

Le rayonnement de Claire a sa source dans son amour passionné pour le Christ, mais aussi dans sa riche personnalité toute entière au service de cet amour. Son obéissance envers l’Église n’altère pas sa vigueur à défendre son charisme. La fermeté qu’elle sait exercer envers ses soeurs s’allie à une grande douceur et même à une tendresse toute maternelle. Elle sait écouter les confidences, voir les détresses, panser les plaies. Son amour pour le Christ est pleinement incarné. Il met en oeuvre ses sens, tout son corps, autant que son intelligence, son coeur et sa mémoire. Il a épanoui et unifié tout son être de femme. C'est sans doute ce qui nous la rend si proche.

Nous avons la chance d’avoir des documents de première main pour connaître Claire : ses écrits comportent une règle et un testament composés à la fin de sa vie. Ils nous livrent sa manière de suivre le Christ. Il reste également cinq lettres qui nous dévoilent les richesses de sa vie spirituelle. Sa biographie a été écrite par son contemporain, Thomas de Celano, dont les dons d’historien sont reconnus par tous, même s’il faut les découvrir sous le style hagiographique de l’époque. Et, surtout, les témoignages du procès de canonisation, recueillis trois mois seulement après le décès de Claire, nous offrent les souvenirs très vivants de personnes qui l’ont connue.


Texte extrait de la revue « Arbre » n°284

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Prière à Sainte Claire

 

Salut, épouse du Christ, vierge sainte, fleur de l’Ordre des Frères Mineurs, ô vase de pureté, ô modèle de tes soeurs, Claire, par tes prières, conduis-nous au Royaume des cieux.


V. Prie pour nous, bienheureuse Claire,

R. Afin que nous devenions dignes des promesses du Christ.

 

Prions


Dieu qui as voulu que, par l’éclat de ses vertus, la bienheureuse Claire illuminât les choeurs innombrables des vierges, accorde-nous, par ses mérites et son intercession, de marcher toujours ici-bas dans la lumière et de jouir éternellement des splendeurs de ta face dans le Royaume des cieux. Amen.

Claire

Pour approfondir sur Sainte Claire

http://www.franciscain.net/index.php?option=com_content&view=article&id=729:a-lire&catid=101:jubile&Itemid=351