18 janvier 2012

Exercice pour demander le pardon de ses péchés pendant la Sainte Messe

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Exercice pour demander le pardon de ses péchés pendant la Sainte Messe

Avant la Messe


O Dieu tout-puissant qui, dans Votre Miséricorde infinie, daignez, par le Sacrement de Pénitence, nous remettre nos péchés et nous délivrer de la damnation éternelle, voulant satisfaire de plus en plus à Votre Souveraine Justice, j'ai recours au Trésor des Mérites de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Votre Fils unique, et je puise dans cette Source intarissable de quoi suppléer a ma faiblesse et a mon impuissance. Je suis pauvre et misérable, et je n'ai rien à Vous offrir; mais Vous, Ô mon Dieu, qui êtes riche en Miséricorde, effacez jusqu'à la moindre trace de mes prévarications passées; arrachez de mon cœur toute affection, toute inclination qui pourrait Vous contrister, afin que je me rende digne des mérites infinis de l'Homme-Dieu qui va renouveler sur cet Autel le mystère de Sa Passion et de Sa Mort.


Au commencement de la Messe


O Mon Seigneur et mon Dieu, je reconnais et je confesse que mes iniquités me rendent indigne de paraître devant Vous et d'assister à ce redoutable Sacrifice. Mais, avec une entière confiance en Votre Infinie Miséricorde, je Vous supplie d'avoir pitié d'une âme que Vous avez créée à Votre image, de faire grâce a un coupable qui Vous invoque avec l'humilité d'un cœur contrit, de pardonner à un fils prodigue qui cherche à recouvrer l'amitié d'un Père plein de Bonté et d'indulgence. Entrant dans l'esprit et l'intention de l'Eglise, j'implore avec elle Votre Miséricorde, et j'unis mes prières à celles du Prêtre pour obtenir le pardon de mes péchés que j'espère par les mérites de Jésus-Christ, Votre Fils qui, comme une Victime agréable à Votre Cœur, va s'immoler sur l'autel.

Au Kyrié Eleison

Je demande, ô mon Dieu, par des gémissements et des soupirs réitérés, que Vous me fassiez Miséricorde; et quand je Vous dirais a tous les moments de ma vie: « Seigneur ayez pitié de moi », ce ne serait pas encore assez pour le nombre et pour l'énormité de mes péchés.

Au Gloria In Excelsis



Vous méritez, ô mon Dieu, une Gloire infinie, et elle ne peut Vous être dignement rendue que dans le Ciel. Qui sera assez pur pour Vous glorifier et Vous bénir? Vous êtes Lumière, et je suis ténèbres; Vous êtes la Vie, et je suis la mort. Les ténèbres loueront-elles la Lumière? La mort louera-t-elle la vie? Je ne suis que vanité, que misère, que pourriture; je suis conçu et né dans le péché. La louange ne convient pas dans la bouche d'un si misérable pécheur. Que ce soit Votre Puissance qui Vous loue; que Votre Sagesse Vous exalte à jamais. Agneau de Dieu, qui seul pouvez effacer mes péchés, ayez pitié de moi, et du Trône où Vous ôtes assis à la droite de Votre Père céleste, voyez ma profonde misère: car si Vous êtes seul, ô Jésus, infiniment Saint, infiniment Puissant, soyez encore infiniment Miséricordieux pour un pauvre Pécheur qui met en Vous toute sa confiance.

Aux Oraisons



O Dieu éternel, souverain Maître de toutes choses, les âmes des infidèles sont l'ouvrage de Vos Mains; Jésus, Votre Fils unique, a souffert pour leur Salut une mort ignominieuse et cruelle; ne permettez pas qu'Il soit plus longtemps l'objet de leurs blasphèmes. Laissez-Vous fléchir par les prières de l'Eglise, oubliez leur infidélité ; et faites qu'ils reconnaissent comme leur Dieu Celui que Vous nous avez envoyé pour être notre Vie, notre Salut et notre Résurrection, et auquel appartient toute Gloire durant les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

A l'Epitre



O Seigneur, ne Vous levez pas dans Votre Juste Colère: ne punissez pas les violateurs de Votre Sainte Doctrine, ils sont Vos enfants, ils sont nos frères. Recevez les tendres prières que Votre Eglise ne cesse de Vous adresser pour eux, entendez ses soupirs, voyez les larmes amères qu'elle verse dans sa douleur sur les rebelles qui refusent de Vous reconnaître, avec Jésus-Christ, notre médiateur, que Vous avez envoyé. Aidez-moi, mon Dieu, à garder religieusement le précieux dépôt de la Vérité dans une conscience pure; car il m'importe peu de croire, si mes mœurs contrarient et scandalisent ma croyance, de captiver ma raison sous l'empire des mystères, si mon cœur séditieux secoue l'inviolable autorité de Vos Préceptes.

A l'Evangile



Que sert à un homme de gagner tout l'univers, s'il perd son âme? Que donnera-t-il en échange pour elle? Entrez par la porte étroite, parce que la porte de la perdition est large et le chemin qui y mène est spacieux, et il y en a beaucoup qui y entrent. Que la porte de la vie est petite! que la voie qui y mène est étroite, et qu'il y en a peu qui la trouvent! Tout arbre qui est bon produit de bons fruits; et tout arbre qui est mauvais produit de mauvais fruits. Un bon arbre ne peut produire de mauvais fruits, et un mauvais arbre n'en peut produire de bons. Tout arbre qui ne porte pas de bons fruits sera coupé et jeté au feu. Je vous déclare que, si vous ne faites pénitence. Vous périrez tous. Il y aura plus de joie dans le Ciel pour un seul Pécheur qui fait pénitence que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n'ont pas besoin de pénitence.

Au Credo



Nous voilà parvenus, ô mon Dieu, à ces temps déplorables où la Foi ne semble plus que le partage des simples, où la sainte parole est tournée en dérision. Hélas, chacun marche dans la voie de son conseil et s'applaudit d'une orgueilleuse singularité; l'esprit de système a corrompu la droiture primitive; la jeunesse effrénée corrompt ce qu'elle sait et blasphème ce qu'elle ignore. Il est bien vrai, Seigneur, que, si Vous reveniez sur la terre, Vous y trouveriez à peine une étincelle de Foi. Souvenez-Vous de Vos anciennes Miséricordes: ne permettez pas que ce reste de Foi se retire entièrement d'un Royaume où elle a fait tant de Saints. Rompez le voile qui Vous cache a l'incrédule, faites entendre Votre voix à son cœur, rallumez-y le flambeau d'une foi éteinte, de peur qu'il ne meure dans la nuit affreuse de son crime et de son incrédulité.

A l'Offertoire



Voici, ô mon Dieu, cette créature ingrate qui s'est révoltée contre Vous. Hélas, pénétré de douleur, j'ai en abomination et je déteste de tout mon cœur mes innombrables péchés; je Vous présente en paiement la même satisfaction que Jésus Vous fait sur l'Autel. O Père infiniment Saint, si mes crimes Vous irritent contre moi et me rendent un objet d'horreur et d'exécration à Vos yeux, détournez-les de dessus moi, mais regardez ce Fils unique, ce cher objet de Vos complaisances et de Votre Amour; regardez cet Agneau innocent qui va s'immoler pour effacer les péchés du monde; et, en vue de Ses Mérites, oubliez mes ingratitudes et mes perfidies: oubliez que j'ai mérité mille fois de porter éternellement tout le poids de Vos vengeances dans les Enfers. Souvenez-Vous seulement que j'ai le bonheur d'être un des membres du Corps Sacré de ce Fils adorable, membre indigne à la vérité, mais membre qui Lui est très cher et très étroitement uni; membre pour qui Il prie, pour qui Il est mort sur une Croix, et pour qui Il va encore vous offrir le Sacrifice non sanglant de Sa Chair Immaculée.

A la Préface



O Sainte Victime, qui allez descendre sur cet Autel pour la Gloire de Dieu et le Salut des hommes, c'est à Vous que s'adresse mon humble prière. Tirez-moi de l'abîme profond où je me suis jeté. C'est Vous qui effacez les péchés du monde; c'est à Vos pieds que les Pécheurs contrits retrouvent la Grâce et la Paix. Versez dans mon âme la douleur et l'amour de Sainte Madeleine, les larmes de Saint Pierre, la contrition des Saints Pénitents. Les pures Intelligences, qui composent Votre Cour Céleste, chantent avec transport la Gloire du Dieu trois fois Saint; je ne suis pas digne de mêler ma voix à leurs cantiques; mais je bénis Celui qui vient pour triompher du péché en me rétablissant dans l'innocence, Celui qui veut bien être encore mon Espérance, mon Refuge et mon Libérateur.

Au Sanctus



Louange, honneur et gloire à Vous, ô aimable Rédempteur des hommes, qui êtes entré dans Jérusalem plein de Douceur et de Bonté, et qui, au milieu des louanges que Vous donnait la foule accourue au-devant de Vous, avez versé des larmes sur la ruine de la ville, accordez-moi une entière connaissance de moi-même, afin que je reconnaisse mon indignité, que je m'humilie et me méprise très profondément. Faites, O mon Dieu, que je ne trouve jamais aucun plaisir dans les louanges et la faveur des hommes, mais que je m'adonne aux larmes intérieures de la pénitence et de l'amour; faites que je ressente les peines des autres comme les miennes, et que je pleure leurs péchés aussi amèrement que les miens.

Au Mémento des vivants



Au nom de la Passion et de la Mort de Votre Fils Bien-aimé, au nom de Son Cœur blessé par Amour pour nous, souvenez-Vous, ô Père très Clément, dans Votre Miséricorde, de tant de malheureux qui blasphèment Votre Saint Nom. Ne permettez pas que le Démon continue de ravir a votre tendresse des âmes qui Vous sont toujours chères, et pour lesquelles Jésus-Christ est mort sur la Croix. Excitez en elles une véritable contrition de leurs péchés, et faites en sorte qu'elles Vous dédommagent par leur fidélité des outrages dont elles ont affligé si longtemps Votre Divin Cœur.

A l'Elévation



O Sang Très Précieux, prix et rançon de l'Univers, Source de vie éternelle, qui abreuvez mon âme et la purifiez de toute souillure, je Vous adore profondément, et je voudrais, par la pureté et la ferveur de mes hommages, compenser les outrages que Vous recevez continuellement de la part de tant de sacrilèges blasphémateurs. Eh! Qui pourrait donc ne pas bénir ce Sang d'une valeur infinie? Qui pourrait ne pas se sentir tout brûlant d'amour pour Jésus-Christ qui l'a répandu jusqu'à la dernière goutte par Amour pour nous? O Jésus, qui nous avez donné ce Sang Divin pour racheter nos âmes et guérir nos plaies, convertissez tous les cœurs, afin que tous les cœurs puissent Vous louer, Vous bénir et Vous remercier pendant toute l'éternité. ( 300 jours d'indulgence ).

Après l'Elévation



Que n'ai-je en ce moment, ô mon Dieu, toute l'horreur du péché et toute la contrition qu'avait Jésus Votre Fils, lorsque, accablé sous le poids énorme de mes crimes, et prêt à les expier par de cruels tourments, Il fondait en larmes; et que, tout couvert d'une sueur de Sang, le Visage collé contre terre, Il faisait amende honorable pour moi à Votre Majesté offensée, implorant Votre Miséricorde avec de profonds soupirs et de tendres gémissements! Je la désire cette parfaite contrition, et je Vous la demande de tout mon cœur. Je désavoue tous mes crimes, je les déteste, je confesse que j'ai un tort infini de Vous avoir offensé, mon Père et mon Dieu, et de n'avoir payé Vos bienfaits que par des outrages. Il n'est rien, Seigneur, que je ne veuille faire et souffrir pour expier tant de fautes, et je m'estimerais heureux de mourir ici de douleur pour satisfaire à Votre Justice.

Au second Mémento



O Père Saint, Dieu de miséricorde, par les larmes, la sueur de Sang, les gémissements et les soupirs de Jésus; par les tourments et les douleurs qu'Il a endurés par amour pour nous, ayez pitié de tous les fidèles défunts, et surtout de ceux qui à cause du nombre ou de la gravité de leurs péchés, sont condamnés a des peines plus longues et plus rigoureuses, abrégez la durée et adoucissez la violence de leurs maux.

Au Pater



Vous voyez à vos pieds, Seigneur, un enfant prodigue, couvert de confusion, qui n'ose plus vous appeler Son Père. Je confesse que mes péchés ont déshonoré ce Saint Nom, et qu'ils me rendent indigne de Vos Bontés. Convertissez-moi sincèrement à vous, ô mon Dieu, convertissez les Pécheurs; ramenez dans Votre Eglise, ceux qui s'en sont séparés. Que Votre Volonté à laquelle j'ai eu si souvent la témérité de m'opposer s'accomplisse sur la terre comme dans le Ciel. Pardonnez-moi mes offenses, comme je pardonne toutes celles qui m'ont été faites; préservez-moi de la rechute dans le péché. Eloignez de moi toutes les tentations et les occasions dangereuses, et délivrez-moi du mal que je dois craindre uniquement.

A l'Agnus Dei



O Divin agneau, qui avez bien voulu vous charger des péchés du monde, ayez pitié de moi. Je suis accablé du poids et de l'énormité des miens: portez-les, ô mon Jésus, portez-les, puisqu'en les portant, vous les effacerez, et qu'en les effaçant, vous me donnerez Votre Paix et Votre Amour.

Au "Domine non sum dignus"



Hélas, Seigneur, il n'est que trop vrai que je ne mérite pas de Vous recevoir, je m'en suis rendu tout à fait indigne par mes péchés qui m'ont éloigné de Vous. Car, si la femme de Jérusalem courbée sous le poids de ses péchés, osait à peine coller ses lèvres sur Vos pieds sacrés, les arroser de ses larmes, les essuyer de ses cheveux, comment moi plus coupable, parce que j'ai plus abusé, oserais-je Vous demander une part à la plus douce de Vos faveurs? Ah! Seigneur, confus et pénitent. je demeurerai a Vos pieds, je les mouillerai de mes pleurs, non pour les laver, mais pour me laver moi-même; je me garderai bien de lever mes yeux jusqu'à ce que Vous m'ayez dit: « Mon enfant, prends confiance, tes péchés te sont remis », trop heureux, ô mon aimable Jésus, si, dans mon infortune, je Vous reçois d'esprit et de cœur,et si je m'unis à Vous par la Foi, par l'Espérance, par l'Amour.

Aux dernières Oraisons



O Seigneur Jésus, Bon Pasteur, qui avez donné Votre, Vie pour Vos brebis, qui ne voulez pas la mort du Pécheur, mais son retour à la grâce, exaucez la prière que je Vous adresse par le Cœur Immaculé de Marie, pour la conversion des infidèles, l'extirpation des schismes et des hérésies. Recherchez tant de brebis errantes, et faites sortir de leurs cœurs, des larmes de componction et d'amour qui éteignent le feu de leurs passions déréglées et leur obtiennent de jour en jour une plus grande miséricorde.

A la Bénédiction



O Seigneur Jésus, bénissez les justes, afin qu'ils se sanctifient encore; bénissez les pauvres Pécheurs, afin qu'ils se convertissent et ressuscitent à la Grâce; bénissez-nous tous, et que, délivrés de tout mal et fortifiés dans tout bien, nous méritions d'être bénis dans l'éternité, au Nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.

Au dernier Evangile



O Jésus, vraie Lumière, qui éclaire tout homme venant en ce monde, daignez, je Vous en supplie, par la vertu inestimable du Divin Sacrifice auquel je viens d'assister, dissiper les ténèbres de l'hérésie et de l'erreur. Faites que tous suivent la Lumière de la Vérité et se pressent d'entrer dans le sein de l'Eglise. O Bon Pasteur, qui avez donné Votre Vie pour vos ouailles, protégez Votre Troupeau, et défendez-le contre la force et les pièges de ceux qui viennent sous les dehors de brebis, et qui au dedans ne sont que des loups ravissants. Montrez que Vous êtes avec nous, Seigneur, parce que Vous avez dit: « Voilà que Je suis avec vous jusqu'à la consommation des siècles ». Montrez que Votre Eglise est bâtie sur la pierre ferme, et que les portes de l'Enfer ne prévalent pas contre elle, mais que tous ceux qui la composent confessent Votre Nom et Vous servent dans une pleine et entière liberté.


Prière extraite de « L'Année Pieuse », du P. Ligny, Amiens, Typographie Alfred Garon, 1851

The-Prodigal-Son1
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