20 mai 2012

Les apparitions de Notre Dame de Lourdes 5/18

Les apparitions de Notre Dame de Lourdes

Cinquième apparition

20 février 1858

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Le Mois de Marie de Notre-Dame de Lourdes

Le Mois de Marie de Notre-Dame de Lourdes

Henri Lasserre

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Vingt-et-unième jour

Foi persévérante et tranquillité des multitudes, protestation contre l'analyse de Trie, la Ville de Lourdes s'adresse à M. Filhol, première communion de Bernadette, marche irrésistible des événements, violences administratives, arrêtés du 8 juin: interdiction de boire à la Source et d'aller à la Grotte, le maire Anselme

 

I. La presse de Paris et de la province commençait à s'occuper des événements de Lourdes; et, bien au delà des contrées pyrénéennes, l'attention publique se tournait peu à peu vers la Grotte de Massabielle. Impuissant et dépité, M. le baron Pardoux voyait grandir et se généraliser ce soulèvement pacifique et prodigieux qui portait des multitudes chrétiennes, sans cesse renaissantes, à venir s'agenouiller et boire au pied d'une roche déserte. Contrairement à l'espérance des Libres Penseurs, à la crainte des Fidèles, à l'attente de tous, aucun désordre, absolument aucun, ne se produisait dans ce mouvement inouï d'hommes, de femmes, d'enfants, de vieillards, de croyants, d'incrédules, d'indifférents, de curieux. Une main invisible semblait protéger ces foules contre elles-mêmes, alors que, sans chefs et sans guides, elles se précipitaient chaque jour au nombre de plusieurs milliers de pèlerins vers la Source miraculeuse. Malgré les injonctions spoliatrices de M. le Préfet, la Grotte était souvent remplie de cierges allumés, de fleurs, d'ex-voto, et même de pièces d'argent ou d'or, pour, l'érection du monument demandé par la Vierge. De pieux fidèles voulaient en cela marquer à la Reine des dieux leur bonne volonté, même inutile, leur zèle et leur amour. Dominique et ses agents venaient tout enlever. Très-enhardi depuis qu'il avait échappé au péril du 4 mai, le Commissaire affectait les formes les plus dédaigneuses et les plus brutales, jetant parfois les objets dans le Gave, sous le regard scandalisé des croyants. Parfois aussi il se voyait contraint de conserver, malgré lui, leur air de fête à ces lieux bénis. C'était lorsque, l'ingénieuse piété des croyants ayant effeuillé des roses innombrables autour de la Grotte, il lui était impossible de ramasser les mille débris de fleurs et les pétales sans nombre de ce tapis éclatant et parfumé. Les foules agenouillées continuaient cependant de prier, sans rien répondre aux allures de provocation, et elles laissaient tout faire avec une de ces patiences extraordinaires comme Dieu seul peut en donner aux multitudes indignées. La population restant calme, le prétexte de faire de la rigueur au nom de l'ordre ne se présentait pas.

II. Le Préfet sentait de plus en plus tout moyen coercitif lui échapper par suite de cette tranquillité surprenante, de celte paix aussi irritante que merveilleuse, qui régnait d'elle-même parmi ces foules innombrables, Pas même un accident matériel. Rien. Il fallait retourner sur ses pas dans la voie suivie jusqu'alors et laisser franchement les populations libres, ou bien en venir purement et simplement à la violence et à la persécution et élever devant ces multitudes, en inventant un prétexte quelconque, des barrières arbitraires. Il fallait reculer ou aller plus avant. D'autre part, on contestait de tous côtés la rigueur de la décision scientifique portée par M. L. de Trie. Un chimiste du pays, M. Thomas Pujo, prétendait que celte eau n'était que de l'eau ordinaire et qu'elle n'avait par elle-même aucune propriété médicale. Plusieurs professeurs très-compétents de ces contrées confirmaient ces assertions. La Science commençait à déclarer entièrement erronée l'analyse de Trie. Ces rumeurs avaient pris une telle consistance que le Conseil municipal de Lourdes s'en émut. Le Maire ne put, devant le vœu unanime, se refuser à faire faire une seconde étude des eaux de la Source. Sans consulter le Préfet, ce qui lui sembla inutile (tant il était personnellement convaincu de l'exactitude des recherches de M. L. de Trie), il fit rendre par le Conseil municipal une délibération l'autorisant à charger un des grands chimistes de notre époque, M. le professeur Filhol, d'une nouvelle et définitive analyse. Le Conseil vota en même temps les fonds nécessaires pour les honoraires du célèbre savant. M. Filhol était un homme autorisé clans la science moderne, et son verdict devait évidemment être sans appel. Qu'allait être son Analyse ? M. le Préfet n'était point assez chimiste pour le savoir. Mais nous croyons, sans grande crainte de nous tromper, qu'il devait être inquiet. Le verdict de l'éminent professeur de chimie à la Faculté de Toulouse pouvait déranger en effet les combinaisons et les plans de M. Pardoux. Il était urgent de se presser. Là encore, il fallait reculer, ou aller plus avant.

III. Au milieu de ces passions si diverses et de ces multiples calculs, on n'avait point manqué de tenter sur Bernadette de nouvelles épreuves aussi inutiles que les précédentes. Elle se préparait à faire sa première communion, et elle la fit le 3 juin, jeudi de la Fête-Dieu. C'était le jour même où le Conseil municipal de Lourdes chargeait M. Filhol d'analyser la Source mystérieuse, jaillie naguère sous la main de la Voyante en extase. Dieu entrant dans ce cœur d'enfant et de jeune fille faisait aussi l'analyse d'une onde pure, et nous imaginons qu'il dut admirer et bénir, dans cette âme virginale, la source la plus fraîche et le plus limpide cristal. Malgré la retraite où elle eût aimé à se cacher et a se recueillir, on continuait à la visiter. Elle était toujours l'enfant innocente et simple dont nous avons essayé de tracer le portrait. Par sa candeur, par son éclatante bonne foi, par son parfum délicat de sainteté paisible, elle charmait tous ceux qui l'approchaient. Un jour, une dame, après s'être entretenue avec elle, voulut, dans un mouvement de vénération enthousiaste assez concevable pour ceux qui ont connu Bernadette, échanger son chapelet de pierres précieuses centre celui de l'enfant: « Gardez le vôtre madame, répondit-elle en montrant sen modeste instrument de prières. Voici le mien; et je ne veux point le changer. Il est pauvre comme moi et convient mieux à mon indigence ». Un ecclésiastique essaye de lui faire accepter une pièce d'argent. Elle refuse, il insiste. Nouveau refus, si formel, qu'une plus longue insistance semble inutile. Le prêtre pourtant ne se tient pas pour battu: « Prenez, dit-il: ce ne sera point pour vous, ce sera pour les pauvres, et vous aurez le plaisir de faire l'aumône ». « Faites-la de vos mains à mon intention, monsieur l'abbé; et cela vaudra mieux que si je la faisais moi-même », répondit l'enfant. La pauvre Bernadette entendait servir Dieu gratuitement, et remplir, sans sortir de sa noble pauvreté, la mission qu'elle avait reçue d'en haut. Et cependant, elle et sa famille manquaient quelquefois de pain. En ces jours-là, le traitement de M. le Préfet, baron Pardoux, fut élevé à 25 000 fr. Le Dominique reçut une gratification. Le Ministre des Cultes, dans une lettre qui fut communiquée à plusieurs fonctionnaires, témoignait au Préfet de sa haute satisfaction, et, le louant de tout ce qu'il avait fait jusque-là, il le pressait de prendre des mesures énergiques, et ajoutait qu'il fallait en finira tout prix avec la Grotte et les miracles de Lourdes. De ce côté-là, comme de tous les autres, il fallait reculer ou aller plus avant. Que restait-il à faire cependant? Il restait à se raidir contre l'évidence et à faire violence à la multitude.

IV. Au milieu de toutes ces péripéties, la question des écuries de la Préfecture s'était de plus en plus animée et avait porté à son comble l'exaspération du Préfet. On était arrivé au mois de juin. La saison des eaux thermales commençait: elle allait amener aux Pyrénées les baigneurs et les touristes de toute l'Europe, et les rendre témoins du scandale que faisait le Surnaturel dans le département administré par le baron Pardoux. Les instructions de M. Gustave R. devenaient des plus pressantes et poussaient aux coups d'autorité. Le 6 juin, M. Fould, ministre des Finances, se rendant à sa terre, s'arrêta à Tarbes et conféra longuement avec M. Pardoux. Le bruit courut que leur conférence avait eu pour .sujet les événements de la Grotte. Le fait d'aller boire à une Source en passant sur les communaux de la Ville n'avait cependant aucun caractère criminel aux yeux de la Loi. Le génie des adversaires de la Superstition devait donc, avant toutes choses, inventer un prétexte.

L'habile Préfet eut à ce sujet une inspiration aussi ingénieuse que simple, Le terrain des Roches Massabielle appartenant à la commune de Lourdes, le Maire, comme administrateur, pouvait défendre d'y entrer sous un motif quelconque ou même sans motifs, de même qu'un propriétaire interdit, quand il lui plaît, d'entrer sur sa terre et dans sa maison. Une telle défense, publiquement édictée, créait pour chaque visiteur un délit caractérisé, le délit de violation de propriété. Par cette très-habile mesure on transformait un acte, absolument innocent en lui-même, en un fait délictueux, passible des peines voulues par la Loi. Tout le plan du baron Pardoux gravita autour de cette idée. Ce plan une fois trouvé, le Préfet se décida à agir et à faire du despotisme. Le lendemain, le Maire de Lourdes reçut l'ordre de prendre l'arrêté suivant:

« Le Maire de la ville de Lourdes, Vu les instructions à lui adressées par l'Autorité supérieure; Vu les lois du 14-22 décembre 1789, du 16-24 août1790, du 19-22 juillet 1791, et celle du 18 juillet 1837, sur l'Administration Municipale; Considérant qu'il importe, dans l'intérêt de la Religion, de mettre un terme aux scènes regrettables qui se passent à la Grotte de Massabielle, sise à Lourdes, sur la rive gauche du Gave; Considérant, d'un autre côté, que le devoir du Maire est de veiller à la santé publique locale; Considérant qu'un grand nombre de ses administrés et de personnes étrangères à la commune viennent puiser de l'eau à une Source de ladite Grotte; Considérant qu'il y a de sérieuses raisons de penser que cette eau, contient des principes minéraux, et qu'il est prudent, avant d'en permettre l'usage, d'attendre qu'une analyse scientifique fasse connaître les applications qui en pourraient être faites par la Médecine; que d'ailleurs, la Loi soumet l'exploitation des Sources d'eau minérale à l'autorisation préalable du Gouvernement, Arrête : Article premier. Il est défendu de prendre de l'eau à ladite Source. Art. 2. Il est également interdit de passer sur le communal dit rive de Massabielle. Art. 3. Il sera établi à l'entrée de la Grotte une barrière pour en empêcher l'accès. Des poteaux seront également placés qui porteront ces mots: Il est défendu d'entrer dans cette propriété. Art. 4. Toute contravention au présent Arrêté sera poursuivie conformément à la Loi. Art. 5. M. le Commissaire de Police, La Gendarmerie, Les Gardes Champêtres, Et les Autorités de la commune. Demeurent chargés de l'exécution du présent Arrêté. Fait à Lourdes, en l'hôtel de la Mairie, le8 juin 1858. Le maire, Anselme. Vu et approuvé, Le préfet, Pardoux ».

V. Ce ne fut pas sans quelque hésitation que M. Anselme consentit a signer un pareil Arrêté et à se charger de l'exécution d'une semblable mesure. Sa nature un peu incertaine, amie du juste milieu et se plaisant à nager, comme l'on dit, entre deux eaux, devait s'effrayer d'un acte d'hostilité aussi accentué contre l'étrange puissance qui planait invisiblement sur tous les événements dont La Grotte de Lourdes était le centre. M. Anselme espéra tout concilier, en demandant, comme condition de sa signature, à M. le préfet Pardoux, d'insérer en tête de l'Arrêté et comme première phrase: « Vu les instructions à lui adressées par l' Autorité supérieure ». Une fois rassuré de la sorte, M. Anselme veilla à l'exécution de l'Arrêté préfectoral. Il le fit publier à son de trompe et afficher dans toute la Ville. Eu même temps, sous la protection de la force armée et sous la direction de Dominique, des barrières furent élevées autour des Roches Massabielle, de façon à empêcher complètement, à moins d'effraction ou d'escalade, tout accès à la Grotte et à la Source miraculeuse. Des poteaux avec des indications furent plantés çà et là, à tous les points par où on pouvait pénétrer sur le terrain communal qui entourait les Roches vénérées. Ils portaient défense d'entrer sur ce terrain sous peine de poursuite devant les tribunaux. Des Sergents de ville et des Gardes veillaient jour et nuit, se relevant d'heure en heure, et dressant des procès-verbaux contre quiconque franchissait les poteaux pour aller s'agenouiller aux environs de la Grotte.

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Prière pour demander l'amour de l'Eucharistie

 

Notre-Dame de Lourdes, priez pour nous.

 

Notre-Dame de Lourdes, tandis que le prêtre enseignait à Bernadette le catéchisme et le dogme, c'est vous-même, dans le silence de la pensée solitaire, qui prépariez cœur à cœur votre enfant privilégiée à recevoir le corps sacré de Jésus-Christ. Faites sur nous tous, ô très-sainte Mère, faites sur chacun de nous un semblable travail, si digne, en vérité, de votre compatissante tendresse pour nous et de votre amour infini pour l'Hôte divin qui vient nous visiter. Préparez en nos âmes une demeure aussi digne de Lui qu'il est possible à une créature d'être digne du Créateur. Donnez- nous, ô Vierge incomparable, les sentiments que vous eûtes vous-même lorsque, pour la première fois, Dieu incarné descendit en ce monde et que vous reçûtes dans votre sein Celui que les cieux ne peuvent contenir. Apprenez-nous à faire le discernement du corps infiniment saint de Notre- Seigneur. Embrasez nos cœurs de l'amour de l'Eucharistie. Faites-nous comprendre, quand nous sommes faibles, que là est la force; quand nous sommes lâches, que là est le courage; quand nous sommes dans les souillures du péché, que là est la pureté ; quand nous sommes malheureux, que là est la consolation; quand nous sommés pauvres, que là est la richesse; quand nous sommes esclaves, que là est la délivrance; quand nous sommes égarés, que là est la voie; quand nous sommes dans les tâtonnantes ténèbres de l'esprit, que là est la vérité; quand nous sommes morts, que là est la résurrection et la vie. Donnez-nous d'aimer, comme il mérite d'être aimé, ce pain des Anges, cette chair et ce sang de Dieu. Que, sans ce pain vivant, tout nous soit fade: tendresse partagée, plaisirs et joies, ambitions réalisées, fortune conquise. Qu'avec lui toute amertume nous soit douce; qu'il donne à toutes choses sa saveur divine: au travail pénible, au devoir difficile, à l'injure reçue, à l'humiliation subie, à tout ce qui répugne ici-bas. O Marie! donnez-nous d'aimer le corps de Jésus-Christ, l'âme de Jésus-Christ, la divinité de Jésus-Christ. Donnez-nous d'aimer l'Eucharistie. Notre-Dame de Lourdes, priez pour nous. Ainsi soit-il.

 

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