27 mai 2012

Les apparitions de Notre Dame de Lourdes 12/18

Les apparitions de Notre Dame de Lourdes

Douzième apparition

1er mars 1858

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Le Mois de Marie de Notre-Dame de Lourdes

Le Mois de Marie de Notre-Dame de Lourdes

Henri Lasserre

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Vingt-huitième jour

Méthode de la Commission d'enquête, rapport des Médecins, rapport de la Commission, mandement de l'Evêque, construction d'une église aux Roches Massabielle, Marie Massot Bordenave

 

I. On comptait par centaines les cures miraculeuses. Il était impossible de tout vérifier. La Commission épiscopale en soumit trente à son enquête approfondie. Elle se montra d'une extrême sévérité dans cet examen, et elle n'admit le Surnaturel que lorsqu'il était absolument impossible de faire autrement. Peut-être D'est-il point superflu de raconter ici de quelles précautions minutieuses s'entourait la Commission instituée par l'Évêque. Il y avait, dans la délicate étude à laquelle elle se livrait, deux parts bien distinctes: les faits eux-mêmes et leurs circonstances relevaient du témoignage humain; l'examen du caractère naturel ou surnaturel de ces faits devait, en grande partie, du moins, de la médecine. La méthode du tribunal d'enquête s'inspira de cette double pensée. Parcourant les diocèses de Tarbes, d'Auch et de Bayonne, la Commission appelait devant elle ceux qu'on lui signalait comme ayant été l'objet de ces guérisons singulières. Elle les interrogeait avec un soin minutieux sur tous les détails de leur maladie et de leur retour, subit ou graduel, à la santé. Elle leur faisait poser, par les hommes de la science humaine, des questions techniques auxquelles les théologiens n'eussent peut-être pas pensé. Elle convoquait, pour contrôler ces déclarations, les parents, les amis, les voisins, tous les témoins des diverses phases de l'événement, ceux qui avaient vu le malade, ceux qui avaient assisté à la guérison, etc., etc.

Une fois parvenue de la sorte à une certitude absolue de l'ensemble et du détail des faits, elle en soumettait l'appréciation à deux médecins éminents et autorisés qu'elle s'était adjoints. Ces médecins étaient M. le docteur Vergés, médecin des eaux de Barèges, professeur agrégé de la Faculté de Montpellier, et M. le docteur Dozous, qui avait déjà étudié pour son propre compte plusieurs de ces étranges incidents. Chaque médecin consignait dans un rapport à part son appréciation sur la nature de la guérison: tantôt repoussant le miracle pour attribuer à des causes naturelles la cessation de la maladie; tantôt déclarant le fait entièrement inexplicable autrement que par une action surnaturelle de la puissance divine; tantôt enfin ne concluant pas, et restant dans le douté, doute plus ou moins incliné vers Tune ou vers l'autre de ces solutions.

Sur ce double élément, la pleine connaissance des faits d'un côté, et les conclusions de la science de l'autre, la Commission délibérait et proposait son jugement à l'Évêque avec toutes les pièces du procès. La Commission n'avait et ne pouvait avoir d'opinion préconçue. Croyant en principe au Surnaturel, que l'on rencontre si souvent dans l'histoire du Monde, elle savait en même temps que rien ne tend à discréditer les vrais miracles venant de Dieu, comme les faux prodiges venant des hommes. Également éloignée, soit d'affirmer à l'avance, soit de nier prématurément, n'ayant aucun parti pris ni pour le Miracle ni contre lui, elle bornait sa tâche à examiner et ne cherchait que la Vérité. Faisant appel, pour s'éclairer sur les divers faits qu'elle étudiait, à toutes les lumières, à tous les renseignements à tous les témoignages, elle agissait publiquement. Elle était ouverte aux incroyants comme à ceux qui croyaient. Énergiquement résolue à écarter avec la plus impitoyable sévérité tout ce qui était vague et incertain, et à n'accepter que les faits précis, assurés, incontestables, elle refusait toute déclaration basée sur des on-dit et sur de vaines rumeurs. A tout témoin se présentant devant elle, elle imposait deux conditions: la première, de ne déposer que ce qu'il savait personnellement, que de ce qu'il avait vu de ses yeux; la seconde, de s'engager à dire toute la vérité et la vérité seule par la solennelle formalité du serment.

Avec de telles précautions, avec une organisation si prudente et si sage, il était impossible à de faux miracles de parvenir à tromper, même un instant, le jugement de la Commission. Cela était impossible surtout, au milieu de tant d'esprits hostiles soulevés contre le Surnaturel et intéressés à combattre et à renverser toute erreur, toute assertion douteuse, tout fait miraculeux mal démontré. Donc, si de vrais miracles, incomplètement constatés devaient de la sorte échapper indubitablement à la sanction de la Commission d'enquête, il était du moins absolument certain qu'aucun prestige menteur ne pourrait tenir devant la sévérité de son examen et prendre place, dans sa pensée, parmi les faits admirables de l'ordre surnaturel et divin. Quiconque avait, pour contester tel ou tel miracle, non de vagues théories générales, mais des articulations précises et une connaissance personnelle des faits, était publiquement mis en demeure du se présenter. Ne point le faire, c'était passer condamnation et avouer qu'on n'avait rien de formel et de particulier à alléguer et aucune contre-preuve à fournir. L'abstention avait ce sens évident et cette haute portée. Ce n'est pas quand ils sont échauffés par la passion et par l'ardeur d'une longue lutte que les partis se laissent condamner par défaut. Refuser le combat, c'est accepter la défaite. Sur les trente guérisons extraordinaires que la Commission examina, six lui parurent susceptibles d'une explication naturelle, neuf très-probablement surnaturelles, mais pouvant, a la rigueur, être produites jar quelque force inconnue de la Nature. Quinze furent déclarées absolument miraculeuses et entièrement impossibles sans une intervention directe de Dieu. Plusieurs ont trouvé place dans ce récit.

II. La Médecine, consultée, n'était point, après le mûr et consciencieux examen de ces guérisons extraordinaires, moins décisive dans son affirmation que la commission instituée par l'Évêque. « Tous ces événements, disait le, Rapport médical, sont tout à fait en dehors de l'ordre habituel de la nature ». Devant tant de faits éclatants, si soigneusement et si publiquement avérés, en présence de l'enquête si consciencieuse, si complète, si approfondie de la Commission, en regard des déclarations et des conclusions si formelles de la Chimie et de la Médecine réunies, l'Évêque ne pouvait qu'être convaincu. Il le fut pleinement. Toutefois, par suite de cet esprit de prudence extrême que nous avons eu plusieurs fois l'occasion de remarquer dans le courant de ce récit, Mgr Laurence, avant de prononcer solennellement le verdict épiscopal sur cette grande question, demanda une sanction nouvelle à ces guérisons miraculeuses: la sanction du temps. Il laissa s'écouler trois années. Une seconde enquête fut faite alors. Les guérisons que nous avons signalées plus haut comme surnaturelles subsistaient. Nul ne vint ni retirer son premier témoignage, ni contester les faits. Les œuvres de Celui qui règne dans l'éternité n'ont rien à craindre de l'épreuve du temps. Ce fut après cette surabondante série de démonstrations, de preuves et de certitudes que Mgr Laurence rendit enfin le jugement qu'on attendait de lui. Après avoir exposé sommairement dans un mandement solennel les événements que nous venons de raconter en détail il prononçait en ces termes:

« A ces causes, la Sainte Mère de Dieu invoquée, nous fondant sur les règles sagement tracées par Benoît XIV, dans son ouvrage de la Béatification et la Canonisation des saints pour le discernement des Apparitions vraies ou fausses; vu le rapport favorable qui nous a été présenté par la Commission chargée d'informer sur l'Apparition à la Grotte de Lourdes et sur les faits qui s'y rattachent; vu le témoignage écrit des docteurs médecins que nous avons consultés au sujet de nombreuses guérisons obtenues à la suite de l'emploi de l'eau de la Grotte; considérant d'abord que le fait de l'Apparition envisage, soit dans la jeune fille qui l'a rapporté, soit surtout dans les effets extraordinaires qu'il a produits, ne saurait être expliqué que par l'intermédiaire d'une cause surnaturelle; considérant en second lieu que cette cause ne peut être que divine, puisque les effets produits étant, les uns, des signes sensibles de la grâce, comme la conversion des pécheurs, les autres, des dérogations aux lois de la nature, comme les guérisons miraculeuses, ne peuvent être rapportés qu'à l'Auteur de la grâce et au Maître de la nature; considérant enfin que notre conviction est fortifiée par le concours immense et spontané des fidèles à la Grotte, concours qui n'a point cessé depuis les premières Apparitions, et dont le but est de demander des faveurs ou de rendre grâces pour celles déjà obtenues; pour répondre à la légitime impatience de notre Vénérable Chapitre, du clergé, des laïques de notre diocèse, et de tant d'âmes pieuses qui réclament depuis longtemps de l'Autorité ecclésiastique une décision que des motifs de prudence nous ont fait retarder; voulant aussi satisfaire aux vœux de plusieurs de nos collègues dans l'Épiscopat et d'un grand nombre de personnages distingués, étrangers au diocèse; après avoir invoqué les lumières du Saint-Esprit et l'assistance de la Très-Sainte Vierge, avons déclaré et déclarons ce qui suit : Art. 1er. Nous jugeons que I'Immaculée Marie, Mère de Dieu, a réellement apparu a Bernadette Soubirous, le 11 février 1858 et jours suivants, au nombre de dix- huit fois, dans la Grotte de Massabielle, près de la ville de Lourdes; que cette Apparition revêt tous les caractères de la vérité, et que les fidèles sont fondés à la croire certaine. Nous soumettons humblement notre jugement au jugement du Souverain Pontife, qui est chargé de gouverner l'Église universelle. Art. 2. Nous autorisons dans notre diocèse le culte de Notre-Dame de la Grotte de Lourdes. Art. 3. Pour nous conformera la volonté de la sainte Vierge, plusieurs fois exprimée lors de l'Apparition, nous nous proposons de bâtir un sanctuaire sur le terrain de la Grotte, qui est devenu la propriété des Évêques de Tarbes. Donné à Tarbes, dans notre palais épiscopal, sous notre seing, notre sceau et le contre-seing de notre secrétaire, le 18 janvier 1862, fête de la Chaire de Saint-Pierre à Rome. + Bertrand-Sre, Évêque de Tarbes. Par Mandement, Fourcade, chanoine, secrétaire ».

III. Au nom de l'évêché, c'est-à-dire au nom de l'Eglise, Mgr Laurence acheta à la ville de Lourdes la Grotte, le terrain qui l'entoure et le groupe entier des Roches Massabielle. M. Anselme était toujours maire. Ce fut lui qui proposa au conseil municipal de céder à l'Eglise, Épouse du Christ, ces lieux à jamais sacrés où était apparue la Mère de Dieu. Ce fut lui qui en signa la vente définitive. M. le ministre Gustave R. autorisa cette vente et autorisa aussi la construction d'une église en mémoire éternelle des Apparitions de la très-sainte Vierge à Bernadette Soubirous, en mémoire du jaillissement de la Source et des miracles sans nombre qui s'étaient accomplis pour attester la réalité des visions divines. Tandis que le vaste temple dédié à l'Immaculée Conception sur les roches abruptes de Massabielle s'élevait pierre à pierre au-dessus de ses fondations, Notre-Dame de Lourdes continuait de répandre sur les hommes des miracles et des bienfaits. A Paris, à Bordeaux, en Périgord, en Bretagne, en Anjou, au milieu des campagnes, au sein des villes populeuses, on invoquait Notre-Dame de Lourdes, qui répondait par des signes irrécusables de sa puissance et de sa bonté.

IV. La sœur d'un notaire de Tarbes, la demoiselle Jeanne-Marie Massot-Bordenave, était demeurée, à la suite d'une longue et sérieuse maladie, presque entièrement percluse des pieds et des mains. Elle ne marchait qu'avec d'extrêmes difficultés. Quant à ses mains, habituellement gonflées, violacées, endolories, elles lui refusaient à peu près tout service. Ses doigts, recourbés et roidis, ne pouvaient se redresser et étaient en proie à une complète paralysie. Étant allée voir son frère à Tarbes, elle retournait chez elle, à Arras, dans le canton d'Aucun. Elle était seule dans l'intérieur de la diligence. Une gourde de vin que son frère lui avait donnée étant venue à se déboucher, et à se renverser, elle ne put ni la relever, ni la reboucher tant était absolue l'infirmité de ses doigts. Lourdes était sur sa route. Elle s'y arrêta et se rendit à la Grotte. A peine eut-elle plongé ses mains dans l'eau miraculeuse qu'elle les sentit revenir 'instantanément à la vie. Les doigts s'étaient redressés et avaient retrouvé soudainement leur flexibilité et leur force. Heureuse, au delà peut-être de son espérance, elle plonge ses pieds dans l'eau miraculeuse, et ses pieds guérissent comme ses mains. Elle tombe à genoux. Que dit-elle à la Vierge? Comment la remercia-t-elle? De telles prières, de tels élans de reconnaissance se devinent et ne s'écrivent pas. Puis elle remit ses chaussures et, d'un pas assuré, reprit le chemin de la ville.

Dans la même direction marchait une jeune fille qui revenait du bois et qui portait sur sa tête un énorme fagot. Il faisait chaud, et cette pauvre petite paysanne était couverte de sueur. Épuisée de fatigue, elle s'était assise sur une pierre, au bord de la route, en déposant à ses pieds son fardeau, trop lourd pour sa faiblesse. En ce moment Jeanne-Marie Massot passait devant elle, retournant, alerte et radieuse, de la Source divine. Une bonne pensée lui descendit au cœur. Elle s'approcha de la jeune fille. « Mon enfant, lui dit-elle, le Seigneur vient de m'accorder une insigne faveur. Il m'a guérie: il m'a enlevé mon fardeau. Et à mon tour je veux t'aider et te soulager ». Et, ce disant, Marie Massot prit, de ses mains rendues à la vie, le lourd fagot jeté à terre, le posa sur sa tête, et rentra ainsi dans Lourdes d'où, moins d'une heure auparavant, elle était sortie infirme et paralysée. Les prémices de ses forces retrouvées avaient eu un noble emploi, elles avaient été consacrées à la charité. « Ce que Dieu nous donne gratuitement, donnez-le vous-même gratuitement », dit quelque part un texte des Saintes Lettres. Une femme déjà âgée, Marie Gapdeville, du bourg de Livron, dans les environs de Lourdes, avait également été guérie d'une surdité des plus graves, qui commençait à être invétérée. « Il me semble, disait-elle, être dans un autre monde, lorsque j'écoute les cloches de l'Eglise que je n'avais pas entendues depuis trois ans ». Racontons encore avant de clore ce récit et de présenter le tableau de ce qui existe aujourd'hui, deux de ces divines histoires. Dans la vie de l'auteur de ce livre, la première forme un épisode qui ne s'effacera jamais de son souvenir. Nous lirons demain cet épisode, tel que M, Henri Lasserre l'écrivit il y a bientôt sept ans.

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Prière pour demander la vertu de Charité

 

Notre-Dame de Lourdes, priez pour nous.

 

Notre-Dame de Lourdes, qui avez guéri la chrétienne compatissante dont nous venons d'entendre l'histoire, obtenez nous la Charité, l'ardente Charité qui nous retire de notre égoïsme, pour nous faire ressentir les douleurs et les cris du prochain, aussi vivement que nous ressentons nous-mêmes nos peines personnelles, ou nos félicités. Réchauffez nos cœurs de cette vertu véritablement divine qui nous fait vivre non-seulement de notre existence propre, mais de la vie même de tout ce qui existe, qui bous rend un avec tous nos frères, qui nous rend un avec Dieu lui-même. Notre-Dame de Lourdes, thaumaturge toute-puissante, guérissez nos yeux, volontairement si aveugles aux infortunes du prochain; nos oreilles, si dures et si sourdes à ses plaintes notre langue, si muette pour le consoler dans ses peines; nos mains, si cruellement paralysées quand il s'agit de les ouvrir pour secourir l'indigent: guérissez toute notre nature, si active pour l'égoïsme et si infirme pour la charité. Obtenez-nous d'accomplir ce commandement si doux, et pourtant si mal obéi, le nous aimer les uns les autres, comme les enfants d'un même Père qui est Dieu et d'une même Mère qui est Vous. Donnez-nous un cœur nouveau, le cœur de Jésus et de Marie; et en faisant, en place de la haine, descendre en ce monde la Charité, renouvelez, Épouse du Saint-Esprit, la face même de la terre. Notre-Dame de Lourdes, priez pour nous. Ainsi soit-il.

 

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