Le Mois du Sacré Cœur de Jésus

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Trente-deuxième jour

Comment tout peut servir à nous faire penser continuellement à ce divin Sauveur

 

Voix de Jésus

 

« Ce n'est point assez de t'avoir enseigné, ô mon fils, à t'unir à Moi dans toutes tes actions; Je veux t'enseigner encore à Me voir en tout et partout, afin que ton cœur soit désormais inséparable du Mien, comme les yeux de Ma Providence sont toujours ouverts sur ta faiblesse et ta misère; comme les yeux de Mon Amour restent toujours fixés sur ton âme, qui M'a été plus chère que la vie. O mon tendre fils, si tu M'aimais, tu saurais te faire de toutes les créatures comme autant de pieux symboles sous lesquels tu verrais Jésus et Son amabilité ravissante: dans l'immensité des Cieux, tu admirerais l'infinité de Mes perfections; dans l'astre majestueux du jour, tu contemplerais Ma Grandeur et Ma Gloire; l'élément du Feu te représenterait l'ardeur de Ma Charité; le pain qui te nourrit te rappellerait cet Aliment Divin que je daignai te léguer à la dernière Cène; les divers objets qui servent à tes plaisirs innocents ou à tes besoins, te diraient les douces attentions de Ma Providence, et dans tout ce qui a saveur, parfum, éclat, beauté, tu retrouverais la suavité, la bonne odeur de Jésus les doux charmes de sa beauté ineffable. Si tu M'aimais, comme ton âme s'élèverait au-dessus de tout ce qui vient frapper tes regards dans le culte de Mon Église! Ces Autels, dirais-tu, ces vases sacrés, ces ornements servent au renouvellement perpétuel du miracle le plus étonnant de l'Amour d'un Dieu pour les hommes. Qu'il est auguste ce temple ! que ce sanctuaire est vénérable ! C'est là que Mon Jésus daigne s'offrir pour moi tous les jours; là qu'Il daigne me nourrir de Sa propre Substance; là qu'Il daigne résider sans cesse et attendre ma visite, ne demandant qu'à répandre sur moi les effusions de Sa Miséricorde et de Son Amour. C'est ici que l'enfant de colère devient, par le baptême, enfant du Père céleste; que le pécheur s'humiliant aux pieds du prêtre, entend prononcer l'heureuse sentence de son absolution; que Jésus me parle et m'instruit par la bouche des prédicateurs de Son Évangile. Si tu M'aimais, à la rencontre du moindre de Mes Disciple, tu verrais en lui Mon image, et tu te souviendrais de cette parole de ton Sauveur: Ce que vous faites au plus petit de ceux qui croient en moi, c'est à Moi-même que vous le faites. Dans tes supérieurs, tu Me reconnaîtrais comme ton Père; dans tes égaux, comme ton Ami et ton Frère; dans les ministres de Mon Sanctuaire, comme ton Docteur et Ton Pasteur. A la vue des pauvres, tu te rappellerais Mon indigence volontaire; à la vue des malades et des infirmes, les souffrances de Ma Passion; à la vue de tous ceux qui sont dans l'infortune, les peines innombrables dont fut tissue Ma Vie mortelle. Ainsi tu profiterais de tout pour penser constamment à ton Jésus, et pour croître de plus en plus dans Son Amour ».

 

Réflexion

 

Heureux, trois fois heureux le cœur qui aime assez pour éprouver le besoin de voir en tout et partout l'image du divin Jésus, et qui, pour atteindre à cette perfection, fait servir tout ce qui frappe ses sens à lui en rappeler le tendre souvenir! Si je m'étais aidé de ce moyen toujours facile et qui est toujours à ma portée, que j'aurais fait de progrès dans la douce voie de l'amour! Non, je n'ai pas besoin de monter au ciel pour y trouver celui que mon cœur doit chérir uniquement; je n'ai pas besoin de passer au delà des mers: il est près de moi. Que dis-je ? il est en moi-même: oui, tout en moi doit me rappeler Jésus et ses admirables bienfaits: cette langue sur laquelle tant de fois a reposé son corps adorable, ce cœur qui si souvent lui a servi de trône et de sanctuaire après la communion; tout mon être qui a été, en quelque sorte, identifié avec ce doux Sauveur? Ne puis-je pas, ne dois-je pas me dire, suivant la pensée de saint Paul, que mes membres sont devenus ses membres, qu'il demeure en moi et moi en lui? Dès lors, ne dois-je pas vivre comme en la présence continuelle et sensible de cet hôte divin si aimant, si aimable, et malheureusement si peu aimé?

 

Pratique

 

1° Ne passez jamais près d'une église où repose le très-saint Sacrement, et n'y portez jamais, même de loin, vos regards, sans un pieux sentiment d'amour. 2° Que la vue d'un prêtre vous rappelle toujours le bien immense que Jésus vous fait par son auguste ministère, et les merveilleux pouvoirs qu'il lui a conférés en votre faveur.

 

De quelle manière Armelle Nicolas profitait de tout pour s'élever à Dieu

 

« Quand j'apercevais, disait cette pieuse amante de Jésus, un de ces animaux qui sont le symbole de la fidélité, qui ne quittent jamais leur maître, qui s'attachent à tous ses pas, qui, pour un morceau de pain, lui font mille caresses, oh! que cette vue m'était une puissante leçon d'agir de même envers mon Dieu, qui par tant de biens m'avait liée et attachée à son service? Quand je considérais, dans les champs, ces petits agneaux si doux, qui se laissent paisiblement conduire à la boucherie, je me représentais mon Sauveur, qui s'était ainsi laissé conduire à la mort sans dire un mot, et qui en cela m'apprenait à me rendre semblable à lui dans les rencontres difficiles à la nature. Si je voyais de petits poussins s'enfuir sous les ailes de leur mère, au même instant il me venait dans l'esprit que mon Jésus s'était comparé à cet oiseau domestique, afin de me donner confiance en lui, et de m'apprendre à me tenir cachée sous les ailes de sa providence, pour éviter la fureur du démon. En contemplant la beauté des prairies et des champs couverts de verdure et de fleurs, je disais en moi-même: « Mon bien-aimé est la fleur des champs et le lis « des vallées ». Je l'invitais à faire de mon âme le parterre de ses délices, et le conjurais de le « tenir si bien clos et scellé, qu'autre que lui n'y pût entrer jamais. A la vue des arbres pliant au gré des vents et de la mer qui ne franchissait jamais ses bornes: O Dieu! disais-je, que ne suis-je aussi docile aux mouvements et aux inspirations de votre divin esprit, pour ne passer jamais les bornes de vos adorables volontés? Le matin, quand d'une bluette de feu j'allumais un grand brasier, je disais : « O amour! si on vous laissait agir dans les âmes, que vous auriez bientôt fait de même! Si je voyais cultiver et ensemencer la terre, il me semblait voir mon Sauveur qui avait, dans tout le cours de sa vie, tant sué, peiné, travaillé pour cultiver les âmes, et y répandre la semence de sa doctrine céleste; et la pensée qu'il y avait si peu de terre qui portât de bons fruits, me causait des regrets inexprimables. Au temps des récoltes, quand je voyais le bon grain séparé de la paille, je me disais qu'autant il en serait fait au jour du jugement des bons et des mauvais. Enfin il n'y avait créature au monde qui ne me servit d'instruction, et ne m'inspirât toujours quelque pieux sentiment. C'est pourquoi je disais souvent à Dieu: « O mon amour! que vous avez su admirablement suppléer à mon ignorance ! je ne sais pas même lire; mais, par votre grâce, toutes choses m'instruisent si bien, qu'il me suffit de les voir pour sentir combien vous êtes aimable, et en prendre sujet de penser toujours à vous! » (Vie des Justes dans les humbles conditions de la société, par l'abbé Carron).

 

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