Le Mois de Saint Joseph

Legs pieux de ce glorieux Patriarche à ses enfants

136_001

Vingt-deuxième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant je vous laisse l'amour du silence ».

 

Le silence est un des moyens les plus efficaces de faire des progrès dans la vie spirituelle. Il dispose à l'oraison, nourrit les sentiments de piété, alimente les ardeurs de la charité, facilite la pratique de l'humilité, enfin, il unit l'âme pieuse à Dieu, qui la conduit dans la solitude pour lui parler au cœur et s'entretenir familièrement avec elle. Si j'ai élevé si haut l'édifice de ma perfection, c'est parce que j'ai toujours vécu dans une grande solitude intérieure. Quoique parfaitement instruit des mystères de Dieu, je n'ai jamais communiqué aux autres les secrets divins qui m'avaient été confiés. J'écoutais en silence les Bergers et les Mages qui venaient adorer le Sauveur, et qui s'entretenaient des prodiges qui avaient accompagné sa naissance ; et cependant que de choses admirables j'aurais pu leur dire sur les grandeurs futures de ce Divin Enfant, que l'Ange m'avait révélées ! J'écoutais dans le temple, avec respect, le saint vieillard Siméon, comme s'il m'eût découvert des mystères que j'eusse jusque-là ignorés. Ne vous contentez pas, mon enfant, de pratiquer le silence extérieur, mais soyez fidèle encore à faire taire votre esprit rempli de préoccupations terrestres, et à supprimer une multitude de vaines réflexions qui agitent et dissipent votre âme.

Pratique : Gardez le silence intérieur, évitant avec soin les pensées inutiles.

 

189_001

Vingt-troisième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant, je vous laisse ma fidélité à l'oraison ».

 

L'oraison est une élévation de l'esprit vers Dieu, un entretien familier de l'âme avec son Créateur, dans lequel elle rend à sa divine Majesté ses hommages et ses devoirs. Il n'y a point de langue qui puisse jamais assez exprimer de quel prix est cette communication de l'homme avec Dieu. L'oraison est incompatible avec le péché. C'est à la fidélité à ce saint exercice que je dois d'avoir correspondu à toutes les grâces du ciel. Je ne perdais jamais de vue Jésus-Christ ; je recueillais toutes ses paroles, toutes ses leçons, et je m'en nourrissais intérieurement ; j'admirais les prodiges de son humilité, son amour de la vie cachée, son obéissance aveugle aux ordres d'un pauvre ouvrier. Les prophéties me fournissaient la connaissance des mystères qui n'étaient pas encore accomplis. Voilà mon enfant, quel doit être le sujet ordinaire de vos oraisons et de vos occupations intérieures. Jésus est votre Pain super substantiel, votre pain de tous les jours, le pain de vie qui doit communiquer à votre âme l'immortalité. Il ne le faut jamais quitter, et si vous prenez quelquefois d'autre nourriture, il faut toujours revenir à celle-ci. La méditation des perfections et des souffrances de Jésus-Christ, est comme le fondement de tout l'édifice spirituel: elle vous remplira de ses lumières et de ses maximes.

Pratique: soyez fidèles à faire tous les jours un quart d'heure de méditation, ou du moins à remplir vos devoirs en esprit d'oraison.

 

241_001

Vingt-quatrième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant, je vous laisse ma fidélité à me tenir en la présence de Dieu ».

 

Par un insigne privilège, dès cette vie, il m'était donné de goûter la félicité des esprits qui voient sans interruption la Face de Dieu. Si je parlais, si je conversais, c'était toujours avec Jésus et uniquement des choses qui intéressaient la gloire du Très-Haut. Je partageais tous mes repas avec mon divin Fils, assis à mes côtés, comme il est dans le ciel assis à la droite de son Père. Et pendant que je lui donnais le pain matériel gagné à la sueur de mon front, Jésus nourrissait mon âme de sa divine Parole, enflammait mon cœur des ardeurs de sa charité. Si je travaillais, c'était toujours avec Jésus et pour Jésus. Quand je voyageais, c'était dans la compagnie de Jésus, que je portais sur mes bras dans son enfance ou que je tenais par la main pendant son adolescence. Lorsque je me livrais au sommeil afin de réparer mes forces, c'était à côté de Jésus, dont le cœur ne dort jamais, et qui veillait avec amour sur son bien-aimé Père. Le matin, mon premier regard, mon premier amour était pour Jésus qui venait me saluer avec une respectueuse tendresse. Enfin, c'est dans le sein de Jésus que j'ai rendu mon dernier soupir. Mon enfant, de tous les moyens de vous tenir en la présence de Dieu, le plus efficace, c'est d'avoir la Vie de Jésus-Christ, ses mystères et ses Paroles dans votre esprit et dans votre cœur, recevant une lumière de son visage.

Pratique : Ayez votre cœur en Dieu et Dieu dans Votre cœur ; pensant souvent à Lui.

 

245_001

Vingt-cinquième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant, je vous laisse ma Charité envers le prochain ».

 

L'amour naturel, fondé sur la chair et le sang, ou sur des considérations d'intérêt et de plaisir, est aussi ancien que le monde. Mais l'amour dont Jésus veut que vous aimiez votre prochain est un amour nouveau, surnaturel, qui vous fait aimer vos frères en Dieu et pour Dieu même. Voyant tout ce que la Charité de Jésus avait fait, tout ce qu'elle préparait afin de sauver. les hommes, mon cœur, à son exemple était embrasé d'amour pour eux. Après avoir si souvent, pendant ma vie, entendu le Sauveur manifester l'ardent désir qui le brûlait de donner pour chacun de nous jusqu'à la dernière goutte de son sang, comment aurais-je pu demeurer insensible aux besoins de mon prochain ? Rien mon enfant, n'est plus recommandé dans la Sainte Écriture que cette Charité fraternelle. Et il ne suffit point que cette Charité reste renfermée dans le cœur; il faut quelle se prouve par des œuvres en vérité. Vous ne pouvez aimer Dieu sans aimer le prochain, et vous ne pouvez offenser le prochain sans offenser Dieu. Songez que tous les hommes ne sont que les membres d'un seul corps qui est Jésus-Christ.

Pratique : Faites plusieurs fois pendant la journée, des actes de Charité, en pensant aux personnes que vous aimez le moins.

 

256_001 (2)

Vingt-sixième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant, je vous laisse mon humilité ».

 

L'humilité est le fondement de la perfection ; elle est comme la pierre angulaire sur laquelle repose tout votre édifice spirituel. De toutes les faveurs que le Seigneur m'a accordées, la connaissance et le mépris de moi-même est la plus précieuse : de cette vertu comme d'une source pure et féconde, ont découlé dans mon âme une infinité d'autres. C'est parce que je me suis abaissé, anéanti à mes propres désirs, que le Verbe Divin m'a choisi pour son père nourricier et pour son gardien, que le Seigneur m'a donné pour époux à Marie, la plus humble de toutes les créatures. Les exemples du Sauveur me donnaient des lumières extraordinaires sur la grandeur de Dieu et sur le néant de la créature ; ils me communiquaient sur l'humilité des vues que je ne pouvais avoir auparavant; ils m'enseignaient que, si la majesté divine ne peut-être dignement honorée que par les humiliations d'un Dieu fait homme, tous nos hommages ne sont rien devant lui, et ne sauraient mériter par eux-mêmes que le Seigneur les reçoive. Éclairé des plus pures lumières de la Foi, faites toujours, mon enfant, plus de cas du moindre acte de vertu que de tous les dons célestes, parce que ce ne sont pas ces dons, mais les vertus, dont l'existence coûte à la nature, qui glorifient Dieu et vous sanctifient.

Pratique : Répétez plusieurs fois cette invocation en union avec Saint Joseph : « Jésus doux et humble de Cœur, rendez-moi semblable à Vous ».

 

336_001

Vingt-septième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant, je vous laisse ma conformité à la Volonté de Dieu ».

 

Le grand secret pour être saint et heureux sur la terre, c'est de se conformer entièrement à la volonté de Dieu. Il n'y a rien de plus élevé et de plus parfait dans les vertus que la Charité. Et ce qu'il y a de plus sublime, de plus pur et de plus exquis dans, cet amour, c'est de n'avoir en toute chose d'autre volonté que celle de Dieu. Toute la conduite du divin Sauveur pendant le cours de sa vie mortelle, a été l'application de ces belles paroles sorties de sa bouche divine : « Qu'il soit fait. Seigneur, non pas comme je veux, mais comme Vous voulez ». « Je suis descendu du Ciel, non pour faire ma volonté, mais pour faire la volonté de Celui qui m'a envoyé ». Voilà pourquoi, à l'exemple du divin Maître, dans les divers événements qui ont traversé ma vie, je voyais le doigt de Dieu qui conduit et dispose tout pour notre plus grand bien. Ne trouvant nulle part l'hospitalité à Bethléem, au lieu de murmurer, je disais, en union avec Marie et le Verbe incarné qu'elle portait dans son sein : « Mon Dieu, que Votre Volonté soit faite! » Plus tard, j'ai demeuré huit ans en Égypte, au milieu d'un peuple barbare, sans me plaindre, sans me troubler, sans demander une seule fois au Seigneur d'abréger le temps de mon exil. Ne l'oubliez pas, mon enfant ; votre fidélité à pratiquer cette vertu vous obtiendra les plus grandes grâces ; car Dieu se plaît à combler de ses faveurs ceux qui n'ont d'autre volonté que la sienne.

Pratique : Répétez plusieurs fois, en union avec Joseph: « Mon Dieu, que Votre Volonté soit faite ! »

 

388_001

Vingt-huitième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant, je vous laisse l'esprit de Foi ».

 

La foi est en même temps un don et une vertu. Elle est un don de Dieu, en tant que c'est une lumière qu'il répand dans l'âme ; elle est une vertu, quant à l'exercice que l'âme en fait. La foi ne doit pas seulement vous servir de règle pour croire, mais encore pour agir; votre foi doit passer de l'esprit au cœur. C'est ainsi que je ne me bornais pas à soumettre ma raison aux vérités de la Foi, mais qu'encore je réglais toute ma conduite sur ses divers enseignements, mettant tout mon bonheur à en pratiquer les œuvres. L'esprit de foi était la règle unique de mes jugements sur chaque chose, sur chaque personne, sur chaque événement ; jugements par là toujours équitables, toujours exempts d'erreur et de surprise. Prenez garde, mon enfant, de ne pas juger sur le rapport des sens et de l'imagination, sur ce que vous inspire l'intérêt de vos diverses passions, sur les jugements des hommes sans vertus et sans expérience. Accoutumez-vous à vous faire comme une espèce de conseil entre Dieu et vous ; lisez pour ainsi dire dans ses yeux et sur son visage ce qu'il juge et ce qu'il approuve : « De vultu tuo judicium meum prodeat ». Rien ne vous paraîtra important que ce qui regarde le Salut et l'éternité.

Pratique : Avant chaque action principale, demandez-vous, à l'exemple de Saint Louis de Gonzague : « Quid hoc ad aeternitatem ? A quoi cela me servira pour l'éternité ? »

 

450_001

Vingt-neuvième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant, je vous laisse ma correspondance à la grâce ».

 

Par la grâce de Jésus-Christ, l'homme devient participant de la nature divine. La gloire répond à la grâce. La grâce est une gloire commencée, et la gloire est une grâce consommée. En vue de Marie, dont je devais être le gardien et l'époux, et du Verbe incarné à qui je devais servir de père, j'ai été comblé dès ma naissance des faveurs les plus signalées, par l'adorable Trinité. Si j'ai fait de si admirables progrès dans la voie parfaite, c'est parce que j'ai été fidèle aux premières grâces que le Seigneur m'a accordées, cette correspondance à toutes les inspirations de l'Esprit-Saint, à tous les bons mouvements, m'a obtenu de nouvelles grâces plus grandes que les précédentes. C'est ainsi que Dieu peut toujours accroître indéfiniment la perfection de son ouvrage, car plus il s'élève, plus il le remplit, plus il l'agrandit : c'est un océan dont les flots creusent le lit et reculent les rives en les remplissant. Ah ! Ne l'oubliez jamais, mon enfant, chaque augmentation de grâce, quelque petite qu'elle soit, aura une grande influence sur votre bonheur éternel. Par votre fidélité à cette grâce, vous mériterez de connaître et d'aimer Dieu plus parfaitement ; vous embrasserez jésus plus étroitement ; vous serez plus près de Marie dans le Ciel.

Pratique : Examinez-vous sérieusement devant Dieu sur votre correspondance à la Grâce.

 

688_001

Trentième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant Je vous laisse la joie de l'âme ».

 

Une douce paix, une sainte joie régnait dans mon cœur. La conscience toujours pure, toujours en repos, répandait sur toute mon existence une félicité à laquelle rien ne saurait être comparé et jamais, même dans les épreuves les plus délicates et les plus difficiles, je ne laissais, la mauvaise tristesse troubler mon âme. Mon enfant, si vous êtes fidèle à la grâce vous vivrez dans l'allégresse ; car « la lumière est faite pour le juste, et la joie pour ceux qui ont le cœur droit et pur ». La sainte joie des enfants de Dieu est non-seulement un effet, mais elle est encore une grande marque de la grâce. Quand range Raphaël salua Tobie, il ne lui dit rien autre chose que ces mots : « Que la joie soit toujours avec vous ». Je vous fait le même souhait, mon enfant, car Dieu est un bon Maître, qui ne peut pas être servi avec chagrin et répugnance, mais avec bonne volonté et affection. Ne le servez donc pas comme un esclave sert un tyran ; mais ayez pour lui les sentiments d'un bon fils pour le meilleur des pères. Par là, vous honorerez Dieu, vous édifierez le prochain, vous ferez estimer la vertu, vous donnerez à vos œuvres plus de mérite et de perfection. Enfin, mon fils bien-aimé, vous vous rendrez la persévérance plus facile, et vous arriverez d'un pas ferme et plus généreux à la bienheureuse patrie.

Pratique : A l'exemple de Saint Joseph, soyez fidèle aux inspirations célestes afin d'avoir la paix de l'âme.

 

702_001

Trente-et-unième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant, je vous laisse mon espérance ».

 

Ma confiance s'augmentait et se fortifiait à proportion des grâces que j'avais reçues de la bonté divine. Mon espérance reposait sur les mérites infinis de Jésus-Christ, que je nourrissais du fruit de mes labeurs, et sur ma piété envers Marie toute-puissante auprès de Dieu. Aussi, au milieu des plus rudes épreuves et dans les plus grands dangers, jamais la défiance n'a pénétré dans mon cœur, et la pensée du Ciel me consolait de tous les mécomptes de la terre. Destiné à un bonheur infini, votre cœur, mon enfant, ne peut trouver de paix et de véritable contentement que dans la possession et la jouissance de Dieu, qui est le principe et le terme de tous les biens, la plénitude de la vie et le repos éternel des bienheureux. Mais n'oubliez pas que pour posséder cette gloire, il ne suffit pas de la désirer et de l'espérer, il faut encore accomplir fidèlement la volonté du Père céleste. Il n'y a, vous le savez, que ceux qui seront trouvés conformes à Jésus-Christ qui partageront la gloire infinie qu'il a méritée par ses souffrances. Voulez-vous assurer votre persévérance finale, appliquez-vous constamment à imiter Jésus, en demandant avec confiance à Marie cette grâce, marque assurée de votre prédestination.

Pratique : Au milieu de vos épreuves, à l'exemple de saint Joseph, levez les yeux vers le Ciel, où Dieu essuiera toute larme.

 

Ce Mois de Saint Joseph, du R.P. Huguet a été publié à Montréal, chez J.B. Rolland et fils, Libraires-Editeurs, en 1880.

 

Téléchargez le texte de ces méditations (pdf) en cliquant ici

Téléchargez l'intégralité des méditations du Mois de Saint Joseph (pdf) en cliquant ici

 

215_001

Fin du mois de Saint Joseph

 

Prochain Mois de Dévotion, le Mois de Marie de la Médaille Miraculeuse, rendez-vous le 30 avril.