29 avril 2013

Les Treize Mardis de Saint Antoine de Padoue 7/13

Les Treize Mardis de Saint Antoine de Padoue

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Septième Mardi

Apostolat en France

 

Nous avons vu que Saint François d'Assise, après avoir appris du Provincial de Bologne l'effet produit par l'improvisation du Frère Antoine à Forli, avait voulu que cette lumière de son ordre fût mise au grand jour pour le bien des âmes et l'honneur de l'Église. Antoine fut donc envoyé à Montpellier pour y enseigner la théologie et se livrer à la prédication. Ce fut dans cette ville qu'eut lieu le miracle qui a fait choisir Saint Antoine comme le patron des choses perdues.

Pour être utile à ses pieux disciples, pour faire pénétrer profondément dans les âmes les enseignements des Saintes Écritures, le maître zélé avait composé le commentaire des Psaumes. Or, il advint qu'un novice, peu disposé et peu porté à la vie cénobitique, songea à quitter le Couvent. Avant de partir, pendant la nuit, il déroba à son maître ce manuscrit auquel celui-ci paraissait attacher un grand prix. Cela fait, il disparut furtivement. Dès le matin, Antoine s'aperçut que son livre lui avait été enlevé, et il se mit en prières, plein de confiance en Dieu. Quelques heures après, le novice rentrait repentant et remettait à Antoine son manuscrit. Dieu voulait montrer ainsi, d'une manière éclatante, que son saint serviteur, qui avait ressenti la peine d'avoir perdu un objet qui lui était utile, serait heureux de répondre à l'appel de ceux qui se trouveraient dans le même cas. Et le peuple chrétien l'a compris, et depuis de longs siècles, il a toujours demandé à saint Antoine de lui rendre les objets perdus. Les preuves surabondent, et les Bollandistes citent des faits nombreux de faveurs de cette nature obtenues par une prière adressée à saint Antoine.

En 1225, c'est à Toulouse que notre Saint fut envoyé par le chapitre général. Cette ville, où l'hérésie albigeoise, grâce à la complicité de ses comtes, avait pu se développer à l'aise, cette ville, qui avait été un foyer d'erreur et un fléau pour tout le Midi de la France, était loin d'être guérie ou d'être revenue à la vérité, au moment où Saint Antoine entra dans ses murs. Les hérétiques étaient nombreux ; mais notre Saint, animé de l'Esprit de Dieu, se trouva heureux d'avoir à travailler ce champ désolé du Père de famille. Il multiplia ses prières et ses mortifications, et en même temps il battit sans cesse en brèche l'hérésie, il fit entendre sa voix d'apôtre dans ses nombreuses prédications ou dans ses conférences. Son zèle produisit des fruits merveilleux et arracha un grand nombre d'âmes à l'erreur albigeoise, et par conséquent à l'enfer.

Un jour, notre Saint, obéissant à l'inspiration de Dieu, démontra par un miracle la vérité, la réalité de la présence de Notre Seigneur Jésus-Christ sous les voiles eucharistiques. « Je voudrais voir, disait un hérétique à Saint Antoine, dans une réunion publique, je voudrais voir pour croire. Montrez-moi, non par vos arguments qui s'adressent à l'intelligence, mais par un fait qui parle aux yeux, que Jésus-Christ, ainsi que vous le soutenez et l'affirmez, est réellement présent dans l'Eucharistie. Alors j'abandonnerai mes doctrines ».

Antoine, sachant bien que Dieu se sert des humbles pour faire éclater sa puissance et faire briller la vérité, sachant aussi qu'il pouvait tout en celui qui le fortifiait, accepta les conditions de l'hérétique. Trois jours après, sur la place publique, au milieu d'un immense concours d'hérétiques et de Catholiques, l'Albigeois amena une mule, de laquelle on avait soigneusement éloigné toute nourriture depuis le jour où Antoine avait accepté de prouver la présence réelle de Notre Seigneur. De son côté, Saint Antoine, modeste et recueilli, apparut portant dans ses mains le Dieu caché sous les espèces du Pain. A cette vue, le silence s'établit, et l'anxiété, qui rendait les bouches muettes, fut grande du côté des hérétiques, tandis que les catholiques priaient avec ferveur, demandant à Dieu d'intervenir dans ce débat solennel. L'hérétique offrit de l'avoine à la mule, qui était à jeun depuis trois jours ; elle refusa d'y toucher, tandis qu'Antoine rayonnant, portant dans son regard l'amour et la foi qui l'animaient, disait d'une voix forte : « Au nom de ton Créateur que je porte véritablement dans mes mains, je t'ordonne, ô bête privée de raison, de te prosterner devant Lui ». Aussitôt l'animal plia les genoux devant la Sainte Hostie et baissa la tête. L'hérétique fut convaincu et comme il l'avait promis, il se convertit. Beaucoup d'hérétiques suivirent son exemple.

Plusieurs historiens placent ce miracle à Bourges, mais nous croyons qu'il fut accompli à Toulouse. C'est le sentiment adopté par la plupart des historiens récents. Peut-être ce miracle a-t-il été accompli deux fois, à Toulouse d'abord, et à Bourges ensuite.

De Toulouse, Saint Antoine se rendit au Puy-en-Velay. Là, les courses furent longues, difficiles et périlleuses au milieu des montagnes où le Saint allait à la recherche des brebis égarées pour les ramener au bercail ; mais aussi là, les prédications, les exhortations, principalement dans la campagne, portèrent les plus heureux fruits et réconfortèrent le cœur de l'infatigable missionnaire.

Nous retrouvons ensuite Saint Antoine à Bourges où il fit entendre sa parole apostolique devant les Pères du Concile réuni en 1225. Un jour, prêchant dans les environs de la ville et en plein air, parce que l'enceinte de l'église était trop petite pour contenir la foule avide de l'entendre, tout à coup un orage effrayant se forma dans le ciel. Des éclairs sillonnaient la nue sombre, le tonnerre grondait et de larges gouttes de pluie commençaient à tomber. Antoine rassura son auditoire, adressa à Dieu une prière, et l'orage respecta la place occupée par ceux qui écoutaient la parole de Dieu. Partout ailleurs, autour de la ville, l'orage avait formé des torrents. Ce miracle est confirmé par les Bollandistes. Puis c'est à Limoges et dans tout le pays Limousin que nous suivons notre Saint, toujours prêchant, faisant des miracles et convertissant les pécheurs et les hérétiques.

Le voici enfin à Brive. « Ce fut dans un rocher proche de Brive que Dieu le guida, dit un de ses historiens, et c'est là qu'il se retira comme un solitaire doux, mortifié, humble, agissant. Si Saint Antoine quittait sa chère solitude, c'était pour aller à Brive visiter ses frères, chanter avec eux les louanges du Seigneur et pour les soulager dans leurs nécessités temporelles et spirituelles ».

Dans cette grotte, il n'avait d'autre lit, qu'un trou qu'il avait creusé lui-même dans le rocher. La Croix de son Divin Sauveur lui tenait lieu de tout. Il restait de longues heures et souvent des nuits entières dans le ravissement que lui causait la contemplation de la Bonté, de la Miséricorde et de l'Amour de Notre Seigneur. En union intime et continuelle avec le Sauveur, il obtenait par ses prières et ses actes d'amour des grâces de conversion pour les âmes. Or, il advint que l'ennemi du genre humain, furieux de se voir réduit à l'impuissance, furieux de constater ses nombreuses défaites en comptant les nombreuses âmes qui lui échappaient grâce aux efforts et aux prières du saint missionnaire, apparut tout à coup, dans cette grotte de Brive, au grand serviteur de Dieu et osa porter sa main sur lui. Un cri s'échappa des lèvres, ou plutôt du cœur d'Antoine : « O ma Glorieuse Souveraine ! » Soudain le démon s'enfuit, et la Sainte Vierge se montra à Saint Antoine avec l'Enfant-Dieu, et cette douce apparition inonda son âme d'un bonheur tout céleste. O grotte bénie ! Solitude longtemps ignorée et cachée, vous êtes devenue un lieu de pèlerinage, fécond en faveurs et en miracles, parce que vous avez vu les extases d'un grand Saint, ses luttes et ses victoires, et parce que vos parois ont été inondées de la lumière céleste qui s'échappait du Visage de Jésus et de Sa Très Sainte Mère !


Réflexions

La Sainte Eucharistie


Saint Antoine, ayant reçu l'honneur du Sacerdoce, s'approchait de l'Autel de l'immolation avec la plus tendre piété et avec la Foi la plus vive et la plus profonde. Il accomplissait le Sacrifice Divin avec l'amour le plus ardent qu'une créature humaine puisse avoir dans le cœur. Il regardait l'Autel, et l'Autel c'est le Calvaire ; il tenait entre ses mains consacrées la Sainte Victime, et cette Victime, c'est Jésus-Christ, Fils de Dieu fait homme pour le Salut du monde. Sans nous arrêter davantage aux sentiments qui devaient envahir et remplir l'âme de notre Saint au moment de l'immolation non sanglante accomplie sur l'Autel, sans chercher à entendre les colloques intimes de son âme avec son Seigneur, sans le contempler dans ses extases et dans ses ravissements d'amour, retrempons notre Foi et ravivons notre Charité en méditant sur le mystère auguste de Jésus-Christ dans la Très Sainte Eucharistie.

La veille de sa mort, le Divin Sauveur rassembla dans le Cénacle les Apôtres pour célébrer la Pâque prescrite par Moïse et manger l'agneau pascal. A la fin du repas, Il se leva, et pour donner à ceux qui devaient être ses continuateurs une leçon d'humilité, d'obéissance et de charité, Il leur lava les pieds. Cela fait, Notre Seigneur se remit à table, prit du pain dans Ses mains saintes et sacrées, le bénit, le rompit et le donna à Ses Apôtres en disant : « Prenez et mangez, ceci est Mon Corps ». Il prit ensuite la coupe, qui contenait du vin, et l'ayant béni, il la donna de même à ses apôtres, en disant : « Prenez et buvez, ceci est Mon Sang, le Sang de la nouvelle alliance, qui sera répandu pour la rémission des péchés ». Il ajouta aussitôt ces paroles, qui étaient à la fois un ordre et une délégation de Sa puissance : « Faites ceci en mémoire de Moi ».

Le doute n'est pas possible, car les Paroles du Seigneur Jésus sont d'une clarté et d'une précision incomparables ; le doute n'est pas possible, et le pain est changé en Corps du Seigneur et le vin est changé en Son Sang. « Prenez et mangez, prenez et buvez, ceci est Mon Corps, ceci est Mon Sang ». Le doute n'est pas possible, car Jésus donne à Ses Apôtres et, en leurs personnes, à tous leurs successeurs le pouvoir de faire ce qu'Il vient de faire Lui-même, en sorte que dans nos Tabernacles, dans nos Ciboires, sur nos Autels se trouve Jésus-Christ, notre Sauveur; en sorte que c'est Vous, ô Christ béni, que nous recevons dans la Sainte Communion.

Et ce miracle, opéré la veille du jour où Jésus devait être immolé, avait été annoncé par lui, un an avant sa mort. Après avoir multiplié cinq pains et nourri ainsi, dans le désert, cinq mille hommes, le Sauveur dit à cette multitude : « Je suis le Pain vivant, descendu du Ciel ; celui qui mange Ma Chair et boit Mon Sang aura la vie éternelle. »

Entendons l'apôtre Saint Paul écrivant aux Corinthiens. « J'ai reçu du Seigneur l'enseignement que je vous ai transmis, à savoir que dans la nuit même où il devait être livré, le Seigneur Jésus prit du pain, le bénit et dit : « Prenez et mangez, ceci est Mon Corps qui sera livré pour vous ». Entendons Saint Cyrille, évêque de Jérusalem : « Et puisque le Seigneur a dit lui-même avec tant d'énergie : « Ceci est Mon Sang », qui osera douter que là n'est point son sang ? » Entendons Saint Augustin, l'une des gloires et l'une des plus éclatantes lumières de l'Église : « O sainte et redoutable dignité des prêtres, s'écrie-t-il, c'est en vos mains, comme dans le Sein de la Vierge Marie, que le Fils de Dieu s'incarne ». Entendons saint Thomas d'Aquin, qui chante, en des accents suaves et pénétrants, les merveilles de l'Eucharistie. « Le Pain des anges devient le Pain des hommes. O chose admirable ! Le pauvre, l'esclave et le délaissé se nourrissent du Corps du Seigneur ». Et depuis Saint Thomas jusqu'à nos jours, toutes les générations, mais les générations qui cherchent Dieu, qui marchent devant Sa Face dans la simplicité de leur cœur et dans la grandeur de leur Foi, n'ont cessé de dire et de chanter ces paroles échappées à l'âme toute frémissante d'amour du docteur angélique : « O Hostie Sainte ! Hostie qui nous donnes le Salut, qui nous ouvres la porte du ciel, sois notre force et notre appui ».

Assistons donc au sacrifice de nos autels avec une foi vive. Suivons, pendant les cérémonies liturgiques, .suivons en pensée le divin Sauveur dans les principales circonstances de sa Passion douloureuse, rendons-lui nos devoirs d'adoration, d'expiation et d'action de grâces, et aimons à le recevoir souvent dans la sainte Communion. Gravons dans notre mémoire et dans notre cœur ces paroles de saint François de Sales : « Ceux qui cherchent un prétexte ou une excuse pour se tenir éloignés de l'usage fréquent du Pain des anges ressemblent à ces convives invités, dont parle la parabole de l'Evangile, et qui, avec toutes leurs excuses, en apparence plausibles, s'attirent néanmoins la colère du Père de famille. »


Prières : Notre Père, je Vous salue, Si Quaeris, Trois Gloire soir au Père, suivis de l'invocation : « Saint Antoine de Padoue, priez pour nous ».

 

Oraison


O grand Saint Antoine, vous dont le cœur est si plein de bonté, et qui avez reçu de Dieu le don de faire des miracles, secourez-moi en ce moment, afin que, par votre assistance, j'obtienne la grâce que je demande (nommer la grâce), et que je puisse ainsi glorifier de plus en plus le Seigneur qui opère par vous de si grandes merveilles.

 

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