Le Mois du Très Saint Sacrement

 

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Troisième jour

 

Veille de la fête du Saint Sacrement

 

 

 

O Lumière Bienheureuse,

 

Venez remplir jusqu'à l'intime

 

Le cœur de tous Vos fidèles.

 

Je Vous salue Marie...

 

 

 

Lorsque Moïse disait au peuple d'Israël de la part de Dieu : « Ce jour sera pour vous un monument éternel, et vous le célébrerez de génération en génération, par un culte perpétuel, comme une fête solennelle au Seigneur », il voulait donner à ce peuple une grande idée des prodiges que le Ciel allait opérer en sa faveur. La manducation de l'Agneau Pascal, le passage de la mer Rouge, la délivrance d'une honteuse servitude, tout devait concourir à graver bien profondément dans le cœur des Israëlites le souvenir des divines miséricordes. Aussi une fête solennelle est établie, elle continuera pendant une semaine entière ; le premier jour est appelé Saint et Solennel, et le septième sera une fête également vénérable. « Demain, disait encore Moïse dans une circonstance à jamais mémorable, demain vous verrez la gloire de Dieu. Le Seigneur vous donnera de la chair à manger, et le matin il vous rassasiera de pain ».

 

Saint Paul nous enseigne de la manière la plus formelle que tout ce qui est arrivé dans l'ancien Testament était une ligure des merveilles que Dieu devait opérer en faveur d'un peuple nouveau, par Jésus-Christ, le Sauveur du genre humain. Le même Apôtre appelle tous ces grands événements une ombre des mystères accomplis dans Jésus-Christ. Dans son admirable Epître aux Hébreux, il dit encore que les cérémonies du culte ancien ne sont que les figures et les ombres des choses du Ciel. Or, la réalité est incomparablement au-dessus de la figure, la lumière incomparablement plus excellente que les ombres. Qui dira maintenant la solennité du grand jour qui approche ? Et comment parier dignement de la préparation de nos âmes pour la célébration de ce grand Mystère ?

 

Encore une réflexion. Dans les jours de fête comme la Naissance de Jésus-Christ, sa Résurrection, son Ascension dans le Ciel, l'Eglise célèbre la mémoire, le souvenir des Mystères les plus augustes. Mais ces Mystères ne se renouvellent plus. Dans la fête de demain, nous trouvons, avec la mémoire de l'institution de l'Eucharistie, le renouvellement de ce prodige d'amour. C'est bien plus qu'un souvenir, c'est le mystère accompli sous nos yeux.

 

Bientôt l'Eglise parlera. Ses temples magnifiquement décorés, les ornements les plus riches en usage dans les plus beaux jours de l'année ecclésiastique, le chant solennel des Hymnes et des Cantiques, le son mélodieux des cloches qui semblent porter dans les airs notre joie et notre reconnaissance, tout nous crie: « Elevez vos cœurs, préparez vos âmes ! C'est la Fête du Corps de Jésus-Christ, réellement présent dans la Divine Eucharistie !... » La Fête du Corps de Jésus-Christ ! Qui comprendra bien cette parole ! O mon Dieu, ce ne sera pas l'âme dissipée et mondaine qui ne voit le plus souvent dans les solennités de l'Eglise qu'un vain spectacle propre à nourrir la curiosité ! Ce ne sera pas le chrétien ignorant et presque sans foi, qui ne s'est jamais occupé des trésors infinis que la Miséricorde divine a renfermés dans la Sainte Eucharistie ! Ce sera encore moins l'homme sensuel qui ne goûta jamais les choses du Ciel, et dont le cœur demeura toujours étranger aux jouissances ineffables de la piété chrétienne.

 

Mais l'âme fidèle dont le cœur est constamment attaché à Jésus-Christ, comprend cette parole : « La fête du Corps de Jésus ! » C'est une parole de vie qui pénètre, qui remue délicieusement, qui va jusqu'au plus intime de l'âme pour y réveiller tous les sentiments de la plus vive reconnaissance et de l'amour le plus tendre. Elle l'entend, cette parole : « La Fête du Corps de Jésus ! » elle la médite, elle la goûte, elle en savoure la douceur ! Alors elle s'écrie : « Oui, ce jour est solennel parmi les plus beaux jours de l'armée. Il se lève devant moi comme un monument magnifique de l'infinie miséricorde de mon Sauveur, comme un monument de la joie et de la reconnaissance de l'Eglise. Ce jour est grand pour moi, je le célébrerai par un culte digne du Sauveur qui en est l'objet. Le juste ouvre son cœur à la joie et à l'amour. Il veut que la grande solennité de demain soit sanctifiée par le recueillement et la ferveur ».

 

Or voici ce que l'Eglise demande de tous ses enfants. Que les joies les plus pures président à nos solennités ; que nos Hymnes et nos Cantiques partent du plus intime de nos cœurs ; que tout ce qui reste du vieil homme disparaisse ; et que tout soit nouveau en nous, le cœur, le langage et les œuvres.

 

 

 

Sacris solemniis

 

Juncta sint gaudia,

 

Et ex praecordiis

 

Sonent praeconia ;

 

Recedant vetera,

 

Nova sint omnia,

 

Corda, voces, et opera.

 

 

 

Sainte solennité

 

Touche et réjouis l’âme,

 

Arrière le passé

 

Que la céleste flamme,

 

Des grâces de ce jour,

 

Renouvelle à la fois,

 

Les cœurs, les œuvres et les voix.

 

 

 

Premier point

 

Sentiment de joie

 

 

 

J'entends l'Eglise qui s'écrie dans la ferveur de son amour : « Réjouissez-vous, et louez Dieu ; chantez dans de saints transports les louanges du Dieu de Jacob ». Faites entendre les instruments harmonieux ; prenez votre harpe, sonnez de la trompette, dans ce jour célèbre de votre grande solennité ». Certes, elle est bien légitime cette joie, et le cœur du fidèle pourrait-il ne pas tressaillir d'allégresse, en considérant l'objet de cette fête ? C'est Jésus-Christ, mais Jésus-Christ, considéré dans le Sacrement de l'Autel. Jésus-Christ toujours avec nous, réellement présent au milieu de nous, Jésus-Christ dans le Saint Tabernacle Jésus-Christ qui se donne depuis dix-huit siècles à ses enfants comme nourriture Jésus-Christ qui s'immole à chaque instant pour le salut des hommes Jésus-Christ dont les mains divines s'ouvrent continuellement pour répandre des flots de Bénédictions et des torrents de Grâces sur ceux qui viennent l'adorer dans le Mystère incompréhensible de son amour !...

 

Si je considère la fin de cette solennité, ma joie ne sera pas moins vive. Elle consiste à rendre des actions de grâces particulières et plus solennelles au Divin Sauveur pour ce bienfait inestimable, le don qu'il a fait de lui-même, de sa personne adorable, à l'Eglise qui est sa fidèle Epouse. Elle consiste à réparer les négligences, peut-être l'oubli coupable dans lequel plusieurs ont vécu pendant longtemps, à dédommager le Cœur adorable de Jésus de l'ingratitude, dont la plupart des Chrétiens ne cessent de se rendre coupables, à expier les profanations et les sacrilèges dont ce Divin Sacrement continue à être l'objet. Elle consiste à retremper notre âme dans cet océan d'amour ; à renouveler, augmenter la dévotion la plus raisonnable, la mieux fondée, la plus utile qui fut jamais, la dévotion au Très Saint Sacrement !

 

O Sauveur, j'ai entendu l'invitation de l'Eglise. J'ai compris Votre voix, me voici. Je veux célébrer avec une joie sincère cette fête si chère à mon cœur !

 

 

 

Deuxième point

 

Sentiment d'Amour

 

 

 

Et ex praecordiis sonent praeconia. Oui, des louanges, l'Adoration, tous les hommages dont une âme remplie de l'Esprit de Dieu peut être capable. Pendant cette grande Octave, l'Eglise nous dit à tous : « Venez, réjouissons« nous devant le Seigneur ; faisons éclater nos transports d'allégresse devant Dieu qui est notre Salut. Prévenons sa présence par des Hymnes de louanges ; poussons des cris de joie au milieu de nos Cantiques. Venez, prosternons-nous devant Dieu qui nous a créés, parce qu'il est notre Dieu, et que nous sommes son peuple et les brebis de ses pâturages ». Au moment où les Temples sont ornés pour la solennité de ce grand jour, il me semble entendre le Divin Sauveur qui s'adresse à toutes les âmes chères à son Cœur, et qui leur dit : « Pendant cette Octave, veillez bien sur vous et demeurez dans Mon Amour. On peut faire beaucoup de choses, se donner beaucoup de mouvement, avoir un zèle tout extérieur, et ne pas M'aimer. Pour vous, prenez garde, c'est votre amour que je demande ».

 

Mais l'amour se manifeste par les actes. Bien plus, Saint Grégoire dit que l'amour fait de grandes choses, et que s'il ne les fait pas, il ne mérite pas le nom d'amour. Que fera l'âme fidèle pour témoigner son amour à Jésus dans le Saint-Sacrement ? Elle prendra une part active à tout ce que l'Eglise a institué pour honorer cet auguste Mystère. La Messe Solennelle, la Communion, l'Adoration pondant que le Saint-Sacrement est exposé, les Offices du soir, les Processions, les Saluts, tout lui deviendra cher ; on la verra partout pénétrée d'une vive foi, dans le recueillement et la ferveur.

 

O quel bonheur ! Un jour, une semaine entièrement consacrée à louer, à adorer, à bénir Jésus-Christ dans le Sacrement de son Amour! Pour une âme qui connaît, qui goûte Jésus-Christ, quelle admirable fête ! Que de Cantiques elle va chanter avec l'Eglise ! C'est bien le moment favorable pour élever vers le Saint Autel ce cri du cœur : « Que vos Tabernacles sont aimables, Seigneur Dieu des Vertus ! Mon âme désire ardemment d'être dans la maison du Seigneur; elle est presque dans la défaillance par l'ardeur de ce désir. Mon cœur et ma chair font éclater par des transports de joie l'amour qu'ils ont pour le Dieu vivant ». Triomphe de l'amour ! Jésus-Christ dans le Saint-Sacrement ! Oui, je chanterai cet amour, Mon cœur proférera une bonne parole, il dira que son Jésus est tout son bien et toute sa richesse.

 

 

Troisième point

 

Pureté du Cœur

 

 

 

Recedant vetera, nova sint omnia, corda, voces, et opera. Que tout ce qui reste du vieil homme disparaisse; et que tout soit nouveau en vous, le cœur, le langage et les œuvres. Non, l'âme mondaine, l'âme sensuelle ne comprend rien à ce Mystère ineffable. Il faut, pour pénétrer dans le Saint des Saints, un cœur libre de toute affection criminelle. Je dois donc me dépouiller du vieil homme. Tout en moi doit être nouveau, et par là même, digne de Dieu. L'Apôtre me le dit : « Vous ne pouvez pas boire le Calice du Seigneur et le Calice des Démons ; vous ne pouvez pas participer à la table du Seigneur et à la table des Démons ». Il faut donc, pour première disposition à la fête de demain, il faut un cœur pur, une conscience lavée de toutes ses souillures. Les choses Saintes sont pour les Saints. « Heureux ceux qui lavent leurs vêtements dans le Sang de l'Agneau, afin qu'ils aient droit à l'Arbre de Vie. Qu'on laisse bien loin les animaux immondes, et tous ceux qui aiment et font le mensonge ».

 

Quel est le fidèle qui honorera dignement Jésus-Christ pendant ces jours consacrés au Triomphe de la Divine Eucharistie ? Celui qui aura été renouvelé, purifié par un sincère retour à Dieu. Si les Hymnes et les Cantiques sont nouveaux, c'est que l'âme jouit d'une vie nouvelle. Vie de sainteté, de pureté, d'amour !.. Ce jour sera donc employé à examiner la conscience, à détester tout ce qui pourrait déplaire à Jésus-Christ, à faire une confession humble, accompagnée d'une sincère douleur avec un grand désir d'être à Jésus-Christ, à lui seul !

 

 

 

Verbum caro, panem verum

 

Verbo carnem efficit ;

 

Fitque sanguis Christi merum,

 

Et si sensus deficit,

 

Ad firmandum cor sincerum

 

Sola fides sufficit.

 

 

 

Le Verbe fait chair, par son verbe,

 

Fait de sa chair le vrai pain;

 

Le sang du Christ devient boisson,

 

Nos sens étant limités,

 

C'est la foi seule qui suffit

 

pour affermir les cœurs sincères.

 

 

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