Le Mois du Très Saint Sacrement

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Cinquième jour

Le Vendredi après la Fête du Saint-Sacrement

 

O Lumière Bienheureuse,

Venez remplir jusqu'à l'intime

Le cœur de tous vos fidèles.

Je Vous salue Marie.

 

Le prophète Baruch apercevant de loin les siècles chrétiens s'était écrié : « Il a été vu sur la terre, et Il a conversé avec les hommes ». Tous les Pères ont entendu ces paroles de l'Incarnation du Fils de Dieu. « Il a été vu, a dit Saint Ambroise, comme homme parmi les hommes, mais il a été adoré comme Dieu. Sa chair était enveloppée de langes, et sa divinité était servie par le ministère des Anges ». Qui dira la gloire qui rejaillit sur l'humanité toute entière de la présence d'un Homme-Dieu parmi les malheureux enfants d'Adam ! Jésus-Christ a habité parmi nous et nous avons vu Sa Gloire. Écoutons le Disciple que Jésus aimait : « Nous vous annonçons la Parole de vie qui était dès le commencement, que nous avons ouïe, que nous avons vue de nos yeux, que nous avons regardée avec attention, et que nous avons touchée de nos mains. Car la vie s'est rendue visible; nous l'avons vue. Elle s'est montrée à nous ».

Saint Jean et tous les Apôtres ont vu, ont touché celui qui est la Vie ! Ce fut lorsque cette Vie éternelle, qui était dans le Père, daigna se montrer a nous en se revêtant d'un corps comme le nôtre, afin que ce qui ne pouvait auparavant être vu que par les yeux de l'âme, devint, dans ce Mystère, visible aux yeux, du corps, et capable d'être touché par les mains de l'homme. Il fut bien grand pour les Apôtres le bonheur de voir, d'entendre, de toucher Jésus-Christ. Et Marie, et Joseph, quelle immense consolation pour leur âme ! Le Sauveur a été vu par un peuple nombreux, il a été suivi par de fidèles amis. On l'entendait. et chacun était obligé de convenir que les paroles qui tombaient de sa bouche divine, étaient les Paroles de la Vie éternelle ! Marthe, Lazare, et vous Marie-Madeleine ! Quelle ineffable consolation pour votre cœur, quand il honorait de sa présence divine le château de Béthanie ! Les Apôtres s'attachaient tous les jours davantage à leur maître. Lorsque le Divin Sauveur, témoin de l'incrédulité du grand nombre, adressait à ses fidèles Disciples ces paroles touchantes : « Et vous, ne voulez vous point aussi me quitter ? » Pierre s'écriait avec un vif sentiment d'amour : « A qui irons-nous, Seigneur ? Vous avez les Paroles de la Vie éternelle : nous croyons et nous savons que Vous êtes le Christ, Fils de Dieu ».

Mais un jour vint où les Disciples entendirent Jésus qui leur disait : « Mes petits enfants,Je n'ai plus que peu de temps à être avec vous ». Il les nomme ses Petits Enfants pour leur marquer l'amour tendre qu'il leur porte, et pour les engager eux-mêmes à le regarder et à l'aimer comme leur père. Il les prévient qu'il n'a plus qu'un peu de temps à être avec eux d'une manière sensible et visible comme il avait fait jusqu'alors. Il veut les préparer à cette rude séparation qui va bientôt s'opérer. Je l'entends de nouveau : « Encore un peu de temps, et vous ne Me verrez plus, car Je vais à Mon Père. Je suis sorti du sein de Mon Père, et Je suis venu dans le monde : maintenant Je laisse le monde, et Je m'en retourne à Mon Père ».

Que ces paroles sont tristes ! Connue le cœur des Apôtres dût en être pénétré ! Leurs yeux se remplirent de larmes. Elles étaient bien légitimes ces larmes. Jésus voit leur tristesse, il est lui-même leur consolateur. Un ami ne console-t-il pas ses amis ? Je l'entends : « Que Votre cœur ne se trouble point. Vous croyez en Dieu, croyez en Moi. Parce que Je vous ai dit ces choses, votre cœur a été rempli de tristesse. Non, Je ne vous laisserai point orphelins : Je viendrai à vous. Voilà que Je suis avec vous tous les jours, Jusqu'à la consommation des siècles ». Qu'il est doux ce langage pour l'âme fidèle qui a le bonheur de le comprendre. O prodige d'une charité immense ! l'amour de Jésus pour les Siens lui fait inventer un moyen d'être toujours avec eux. « Voilà Mon Corps ! Faites ceci en mémoire de Moi ! » Ah ! Je veux aujourd'hui m'efforcer de pénétrer dans cet abîme d'un amour incompréhensible.

 

Premier point

Jésus-Christ est toujours au milieu de nous dans la Divine Eucharistie

 

Pourquoi être jaloux du bonheur des hommes qui ont vécu à l'époque où le Sauveur était visiblement sur la terre ? Hélas ! Combien alors ne crurent pas en lui ? Qui m'assure que j'aurais été du très petit nombre de ceux qui le reconnurent et l'adorèrent comme Fils de Dieu ? Aujourd'hui, nés dans le sein de l'Eglise, nous avons reçu la foi par le Baptême. O bienfait inestimable ! Nous connaissons Jésus-Christ et nous savons qu'il est là au milieu de nous, qu'il y demeure jusqu'à La consommation des siècles. Oui, mon Dieu, je le crois, et comme je me sens heureux de Vous connaître !

Mais pourquoi Jésus-Christ demeure-t-il habituellement au milieu de nous, dans le Saint Tabernacle ? Pourquoi ? C'est que plus on aime une personne, plus aussi on désire vivement être longtemps avec elle ! S'entretenir avec quelqu'un que l'on aime bien, c'est un bonheur, c'est une jouissance. Des enfants passent des années entières avec leur mère et ne se dégoûtent ni de sa présence, ni de ses entretiens. Voilà le secret de la présence habituelle de Jésus dans le Divin Sacrement. O que dois-je penser de son amour pour moi !

Quelques jours, dans le cours de l'année, quelques heures tous les jours, ce serait beaucoup, sans doute, mais ce ne serait pas assez pour le cœur aimant de Jésus. Rien n'est plus consolant, et rien n'est plus certain ; à quelque heure, dans quelque moment que ce soit, je puis être avec Lui, car il m'attend toujours ! Jamais il ne quitte son Tabernacle, il l'a promis, la nuit comme le jour il est là, et si mon cœur prête l'oreille, il l'entend qui s'écrie : « J'ai choisi ce lieu et je l'ai sanctifié ; mes yeux et mon cœur y demeureront toujours. Mes yeux seront ouverts, mes oreilles seront attentives à la prière de celui qui m'invoquera en ce lieu ». Ah ! Que ne puis-je répondre : « C'est le lieu de mon repos. Je l'habiterai parce que je l'ai choisi ».

 

Deuxième point

Jésus-Christ est partout avec les hommes dans la Divine Eucharistie

 

Sans doute le Sauveur aurait pu être sur la terre caché sous les espèces sacramentelles et ne demeurer cependant que dans une seule ville, dans une Eglise, sur un autel. S'il en était ainsi, le désir serait bien grand dans le cœur des fidèles d'aller, au moins une fois dans la vie, visiter ce saint lieu ! Quel empressement ! Comme tous les peuples seraient jaloux du bonheur de cette ville qui posséderait le Corps de Jésus-Christ ! Mais non, cela n'a pas suffi à son amour...Mon adorable Rédempteur est Partout où l'Eglise Catholique compte des enfants. Il est dans les grandes villes, dans les villages, dans les hameaux. Il a voulu rendre facile l'accès auprès de Lui. Dès que l'on voit un certain nombre de maisons réunies en un même lieu, on est certain qu'il y en aune habitée par Jésus-Christ. La voyez-vous ? On la distingue parmi les autres ; sa forme particulière attire les regards. Ce n'est pas assez. Le voyageur doit l'apercevoir de loin ; voilà pourquoi une tour, une flèche s'élance dans les airs. C'est le premier objet qui frappe la vue. On le voit; le cœur s'ouvre à la confiance , à l'amour, aux saints désirs; l'âme fidèle dit : « Il est là ! »

Dans les villes, il a voulu avoir plusieurs demeures. Il est dans tous les quartiers, quelquefois on le trouve dans deux, trois Tabernacles, et cela dans une même rue ! On voit des maisons habitées par des pécheurs scandaleux, des hérétiques, et les murs de ces maisons sont appuyés contre les murs d'une Eglise ! Ô homme ! Si tu connaissais le don De Dieu ! Infortunées créatures qui n'y pensent jamais !

O mon Dieu, j'ai pu vous oublier ! Combien le sentiment de la reconnaissance s'est affaibli dans un grand nombre d'âmes ! Oh ! Si jamais je t'oublie, mystère d'amour, va..., que plutôt j'oublie ma main droite ! Que ma langue demeure attachée à mon palais, si je cesse de me souvenir de toi ; si tu n'es pas à jamais, ô Divine Eucharistie, ma première joie et mon premier amour !

 

Troisième point

Jésus-Christ est avec Tous les hommes dans la Divine Eucharistie

 

Pendant sa vie mortelle, Jésus-Christ était avec un très petit nombre d'hommes dont il avait fait ses Disciples. Les autres le voyaient quelquefois ; plusieurs ne le virent et ne l'entendirent jamais. Et puis, Jésus-Christ parcourait les villes et les campagnes ; les mêmes personnes ne jouissaient pas toujours de son adorable présence. Lazare, Marthe, Marie, le désiraient, et cependant ils le savaient loin de Béthanie.

Aujourd'hui, dans le Sacrement d'amour, ce bienfait de la présence corporelle du Divin Sauveur, reçoit une extension qu'on n'aurait jamais osé demander, et que les Disciples les plus attachés au Sauveur, n'auraient pu même imaginer. Il est avec tous ses enfants, aucun n'est privé du bienfait de sa présence. Il les appelle, il les invite tous. Le pauvre est favorisé autant que le riche; le savant et l'ignorant, le jeune enfant et le vieillard, tous sont appelés auprès de lui. Le juste vient; il adore, il aime ; le pécheur vient aussi ; il se trouve là comme la femme de Samarie sur les bords du puits de Jacob. Que de choses il entendra, s'il veut être attentif ! Jésus désaltérera son cœur ; il lui inspirera, il est vrai, le dégoût de ces eaux bourbeuses où le mondain cherche inutilement à apaiser l'ardeur qui le dévore ; mais il lui donnera cette eau salutaire de la grâce qui jaillit pour la vie éternelle.

Ô Jésus ! Donnez-moi de cette eau ! Mais que dites-vous de mon indifférence, de mon peu d'ardeur pour Vous visiter ! De mon peu d'assiduité auprès de vous ? J'en suis couvert de confusion. O que d'hommes ingrats ! Pourquoi faut-il que je leur ressemble ? Non, Sauveur, il n'en sera plus ainsi.

 

Nobis datus, nobis natus

Ex intacta Virgine

Et in mundo conversatus,

Sparso verbi semine,

Sui moras incolatus

Miro clausit ordine.

 

Fils d'une mère toujours vierge

Né pour nous, à nous donné,

Et dans ce monde ayant vécu,

Verbe en semence semé,

Il conclut son temps d'ici-bas

Par une action incomparable.

 

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